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Full text of "La politique de St Pie V en France (1566-1572) : choix de pièces des archives vaticanes précédé d'une étude sur les relations de Rome et de la France à la veille de la saint Barthélemy"

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^^S^sW^Bi 



Bibliothèque des Ecoles Françaises d'Athènes et de Rome 

PUBLIÉE 
SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

FASCICULE CENT VINGT 



LA 

POLITIQUE DE S^ PIE V 
EN FRANCE 

(1566-1572) 

PAR 

CH. HIRSCHAUER 

ARCHIVISTE-PALÉOGRAPHE 

ANCIEN MEMBRE DE L'ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME 

CONSERVATEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE DE VERSAILLES 




PARIS 

ANCIENNE LIBRAIRIE FONTEMOING & C' 
E. DE BOCCARD, ÉDITEUR 

1, RUE DE MÉDICIS, 1 
1922 



LA POLITIQUE DE ST PIE V 

EN FRANCE 
11566-1572) 



s/ / V^ ' 

CH. HIRSCHAUER ! 192^ 

ARCHIVISTE-PALÉOGRAPHE VV^'- 

ANCIEN MEMBRE DE L'ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME ^^*NO ^iÇ|.^ Il StV^^ 

CONSERVATEUR DE LA BIBMOTHÈQDE DE VERSAILLES 



LA POLITIQUE DE S^ PIE V 
EN FRANCE 

(1566-15721 



CHOIX DE PIÈCES DES ARCHIVES VATICANES 

PRÉCÉDÉ d'une 

ÉTUDE SUR LES RELATIONS DE ROME ET DE LA FRANCE 

A LA VEILLE DE LA SAINT BARTHELEMY. 



PARIS 

ANCIENNE LIBRAIRIE THORIN & FILS 

FONTEMOING & 0% ÉDITEURS 

(E. de Boccard, SucC) 
1, rue de Médicis (VI* Arr') 

1922 



A MA FEMME 



TABLE DES MATIERES 

INTRODUCTION v 

BIP.LIOGUAniIE ET ETUDE DES SOURCES. 

§ I. Insuffisance des ouvrages de seconde main. — § II. Documents émanés 
de.s nonces ou à eux adressés ; correspondances des divers ambassa- 
deurs auprès du roi de France on auprès du Saint-Siège ; collections 
imprimées .......... l 

CHAPITRE I". LES DEBUTS DE LA POLITIQUE DE PIE V EN FRANCE. 

§ I. Eu\x)i de l'évêque do Cenoda en Franco ; ses instructions. — § II. Echec 
à peu près complet de ses négociations touchant la publication du 
Concile de Trente, la discipline ecclésiastique, etc. — § III. Pie V et 
Catherine de Médicis. Le pape aide ù la réconciliation de la France avec 
l'Espagne . ••........ i:? 

CHAPITRE II. LA GUERRE SAINTE. 

§ I. La deuxième guerre de religion ; surprise de- Meaux et mission de 
Rucellaï ; le pape s'emploie à secourir le roi de France ; la mission de 
lévêque de Narnl en Italie ; préliminaires et conclusion de la paix de 
Longjumeau. — § II. Révocatiou de l'évêque de Ccneda ; ses raisons. 
Envoi de Fabio Mlrto Frangipanl. — § III. Rapprochement de la 
France et de l'Espagne; préparatifs d'une nouvelle guerre. Subsides 
envoyer par Pie V. — § IV. Bataille de Tarnac : le pape envoie en 
France un corps d'armée italien, sous Santa-Fiore ; bataille de Moncon- 
tour ; effet qu'elle produit à Rome ...... 22 

CHAI'ITRE III. PIE V ET LA PAIX DE SAINT GERMAIN. 

§ I. Préliminaires de la paix de Saint-Germain. Divisions parmi les catho- 
liques ; intrigues contre Frangipanl. Conclusion de la paix. — § II. 
Protestations de Pie V ; la situation intérieure de la France lui laisse 
pourtant quelque espoir. — § III. Frangipanl cherche il faire prévaloir 
une Interprétation du traité de Saint-Germain favorable aux catho- 
liques. Affaires d'Avignon et d'Orange. Echec des intrigues protes- 
tantes contre Monsieur. — § IV. Mission de Bramante ; bon accueil qu'il 
reçoit il la cour: ses remontrances contre la paix. Projet d'assassinat 
des principaux chefs protestants ....... 44 

CHAPITRE IV. PIE V ET LA POLITIQUE PERSONNELLE DE CHAR- 
LES IX. 

§ I. L'affaire du comte de Caiazzo ; recul de l'influence pontificale. — § II. 
La politique personnelle de Charles IX ; la guerre contre l'Espagne 
conseillée par les protestants, la reine Elisabeth et le grand-duc de 
Toscane ; politique double de ce dernier ; ses efforts pour faire révo- 
quer Frangipanl. — § III. Echec des menées florentines ; rupture du 
mariage projeté entre Elisabeth l't le duc d'Anjou. — § IV. I^e Roi et 
la Reine-mère comptent ramener au catholicisme le prince de Navarre 
en lui faisant épouser Marguerite de Valois. Opposition d'abord hési- 
tante du nonce; vains espoirs fondés par les catholiques sur la venue 
de Coligny à la cour. Catherine de Médicis fait solliciter !\ Rome la 
dispense par le grand-duc de Toscane. Refus catégorique du pape; ses 
reproches au duc Cosme. La victoire de Lépante amène un rapproche- 
ment entre la Reine-mère et Philippe II. — § V. Le pape songe à 
rompre le mariage de Navarre et iH attirer le Roi dans la Ligue; léga- 
tion d'Alexandrin en France. Son voyage de Rayonne h Blois. Pendant 
son séjour à la cour, Catherine do Médicis négocie avec .Jeanne d'Albret 
le mariage de Navarre. Le cardinal .Vlexandrin quitte la France sans 
avoir rien obtenu. l'rogrès des protestants. Maladie et mort de Pie V. 
Rappel de l'évêque do Caiazzo par fîrégoire XIII. Situation politique 
au moment de son départ. — § VI. Pie V et le problème do la Saint- 
Barthélémy. — Conclusion ........ 0'! 

DOCUMENTS 97 

TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS PROPRES .... IS» 



INTRODUCTION 



L'avènement d'un pape que seules recommandaient sa grande 
piété et la rigueur de son orthodoxie, telle fut la nouveauté 
que présenta l'élection de Pie V, le 7 janvier 1566. 

Depuis le début du siècle, doux Médicis, un Farnèse avaient, 
de longues années, régné sur l'Eglise; un Jules II, un Paul III, 
s'ils n'appartenaient point à l'une de ces grandes familles 
princières, étaient aussi de vieille race; Pie IV, lui-même d'assez 
médiocre naissance, prétendait du moins se rattacher aux 
Médicis de Florence et portait le blason aux cinq boules. Pie V, 
lui, sortait de fort petit lieu et ne chercha jamais à s'en cacher. 

A défaut du crédit que peut donner une illustre parenté, le 
nouveau pape n'avait pas même acquis au cours de sa carrière 
ecclésiastique une grande influence personnelle. Confiné 
jusque là dan^ l'office de Grand Inquisiteur, tenu par Pie IV 
dans une demi-disgrâce, le cardinal Ghisleri était resté à 
l'écart de la politique aussi bien que des intrigues de palais ; 
gardant sous la pourpre les mœurs sévères du dominicain, il 
songeait bien plus à remplir rigoureusement les devoirs de 
sa charge qu'à se créer des partisans ou se chercher des patrons 
dans le Sacré Collège. 

C'est pourtant sur cet humble et ardent serviteur de l'Eglise 



VI INTRODUCTION 

que le choix des cardinaux se porta, au lendemain de la mort 
de Pie IV. 

Un sentiment de réaction contre le pape défunt, l'appui de 
Saint Charles Borromée furent pour beaucoup dans cette élec- 
tion imprévue, mais, surtout, le conclave eut l'instinct qu'il fal- 
lait alors à l'Eglise un pontife purement religieux plutôt qu'un 
politique : désormais, le premier devoir du pape devait être, 
non de poursuivre en Italie d'ambitieux et périlleux desseins, 
mais de combattre les progrès du protestantisme ; le Concile 
de Trente venait de pourvoir à la réforme de l'Eglise dans ses 
membres, mais il était nécessaire de l'accomplir d'abord dans 
son chef. 

Pie V répondit à ce vœu général d'une contre-réforme : nul 
pape ne fit plus que lui pour rétablir le prestige de l'autorité 
pontificale, pour restaurer l'unité catholique. 

Cet homme, issu d'une modeste origine, se montra, sur le 
siège apostolique, jaloux à l'extrême de faire respecter en sa 
personne le vicaire de Dieu ; l'ascendant que lui valait un juste 
renom de sainteté contribua beaucoup à faire accepter des 
princes ses interventions dans le gouvernement de leurs Etats ; 
mais surtout, l'on savait que nulle ambition personnelle ne le 
faisait agir : le salut de l'Eglise fut toujours son seul mobile ; 
c'est la constante pensée qui soutint son corps infirme pendant 
les six années d'un pontificat dont les résultats devaient dépas- 
ser de beaucoup la courte durée. 

La chrétienté tout entière était exposée à un redoutable péril: 
le Turc, qu'on avait eu tant de peine à repousser de Malte, con- 
tinuait à menacer l'Europe de ses flottes et de ses armées. Pie V 
ne cessa d'animer les souverains catholiques contre l'Infidèle; 
en plein XVI* -siècle, il reprit ces projets de croisade que depuis 
trois cents ans les papes avaient tant de fois formés sans 
succès ; plus énergique peut-être qu'un Pie II et en tout cas 
pbis heureux, il vit ses efforts récompensés par la victoire de 
Lépante et l'offensive musulmane à jamais arrêtée du côté de 
l'Europe. 

Mais une entreprise plus urgente sollicitait Pie V : à quoi 
bon rompre les progrès de l'Islam, si l'Eglise devait périr, 
étouffée par les hérésies? Il ne suffisait point de constituer une 
ligue contre les Turcs, il fallait encore unir les puissances 



INTRODUCTION VU 

caliluliques dans rintérèt exclusif de la religion menacée par 
la Kél'orme. Pie V poursuivit ce but avec une ténacité surpre- 
nante: sans se lasser, il prêcha aux rois l'oubli réciproque des 
injures ; aux uns, il montrait les dangers auxquels le déve- 
loppement des sectes exposait leurs royaumes, aux autres, dont 
les iJtats avaient pu jusque là rester indemnes de l'iiérésie, 
combien était redoutable le voisinage de pays où le protestan- 
tisme gagnait cliaque jour. 

vu'il s'agisse dans les Pays-Bas de lutter avec le duc d'Albe 
pour rétablir le catholicisme, qu'il faille secourir Marie Stuart 
prisonnière d'iilisabetli, Pie V est toujours prêt à intervenir ; 
mais c'est de combattre la iléforme française qu'il s occupe avec 
le plus de constance. 

Tâche bien diliicile, en effet, et qui exigeait tous ses efforts : 
une grande partie du Royaume, gagnée aux doctrines de Calvin, 
semblait pour toujours séparée de TEgiise ; et, devant l'infati- 
gable propagande des ministres qui prêchaient la haine du 
papisme, les catholiques restaient désemparés : le clergé, où 
l'abus des commendes avait introduit tant de courtisans et 
même d'étrangers, se montrait indifférent à son devoir ; les 
grands seigneurs ne songeaient qu'à leurs plaisirs ou à leurs 
intérêts ; les princes du sang étaient divisés par leurs ambitions 
contraires ; le lloi, un enfant de seize ans, agile de corps, mais 
d'esprit peu précoce, la i\eine-mère, une Italienne intelligente, 
mais sans caractère et toujours prête à négocier, subissaient 
l'influence d'un Conseil où les réformés gardaient de nom- 
breux soutiens, secrets ou déclarés. 

Gonnnent Pie V entreprit de renverser ces obstacles et en 
quelle mesure il y réussit, c'est le sujet de la présente étude. 
Un y verra, au début de son pontificat, le pape se tenir quelque 
temps à l'écart de la politique ; puis, la seconde guerre de 
religion ayant inopinément éclaté, l'espoir de Pie V d'exter- 
miner les prolestants par la force des armes semble sur le point 
die se réaliser; la conclusion de la paix de Saint-Germain ne le 
décourage pas et, avec plus d'activité que jamais, il s'emploie 
à faire triompher le catholicisme en France ; enfin, la dernière 
année de sa vie est pleine de ses efforts pour retenir Charles IX 
de s'allier aux protestants et de déclarer la guerre à l'Espagne 
et pour l'attirer, au contraire, dans la Ligue contre le Turc. 



VIII INTRODUCnOM 

Telles sont les divisions naturelles de notre trayail : peut-être 
jettera-t-il par lui-même quelque lumière sur lune des pério- 
des les plus intéressantes des guerres religieuses du XVI* 
siècle. Il aidera, en tout cas, à mieux comprendre et à placer dans 
leur cadre historique les documents, dans leur presque totalité 
inédits, que nous publions d'après les originaux des Archives 
Vaticanes. Le choix que nous présentons est restreint, mais non 
arbitraire ; nous y avons fait figurer toutes les lettres chiffrées 
des nonces, les plus secrètes et, par suite, les plus précieuses 
pour l'historien ; et nous ne nous sommes pas privé, dans Tanno- 
tation, de citer de larges extraits des lettres en clair, dont nous 
donnons, au reste, lanalyse. Grâce à ce procédé, nous croyons 
offrir au lecteur, à défaut d'une publication intégrale, pour 
bien des raisons impossible, tout l'essentiel des papiers de la 
Nonciature de France sous le pontificat de Pie V, 



BIBLIOGRAPHIE ET ÉTUDE DES SOURCES 



1. Insuffisance des ouvrages de secondo main. — § II. Documents cmanés des 
nonces ou à eux adressés ; correspondances des divers ambassadeurs 
auprès du roi de France ou auprès du Saint-Siège ; collections impri- 
mées. 



Peu de papes des temps modernes ont eu autant de biogra- 
phes que Saint Pie V. Dès 1586, Jérôme Gatena dédiait à Sixte- 
Quint une Vita del gloriosissimo papa Pio Quinto (i) : cette 
œuvre, souvent réimprimée depuis, mérite le crédit qui lui est 
attribué, car l'auteur fut secrétaire du cardinal Alexandrin, 
neveu de Pie V, et tint de lui mille détails inédits. Non moins 
précieuse est la Vita PU Quinti de Jean-Antoine Gabuzzi 
(Gabutius) (-), publiée en 1605 sur les conseils du même car- 
dinal Alexandrin et reproduite par les Bollandistes ("•). 

L'année 1672 qui fut marquée par la béatification de Pie V 
vit paraître plusieurs vies du nouveau bienheureux, compi- 
lations hâtives et de peu de valeur historique (^). Les produc- 
tions du siècle dernier ne sont guère meilleures et, si Ton met 
à part les quelques pages pénétrantes consacrées par Léopold 



(1) Première édition : Rome, 1086, in^». — 2" éd. ; Rome, 1587, in-8". On 
trouve communément l'édition de 1647 (Rome, in-é») et celle de 1712 
(Rome, in-40). 

(2) Gabutius, de Vita et rébus gestis .S'. PU V... (Rome, IfiO.') ; in fol.). 

(3) Acta f<anctorum. t. I*""" de mal. pp. (il."')-7l7. 

(4) Ainsi : la Vita di S. l'io Quinto, Sommo poittefice dcU'ordine de' Prc- 
dicatori... de P. A. Maffei (Rome, 1712, in-4") ; la Vis du pape Pie V écrite 
en italien [par .\gatio di Somma] et mifie en français par M. F[élibien] 
(Paris, 1G72, 2 vol., in-12i ; la Vie du bienJieurcux Pie V par le P. Feuillet 
(Paris, 1672, ln-12). 



2 LA rOLITIQlE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Ranke au pontificat de Pie V (i), riiistorien a peu de chose à en 
retirer: M. de Falloux publia en 1844 son Histoire de 5* Pie V, 
pape de l'Ordre des frères prêcheurs (-), qui est loin d'avoir 
épuisé le sujet, mais peut se lire encore avec intérêt. Il y a une 
quarantaine d'années, Vincenzo de Brognoli, profitant de 
l'ouverture récente des Archives Valicanes, y chercha la matière 
de ses Studi storici siil regno di S. Pio V {") ; mais Ton sent trop 
que Brognoli n'était ni un érudit, ni un historien : son livre 
n'est que Tassemblage sans critique et sans idées générales de 
documents mal lus. 

Le XX* siècle, en revanche, a déjà produit sur ce sujet des 
ouvrages de valeur : les pages relatives à Pie V du livre de Paul 
IlERRE, Papsttum und Papstwahl im Zeitalter PhUipps II {*) 
sont parmi les meilleures qui soient. En 1914, ]\P' Georges 
Grente a publié, dans la collection « les Saints », un Saint 
Pie V {^) qui se distingue par sa documentation précise et sa 
forme élégante; c'est, tout compte tenu du dessein apologétique 
de l'auteur, un bon guide pour étudier le règne de ce grand pape. 
Enfin, un chapitre de l'excellent travail que M. l'abbé Victor 
jIartin vient de donner sur le Gallicanisme et la réforme catho- 
lique ;■•;, de 1563 à 161.5, intéresse directement notre sujet. Pen- 
dant son long séjour à Rome, M. l'abbé Martin n'a pas laissé 
que d'étudier la suite des correspondances des nonces et l'on 
trouvera cités dans son livre bien des documents que nous 
avons nous-même utilisés. Il n'y a fait, à vrai dire, que des 
emprunts discrets, et, négligeant, comme étrangères à son sujet, 
les questions politiques, s'est borné à relever ce qui regardait 
la discipline ecclésiastique. Nous ne pouvions, de notre côté, 
qu'indiquer ce point de vue; c'est dire que, pour avoir une idée 
complète de l'action de Pie V en France, le livre de M. l'abbé 
Martin nous a été utile et qu'il le sera certainement au lecteur. 

Toutes les biographies de Pie V s'étendent plus ou moins sur 



(1) Histoire de la papauté pendant les XVI' et XVII' siècles (trad. fr. de 
J.-B. Uaiberi, t. II (Taris. IS.m in-S»),. pp. 149-178. 

(2) Taris, 1S44, 2 vol. in-S». 

(3) Extrait de la revue Gli studi in Italia [2« année (1879), t. I et II ; 
8» année, t. I et II; 4'^ année, t. I]. Rome, 1879-1882, 2 vol. iE-8°. 

(4) Leipzick, 1907, in-8«. 

(5) Paris, 1914, in-12. 

(6) Paris, 1919, in-S». 



BIBLIOGRAPHIE ET ÉTUDE DES SOURCES 3 

sa politique française. On est surpris de voir, au contraire, que 
les historiens de notre pays n'en disent rien ou presque: seuls, 
quelques auteurs de monographies peuvent être consultés avec 
fruit. Ainsi, Ton aura recours sur le Procès de huit évoques 
français suspects de calvinisme {^) à un savant article de M. 
Tabbé Degert; sur la troisième guerre civile et la paix de 
Saint-Germain, aux bonnes pages de La Perrière (2). Le ma- 
riage de Marguerite de Valois a été étudié avec soin par 
M. Tauzin (3). Enfin, les travaux sur la préparation de S' Bar- 
thélémy ne se comptent i)lus, depuis celui de Boutaric (^) 
jusqu'à celui de M. Lucien Romier (s). 

Et pourtant, même sur ces questions, le dernier mot n'est 
pas dit : si les auteurs ont généralement tiré un assez bon parti 
des documents narratifs, il s'en faut qu'ils aient mis le même 
zèle à poursuivre des recherches méthodiques dans les archives 
et les bibliothèques italiennes ou françaises. C'est le travail que 
nous avons tenté et dont nous présentons ici les résultats. 



Les documents qui, les premiers, s'imposent à l'étude sont 
les papiers des nonces résidant à la cour de France ; avant leur 
départ, ces envoyés, qu'ils fussent ordinaires ou extraordi- 
naires, recevaient des instructions de deux sortes : les unes 
pouvaient être « montrées » aux souverains auprès de qui les 

(1) Dans la Revue des questions historiques, t. LXXVI, 1904, pp. Cl-108. 

(2) La Troisième guerre civile et la paix de Saint-Germain, 15G8-1570 (dans 
la Rerue dc.i Questions historiques, t. XLI, 1887, pp. 68-128). Cet article a 
été reprofluit dans l'introduotion du t. III des Lettres de Catherine de Médicin. 

(3) Jhid., t. XXXVI, 1906, pp. 447-498. 

(4) E. Houï.\iuCj La Saint-BartJiélcmy d'après les Archives du Vatican (dans 
la Hibliothèque de V Ecole des Chartes, ô<= série, t. III, 1862, pp. 1-27). 

(5) La Baint-Barthflemy ; les événements de Rome et la préméditation du 
massacre (dans la Revue du XVI' siècle, 1913, pp. 529-560). Parmi les ou- 
vrages plus anciens, on peut encore utiliser les suivants : [lord Acto.\J, la 

Strage di San BaHolomeo (Venise. 1870, in-8»), traduction d'un article du 
North British Revieiv d'octobre 1869, augmentée d'une préface et d'Impor- 
tantes pièces justificatives tirées des ai'chives de Venise ; Ilennann Bahm- 
GAUTEN, Vor der Bartholomiiusnaclit (Strasbourg, 1882. in-S") ; H. Baumqau- 
TBN, Narlitrag zur Geschichte der Bartholomausnacht, [in : Ilistorische Zeit- 
schfrit, neue Fol.a;e, XIV (Munich et Leipziclj, 1883). pp. 385-399] ; Philipp- 

SON, die Romische Curie und die Bartholomausnacht, dans le t. VII, fasc. I, 
Janv. 1892, du Deutsche Zeitschrift fiir Geschichtswissenschaft (Frlbourg en 
Brlsgau, 1892, in-S»), pp. 108-137. 



4 L.\ POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FR.\NCB 

nonces étaient accrédités; les autres, d"im caractère plus secret, 
sont en général plus intéressantes. 

La série des instructions des nonces envoyés en France par 
Pie V est, semble-t-il, à peu près complète '^}. 

Il n'en est malheureusement pas de même des correspon- 
dances diplomatiques de ces représentants du Saint-Siège [^,. 
Pour la nonciature ordinaire de Michel de la Torre, évèque de 
Ceneda (1566-1568), presque rien ne nous en est parvenu: tou- 
tes les lettres adressée? par lui à la Secrétairerie d'Etat sont 
perdues; et de celles de la Secrétairerie d'Etat, cinq seulement 
sont conservées, fort importantes, à vrai dire 3) ; trois ou quatre 
billets envoyés par l'évêque de Ceneda au nonce d'Espagne, au 
cardinal Farnèse, etc., sont tout ce qu'il nous reste des lettres, 
certainement fort nombreuses, expédiées par ce personnage 
au cours d'une mission de deux années. Pour son successeur, 
Fabio Mirto Frangipani, évéque de Caiazzo 1568-1572^ nos 
recherches ont été plus heureuses; mais, ici encore, que de 
pertes à regretter I Une seule lettre de lui au cardinal-secré- 
taire d'Etat représente ce qui subsiste de sa correspondance 
avec la cour de Rome du mois de septembre 15G8 au mois d'août 
1570; ensuite, il est vrai, toutes ses lettres sont au complet jus- 
qu'à la fin de cette même année {^) : mais une nouvelle lacune 
s'étend de janvier à août 1571; puis la série reprend sans inter- 
ruption jusqu'au mois de décembre inclus ; les six premi= rs 
mois de 1572 ne sont représentés, au contraire, que par une 
dizaine de lettres dispersées dans différents registres [■'). Des 

ili La plupart sont conservétes en minutes, en originaux ou en copies con- 
temporaines aux Archives Vaticanes, dans les cod. Var. Politic. xxxiii (J/i«- 
cellane^, arm. II, n° 34^ et lxxxi yMxsceU. arm. II, n» 82) qui contiennent 
tous deux des documents relatifs au pontificat de Pie T. 

(2) Comme les instructions, les lettres des nonces étaient divisées en deux 
parties : la lettre « montrable « et la lettre secrète, celle-ci chiffrée. 

(3) Elles se trouvent aux f°s 1 à 9 du reg. 282 de la Nonciature de France ; 
les 370 f°' suivants de ce recueil factice sont des minutes de lettres du 
X^II^ siècle ou des brefs d'Innocent X. 

(4» Le reg. 4 du fonds de la Nonciat de France (recueil factice de 190 
folios, plus des blancs) renferme : l""» du f» 1 au f" 17. des minutes de 
lettres de 1587 : 2°^ du f" 18 au f" 104 v", les lettres originales de Frangipani 
et du protonotaire Bramante du 16 août au 16 décembre 1070, avec le déchiffre- 
ment des dépêches chiffrées et plusieurs pièces annexes ; 3°) les lettres de 
Frangipani et du st-crétaire Giorgi du 2 août au 29 décembre 1571 ; 4°) des 
copies de documents de 1589. 

(5) On les trouve dans le reg. 5 de la Nonciature de France (rec. fact. de 
424 p.). pp. 10-46, paifsim; dans les reg. de la Nonciature d'Espagne (rec. 
fact. de 485 fol.) et 13 (rec. fact. de 492 fol.). 



BIBLIOGRAPHIE ET ETUDE DES SOURCES 5 

dépêches de la Secrétairerie d'Etat, il n'en existe plus ou pres- 
que : seules nous restent les minutes de deux d'entre elles 
adressées après l'avènement de Grégoire XIII à Frangipani, à 
la fin du séjour en France de ce dernier (i). 

La correspondance de l'évêque de Gaiazzo avec son protec- 
teur le cardinal Farnèsc, que de difficiles recherches dans les 
archives farnôsiennes de Parme et de Naples nous ont permis 
de reconstituer presque dans son entier (-), supplée en quelque 
manière à la disparition de tant de précieux documents : bien 
que CCS lettres traitent surtout des intérêts privés des Farnèse, 
elles ne laissent pourtant pas d'offrir quelques renseignements 
de valeur sur les affaires politiques. 

Les papiers des nonces extraordinaires ont subi des pertes 
relativement moins grandes : on possède encore la plupart des 
lettres et un long mémoire du protonotaire Bramante, envoyé 
en France à la fin de 1570 (3) ; l'importante mission du cardinal 
Alexandrin (1571-1572) nous est également bien connue, grâce 
aux lettres à lui adressées par Frangipani (■*) et surtout au 
manuscrit 505 de la Bibliothèque Corsini à Rome (^) qui n'est 
autre que le propre registre de correspondance de ce légat. 
Enfin, le manuscrit du fonds Borghèse B. /]'. 200, aux Archives 
Vaticanes, contenait en originaux ou en minutes i< s lettres 
échangées entre le cardinal-secrétaire d'Etat et l'évêque Sal- 
viati pendant les deux nonciatures extraordinaires de celui-ci, 
en mars-avril 1571 et janvier-février 1572; il ne nous a mal- 



(1) Elles sont conservées dans le reg. 283 de la Nonciat. do France (roc. 
fact. do 036 p.) qui contient les minutes des dépêchos expédiées par le secré- 
taire d'Etat aux nonces de France, do 1.372 à 1575 inclus. 

(2) Seules, huit lettres sur une quarantaine nous manquent. Nous avons 
trouvé les originaux des lettres do Franjripani : aux Arch. do l'Etat, à Parme 
dans les cartons « Francia », 1567-1569, 1570-1571 ot 1572-1575; à Naples. 
dans la série « Francia », fascio 187 et dans la série « Koma », fasci 687, 
732, 737 et 759 ; les minutes des réponses du cardinal Farnèse sont à Parme 
dans la série « Koma », cartons août-dix. 1568 ; janv.-avr. 1569 ; mai-août 
1569; sept. -die. 1569; janv.août 1570; sept-déc. 1570; si Naples, dans h- 
fascio 737 de la série « Roma ». 

(3) l'our les lettres, v. supra p. 4. n. 4 ; le mémoire est il la Bibl. Vaticaoi^ 
dans le cud. Barb. lat. 4,698 (roc. fact. de 208 t°^), qui renferme beaucoup 
d'autres documents relatifs au règne de Pie V. 

(4) Elles sont dans le reg. 3 (roc. fact. de 388 f»») de la Nonciature d'Espa- 
gne. 

l5i I^ première lettre transcrite dans ce registre do 66 folios est datée 
de Turin, 31 juillet 1571 ; la dernière l'est de Rome, 30 mars 1572. 



6 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

heureusement pas été possible de le consulter (^). 

Tous ces documents sont en général inédits; on trouvera 
pourtant une lettre de Frangipani du 21 mars 1569 dans 
l'ouvrage de Brognoli sur Pie V et quelques extraits d'un cer- 
tain nombre d'autres dans l'étude de M. Philippson, citée plus 
haut, et dans le livre très médiocre de Fontana sur Renée de 
France {-) ; Gachard, Hermann BaUxMGarten, et d'après eux, les 
auteurs qui se sont occupés de la Saint-Barthélémy, ont utilisé 
le registre du cardinal Alexandrin ; enfin, le P.Theiner a publie 
comme pièces justificatives de sa continuation de Baronius (•^) 
deux lettres du même Frangipani à Grégoire XIII et au car- 
dinal de Côme. 

Les brefs et bulles adressés aux nonces ou transmis par eux 
forment la troisième catégorie des documents pontificaux que 
nous avons utilisés; les plus importants sont édités, soit dans 
la publication faite en 1640 d'un grand nombre de brefs de 
Pie V (^), soit dans les Annales ecdesiastici de LADERcm (^),tout 
entiers consacrés au pontificat de ce pape, soit enfin dans le 
Bullaire de Gocquelines {^). Ces recueils ne nous ont, au reste, 
pas dispensé de dépouiller les registres originaux (') et d'y 
faire une ample moisson. 

Mais il ne suffit pas de compulser les diverses séries de docu- 
ments adressés aux nonces de France ou émanés d'eux ; il 
faut encore jeter un coup d'oeil sur les correspondances des 
nonces apostoliques résidant auprès des différents princes 



(1) Ce manuscrit signalé et décrit dans le catalogue du fonds Borghèse 
dressé en 1890 (indice 193), a disparu depuis 1911 et toutes les recherches 
entreprises sur notre demande sont restées sans effet. 

(2) Bartolommeo Fontana, Renata di Francia, duchcfsa di Ferrara..., 
Rome, impr. Forzani, 1893-1898, 2 vol. in-8o. 

(3) Aug. Theiner, Annales ecdesiastici... ah anno M. D. LXXII... (Rome, 
18.36, 3 vol. in-fol.K t. I". pp. 338-339. 

(4) Apostolicarum Pu Quinti... epistolarum libri quinque... editi... opéra... 
Francisci Goubac; Anvers, 1640, in-4». — Il en existe une traduction fran- 
çaise par de Potter (Paris, 1810. in-4''). 

(5) Jacques LadeechIj Annales ecdesiastici ab anno 1566... ; Rome, 1728- 
1737; 8 vol. (numérotés t. XXII, XXIII et XXI\'). 

(6) Bullarum romanorum pontificutn ampUssima coUectio, éd. CoCQUElines, 
t. IV, 2« et 3« parties (Rome, 1745-1746, 2 vol. in-fol.). 

(7) Les libri 7 et 17 de l'an». 44 des brefs sont des recueils de minutes ; 
les libri 12, 13, 14, 15 et 16 des registres proprement dits, le premier de 
la main du secrétaire Florebellus, les suivants de celle du secrétaire T. Aldo- 
brandinl. 



BIBLIOGRAPHIE ET ETUDE DES SOURCES 7 

d'Europe: si le fonds de la nonciature d'Ecosse {InghUterra) 
contient un seul registre intéressant pour nous {^), la série 
Spagna est de toute première importance ; le nonce Castagna 
qui, élu pape en 1590 sous le nom d'Urbain VII, fit entrer 
tous ses papiers aux Archives Vaticanes, n'avait cessé de suivre 
avec attention les affaires du royaume voisin et se trouvait en 
fréquentes relations avec les nonces de France {-). Les autres 
fonds de la même catégorie, que nous avons également dépouil- 
lés avec soin, n'apportent à notre étude aucun document de 
valeur (3) , 

Les nonces avaient à la cour de France des rapports quoti- 
diens avec les autres ambassadeurs étrangers; aussi, ne faut-il 
pas s'étonner de trouver dans la correspondance des envoyés 
des divers princes une mine inépuisable de documents sur le 
sujet jui nous occupe. 

De tous les agents accrédités auprès du roi de France, celui 
d'Espagne avait peut-être avec le nonce les relations les plus 
intimes ; si l'on ajoute que les lettres de Francès d'Alava 
pèchent seulement par l'abondance du détail et que la série en 
est presque sans lacunes, on se rendra compte de toute leur 
importance 0). La correspondance de l'ambassadeur florentin, 
le commandeur Petrucci, est aussi précieuse : on connaît par 
la publication d'Abel Desjaudins (^) les dépêches si pénétrantes 



(1) C'est le registre qui porte aujourd'hui aux Archives Vaticanes la cote : 
Ingliilterra 1a. Les documents qu'il contient ont été très bien publiés par le 
P. HuNGEFoRD l'oLLEX, Papal negviiations with Mary, Queen of Scota..., 
lnfil-67 (dans les rublications of the f^cottish hintori/ Society, vol. XXXVII) ; 
Edimbourg, 1901, in-S». 

(2) On trouvera un bon tableau des papiers des nonces d'Espagne sous 
Pie V dans l'ouvrage classique de Ricardo de Hino.iosa, los De/^pachos de la 
iliplomacia pontificia en Espana (Madrid, 1896, in-4"), pp. 169-^1:!. en notes. 
iJoni L. Serrano, O. S. B., de l'Kcole espagnole d'histoire et il'archéologie de 
Rome, se propose de publier les papiers de la nonciature d'lCsi)agne du pon- 
tificat de Pie V. 

(o) Entre autres, le fonds de la nonciature d'Avignon, ne concernant que 
des affaires d'administration, est sans intérêt pour nous. 

(4) On sait que la correspondance des ambassadeurs d'Espagne à Paris est 
conservée aux Archives Nationales, dans le fonds dit de Siniancas ; les car- 
tons qui intéressent notre sujet portent les cotes K 1505 à 1514, 1517, 1532, 
15.34, 1543, 1545, 1550, 1551, 1571, 1576, 1577, etc. ; on se servira utilement de 
l'excellent répertoire dû à M. .Tulian Paz, Archivo gênerai de Simancas, Vatu- 
logo IV, Secretaria de Estado {capitulaciones co7i Francia y negociacione» 
diplomàticas de los embajadorcs de Espana en aquella corte ..) 1 (1265-17141 ; 
Madrid, 1914, in-S». 

(5) yi'gociations diplomatiques de la France arec la Toscane, docum»nts 
recueillis par Giust. Caxbsïrixi [et publ. par Desjaudins] (Collection des 



8 LA POLITIQ! E DK SAINT PIE V EN FRANCE 

de cet ambassadeur qui fut pendant l'année 1571, en particulier, 
au courant des secrets les plus intimes de la politique royale: 
mais il s'en faut que Desjardins ait publié les lettres de Petrucci 
in extenso: de longs passages manquent, d'autres sont résumés, 
et parfois de façon inexacte. 11 nous a donc fallu revoir de très 
près les textes originaux (i) pour compléter ces lacunes; en 
outre, nous avons compulsé les réponses du duc Gosme et du 
prince Frauçois de Médicis à Petrucci (-j et la correspondance 
de leurs agents secrets à Paris (•'). 

Moins directement intéressés pendant cette période de notre 
histoire à la politique française que les envoyés espagnols ou 
florentins, les Vénitiens avaient plus de liberté pour juger sans 
passion les événements; on connaît la valeur des lettres de 
Jacques Soriano, Jean Go rrer et Alvise Gontarini(^) ; plus pré- 
sieuses encore sont les célèbres « relations » {^) de ces »m])as- 
sadeurs, synthèses remarquables dont le temps a prouvé la 
justesse. 

Documents incMits), t. III (1530-1574) ; l'aris, 1S65, in-4°. Les éloges et les 
reproches que l'on peut décorLcr à l'œuvre d'A. Desjardins ont été fort bien 
exposes par le fr. Eletto Palandui, G. M., dans son étude sur les Négocia- 
tions politiques et reUgieuses entre la Toscane et la France, à l'époque de 
Cofime /*>■ et de Catherine de Médicis, 1544-lGSU (Paris, Florence et Bru- 
xelles, 1908, in-8°), que nous aurons plus d'une fois l'occasion de citer au 
cours de notre travail. 

(1) Les dépêches di> l'etrucci sont conservées aux Arch. de l'IClat ;\ Flo- 
rence, cartesgio Mediceo. fil:e 4,596 à 4601. 

(2) Ibid., /i7.:a 4.(!()2. Il faut consulter aussi les recueils de minutes cotés 
filze 54, 54 bis, 55 et 56 et les registres de correspondance n"' 229 à . 231 
et 237. 

(3) Nous avons dépouillé entièrement les énormes recueils du « Carteggio 
universale » qui contiennent toutes les lettres r(H;ue.=! par le duc de Toscane 
de 1506 s\ 1572 (filzc 521 i\ 577, 584 à 586, 61.". :1 616, 649 à 651, 655, 
657 et 658). Lors de nos recherches dans le magnifique dépôt des Offices, 
nous n'avions à notre disposition que les inventaires manuscrits, dont la con- 
sultation était du reste rendue aussi sûre que facile par l'obligeance et la 
compétence des archivistes. Depuis, a paru un Important travail do M. A. 
Renaudkï sur les Sources de l'histoire de France aux Archives d'Etat de 
Florence, des guerres d'Italie à la Révolution, 1494-1789 (Paris, 1916, in-8"). 
Cet ouvrage, fruit de gigantesques dépouillements, donne une bonne idée de 
la richesse des archives florentines au point de vue do notre histoire natio- 
nale ; l'auteur ne semble pourtant pas avoir eu la patience, ou le temps, de 
compulser les innombrables volumes du Carteggio universale; en tout cas, 
il s'en faut de beaucoup que les registres <le cette série signalés par lui soient 
les seuls !\ consulter par les historiens français. 

(4) Bibl. Nat., mss. itnl. 1726-1728 (copies modernes). 

(5) Les relations relatives à la France ont été publiées en 1838 par 
ToMMASEo, dans la collection des Documents inédits. Eug. Albeki les a éditées 
de nouveau avec quelques autres inconnues de Toramaseo (liçlacioni d^gli 
ambasciatori vencti al Sonato, durante il seeolo decimo scsto..., sér. I, t. IV, 
pp. 177-273). 



BIBLIOGRAPHIE ET ÉTUDE DES SOURCES 9 

Les correspondances des autres agents italiens, bien que de 
moindre portée valent pourtant d'être étudiées. Le duc Kninia- 
nuel-PMlibert de Savoie lut, de 1506 à 1572, représenté à Paris 
par le président Milliet, Joseph Montmayeur, P. Ducrest, le 
président Montfort et le comte de Saint-Paul : il n'est rien 
d'étonnant que des ambassadeurs se succédant si rapidement 
n'aient pas su pénétrer jusqu'au fond des intrigues politiques; 
on peut cependant retirer de leurs dépêches (i) quelques détails 
nouveaux. Les lettres des ferrarais Hercule Gianella et Gaspard 
Fdgliani (2) offrent peut-être plus d'intérêt, mais la série est 
loin d'en être complète. Le duc de Panne n'avait point de repré- 
sentant officiel à Paris, mais de simples hommes d'affaires 
dont les lettres (^) ne sont pourtant pas sans contenir des 
renseignements utiles à l'histoire. 

Seule des puissances protestantes, l'Angleterre avait à la 
cour de France un ambassadeur permanent : Thomas Hoby et 
Henry Norris remplirent successivement cette charge de*1566 à 
1570 et leurs dépêches, grâce aux analyses qu'en donnent les 
Calendars (4), ont élé bien souvent utilisées; mais les plus 
justement célèbres sont celles de François Walsingham (1570- 
1573), qui furent traduites en français et publiées dès la fin 
du XVIP siècle (5). 

Ces différents documents permettent de se rendre un compte 
assez exact de l'action exercée par les nonces à la cour de 
France. On peut de même utiliser les correspondances des 
ambassadeurs à Rome pour remédier dans une certaine mesure 
à la perte presque complète des lettres de la S^crétairerie d'Etat; 
mais il semble que la Curie gardait assez bien le secret sur ses 
délibérations : en général, les lettres des agents auprès du 



(1^ Arch. de l'Etat à Turin ; Uttore^dl ministri, Fraucia. »ia::i 2 (l.lGô- 
15T11 et a 11. ".71-1. ",741. 

(2) Arch. de l'Etat à Mod6ne ; cancelleria ducale, Esteri, dispacci délia 
Frauria ; lia-fsen r>~, .'>.S ot .">9. 

(oi Arch. de l'Etat, à Parme, Carteggio farncsiano ; Francia, cart. 1567-1569, 
1Ô70-1571 et l.")72-1575. — Arch. de l'Etat i Naples, Uartcggio farnesiano ; 
Francia, fasci ISO et 187. 

(4) Calendars of siatc papcrs, foreign séries, of the reiyn of Elizaheth, 
1566-1568 (Ix)ndres. 1871. in-4») ; 1560-1571 (Londres, 1874, in-4«) ; 1572- 
1574 (Londres, 1876, in-4o). 

(5) Mémoires et itistructions pour les ainhaxsndriirs oii Ifttrex et négocia- 
tions de Walsinyham... ; trad. de Tauglois ; Amsterdam, 1700. in-4''. 



10 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Sainl-Siège contiennent plus de faux bruits et d'hypothèses que 
de faits certains. Sous cette réserve, il ne faut pourtant pas 
négliger cette classe de documents. C'est ainsi que les lettres de 
Villeparisis, du cardinal de Rambouillet et de Ferrais, ambas- 
sadeurs du roi de France (^), apportent à notre sujet une contri- 
bution d'une valeur évidente. Le grand-duc de Toscane avait 
comme représentant à Rome son cousin, le protonotaire de 
Médicis ; le haut rang de ce personnage, la faveur que sa 
famille trouvait auprès du pape donnent à ses lettres (-) um- 
importance particulière. Les dépêches de l'ambassadeur de 
Savoie, l'abbé de Santo Solutore {^), fort bien conservées, nous 
ont permis de fixer quelques points de détail ; enfin, nou^ 
nous sommes servi avec profit des relations de Paul Tiepolo, 
Michel Soriano et Jean Soranzo, agents de la République de 
Venise à Rome pendant le pontificat de Pie V (^). Il importerait 
également de consulter la correspondance des ambassadeurs 
espagnols (^) ; mais nous n'avons pu le faire. 

Nous avons dû recourir à bien d'autres documents encore : 
il est impossible à quiconque étudie le règne de Charles IX 
de ne point utiliser deux précieuses collections de textes : le 
grand recueil des Lettres de Catherine de Médicis, publié par 
Hector de La Ferrière et M. Baguenault de Puchesse {^) et 
l'édition des Dépêches de M. de Fourquevaux, ambassadeur du 
Roi en Espagne (1565-1571) que l'on doit à Mgr Douais C^). 

Bref, notre enquête aura été en Italie comme en France aussi 



(1) Bibl. Xat.. ms. fr. 3.226, 3.241, 3.899, 1G.0:J0, 16.040, etc. 

(2i ,\rch. de l'Etat à Florence, carteggio Mediceo, filze 3.286 à 3.291 inclue. 
Les lettres regues par le cardinal de Médicis sont dans les filse 5.096 à 5.100 
inclus. 

(3) Arch. de l'Etat à Turin ; lettere di ministri, Roma ; ma~zi 4 et 5. 

(4) Relazioni deyli. amiasciatori veneti..., scr. II. t. IV, pp. 161-202. 

(5) Cette correspondance est conservée aux Archives de Simancas. 

(6) T. II (1563-1566), Paris, 1885, in-4o ; t. III (1567-1570). Paris, 1887, 
in-4<> ; t. IV (1570-1574). Paris. 1891* in-40 : t. X (suppl., 1537-1587, publié 
par M. Baguexault de Pucoesse, Paris. 1909. in-4o) ; ce dernier érudit vùnt 
encore de publier Vingt-sept lettres inédites de Catherine de Mtdicis, dans le 
Bulletin philolopigue et historique du Comité des travaux historiques, ann. 
1917, pp. 130-157 ; plusieurs de ces lettres se rapportent à la période 1.566- 
1572 et l'une d'elles à notre sujet. On trouvera un bon commentaire de la 
Correspondance dans la Catherine de Médicis do M. J.-H. Mariéjol (Paris, 
Paris, 1920, ln-8°i. 

(7) Paris. 1896-1904 ; 3 vol. in-S». — Il faut également consulter les Let- 
tres d-e Charles JX à M. de Fourquevaux... (1565-1572», publiées par le même 
auteur (Paris, 1897, in-S"), 



BIBLIOGRAPHIE ET ÉTTDE DES SOURCES H 

complète que possible; les dépôts littéraires de Paris, de Turin, 
de Milan, de Parme, de Modène, de Bologne, de Florence et de 
Naples, les Archives Vaticanes et les grandes bibliothèques 
romaines (i) ont été visités par nous, sinon avec un succès tou- 
jours égal, du moins, toujours avec la même conscience. 



(1) Bibliothèque Vaticaue, Viotor-Emmauuel. Coisini, Valicelliana, Ange- 
lica, Alessautlrina, Casanatense et Chigi. — Nous ne voulons pas terminer 
cet avanl-propos sans romorcier nos collègues italii.ns de l'obligeance avec 
laquelle ils ont facilité nos recherches. 



CHAPITRE PREMIBR 

LES DÉBUTS 
DE LA POLITIQUE DE PIE Y EN FRANCE 



{ I. Envoi de l'évêque do Ceneda en France ; ses instructions. — § II. Echec 
à peu près complet de ses négociations touchant la publication du 
Concile de Trente, la discipline ecclésiastique, etc. — § III. Pie V et 
Catherine de Médici.s. Le pape aide à la réconciliation de la France avec 
l'Espagne. 



Les premiers actes de Pie V annoncent toute la suite de sa 
yjolitique; une même idée domine son pontificat et en fait 
l'unité. A peine élu, il proclame que son devoir de chef de 
l'Eglise doit être avant tout de défendre les intérêts spirituels 
du catholicisme et qu'il appartient aux princes chrétiens de 
prêter leur aide à cette tâche ; ce principe, jamais les papes ne 
l'avaient ouvertement renié, mais, depuis longtemps, ils ne 
cherchaient plus à le mettre en pratique. Pie V, au contraire, 
le revendiqua constamment et en tira toutes les conséquences 
avec une surprenante logique. 

Cette idée directrice apparaît déjà fortement marquée dans 
les instructions {^) remises par le nouveau pape à Michel de la 

(1) Arch. Vat., Varia Politicorum, m. LXXXI (Miscell., arni. II, n» 82), 
t'* 319 et 510. Voy. l'analyse très fine que donne de ce document M. l'abbé- 
V. Martin, le Oallicanisme et la Réforme catholique, pp. 90 sqq. 



14 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Torre, évêque de Geneda {^}, envoyé par lui comme nonce en 
France ; tout s'y rapporte à la défense de la foi : « Si Leurs 
)' Majestés, dit-il, croient que le catholicisme est la vraie relî- 
» gion, il ne suffit pas qu'elles le professent et l'observent : 
» Elles doivent aussi faire en sorte que leurs sujets soient 
» d'accord avec Elles ; autrement, elles perdront, ou leur trône, 
» ou la religion ». 

Le premier moyen et le plus efficace de rétablir en France 
l'unité religieuse sera Tapplication immédiate des décrets du 
Concile de Trente; que le Roi ne discute pas l'opportunité 
politique de cet acte, qu'il n'en diffère pas l'exécution : c'est 
sans retard qu'il faut mettre en vigueur la nouvelle constitu- 
tion que l'Eglise s'est donnée et qui, seule, lui permettra de 
résister aux efforts de l'hérésie ; mais, tout particulièrement, 
s'impose l'urgence de diverses mesures : il faut, avant tout, 
veiller au bon recrutement du clergé, en se conformant aux 



(1) Le comte Michel de la ïorre, né à Udine en 1311. fut d'aljord référen- 
daire de l'une et l'autre signatures ; Paul III, le 8 février 1547, le nomma 
évêque de Concda, dans le Frioul. et, presque aussitôt, l'envoya comme nonce 
en France. Miciiel de la Torre s'acquitta assez mal de cette mission dont il 
fut révoqué pour incapacité en 1349 (communication de M. Romier). A son 
retour, il prit part au Concile de Trente et fut successivement préfet des 
Sacrés Palais et gouverneur d'Ombrie. Pie V, à peine élu, songea dès le 
début de février 136G, à lui confier de nouveau la nonciature de France, en 
remplacement de l'évêquo d'Imola, non installé : « Estant tout maintenant 
allé devers le pape », écrit de Rome le 18 février 1566 l'ambassadeur Ville- 

parisis au Roi il luy a pieu me dire,., avoir eu re.sponce de l'evesque de 

Seneda, lequel se preparoit pour venir en ceste court et recevoir la charge 
qu'il lui veut donner d'aller résider son nonce auprès de Vostre Majesté, 
me disant qu'il le feroit diligenter tant qu'il pourroit et que quant il plairoit... 
à Vostre Majesté recepvoir en l'attendant l'evesque Beltraminy pour l'honneur 
de ce Sainct Siège, que telle démonstration de vostre bonne volonté luy seroit 
agréable... ». (Bibl. Nat., ms. ]r. 16.0.^9. f» 59 v°.^ Rappelé en 1568, l'évêque de 
Ceneda rentra dans son diocèse où il se trouvait le 20 décembre 1571 (Lettre 
au commandeur Petrucci. de cette date, aux Arch. de TEtat à Florence, filza 
601, f» 74». Grégoire XIII le tira de cette demi-disgrâce en lui donnant le 
12 décembre 158.3 la barette de cardinal dont 11 avait déjà été question pour 
lui à deux reprises, sous le pontificat de Pie V, une fois en 1366 (lettre 
de Louis Cerigiola, agent du cardinal de Médicis, à son maître du 31 mai 
1566 : Florence, Mediceo, }Uza 5.096, f° 427), J'autre en 1570 (Diario con- 
siatoriale di... Saxtori. cardinale di S. Severina, publ. par le P. Tacchi Vex- 
TDKi, dans : f>tudi e documenti di storia e diritto, 1902, p. ."04). Par une 
curieuse anomalie, le cardinal « Turrianus ». comme on appelait l'évêque de 
Ceneda ne ref.ut pas de titre cardinalice; il obtint quelques voix au conclave 
où fut élu Sixe-Quint (Cf. P. Herre. Papfittum itnd Papsttcahl im Zeitaltcr 
Philipps II, pp. 325-.349, passim) et mourut le 19 février 1586. [Ferd. Ughelli, 
Italia sacra..., t. V (Venise, 1720; in-fol.), col. 221; Ciaconics de P. Alfonso 
Chacon), Titœ pontificum et cardinaiium, t. IV (Rome, 1677; in-fol.), col. 76.] 



LES DÉBUTS DE LA POLITIQUE DE PIE V 15 

règles du Concile pour les provisions de bénéfices {^) ; il 
importe aussi que les évèques résident dans leurs diocèses ei 
s'appliquent uniquement au soin de leur troupeau. C'est au 
Roi à donner l'exemple du respect des lois ecclésiastiques ; aussi, 
le pape attend-il de lui qu'il empêche les hérétiques de retenir 
des biens d'Eglise et surtout qu'il agisse avec énergie contre le 
cardinal de Chàtillon ; on ne peut souffrir plus longtemps 
qu'un renégat déclaré et condamné persiste, en dérision de 
l'autorité pontificale, à porter en public la burette et l'habit de 
cardinal et à jouir paisiblement de tous ses bénéfices (-). 

Tel était le programme fixé à l'évêque de Ceneda ; tout y 
révélait la grande piété du nouveau pape, son souci de donner 
le pas aux intérêts spirituels sur les temporels (^). 



Michel de La Torre avait quitté Rome le 7 avril 1566 (■*) ; il 



(1) Dès l'élection du nouveau Pape, l'ambassadeur de France à Rome, Ville- 
parisis, avait éprouvé quelque crainte que Pic V ne fût « pour se rendre un 
peu sévère en matière d'expéditions ». Le cardinal « Reomanus » (Jean Suavi, 
Reuman) ayant cherché à le rassurer, Villeparisis s'en ouvrit au l'ape 
lui-même et dut reconnaître que ses craintes étaient justifiées. (Cf. sa lettre à 
Catherine de Médicis, adressée de Rome le 29 janvier 1566 : Bibl. Nat., 
ms. fr. 10.039. t" 52). Dans une audience du 9 mars, le Pape chargea même 
l'ambassadeur, « ...sur la pluralité des bénéfices », de prier le Roi « d'avoir 
désormais esgard a n'en mettre tant dans une main, d'où il dict qu'une 
I)art.ve do uoz afflictions procèdent et qu'un seul homme ne peult respondre 
en tant de lieux de faire son debvoir partout... » (Rome, 10 mars 1566 ; Ville- 
parisis au roi : Bibl. Nat., ms. cit., f» 62). On pourrait donner dix autres 
exemples analogues. 

(2) Villeparisis, en communiquant au Roi ce qu'une indiscrétion lui avait 
permis de connaître des instructions données à l'évêque de Ceneda (v. la 
note 4, infra), signale l'importance qu'avait aux yeux du Pape cette affaire 
du cardinal de Chàtillon : « ...Semble que ce soit le poinct sur lequel Sa 
Saincteté insiste plus... et i)our ce, eusse bien désiré qu'elle m'en eust mis 
en propos, non que je présume l'avoir peu mouvoir a désister de ceste 
instance qu'elle monstre d'avoir fort à cueur, et estant de soy mcsme assez 
entière es oppinions qu'elle prend en choses semblables ou il va de l'intêrest 
de la ditte religion, mais pour le moings essaier de la rendre capable... des 
raisons prétendues au contraire... » (Rome, l»"' avril 1566 ; Villeparisis au 
Roi : Bibl. Nat.. m^ fr. 16.0.39, f° 85. r» et v°). 

(3) M. l'abbé Martin, op. cit., pp. 90-93, remarque avec beaucoup de justesse 
que, tout en n'admettant aucune transaction sur le fait même de la doctrine. 
Pie V, avec un grand sens politique, se montre fort accommodant sur la forme 
même de l'application ; peu lui importe que les décisions du Concile soient 
officioUenicnt puliliées : l'essentiel et la seule chose qui compte aux yeux 
du Pape, c'est qu'elles soient oliservées dans tout le Royaume. 

(4) Ses brefs de créance pour le Roi et la Reine-mère sont du 25 



16 LA rilLITIQrE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

fit son entrée à Paris le 29 mai (i), sans grand cérémonial et, 
dès le 1" juin, eut audience du Roi et de la Reine-mère. 

Point par point, il leur exposa les désirs de son maitre ; on 
récouta jusqu'au bout attentivement, mais non sans une pointe 
de déplaisir; à cette longue harangue, le Roi se contenta de 
répondre en peu de mots qu'il aviserait (-). 

Cet accueil assez froid n'était pas d'un bon présage ; de fait, 
révêque de Ceneda rencontra à la cour de France, sinon une 
mauvaise volonté déclarée, du moins peu de complaisance : le 
conseil royal, sur sa demande consulté, émit un avis défavo- 
rable à la publication du Concile i^^). Cependant. le Roi donna au 
pape une demi-satisfaction en permettant l'envoi aux évêques 
et archevêques de brefs enjoignant l'observation des décrets 
conciliaires (^) ; c'était, en somme, confirmer implicitement 
tout ce qui relevait du dogme et de la discipline intérieure de 
l'Eglise ; mais Charles IX réservait les droits anciens de l'Etat 
en refusant la promulgation officielle, en dépit des instances 
de l'envoyé pontifical. Celui-ci, pourtant, fut long à se décou- 



raars (Arch. Vat.. Brevia PU V, arm. 44. Ki. 12, n°^ 46 et 47) ; d'autres, adres- 
sés aux deux frères du Roi. aux ducs de Montmorency et de Montpensier, 
à Monluc, au premier président du Parlement de Paris, etc., furent expédiés 
le 27 du même mois (Ibid., n<" 48 à 54). Quant à ses instructions, elles sont 
datées de Rome, 6 avril ; mais elles lui furent remises dès le 28 mars. Ville- 
parisis, reçu à l'audience du lendemain, chercha de son mieux à en connaître 
le sens ; mais le Pape se montra impénétrable ; l'ambassadeur fut plus heu- 
reux avec les cardinaux de Ferrare et Santa-Croce qui, appelés en consul- 
tation par le Pape, n'eurent rien de plus pressé que de dévoiler à Villeparisis 
le contenu des instructions pontificales. L'ambassadeur en communiqua la 
substance au Roi, non sans toutefois lui recommander le secret, dans une 
lettre du l^r avril 1566 (Bibl. Nat. ms fr. 1G.039. f°' S5-8G:> ; il comptait du 
reste rencontrer le lendemain l'évêque de Ceneda et se promettait de le 
sonder. Cet espoir fut déçu : « Et quant a l'evesque de Ceneda «, écrit-il le 
15 avril au Roi, « il partit d'icy le VU" de ce moys, avec expresse charge 
des poinctz mentionnez en ma dernière depesche, desquelz touteffois il ne 
m'a aultrement rien descouvert. Il s'en va », ajoute-t-il, « a ses Journées et 
baptisera, passant a Thurin, Monseigneur le prince de Savoye, au moyen de 
quoy il pourra tarder ung peu longuement a arriver par devers Vostre Ma- 
jesté ». ilbid.. f"* 93 I" 04. t L'ambassadeur de Savoie escomptait que l'évêque 
de Ceneda passerait à Turin vers le 25 avril (Rome, l^' avril 1566 ; l'abbé de 
Santo-Solutore au duc de Savoie : Arch. de l'Etat à Turin, lettere di mini^- 
tri, Rotna, mazzo 5). 

(1) « E arrivato tre di sono Monsignor... di Ceneda... » (Paris, l*'' juin 
1566; Soriano au doge de Venise : Bibl. Nat.. ms. ital. 1726. f» 25 x"). 

(2) Calendars of State papers..., 1566-1568, p. 78, n» 444. 

(3) Paris, 14 juin 1566 ; le président Milliet, ambassadeur de Savoie, h son 
maître : Arch. de l'Etat à Turin, lettere di ministri, Francia. mazzo 2». 

(4i Brefs de remerciements du pape au Roi et à la Reine-mère des 16 et 
27 juin 1566, dans : Laderchi, Annales ecclesiastici, t. XXII. p. 255. 



LES DÉBUTS DE LA POLITIQUE DIÎ l'IE V 17 

rager; à plusieurs reprisies (i), il insista pour obtenir complète 
satisfaction, mais un an crefforts ne lui lit pas gagner grand 
chose : deux commissaires avaient été désignés pour étudier 
la question, mais c'étaient le chancelier de l'Hospital, qui, aux 
yeux des catholiques, passait pour fort suspect, et Tévêque de 
Valence, Jean de Monluc, qu'une sentence pontificale venait 
de déclarer hérétique ; ni de Tun, ni de l'autre, le nonce n'avait 
à espérer beaucoup de bienveillance. Un docteur de la Sorbonne, 
choisi par eux et soupçonné également de protestantisme, exa- 
mina les canons du Concile et y releva plus de trente points que 
le Roi ne pouvait accepter. Catherine de Médicis, forte de cet 
avis, ajourna sine die la mesure réclamée par le nonce {-). 

Pie V, au reste, avait prévu cet échec : loin de fonder tous 
ses espoirs sur la publication intégrale du Concile, il s'était, 
presque dès le premier jour, résigné à ne poursuivre l'exécu- 
tion immédiate que des articles, à son sens, les plus importants 
qui concernaient spécialement la réforme du Clergé (3). S'exer- 
çant sur ces points particuliers, l'activité du nonce fut encore 
inégalement heureuse. Certes, sur ses instances, Charles IX 
consentit à renoncer à la collation des bénéfices dans les « pays 
réservés » par le Concordat de Léon X. Surtout, Pie V obtint 
que le Roi s'unît à lui pour obliger les évéques à la résidence : 
Charles IX leur écrivit des lettres royaux dans ce sens, leur 
promettant en cas de besoin l'appui du bras séculier (^). Mais 
les succès du pape s'arrêtèrent là et, à propos de deux questions 
qui lui tenaient fort à cœur, il fut mis complètement en échec. 

On connaît (^) dans ses détails le procès intenté par Pie IV 
à huit prélats français suspectés d'hérésie et la condamnation 
prononcée par son successeur contre six d'entre eux le 11 dé- 



(1) Voy.. par ex., les lettres de l'évêque de Mondovl, nonce désigné 
d'Ecosse, au cardinal Alexandrin, secrétaire d'Etat, datées de Paris, 21 août 
et 9 septembre 1566 (Hi-ngeford Pollen, Papal negotiatio^is..., pp. 267-268 
et 280-281) et celles de Francès d'Alava a Philippe 11, de Paris, 25 mal 
et 13 juillet 1567 (Arch. Nat., X1508, n"^ IS» et 3.".). 

(2) Voy. la lettre d'.Mavii du 25 mal citée ci-dessus. 

(3) Le fait ressort de la lettre du nonce d'Ecosse du septembre 1566 
(cf. la n. 11. I/évêque de Mondovi avait été chargé par le pape de remettre 
au Roi des brefs dans ce sens. 

(4) Paris, 26 décembre 1566 ; Correr au doge de Venise : Bibl. Nat., ms. 
ital. 1726, fo 69. 

(5) Cf. Dkgert, op. laud.j on trouvera les pièces du proct^e dans : Lader- 
CHI, op. cit., pp. 256 sqq. 



18 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

cembre 1566. Pie V aurait voulu que ce jugement, qui les 
privait de leurs titres et bénéfices, fût en France exécuté dans 
son entier ; mais les prétentions pontificales ne se réalisèrent 
pas : les parlementaires, sans contester au pape le droit d'ins- 
truire contre des évêques français des procès au spirituel, reven- 
diquaient pour le Roi celui d'appliquer la peine (}). Et, de 
fait, la sentence du il décembre resta lettre morte. 

L'évêque de Geneda ne fut pas plus heureux dans l'affaire 
du cardinal de Ghàtillon ; certes, à la cour, on ne voyait pas 
sans quelque scandale cet ancien prélat, dont l'abjuration avait 
été publique et dont personne n'ignorait le mariage avec Elisa- 
beth de Hauteville, porter dans les cérémonies l'habit cardi- 
nalice et conserver la jouissance de ses bénéfices; mais le Roi 
hésitait à sévir contre un homme d'une grande influence per- 
sonnelle et que, par esprit de famille, les Montmorency soute- 
naient {-). A toutes les instances du nonce, il ne fit que des 
réponses dilatoires {^). 



Ces résistances de la cour de France étaient, à Rome, mal inter- 
prétées ; Catherine de Médicis, plus que tout autre, passait pour 
en être responsable: on lui reprochait sa trop grande faiblesse à 
l'égard des Réformés, la confiance qu'elle accordait à de mau- 
vais conseillers ; le parti espagnol allait même jusqu'à pré- 
tendre qu'elle penchait vers le protestantisme. 

Ces bruits malveillants n'étaient pas sans quelque apparence 
de vérité et Pie V les accueillait volontiers, enclin qu'il était par 
nature à croire aisément au mal pour le mieux combattre ; 
cependant, comme il joignait à cette disposition d'esprit une 
grande franchise, il n'hésita pas à faire part de ses soupçons 
à l'ambassadeur de France, le comte de Tournon. 

La Reine, informée de ces attaques, cher' ha sans retard à se 
disculper : elle chargea de sa justiflf^ation, non seulement le 

(Il Paris. 20 février et mars I.jGT ; Francès d'Alava à Philippe II : 
Arch. Nat. KlôO~, n»" 30 et 60. 

(2) Paris, 15 Juin 1566 ; Soriano au doge de Venise : Blbl. Nat., ms. ital. 
1726, f» 26 v». — Paris, 20 et 27 juin 1566 ; Hercule Gianella au duc de Fer- 
rare : Arch. de l'Etat à Modène. Cancellcria ducale, Francia, liai<se n» 53. 

(3) Paris, 13 juillet 1567 ; Alava à Philippe II : Arch. Nat., A'1508, n» 33. 



LES DÉBUTS DE LA POLITIQUE DE PIE V 19 

résident de France à Rome, mais encore un envoyé spécial, le 
chevalier de Seurre (i).Ces deux mandataires devaient se porter 
garants de son zèle religieux ; si l'effet ne répondait pas à ses 
intentions, ce n'était point, à l'en croire, faute de bonne volonté, 
mais, que pouvait-elle faire de plus dans un Etat si divisé, où 
il fallait sans cesse donner des gages aux deux partis pour 
éviter de plus grands maux ? Mère d'un roi encore très jeune, 
elle devait de toutes ses forces veiller au maintien de la paix 
intérieure,tout en restant fidèle à la religion de son enfance (-). 

Pie V aurait préféré une politique plus franche et moins 
subordonnée aux événements ; mais c'était déjà pour lui un 
grand point de voir Catherine fort éloignée des protestants P), 
que, seules, des nécessités passagères rol)ligeaient à ménager. 
C'est à modifier cette situation qu'il appliqua tous ses soins. 

Une première tâche s'imposait : la réconciliation de la France 
et de l'Espagne ; tant que persisterait la rivalité entre les deux 
couronnes et qu'elles auraient à se tenir mutuellement sur 
leurs gardes, la Reine-mère ne pourrait se dégager du parti 
protestant sans craindre d'être exposée en même temps à la 
guerre civile et à l'étrangère. Or, à la fin de 1566, les rapports 
entre les deux pays étaient assez tendus iTaffaire de Floride (■*), 
les calomnies contre Catherine de Médicis répandues en 
cour de Rome étaient autant de sujets de discorde- Et comme 
Philippe II, dans le même temps, se disposait à conduire en 
personne une armée contre les rebelles de Flandres, les prépa- 
ratifs de son passage par la Savoie (^) vinrent encore aggraver 

(1) Montceaux, 20 octobre 1556 ; Catherine de Médicis à Tournon : Lettres 
de Catherine de Médicis, t. II, pp. 392-394 ; voy. aussi sa lettre à l'abbé de 
St-Gildas, écrite de St-Léger le 9 octobre 1566 ilbid., p. 388). Déjà, par uu 
bref du 7 août, Pic V avait chargé son nonce d'exposer à la Reine-mèï? toua 
les motifs du mécontentement qu'il croyait avoir contre elle (Arch. Vat., 
Brevia PU Y, arm. 44, liJ). 7, f" 13r> : cité dans Philipi'sox. die KOmische Curie 
und die Bartholomiiusnaclit, p. 111. i 

(2') « Je suis princesse chrestienne, n'ayant jamais... vacillé en la religion 
en laquelle J'ay esté nourrie en mon jeune âge... » (lettre de la Reine au 
pape, du 22 novembre 1567 : Lettres de Catherine de Médicis, t. III, p. 77). 

(3) Catherine de Médicis avait opposé une fin de non-recevoir assez sèche 
à la demande des ambassadeurs allemands en faveur de la liberté des prêches 
en France (l'aris, 6 novembre 1566 ; le commandeur Petrucci au duc de 
Toscane : .\rch. de l'Etat tl Flor(>nce, Mediceo, filza 4596. f» 94). 

(4) Voy. sur cette affaire l'introduction du t. I*" des Dépêches... de Four- 
quevaux, éd. Douais, pp. XV-XXI et surtout La Roncière, Histoire de la, 
marine française, t. IV, pp. 56-64. 

(5) Sur ce voyage, dont on parlait sérieusement dès lo mois d'août 1566, 
voy. le t. I'^'' des Dépêches... de Fourqitevaux, pp. 105 sqq. 



20 I.A POLITIQIE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

ces sentiments de méfiance. La cour de France ne voyait pas 
sans inquiétude le royaume à la merci d'un coup de main dune 
armée si puissante et Charles IX crut devoir lever six mille 
Suisses pour garder les frontières. Un conflit avec lEspagne, 
vivement désiré par les protestants, était donc à redouter. Pie V 
s'efforça de l'éviter et, tant à Paris qu'à Madrid, chargea ses 
nonces de travailler à rétablir l'entente. 

L'évêque de Ceneda, à vrai dire, s'y prit assez maladroitement 
et approuva sans réserve les mesures de défense prises par le 
Roi, au lieu de chercher à en retarder l'exécution i^). Ce fut 
donc au nonce d'Espagne, Castagna, que revint tout le soin de 
la négociation ; il y réussit d'ailleurs pleinement : Philippe II 
consentit à ne voir dans la levée des contingents suisses qu'une 
précaution fort naturelle et dont il ne pouvait s'offenser {-), et 
Catherine de Médicis donna toute assurance de ses sentiments 
pacifiques (3). Dès le mois de juillet 1567, tout danger de guerre 
avait disparu (•*). 

C'était là un grand succès pour la politique d'union catho- 
lique poursuivie par Pie V {^) et il y trouva un encourage- 
ment : puisque ce voyage de Philippe II aux Pays-Bas avait 
cessé d'être une cause de conflit, pourquoi ne pourrait-il deve- 
nir l'occasion d'un rapprochement entre les deux royaumes ? 
A deux reprises, en août et en septembre 1567, le nonce Casta- 
gna proposa à l'ambassadeur Fourquevaux une entrevue des 

(1) C'est ce qui ressort de la lettre de l'évêque de Coneda au cardinal 
Alexandrin, secrétaire d'Etat, du 17 décembre 1.566 (v. infra aux Documents). 
Il est probable que. sur les instructions de Rome, le nonce do France se décida 
pourtant à seconder les efforts de son collègue de Madrid ; mais il le fit 
assez mollement et se contenta do prêcher au Roi la concorde entre princes 
chrétiens et de l'assurer que Philippe II, pour sa part, ne songeait nulle- 
ment à rompre ia paix. (Paris, l''"' juillet 1567 ; l'ambassadeur Correr au 
dogo : Bibl. Xat.. ms. ital, 1726, f» 127.) 

(2) Madrid, 17 février 1.567 ; le nonce Castagna au cardinal Alexandrin ; 
Arch. Vat., Xunziature diverse, reg. IOSa. f» 103 v". Vo.v. aussi la lettre de 

Fourquevaux à Charles IX. de Madrid. 2.3 février 1567. [DcpCches... de Four- 
quevanj:.., t. I""", pp. 184-185». 

(.3i Tout en se plaignant au nonce de la méfiance du roi d'Espagne a 
son égard, la Reine-mère assura l'évêque de Ceneda « che..., se non saranno 
più che provocati, non si lascieranno indurre à far cosa la quale possa 
sturbar la pace che tengono eon la Maestà Cattolica... » (dépêche de Correr 
au doge du l*"" juillet 15G7, citée à la note 1.) 

(4i Saint-Germain-en-La.ve. l" juillet 1567; Catherine de Médicis à M. 
d'Humières : Lettres de Catherine..., t. III. p. 41, 

(ô) Voy. entre autres la lettre de Fourquevaux au Roi, de Madrid. 
24 mars 1.567 (Dépêches... ds Fourquevaux..., t. I*', pp. 193-194). 



LES DÉBUTS DE LA POLITIQUE DE PIE V 21 

deux princes sur un point de la frontière, à Narbonne ou à 
Perpignan et l'évêque de Ceneda en parla également au Roi et 
à la Heine-mère (i). Dans ce colloque, le pape désirait que Ton 
négociât une alliance des trois grandes puissances catholiques, 
alliance dont le mariage de Charles IX avec la deuxième fille 
(le rEniperc'ur pourrait faciliter la conclusion (-). 

Ce projet n'eut point de suites. Philippe II n'alla pas aux 
Pays-Bas et, du reste, l'union du roi de France avec une prin- 
cesse impériale (•'^t n'était pas sans porter ombrage à son 
ambition. 

Il semblait que l'influence personnelle du pape, assez forte 
pour empêcher une rupture entre les deux nations rivales, 
fût, en revanche, impuissante à former cette ligue catholique 
dont Pie V, depuis le début de son pontificat, rêvait la consti- 
tution (^). Un événement imprévu vint donner corps à cette 
idée qu'un an auparavant, les politiques pouvaient considérer 
comme chimérique. 



(1) « Disse iu fine Sua Signoria Reverendissinia : " lo spero, Madama, 
» che tutti questi sospetti saranuo vaut et, voncndo il Rc Cattolico, Vostre 
» Maestà si abbocheranno insieme con lui et concludoranno beni'fico délia 
» Christianità, che sarà cosa di sattisfattione dell' una et l'altra parte ». Ris- 
pose Sua Maestà : « Piaeeia à Dio che cosi sia et, da noi, vi proiuftto, non 
» maucher?! ». (Paris. !<''• juillet ; Correr au doge : Bibl. Nat., ms. ital. 1726, £" 
127 VI. 

(2i Lettres de Fourquevaùx îi la Reine-mère, de Madrid, 24 août et 
12 septembre 1.5G7 [Dépêches... de Fourquevaùx..., t. I*^'". pp. 254 et 264-265.) 

(3) ma., p. 265. 

(4) Cf. k ce propos les pages pénétrantes de P. Heure. J'apsttum iind Papst- 
tvahl im Zeitallcr Philippi) H, pp. i;>;; scjq. 



CHAPITRE II 



LA GUERRE SAINTE 



I I. La deuxième guerre do religion ; surprise de Meaux et mission de 
Kucellaï ; le pape s'emploie à secourir le roi de Franct- ; la mission de 
l'évêcjue de Narni en Italie ; préliminaires et conclusion de la paix de 
Longjumeau. — § II. Révocation de l'érêque de Ceneda ; ses raisons. 
Envoi de Fabio Mirto Frangipani. — § III. Rapprochement de la 
France et de l'Espagne ; préparatifs dune nouvelle guerre. Subsides 
envoyés par Pie V. — § IV. Bataille de Jarnac ; le pape envoie en 
France un corps d'armée italien, sous Santa-Fiore ; bataille de Moncon- 
tour ; effet qu'elle produit à Rome 



Gomme tous les politiques opportunistes, Catherine de Médi- 
cis, si elle excellait dans l'emploi des petits moyens et les com- 
binaisons à courte portée, ne se souciait pas de prévoir de trop 
loin les événements. Jusqu'au dernier moment, elle refusa de 
croire à l'existence du complot tramé par les protestants contre 
les personnes royales; elle n'avait voulu s'inquiéter, ni de la 
déception des réformés quand le projet d'une guerre contre 
l'Espagne avait été abandonné,ni de la rancune de Gondé,écarté 
sans ménagements de la lieutenance générale du Royaume 
au profit du jeune duc d'Anjou. On sait à quel danger imprévu 
ce manque systématique de défiance exposa la Reine et son 
fils : il est peu d'épisodes mieux connus que la surprise de 
Meaux (26-27 septembre 1567), l'échec de cette tentative hardie 
dû à la fidélité des Suisses, et surtout, cette dramatique retraite 
vers Paris pendant laquelle le nonce et les ambassadeurs étran- 
gers montèrent toute une nuit la garde autour du Roi {^). 

(1) On trouvera le récit de la retraite de Meaux dans la lettre de Fetruccl 
au prince de Médicis datée do Paris, 29 septembre lôtj7 (Desjardixs, Négo- 
ciations... avec la Toscamc, t. III, pp. 528-531) ; il faut voir aussi la relation 



LA GUERRE SAINTE 23 

La situation était grave et peut-être sans issue : on ne pou- 
vait pas ne pas châtier les rebelles et, pourtant, les ressources 
manquaient. En cette conjoncture, Charles IX et sa mère 
devaient chercher des appuis au dehors; c'est au pape qu'ils 
songèrent tout de suite : dès le 2 octobre, ils envoyaient à 
Rome un de leurs confidents, Anuibal Rucellaï {^) et le char- 
geaient de rapporter à Pie V l'incroyable attentat commis contre 
l'autorité royale et leur ferme propos d'en tirer une vengeance 
exemplaire, telle que la cause de pareils troubles fût pour long- 
temps abolie; il devait surtout demander au pape de s'associer 
au châtiment des hérétiques en accordant sans aucun retard 
deux ou trois cent mille écus, garantis par la vente de biens 
d'Eglise ou par une demi-annate à lever dans tout le royaume. 
Rucellaï fit si grande diligence (2) qu'il devança la nouvelle 
de la surprise de Meaux, dont, seule, une alarmante rumeur était 
parvenue à Rome et il put rassurer la Curie sur le sort de ses 
maîtres (s) . Pie V reçut avec la plus grande j oie le rapport de 
l'envoyé royal : il voyait enfin le Roi et la Reine revenus de leur 

de Jean Correi- à la Seigneurie de Venise, de 1569 {Relazioni degli amia^cia- 
tori..., éd. Albkki, !<''■ sér., t. IV, pp. 112 et 186). La lettre même de Corir-r 
au doge est datée de Paris, 29 septembre 1567 ; on la trouve en copie à la 
Bibl. Nat., ms. ital. 1726, f<" 142 à 144. Parmi les travaux modernes de 
seconde main, on consultera avec fruit J.-W. Thompson', the Wars of religion 
in France, pp. 318 à 321. 

(1) Les instructions remises h Rucellaï le 2 0(;tobre sont conservées (en 
original?) aux Arch. Vat., Varia Politicorum, lih. LXXXI (Misodlanea, arm. 
Il, n° 82). f° 634. — Anuibal Rucellaï, dont le nom reviendra souvent au cours 
de cette étude, appartenait ù. la famille des célèbres banquiers florentins. 
Secivtaire du cai'dinal Carafa, il entra dans la politiquo quand son patron 
fut élu pape sous le nom de Paul IV : il reçut une mission pour la France 
où il resta près d'un an (septembre 1555-août 1556) et où il revint se fixer 
à la mort de l'aul IV, en 1559 ; la Reine se l'était attaché en le nommant 
son aumônier. Chargé par elle, comme on le verra, de plusieurs négociations 
en Italie, il rcgut en récompense l'évêché de Carcassonne le 23 mars 1569, 
mais n'alla pas résider dans son diocèse. Il fut envoyé au Roi comme nonce 
extraordinaire pour le féliciter de la victoire de .Tarnac et chercha vainement 
dans la suite à supplanter Frangipaui comme nonce de France. Revenu en 
Italie sous le règne d"IIenri IV, il y ti'ouva les plus grands honneurs et 
mourut à Rome en avril 1601 (cf. E. PicoT^ les Italiens en France au XVI* 
siècle, dans le Bulletin Italien, t. II, 1902, p. 134.) 

(2) Parti de Paris le 2 octobre au plus tôt, Rucellaï était déjà à Rome 
le 13 (cf. la lettre du cardinal Alexandrin à l'évêque de Ceneda. de Rome, 
16 octobre : Arch. ^"at., Kuuziature. Francia. reg. 282, î° 3). 

(3) La dernière lettre du nonce relatait le soulèvement des protestants à 
Mâcon ; on ava-it eu également bruit, par une lettre de « Monsignor di 
Cencva » et par des avis de marchands lyonnais, que le Roi et la Reine 
venaient de courir un grave danger ; mais les détails manquaient, les routes 
de France étant interceptées par les Huguenots (lettre de l'abbé de Santo 
Solutore au duc de Savoie, de Rome, le 13 octobre 1567 : Arch. de l'Etat à 
Turin, lettere di minlstri, Roma, mazzo 5). 



24 LA l'OLIÏIULE DE SAINT FIE V EN FRANCE 

trop confiante nonchalance, j-rôLs à poursuivre les protestants 
sans merci. Mais, toujours soupçonneux, il ne tarda pas à 
s'étonner d'un changement si grand et si subit ; il lui semblait 
aussi fort étrange que son nonce à Paris et l'ambassadeur du 
Itoi à Home eussent été tenus à l'écart de la négociation et que 
Rucellaï ne fût muni, ni d'une recommandation du premier, ni 
de lettres pour le second (i). Craignant quelque piège, Pie Y 
ne voulut point engager sa parole à un mandataire trop offi- 
cieux. La réponse quïl lui fit marquait bien son double senti- 
ment : il accordait en principe tous les subsides demandés et 
l'octroi d'une demi-annate ; même, il promettait l'envoi de six 
raille soldats ; mais, d'autre part, il exprimait ses craintes et 
posait ses conditions : s'il consentait à de si gros sacrifices, 
c'était dans l'intention que la gd'erre contre les protestants fût 
menée avec vigueur ; or, il n'était pas sans inquiétude à ce 
sujet : le Roi avait autour de lui trop de mauvais conseillers, 
trop de courtisans prêts à le trahir ; le chancelier, le connétable, 
les Montmorency ne pouvaient que le pousser à une paix dégra- 
dante où le pape ne voulait avoir aucune part (-). Aussi, par 
mesure de précaution. Pie V ne confiait pas à Rucellaï, mais 
envoyait à Févêque de Ceneda la bulle de la demi-annate, avec 
défense formelle de la remettre au Roi si l'état des affaires 
laissait présager la conclusion prochaine d'un compromis (^). 
Rucellaï, parti de Rome le 19 octobre (^), passa par Venise 
où il demanda également un secours financier, mais, bien qu'il 
fût muni d'un bref de créance, il n'obtint rien de la 
Seigneurie (-5). Au contraire, le duc de Toscane et celui de 



1 1 Lettre (lu cardinal Aloxaudrin, « ditata da Nostro Hignore y> du 10 octc»- 
bre ; feuille de chiffres également dictée par le pape et de la même date 
(Arch. Vat., loc. cit., f^ ."> et G) ; lettre de l'abbé de Santo Solutore au duc 
de i>avoie, de Rome, le '20 octobre (Arch. de l'Etat à Turin, loc. cit.). 

{2) Lettre d'.Mcxandrin et feuille de chiffres du IG octobre. (Arch. Vat., 
loc. cit.). 

(3) Letti-e de l'ic V A révéqiie de Ceneda, avec post-scriptum autographe, 
du 18 octobre. (Arch. Vat., loc. cit.. î° 7t. 

(4i Lettre du cardinal Alexandrin au même, du 20 octol)re (Arch. Vat., 
loc. cit., î° 2). Rucellaï fut de retour à Paris le 3 novembre (lettre de Correr 
au doge, de Paris, le 8 novembre 1567 : lîibl. Nat, mu. ttal. 1726, f° 10.3). 

(5) Lettre de Petrucci au prince de Florence, de l'aris, le 3 novembre 
(Arch. de l'Etat à Florence, Mediceo, //7:a 4.r)!)0, f» 198). Le bref adressé au 
doge de Venise le 18 octobre a été publié dans : Pu Quinti epi^tolanim, 
lihri V, éd. (iorr.AU, p. r,:i et par Krognom, Sttidi... sul regno di S. Pio V, 
t. II, p. 54, n» 1. — En même temp^, et dans le ménie sens, le pape écrivait à 



LA GUERRE SAINTE 25 

Savoie {^), furt désireux de piaire au pape, promirent leur 
concours. Le duc d'Albe, de sou côté, envoya 2,000 ciievaux (-). 

Ces secours qui s'offraient de toute part (•^), l'attitude belli- 
queuse des Parisiens faisaient taire à la cour les conseillers de 
paix : le 10 novembre, le connétable, ayant rassemblé toutes ses 
forces, prenait l'offensive à Saint-Denis; à la fin de la journée, 
le chef des troupes catholiques était blessé à mort, mais les pro- 
testants avaient dû céder le terrain (^). L'armée royale, sous les 
ordres du jeune duc d'Anjou, se mit à leur poursuite. 

Convaincu désormais que la guerre serait durable, Pie V, 
bannissant son ancienne défiance, s'occupa plus activement que 
jamais de venir en aide au roi de France. Déjà, lors de la 
mission de Rucellaï, il avait adressé à plusieurs souverains 
catholiques des exhortations à secourir Charles IX {^). Cette 
feis, il alla plus loin et décida de faire pression sur tous les 
princes italiens, grands et petits, pour les entraîner à com- 
battre avec lui l'hérésie française. 11 députa vers eux l'évoque 
de Narni ("5), en le chargeant d'instructions très importantes, 
car elles éclairent du jour le plus net toute la politique de 
Pie V. 

Deux grandes idées les dominaient : la connexité entre la 
i-ause de la religion et le salut de l'Etat, la solidarité qui, dans 
leur intérêt, devait unir tous les peuples catholiques. Un roi ne 
pouvait attendre l'obéissance de sujets révoltés contre la disci- 



l'hillppe II(... PU Quinti..., p. 55, Brogxoli, op. et lue. cit). Il avait égale- 
ment chargé son nonce Castagna d'inciter Philippe II à former une ligiio 
catholique pour rétablir en Franco l'unité religieuse ; voy. à ce sujet la 
lettre de Fourquevaux à la Reine, de Madrid, le 18 novembre (Dépêches... 
de Fourquevauji-, t. I'""', np. 289-290). 

(1) Calendara of State papers; foreign séries, 1566-1568. p. 350, n° lT.',r,. 

(2i Ils n'arrivèrent, du reste, que le 20 novembre, dix jours apr&s la 
bataille (J.-W. Thompsox, the Mars of religion in France, p. 335). 

(3) Sur le contentement qu'avaient éprouvé le Roi et la Reine des offres 
de Pie V et du subside immédiat de 25.000 écus envoyé par lui, voy. la 
lettre de Francès d'Alava h Philippe II, datée de Paris, le 11 novembre 
1.567 (Arch. Nat., K1511, n» 4) et celle de Petrucci au prince de Florence 
des 11-12 novembre (Desjardins, Négociations... avec la Toscane, t. III, 
p. 553). 

(4) Sur la bataille de Saint-Denis et les opérations militaires qui la précé- 
dèrent et la suivirent, voy. J.-"W. Thompson, op. cit., pp. 326 et suiv. 

(5) Cf. supra, p. 24, n. 5. 

(6) Pietro Donato Cesi. — Les originaux de ses instructions, portant le 
cachet et la signature autographe du cardinal Alexandrin, sont conservés aux 
Arch. Vat.. Var. Polit., lib. LXXXI (Miscell., arm. II, n» 827), f»» 637 sqq. 
Elles sont publiées dans Brognoli, op. cit., pp. .'^>!)-53. 



2G LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

pline et les dogmes de l'iilg-lise ; c'était le développement de 
l'hérésie qui avait entraîné tous les troubles civils; avec les 
nouvelles doctrines, se propageaient des théories révolution- 
naires qui les rendaient aussi dangereuses pour les puissances 
chrétiennes que Tavait été l'Islamisme. Bien des nations, à vrai 
dire, restaient encore indemnes de ces maux, mais elles devaient 
se garder d'une fausse sécurité : si elles avaient pu échapper 
à la contagion de l'hérésie luthérienne, c'est que l'Allemagne, 
morcelée en innombrables principautés, était également divisée 
en raille sectes rivales ; mais, si le calvinisme l'emportait en 
France, dans un royaume fortement centralisé et placé au 
cœur de l'Europe, rien ne pourrait plus arrêter son expansion. 
Telle était la thèse générale des instructions remises à l'évêque 
de Narni. Dans chaque cour, en outre, il devait développer les 
arguments les plus propres à en obtenir l'adhésion : à Venise, 
montrer à quel point les doctrines de Genève étaient incom- 
patibles avec la constitution aristocratique ; à Gênes, insister 
sur la malveillance marquée par les protestants de France à la 
République, lors de la révolte corse ; à Lucques, supputer le 
dommage que le commerce des marchands lyonnais éprouvait 
des guerres civiles françaises; enfin, au duc dUrbîn, qui pré- 
tendait avoir un droit sur Avignon, dépeindre les dangers qui 
meiuicaient le Comtat (i). 

Cette démarche eut peu de résultats (-) et Pie V ne la renou- 
vela pas : il était revenu à ses premières défiances quand il 
avait vu avec quelle mollesse on combattait les protestants. 

Bien que le Roi et le peuple fussent partisans de la guerre, 
la Reine et la cour penchaient pour la paix et leur avis l'empor- 
tait; après la bataille de Saint-Denis, les pourparlers, engagés 
au lendemain de la surprise de Meaux, avaient repris {^) : la 

(1) On remarquera que l'évêque de Narni n'avait pas d'instriutions pour 
les ducs de Toscane, de Ferrare et de l'arme : feudataires du Saint-Siège, 
Pie V les regardait comme tenus de l'assister. 

(2) Seul, Cosme de Médicis promit l.dOO fantassins et 100 chevaux payés 
pour six mois (lettre de l'abbé de f^auto Solutore au duc de Savoie, de 
Rome, le 18 décembre : Arch. de l'Etat à Turin ; lettere di ministri. Roma, 
mazzo 5). Le duc de Ferrare n'accorda rien, ce qui mécontenta fort le pape 
(Relation de Rome de l'aolo Tiepolo, dans les Relazioni dcgli amiasciatori 
veneti, éd. Alberi. II^ sér., t. IV, p. 189). 

(3) Sur ces premiers pourparlers, voy. la lettre de Fetrucci à François de 
Médicis, de Paris, le 14 octobre, conservée aux Arch. de l'Etat à Florence, 
Mediceo, filza 4.506. f" 174 ot publiée en partie dans : Delsjardixs, Négocia- 
tions... avec la Toscane, t. III, p. ô44. 



LA GlERRE SAINTE 2T 

marquise de Rothelin et la comtesse de Tende négociaient au 
nom des deux partis et, dès la fin de décembre 1567, un accord se 
laissait entrevoir (i). Pic V ne voyait pas sans mécontentement 
ces tentatives de compromis avec les ennemis de l'Eglise: à une 
nouvelle demande de subsides que la Reine lui avait l'aile dans 
les derniers jours de novembre H, il répondit, sur un ton assez 
dur, qu'il préférait envoyer des soldats que de l'argent, cette 
subvention pesant moins lourdement sur ses sujets et surtout 
ne pouvant pas être détournée de son but (3). 

L'intransigeance du pape devait hâter la paix, qui, au milieu 
de janvier 1568 (4), semblait bien près d'être faite. Pour y 
parvenir, le Roi et la Reine-mère eurent alors à Vincennes une 
entrevue avec le cardinal de Châtillon, Esternay et Téligny (^), 
mais l'opposition très vive du nonce et de l'ambassadeur d'Es- 
pagne (^) et les prétentions des protestants étaient autant 



(1> Lettre du même au même, de Paris, le 22 décembre, conservée aux 
Arch. de Florence. Toc. cit., t° 225 et publ. en partie dans : Desjardins, 
op. et loc. cit., p. .J.39 ; id.. du 2.5 décembre (Arch. de Florence, loc. cit., f <> 
227 V"; Desj.^rdins, op. et loc. cit.). 

(2) Lettre de la Itcine au pape, du 22 novembre (Lettres de Catherine de 
Mt^dici», t. III, pp. 7G-78). L'envoyé de Catherine s'appelait Vincenzo Badaloc- 
chio ; parti de la cour le 24 novembre, il n'avait pas encore, le 19 décembre, 
reçu de réponse du pape touchant la demande qu'il lui avait faite d'un 
subside de 300,000 écus (lettre de l'abbé de Santo Solutore au duc de Savoie, 
de Rome, le 19 décembre 15G7 : Arch. de l'Etat à Turin, loc. cit.). 

(.-!» Lettre du cardinal Alexandrin à l'évêque de Ceneda, de Rome, le 
22 décembre l.'iG7 (Arch. Vat., Nunziature, Francia, reg. 2.S2, f» 9). 

(41 .\u début du mois, le Roi cherchait encore à cacher ses desseins et 
affectait une vive irritation contre les protestants ; mais l'ambassadeur de 
Venise n'en était pas dupe : « Ter quanti io posso comprendere, écrit-il le 
l''r janvier, vorrebbe Sua Maestà che ognuno credesse che le permissioni 
passate siano state fatte per nécessita et, se al présente se ne farà da novo, 
perche si tratta pare più che mai si habbia fatto, fossero attribuite al con- 
senso commune di quclli del Consiglio et cosi spera egli giustificarsi presso 
tutti i principi, à quali sa che dispiaccono simili compositioni... » (lîlbl. Nat., 
m.«. ital. 1720, f» 180 v"). 

(5) Sur cette entrevue et l'opposition du nonce, voy. la lettre de Xorris 
il la reine d'Angleterre, do Paris, le 2;! janvier l.")08, analysée dans les 
Calendars..., joreign -écries, 1500-15G8, pp. 401-102. u" 1959. Xorris rapporte 
que le cardinal Santa Croce (et non le nonce du pape, comme le dit à tort La 
FBRRiÈitE. dans l'introduction au t. III des Lettres de Catherine de Mcdicis, 
p. XVII) i)rétendit sans succès se faire livrer par la Reine le cardinal de 
Châtillon, pour l'envoyer prisonnier à Rome. 

(0> « Ben spesso il nontio et l'ambasciator di Spagna... fanno gatrliar- 
dissimi officii in tal proposito... » (dépêche de Correr du l'"'' janvier I.jO.S, 
citée a la note 4). L'évêque de Ceneda revint à la charge pendant tout le 
mois, non sans succès : après avoir montré au Roi que le doute où l'on se 
trouvait de voir la guerre niem'e avec vigu<^ur retenait seul les princes étran- 
gers do venir au secoui-s de la France, le nonce reçut de Charles IX les 
engagements les plus nets : « Scrivete al Pontefice che non mi tenga per 
R?, ee io condescendo à patti con far torto alla rellgioue. llabbiamo. 



28 LA POLITIQUE DE SAINT l'IE V EN FRANCE 

d'obstacles que Ton ne put tout de suite surmonter (^). Aussi 
bien, le cardinal de Lorraine assurait qu'à Rome, l'on trouve- 
rait assez d'argent pour reprendre la guerre à la bonne 
saison (-). Catherine de Médicis consentît à tenter une nou- 
velle démarche auprès du pape et en chargea encore Annibal 
lUicellaï p) ; mais cette dernière chance paraissait si lointaine 
que la Reine, persistant dans sa politique pacifique, n'en con- 
tinua pas moins de traiter avec Condé: quand Rucellaï, que 
rinsccurité des chemins avait forcé à faire un long détour par 
les Pays-Bas (^) , arriva au terme de son voyage, le pape venait 
d'apprendre la conclusion de la paix à Longjumeau {^). 

L'envoyé royal chercha vainement à excuser sa maîtresse en 
assurant que la fin de la guerre n'empêcherait point la Reine- 
mère de poursuivre sans relâche la ruine de l'hérésie ; Pie V 
resta inébranlable : refusant d'accorder de nouveaux subsides, 
il se contenta de promettre tout son appui au Roi et à la Reine, 
pour le jour où ils voudraient reprendre les armes contre les 
protestants {^). 



La paix relâcha quelque temps ractivité des rapports entre 

disse, dato orrecchie à costoro per trattenerli con parole, fine che giuni;aiio 
i uostri rcistii che aspettiaino d'Alemagna et ancho per non trarsi à dosso lo 
sdegno di molti principi di Germania... ». Le Roi avoua que plusieurs occasions 
de battre lo prince avaient été manquées ; mais il en rejetait la faute sur 
Nemours et sur Cessé, allant à leur propos jusqu'il parler de trahison. 
(Correr au doge, de Paris, le 21 janvier 1568 : Bibl. Nat., ms. ital. 1726, 
f» 143, voi. 

(Il Sur les pratiques de paix. voy. les lettres de Petrucci au prince de 
Florence des 27 février (Desjardix.s^ Xic/ociations... avec la Toscane, t. III, 
pp. 569-.'>70i ; 2.'^ février {Ibid.. p. .570i ; 2 mars (Arch. de Florence, Medicco, 
filza 4.j97, f" 49) ; 13 mai-s (DES.fAiiuix.s, op. et loc. cit.) et 19 mars 1-568 {Ihid.). 
Voy. aussi le bon récit de J.-W. Thompson, the Wars of religion, pp. 140 sqq. 

(2) Novelli au duc de Ferrare, de l'aris, le 28 février 1568 : .Vrch de 
l'Etat à Modène, Cancelleria ducale. Francia, n° 58. 

(3) Lettre do créance de la Reine du l»'' mars 1568 (Lettres de Catherine 
de Médicis, t. IIÎ. p. 129i. RucelJaï quitta l'aris le lendemain. 

(4) Novelli au duc de Ferrare, de Paris, le 3 mars 1568 : Arch. de l'Etat 
à Modène, loc cit. 

(5) Elle avait été signée le 23 mars. 

(6) Le texte de la réponse de Pie V ;i Rucellaï, datée du 9 avril, se trouve 
en minute aux Arch. Vat.. Varia Politicorum. lib. LXXXI (Misccll., arm. II, 
n» 82),~ fo 424. — Il est à noter que par l'intermédiaire de son secrétaire, Con- 
cini, Cosmc de Médicis avait fortement exhorté le pape à se défier des proposi- 
tions françaises et à l'efuser toute satisfaction à Rucellaï (voy. l'analyse et les 
extraits de la lettre de Concini à son maître, du 11 avril 1568. dans E. Palan- 
DHij les Xcgociations... entre la Toscane et la France..., pp. 117-119). 



LA GUERRE SAINTE 29 

Kome et la cour de France J) ; Pie V en profita pour prendre 
une mesure depuis longtemps décidée, mais que les derniers 
événements politiques l'avaient forcé d'ajourner : la révocation 
de Michel de La Torre. Par ses vertus personnelles, par son âge, 
l'évêque de Ceneda n'était pas sans quelque autorité à la 
cour (2) ; mais, si sa bonté le faisait aimer de tous et si on le 
tenait pour un très saint homme C^), il passait parmi les autres 
ambassadeurs pour être un peu dépourvu de la clairvoyance 
nécessaire à un diplomate (^) : dans sa seconde, comme dans 
sa première nonciature, il s'était montré inférieur a sa mission. 
Mais, surtout, la protection du cardinal de Ferraj*e (•'•) le 
desservit ; Pie V n'avait que de la méfiance pour la maison 
d'Esté dont le zèle religieux était, à son sens, trop faible {^) ; 
Renée de France, dès les premiers jours de la Réforme, s'était 
séparée de l'Eglise ; le duc, son fils, n'avait consenti à envoyer 
aucun secours contre les protestants français ; enfin, le cardinal 
était tombé en disgrâce depuis qu'il avait laissé voir trop 
publiquement qu'il aspirait au pontificat ("). Tous les adver- 
saires du parti ferrarais, les Farnèse, les Guise, les Florentins, 
profitant de ces dispositions du pape, s'unirent pour combattre 
auprès de Charles IX et de sa mère l'influence de l'évêque de 
Ceneda (s) et ils y réussirent : Michel de la Torre ne fut pas 



(1) Il y avait même eu un instant de tension : la Reine, se plaignant que 
sa bonne volonté fût méconnue, avait fait mine de se tourner vers le parti 
protestant, en s'alliant aux princes réformés d'Allemagne (Petrucci au prince 
de Florence, de Paris, le 21 avril 1568 : Arch. de l'Etat à Florence, Mediceo, 
Jilza 4.597, f* 77). 

(lit « L'authorità, destnzza et sapere del vescovo di Ceneda « (Le même 
au même, de Paris, le 8 septembre 1568 : Ibid., f 107). 

(3) « Sincero et mezzo santo » ilbid.) — « Buen christiano y hombrc dessooso 
de bien » (Fraucès d'Alava il Philippe II, do Paris, le 10 août : Arch. Nat., 
K 1511, no 52). 

(4) « Es tibio y recibcnte todos los golpes que da en la capa ». 
(Le même au même, de Paris, le 24 août 1.'>6S : Ibid., n° 55). — « Senz' alcuno 
disegno », dit de lui Petrucci (lettre du 8 septembre citée à la note 2). 

(5* « Muy afficionado al [cardenal] de Ferrara » (lettre d'Alava ft Phi- 
lippe II, de Paris, le 3 septembro 15t>8 : .\rch. Nat., loc. cit., n" .32). — « Il 
cardinale suo di Ferrara » (Petrucci au duc Cosme, de Paris, le 15 juillet 
1567 : Arch. de l'Etat a Florence, loc. cit., filza 4,.596, f° 140). 

(6) Relation de Rome (1569) de Paolo Tiepolo (Relazioni degli ambasciatori 
veneti..., éd. .Vlberi, II« sér., t. IV, p. 189). 

7) Cf. ihid. Voy. aussi la lettre de Petrucci à Cosme, du 15 juillet 1567, 
citée a la note 5 et l'ouvrage de P. Herre, Papsttum und Papatwahl im 
Zeitalter Philippe II, p. 175. 

(8) Novelli au duc de Ferrare, de Paris, le 28 février 1568 : -Vrch. de 
l'Etat à Modène, Cancelleria ducale, Francia, n» 58. Petrucci au prince de 



30 LA rOLITIQUE DE SAINT PIE V EX FHANCE 

même mis au courant des deux missions de Rucellaï (\\ Pie V 
ne pouvait maintenir à Paris un nonce à qui la cour marquait 
une telle défiance. 

Ce fut sur une créature du cardinal Farnèse (-) que son 
choix se porta, sur le titulaire de l'un de ces minuscules dio- 
cèses italiens où le Saint-Siège recrutait si souvent les diploma- 
tes dont il avait besoin : Fabio Mirto Frangipani, évêque de 
Caiazzo (^; près Capoue, que le pape, dès le mois de novembre 



Florence, de Paris, le 2 mars 156S : Arch. de l'Etat à Florence, loc. cit., filza 
4.597, f 48. 

il) Ihid. Voy. aussi la lettre de Petrucci au même, de Paris, le 11 novembre 
1567 : Ibld., î'ilza 4596, f» 200. 

(2) Sur l'influence alors prépondérante de Farnèse dans la Curie, cf. 
P, IlEKREj Papsttum uni Papsticahl im Zeitalter Philipps II, pp. 157 sqq. 

(3) Fabio Mirto Frangipani appartenait à une vieille famille originaire de 
Terracine qui prétendait se rattacher aux Frangipani de Rome. [Toy. sur 
cette famille l'introduction de St. Ehses, Xuntiaturlierichte ans Deutschlatid 
1585-1590, Ife partie, die Kôlner yuntiatur, t. II : Ottavio Mirto Frangipani 
im Kôln, 1587-1590 (Paderborn, 1899; in-8<'), pp. XIII-XIV). Dès 1472, l'on 
voit un Julien Mirto Frangipani occuper le siège épiscopal de Caiazzo qu'il 
garda jusqu'en 1480 ; un de ses neveux, Alexandre, fut évêque du même 
diocèse de 1529 à 1537 ; après Alexandre, vint notre Fabio dont il était 
l'oncle ; Fabio eut également comme successeur un de ses neveux, Ottavio 
(1572-1592», de sorte que, de 1529 à 1592, cet évêché fut gouverné sans 
interruption par des Mirto Frangipani [Ughelli, ItaUa Sacra..., t. VI, 
(Venise, 1720; in-fol.), col. 450-451 et 453-455]. 

Né en 1514. Fabio fut nommé évêque de Caiazzo dès l'âge de 23 ans ; c'est 
en cette qualité qu'il prit part à plusieurs sessions du Concile de Trente 
[Concilii Tridentini pars secunda, éd. Meeckle (Friboug, 1911, in-4<>), p. 346, 
(à la date du 7 juin 1560) et p. 796, n. 4, (à la date des 13-14 décembre 
1502"!. Quand Charles-Quint, sans avoir égard aux résistances des Napo- 
litains, voulut introduire à Naples l'Inquisition d'Espagne, le vice-roi porta 
son choix sur Frangipani pour une des deux charges d'inquisiteur ; mais 
l'évêque de Caiazzo, voyant avec inquiétude l'agitation croître dans le peu- 
ple, refusa d'accepter, sans un ordre exprès du pape, un office réservé en 
droit canon à l'ordinaire du lieu (lettre de Frangipani au cardinal Farnèse, 
de Naples, le 2 avril 1547 : Arch, de l'Etat à Naples, carteggio farnesiano ; 
lîoma fascio 692). Nommé ensuite gouverneur d'Ombrie, il pacifia cette pro- 
vince (Ughelli, op. et loc. cit., col. 453) : on le voit en 1555 occupé à 
réduire la révolte d'Ascoli et de Norcia (lettre de Frangipani à Farnèse, 
d'Ascoli, le 19 mai 1555 : Arch. de l'Etat à Naples, loc. cit., fascio 759) ; puis 
il rentra dans son évêché où il vécut quelques années dans l'oubli : « Forse 
che queste mie parole », écrit-il le 21 mars 1567 au cardinal Farnèse, quand, 
désireux de sortir de sa retraite, il sollicite l'appui de son patron, « potranno 
parère à Vostra Signoria lUustrissima come di un homo del' altro mondo 
che cosi à ponto me stô in questo cantone. sedens solitariun et taccns. Son 
perd per Idio gratia vivo... » (Arch. do l'Etat à Parme, carteggio farnesiano, 
Roma, carton janv.-juill. 1567). Frangipani n'avait pas en vain invoqué la 
protection de Farnèse : au mois d'août 1568, il fut désigné comme nonce 
de France ; révoqué de cette charge à l'avènement de Grégoire XIII, il reçut 
comme dédommagement l'archevêché de Nazareth, avec résidence à Barletta 
(18 octobre 1572) et, peu après, le gouvernement de Macerata, C'est alors 
que le pape le chargea de porter à la Reine-mère ses condoléances pour la 
mort de Charles IX (80 novembre 1574) ; à son retour, il le nomma gouver- 



LA GUERRE SAINTE • 31 

1567, semble-t-il, avait décidé d'envoyer en France (i), ret;ut 
ses brefs le 2 août 1568 (-). 

Frangipani quitta Rome quelques jours après (^) ; passant 
par Ronciglione où il comptait voir le cardinal Farnèse pour 
recevoir de lui de derniers conseils (■*) et par Florence {'•), 



neur de Uoiiiagne; Frangipani exerçait déjà fi'tti' fonction lo 17 avril 15".". 
(copie d'un acte de ce jour : Rome, Bibl. Alessandrina. ms. 24'A, fo« 8 v<>-9). 
L'archevêciue de Nazareth reçut encore diverses missions temporaires en 
Franco ; la plus Importante fut celle dont le pape le chargea en 1578 pour 
détourner le Roi et la Reine-mère de seconder les entreprises du duc d'Anjou 
aux Pays-Ras. (Theiner, Annales Ecclesiastici, t. II, p. 4o2K Sixte-Quint, 
enfin, lui confia pour la seconde fois la nonciature de France dans l'été de 
1586. L'envoi de Frangipani, par sa naissance sujet de l'Espagne, souleva 
des défiancts dont on trouve l'écho dans les Mémoires de I'Estoile, (éd. G. 
Bbunet, a. C'hampollion, etc., t. II, pp. 205-207), mais dont il vint à bout 
[H. DE L'ESPixoY, la Ligue et les papes (Paris, 1886; in-8"), pp. 24-26; 
Ehses. op. cit., pp. XIV-XV et P. IIekre, Papsttiim vnd Papstwahl im 
Zeitalter Philipps II, p. 377] ; un an à peine après son retour à Paris, il 
mourait lo 17 mars 1587 ; il fut inhumé aux Célostins [Fghelli. op. cit., t. VII 
(Venise, 1721, in-fol.), col. 785-786]. 

(1) Le cardinal Farnèse à Frangipani, do Rome, le 6 novembrte l."67 (mi- 
nute : Arch. do l'Etat à Parme, loc. cit., carton aoât-dicemhre 1567). 

(2) Frangipani fut d'abord désigné pour une nonciature extraordinaire, en 
vue de mettre A exécution la vente de biens d'église autorisée par le pape 
pour les frais d'une nouvelle guerre. Le 19 juillet, Charles d'Angennes, 
évêque du Mans (plus tard connu sous le nom de « cardinal de Rambouillet »), 
qui lui-même était arrive de la veille à Rome pour remplacer comme ambas- 
sadeur de I^rance, M. do Tournon, annonçait au Roi le prochain départ de 
l'évoque de Caiazzo (Bibl. Nat., ms. fr. 3.241, f» 12). Mais l'expédition des 
bulles traîna un peu. par suite de l'opposition occulte d'adversaires du roi de 
France. Ce fut seulement le 2 août, sur les instances de l'ambassadeur fran- 
çais, que le pape résolut définitivement d'accorder au Roi la faveur demandée 
par lui (Charles d'Angennes à Charles IX, de Rome, le 2 août 1568 : Ibid., 
f» 13) ; le même jour, Frangipani reçut des brefs de créance pour le Roi, 
« ejus negotii causa de quo per Aunibalem Oricellarium nobiscum egisti... », 
pour la Reino-mèi'e, les ducs do Montpensier et de Nemours, les cardinaux fran- 
çais et l'évêque de Ceneda (Arch. Vat., arm. 44, Uh. 13, f°^ 240 v» à 242 y»). 
Dès cette date, il était question de demander à Michel de la Torro sa démission 
et de le remplacer par Frangipani ; lo nouvel ambassadeur de France s'j- em- 
ployait de tout son pouvoir (lettre de Charles d'Angennes du 2 août, citée ci- 
dessus, loc. cit, f° 1;î v"). Enfin, le 12 août, le pape, décidant définitivement 
le rappel de l'évêque de Ceneda (« Post navatam satis diu abs te in isto 
rcgno nobis et Sedi Apostolicœ laudabiliter operam... precibus tuis bénigne 
annuendum et sonectuti tuœ paroondum duximus »"i, lui ordonnait de revenir 
fi Rome et désignait l'évêque de Caia/zo pour lo remplacer (Arch. Vat., loc. 
cit., t° 247 ; et Ub. 18, f° 164). Le pape envoya de nouveaux brefs dans ce 
sens au Roi et à la Reine-mèi-e (Ibid., f"» 247 v» et 248). 

(3) Le 10 août (Charles d'Angennes au Roi, de Rome, le 9 août 1568 : 
Bibl. Nat., ms. fr. 3.241, f» 14). 

(4) Frangipani à Farnèse, de Ronciglione, le 10 août 1568 (Arch. de l'Etat 
à Naples, loc. cit., fascio 687). 

(5) Brefs de recommandation à Cosme, au prince son fils et à sa bru. 
du 2 août 1568 (Copies : Arch. de l'Etat à Florence, Carte Strozzlane, cod. 
32. f»« 202 v»-203 VJ. 



32 LA POLITIQUE DE SAINT FIE V EN FRANCE 

Parme (i), Turin (-) et Lyon (3), il airivn au début de sep- 
tembre à Paris (^) ; il y trouva encore l'évêque de Geneda qui 
partit seulement le 12 de ce mois pour Tltalie {■'). 

Le nouveau nonce, de six ans plus jeune que son prédéces- 
seur, était beaucoup plus actif et d'esprit plus ouvert («) ; on 
pouvait peut-être lui reprocher un peu trop de confiance en lui 
et quelque ambition personnelle ('), mais, en revanche, il était 
orateur très habile et avait tant de bonne grâce qu'il fut vite 
très bien vu à la cour. Son art fut de rester autant que possible 
en dehors des factions : ses patrons, les Farnèse, s'appliquaient 
à maintenir de bons rapports à la fois avec la France et avec 
l'Espagne. Frangipani fit de même : tandis qu'il se prévalait 
auprès de Francès d'Alava de ses attaches espagnoles («), il 
mettait tous ses soins à gagner la faveur de la Reine-mère, 
comme le cardinal Farnèse lui avait conseillé de le faire (^). 
C'était entrer absolument dans les vues pontificales Ç^^) : Pie V 
trouvait dans l'évêque de Caiazzo le meilleur instrument de 
cette politique d'union entre les deux cours catholiques à 
laquelle il ne cessait de consacrer ses efforts. 



(1) Le cardinal Alexandrin au duc de Parme, de Kome, le S août 1568 
(Arch. de l'Etat à Parme, loc. cit., carton août-décembre 1568). Frangipani 
était chargé de brefs de recommandation pour le duc de Panne et sa 
femme (Arch. Vat., arm. 44, Mb. 13, f» 243 r" et v"). 

(2) L;abbé de Santo Solutore au duc de Savoie ; même date (Arch. de 
l'Etat à Turin, lettere di ministri, Koma, matzo 5). 

(3) Pietro Manelli, agent du cardinal Farnc.se à son maître, de Lyon, le 5 
(sic) août 1568. (Arch. de l'Etat à Parme, loc. cit., Francia, carton 1567-1569). 
• (4) « ...Arrivé qui l'altra sera il vescovo di Gaiazzo... » (Correr au doge 
de Venise, de Paris, le 5 septembre 1.568 : Bibl. Nat., ms. ital. 1726, f" 267 V). 

(5) Gaspard Fogliani au duc de Ferrare, de Paris, le 12 septembre 1568 
(Arch. de l'Etat à Modène, Cancelleria ducale, Francia. n» 59). 

(6) Charles d'Angeunes à Charles IX, de Rome, le 2 août 1568 (Bibl. Nat, 
ms. jr. 3.241, f" 13 v»). Alava à Philippe II, de Paris, le 30 septembre 
1.Ô68 (Arch. Nat., K1510. n» 43). — Voy. V. Martin, le Gallicanisme et la 
Réforme catholique, p. 96, 

(7) Alava <à Philippe II. de Melun, le 17 décembre 1568 (Arch. Nat., 
X:i511, n"» 135a et 135bi et le 22 décembre tibid., n" 138). 

(8) Pour les pi-ouver, il lut à l'ambassadeur espagnol sa généalogie (let- 
tre du même au même du 30 septembre, citée ci-dessus i. 

l9) Feuille d'avis du début de juillet 1569 communiquée par Petrucci au 
prince de Florence (Arch. de l'Etat à Florence, Mediceo. filxa 4.598, f» 145). 

(10) Pie V exprima au cardinal Farnèse tout le contentement qu'il éprouvait 
de Frangipani et accorda à celui-ci un supplément de 200 écus [le cardinal 
Farnèse ù Frangipani, de Uome, le 22 novembre 1568 (Arch. de l'Etat à 
Parme, Carteggio farnesiano, Roma ; août-déc. 1568) ; Frangipani à FatHèee. 
6. I., le 22 décembre 1568 (Ibid., Francia, 1567-69)]. 



LA GUERBE SAINTE 33 

La Reine-mère était alors dans les mêmes sentiments. La paix 
de Longjumeau, dans son esprit, ne devait être que provisoire : 
c'avait été pour Catherine de Médicis un moyen de mettre fin 
à une guerre engagée par surprise et dont l'issue était com- 
promise à l'avance, mais elle espérait reprendre bientôt la lutte 
et, cette fois, avec toutes les chances de succès. Philippe II, de 
son côté, occupé qu'il était à combattre l'hérésie aux Pays-Bas, 
avait grand intérêt à empêcher le triomphe des protestants en 
France. Tout était donc propice à un rapprochement des deux 
cours. 

La Reine-mère ne tarda pas à éprouver le changement d'atti- 
tude de l'Espagne : depuis longtemps, elle formait le dessein 
de marier Charles IX à la fille aînée de l'Empereur ; mais, 
l'année précédente, Philippe II n'avait cessé de traverser ce 
projet; quand, au mois d'avril 1568, la Reine y songea de nou- 
veau (^), il s'y montra, au contraire, très favorable et offrit 
son appui auprès de la cour impériale (-). Mais un revirement 
de Philippe II était toujours à craindre. Pour maintenir les 
bonnes dispositions du roi d'Espagne, Catherine de Médicis eut 
recours au pape ; elle le savait grand partisan d'un mariage 
qui devait sceller l'alliance des trois princes catholiques ; aussi, 
au milieu de juin 1568, envoya-t-elle vers lui Annibal Rucellaï 
pour le solliciter d'intervenir dans ce sens à la cour de 
Madrid (3). 

Mais, si telle était la raison avouée de la troisième mission de 
Rucellaï, l'honnue de confiance de la Reine avait d'autres 
instructions, plus secrètes : il s'agissait avant tout de préparer 
la nouvelle guerre (^) ; sans le pape, Catherine le savait bien, 



(1) Cf. le très important récit que, le l.H avril. Alava donne au duo d'Albe 
de son dernier entretien avec le cardinal de I^orraine et le nonce (Aroh. Nat., 
iLlSOi), n» 50). 

(2) Le nonce au cardinal Alexandrin, de Paris, le 10 mai 1568 (Arch. Vat, 
Nunziature, Spagna, reg. G, f° 113), 

(8) retrucci au prince de Florence, de Paris, le 17 juin (Arch. de l'Etat 
à Florence, Medicco, filza 4.597, f° 106). Le.s instructions de Rucellaï sout 
du 1.3 juin [Arch. Vat., Var. Polit, Uh. LXXXI (Miscell., ariu. II, n° 82), 
î° 6.36]. Rucollaï passa à Florence, probat>lcnieut au retour (le duc Cosnie 
au Roi et h. la Reine, de Florence, le 15 juillet : Arch. de l'Etat à Florence, 
loc. cit., rey. 54, f' 276 et 277). Il était revenu à Paris le 25 juillet 
(Pctrucci au prince de Florence, de Paris, le 28 juillet : n)id., Jilza 4597, 
f» 1271. 

(4) Cf. la note précédente. Voy. aussi Catexa, Vita del... Pio Quiiito, p. 80 



34 LA POLITIQUE DE S.U>-T PIE V EX FRANCE 

on ne pourrait trouver ni alliés, ni deniers: Pie V, par son 
influence personnelle, pouvait, comme il l'avait déjà montré, 
entraîner non seulement l'Espagne, mais une grande partie des 
princes italiens à venir en aide au roi de France ; surtout, son 
consentement était nécessaire pour l'aliénation de biens d'Eglise 
qui, seule, permettrait de remplir le trésor dégarni. 

Le pape, instruit par une première leçon, hésitait à prendre 
une mesure que la plupart des cardinaux blâmaient (^) ; ses 
premières offres déçurent la cour de France ;-), mais il se 
montra bientôt beaucoup plus large : le renvoi du chancelier 
l'Hospital (24 mai 1568), la faveur toujours croissante des 
Guise (3) lui garantissaient la sincérité de la Reine. A Frangi- 
pani quittant Rome pour aller occuper son nouveau poste, il 
remit une bulle qui autorisait le Roi à vendre des biens ecclé- 
siastiques, jusqu'à concurrence d'un revenu de cent cinquante 
mille livres ; par mesure de précaution, la perception était con- 
fiée à cinq délégués du Saint-Siège, dont les cardinaux de Lor- 
raine et de Bourbon; en outre, le pape stipulait que les ache- 
teurs devaient être catholiques et, enfin, que le produit de la 
vente serait exclusivement appliqué aux frais de la guerre (^", . 

L'intervention pontificale ne fit que précipiter les événements ; 
catholiques et protestants redoublaient leurs préparatifs et, 
dès la fin d'août 1568, la guerre apparaissait comme inévi- 
table: seul, le besoin d'argent en retenait l'éclat '^); mais, dès 



Qi Ibid. 

(2) Alava à Philippe II, de Paris, le 24 juillet 1568 lArch. Xat. fflôlO, 
n" 13) : le même au même, le 27 juillet tlhid., n" 17). 

(.3"i C'étaient véritablement eus les maîtres de la politique : ils avaient 
conseillé la conclusion de la paix de Longjumeau pour supplanter plus faci- 
lement les Montmorency, en se réservant le premier rôle dans la guerre 
prochaine (c£. la lettre d' Alava au duc d'Albe du 13 avril 1568, citée à la 
n, 1 de la p. 33. 

(4» Cette bulle, du l*»" août 1568, est publiée dans Laderchi, Symalen 
eccTesia.?tici..., t. XXIII, p. 12G. Pourtant, c'est le 2 août seulement que 
l'expédition en fut décidée (cf. supra, p. 31, n. 2>. Le 7 août, l'évêque de 
Caiaizo vint la communiquer à l'ambassadeur de France, mais Charles 
d'Angennes, malade des fièvres, ne put le recevoir et prendre connaissance 
de la bulle que le lendemain (l'évêque du Mans au Roi, de Rome, le 9 août 
156S : Bibl. Nat., ms. fr. 3,241, f» 15). Dans la suite, il fit de vains efforts 
pour que le pape consentît à dépêcher « lettres de banque pour payer cent 
mil escus par l'ordonnance de ses nonces », la dite somme devant être gagée 
sur la vente des biens d'Eglise, mais Pie V, tout en estimant « que toutes 
choses allaient mieux en France que de coustume », s'y refusa constamment 
(le même au même, du 30 août 1568 : Tbid., t°' 20-21). 

(5^ Il faut voir à ce sujet une dépêche très importante et presque entlè- 
remeot chiffrée, adressée le 30 août 1508 par Correr au doge de Venise 



LA GUERRE SAINTE 35 

qu'elle se vit assurée des bonnes dispositions du pape, la Reine 
leva le masque : dans les derniers jours de septembre 0), une 
ordonnance royale supprima toutes les licences que la paix de 
Loiigjumeau, confirmant l'édit d'Amboise, avait garanties aux 
Réformés. Cette déclaration de guerre fut bien accueillie, non 
seulement par l'opinion publique, mais aussi par les princes 
étrangers ; on vit, quelques jours après, à l'occasion d'une 
grande procession d'action de grâces à Saint-Denis, le nonce 
Frangipani prendre publiquement la parole pour féliciter le Roi 
au nom des ambassadeurs (2). 

Pourtant, la fin de l'année 1568 se passa sans grandes opéra- 



(Bibl. Nat., ms. ital. 1728, f»» 262 v" à 265) : Le matin même, le cardinal 
de Lorraine avait réuni dans un couvent où il avait entendu la messe, les 
cardinaux de Guise et de Clairvaux, l'archevêque de Sens Pellevé, le nonce 
(qui était encore l'évêque de Cenedai et l'ambassadeur de Venise. Dans cette 
conférence, après avoir donné connaissance du manifeste du prince de Condé 
du 29 août [publié dans : H. de la Feruière, le XYP siècle et les Valois 
d'après les documents inédits du British Muséum et du Record Office 
(Paris, 1879, in-8°)], le cardinal résuma la dernière séance du Conseil 
royal où il avait vivement protesté contre les attaques de Condé et affirmé 
son entier loyalisme. En présence des pi-éparatifs des protestants qui s'adres- 
saient aux princes allemands, les catholiques devaient songer à la guerre, 
mais les frais en seraient très lourds et, d'après un état dressé la veille, 
dépasseraient 300,000 écus par mois ; pourtant, le Roi était décidé à les 
supporter et avait donné les ordres nécessaires pour la prochaine campagne ; 
en particulier, l'on devait, dans tout le Royaume, s'armer pour exterminer 
les huguenots que l'on trouverait en armes, sans toutefois maltraiter les 
autres. Le Koi. en effet, dit eu substance le cardinal, veut en finir avec les 
protestants avant qu'ils aient eu le temps de dominer en Allemagne et aux 
Pays-Bas ; il importe donc à. tous les princes catholiques de le soutenir 
dans cotte lutte et, plus qu'à tout autre, au pape et au doge do Venise. Correr 
conclut do tout ce long discours qu' « in effetto si vede che hanno gran 
hisogno di denari... ». Sur tous les préparatifs de la troisième guerre, 
Thompson donne de grands détails (the Wars of reUyion in France, pp. 348 
à 365), mais on le complétera et, à l'occasion, on le corrigera, surtout pour 
les opérations militaires, à l'aide de l'excellent ouvrage de l'intendant Gigon, 
la Troisième guerre de religion..., pp. 27 à 74. 

(1) Cette mesure fut prise le 27 septembre (Introd. au t. III des Lettres 
de Catherine..., p. XXXIII) ; mais Alava l'annonçait déjil comme prochaine 
à Philippe II dans sa lettre du 10 septembre 1568 (.\reh. Vat.,- fflSlO, n" 34). 

(2) Voy. la lettre d'Alava au duc d'Albe, de Paris, le 30 septembre 1568 
(Ibid., B° 45) et surtout celle de Correr au doge, du 29 septembre (Bibl. Nat., 
ms. ital. 1726, f" 276) ; on y trouve de curieux détails sur la cérémonie de 
Saint-Denis, où Charles IX était allé confier à la protection des saints Denis, 
Rustique et Eleuthôre le sceptre et la couronne royale, selon la tradition 
observée par les rois de France quand ils partaient pour la guerre. Sur les 
efforts de Frangipani pour empêcher que l'édit de septembre ne reste lettre 
morte et que les protestants ne gardent leurs offices et bénéfices, voy. la 
lettre d'Alava à l'hilippe II, de Paris, le 30 octobre (Arch. Nat., lac. cit., 
n° 71) ; voy. aussi les lettres de Correr au doge, de Paris, les 28 octobre et 
3 novembre (Bibl. Nat., ms. 1726, f» 287 et 289) où l'ambassadeur rap- 
porte comment, sur les protestations du nonce, l'évêque de Valence, Jean de 
Monluc, fut exclu du Conseil du Roi. 



36 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

tion« militaires (i) : les deux adversaires semblaient hésiter à 
engager une campagne décisive avant l'hiver ; ils s'observaient 
l'un l'autre et achevaient fiévreusement leurs préparatifs. Tan- 
dis que les protestants levaient des troupes dans le Midi et 
faisaient appel à leurs amis d'Angleterre et d'Allemagne, la 
cour procédait avec diligence à la vente des biens d'Eglise 
autorisée par le pape {-). Le cardinal de Lorraine proposait 
même {^) qu'en raison de la nécessité urgente, on demandât à 
Rome la permission d'en aliéner davantage sur simple avis 
d'une commission de prélats français et il fallut une énergique 
protestation de Frangipani pour empêcher de passer outre au 
refus de Pie V (•*). Rucellaï, pour la quatrième fois envoyé en 
Italie (5) ,obtint en revanche que le pape, le duc Cosme de Médi- 
cis et la République de Venise garantissent chacun un emprunt 
de cent mille écus d'or (s) et, dès le début de décembre, les 
banquiers de Lyon en avançaient cinquante mille sur le crédit 
pontifical (^). 
L'Espagne, enfin, continuait d'être favorable {^) : la mort de 



(Il La bataille de Meusignac, où le chef protestant Mouvans fut tué 
(26 octobre 1568) et que la Reine chercha à représenter au pape comme une 
grande victoire {Lettres de Catherine de Médicis, t. III, p. 201, à la date du 
3 novembre), et les combats de Jazeneuil et de Pamproux (16-17 novembre), 
furent les seuls engagements, sérieux et n'eurent pas de suites; on trouvera 
le récit minutieux de cette campagne d'automne dans l'ouvrage déjà cité 
de M. GiGON, pp. 58 à 148. 

(2) Au lieu de vendre les biens d'Eglise, on les hypothéqua, ce qui pro- 
duisit une somme plus forte, que l'on évaluait à 7 ou 8 millions (lettre 
d'Alava à l'hilippe II, de Paris, le 10 septembre : Arch. >«at., A'1510, n° 34. 
Lettre de Petrucci au prince de Florence, de Paris, le U novembre : Arch. 
de Florence, loc. cit., fUza 4.597, f» 241). 

(3) Lettre d'Alava à Philippe II, de Paris, le 22 décembre 1568 : Arch. 
Nat., £1511, n" 139. On trouve dans une lettre du même au même, de 
Paris, le 15 janvier 1569 (Ibid., £^1514, n" 24), l'écho des plaintes du clergé 
contre la mesure proposée par le cardinal de Lorraine et le récit d'un entre- 
tien que l'ambassadeur d'Espagne venait d'avoir à ce sujet avec le nonce. 

(4) La FicuniftUE, Introduction au t. III des Lettres de Catherine de Médi- 
cis, pp. xxxvm-xxxix. 

(5) Il partit de Paris le 22 octobre (lettre de Petrucci au prince de Flo- 
rence, de l'aris, le 22 octobre : Arch. de l'Etat à Florence, loc. cit., t° 213). 

(6) Norris au secrétaire Cecil, de Paris, le 22 novembre : Calendars... 
foreign séries, 15(1(5-1568, n» 266. — Voj'. aussi : E. I'alandri, les Négocia- 
tions... entre la Toscane et la France..., p. 120. 

(7) Lettre de Petrucci au prince de Florence, de Mclun, le 2 décembre 
1.568 : Arch de l'Etat à Florence, lue. cit., î° 266. 

(8) Le bruit répandu par l'ambassadeur florentin Petrucci, toujours fort 
malveillant pour les Espagnols, d'une brouille possible entre les catholiques 
français et Philippe II (lettre de Joseph de Montmayeur, ambassadeur de Sa- 



LA GUERRE SAINTE 37 

la reine Elisabeth de Valois, dont l'influence s'était toujours 
exercée à maintenir des rapports amicaux entre son mari et 
son frère, ne troubla pas leurs bonnes relations (') ; il sembla 
même qu'elle les rendrait plus intimes encore : Catherine de 
Médicis avait tout de suite songé à donner sa seconde flUe Mar- 
guerite comme épouse à Philippe II devenu veuf (2). Le pape, 
pressenti par Rucellaï, refusa la dispense, mais se déclara prêt 
à favoriser le mariage des deux rois avec les deux filles de 
l'Empereur, Anne et Isabeau {^). De cette façon encore, les trois 
princes catholiques devaient être unis par les liens les plus 
étroits. 



« Bellum istud habebit felicissimum exitum », disait le nonce 
à la fin de 1568 (■*). Il semblait bien, en effet, qu'à aucun autre 
moment, les catholiques n'avaient été en si bon point ; pourvus 
pour la première fois d'abondantes ressources, soutenus par 
l'Espagne et par l'Italie tout entière, enfin, plus unis qu'ils ne 
l'avaient jamais été, ils entraient avec confiance dans une lutte 
qu'ilSi espéraient devoir être décisive. En janvier 1569, leur 
armée était prête. Les protestants, au contraire, organisaient 
difficilement la leur : les troupes attendues d'Allemagne ne 
venaient pas; le secours envoyé d'Angleterre, et sur lequel ils 



voie, à son maître, de Paris, le 12 novembre : Arcli. de l'Etat à Turin, let- 
tere di ministri, Francia, mazzo 2) était sans fondomi'nt. 

(1) Ce résultat était dû en grande partie h l'influence du pape (cf. la 
lettre du nonce d'Espagne Castagna k Frangipani, de Madrid, le 10 décembre : 
Arch. Vat., Nunz. di Spagna. rey. 4, f» 4S v"). 

(2) Lettre de Petrucci au prince de Florence, de Paris, le 20 novembre : 
Arch. de l'Etat à Florence, loc cit., t"^ 250 et 252. 

(3i Lettre d'Alava au due d'Albe, de Paris, le 8 décembre: Arch. Nat., 
A'1511, n" 131. — Autre du même à Philippe II. du 17 décembre (/birf., n"* 135a 
et 135b). 

(4) Lettre de Petrucci au prince de Florence, de Melun, le 6 décembre : 
Arch. de l'Etat à Florence, loc. cit., f"> 270 v». — Sur les premi&res opérations 
de guerre, voy. la lettre du même au même du 29 décembre (Desjardins, 
Négociations... avec la Toscane, t. III, p. 582) et celle de Novelli au duc de 
Ferrare, de Paris, le 31 décembre 1568 : Arch. de l'Etat à Modène, Cancel 
leria ducale, Francia. n° 58. Mais, bien entendu, on devra tout d'abord con- 
sulter le travail trt^s nourri de M, l'intendant GiGox, la Troittiùne yucrre de 
religion, auquel nous renvoyons le lecteur une fois pour toutes. 



38 lA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

comptaient beaucoup, fut insignifiant. Gondé n'avait pu réunir 

qu'une quinzaine de mille hommes dénués de tout (i). L'armée 
royale, commandée par le duc d'Anjou, frère du Roi, qu'assis- 
tait le sage Tavannes, eut beau jeu contre de telles troupes : 
elle les mit en déroute à la première rencontre, à Jarnac 
;13 mars 1569). Le prince de Gondé restait sur le champ de 
bataille ; cinquante-deux enseignes et trente-quatre cornettes 
étaient tombées entre les mains des catholiques. 

La nouvelle qu'un courrier exprès apporta dans la nuit du 
20 au 21 mars (-) à Metz où la cour se trouvait -), fut accueillie 
avec des transports de joie ; dès le petit jour, Charles IX assis- 
tait à la cathédrale avec sa mère à une messe d'action de 
grâces (^} ; et, le lendemain, Frangipani, après la réception des 
ambassadeurs qui étaient venus féliciter le Roi, l'exhorta par 
de pieuses paroles à ne pas rester sur cette grande victoire et 
à poursuivre sans merci les ennemis de la foi '^;. Ce langage 
fut approuvé de tous: les protecteurs ordinaires des Réformés, 
désespérés par le succès des armes catholiques, se taisaient ^^). 

A Rome aussi, l'allégresse fut vive à la nouvelle de la victoire 



(1) Voy. l'importante lettre de Frangipani au cardinal Farnèse. de Paris, 
le 22 janvier 1560 (Arch. de l'Etat à Naples, Carteggio farnesiano, Roma, 
fascio 759, fascw. C.) . — En outre, dans une lettre de l'ambassadeur de Venise 
adressée au doge, de Toul, le 20 février 1569 (Blbl. Nat., ms. ital. 1726, 
t°* 325 vo-3261, on trouve de précieux renseignements sur la misère des 
provinces de l'Est après le passage du prince d'Orange, de Genlis et des 
troupes royales : « Il territorio è cosi mangiato et rubbato che appena è res- 
tato tanto à quelle povere genti che possano coprirsi le carni in qaesti 
freddi et prometto à Vostra Serenità ingenuamente che. la settimana passata, 
la quale, per esser l'ultima di Carnovale, è solito farsi larganiente da ogni 
sorte di persone. il nuncio et io ch'eravamo insieme. giudicavamo incontra r 
bnona fortuna quando i nostri forîeri... n'assicuravano di pane et vino abbas- 
tanza... ». 

(2) Lettre de Frangipani au cardinal Alexandrin, de Metz, le 21 mars 
1569. [Arch. Vat., V"ar. Politic, lib. XXXIII (Miscell. arm. II, n<> 34, 
f 209]. Lettre de Petrucci au prince de Florence, de la même date (Arch. de 
TEtat à Florence, loc. cit., filza 4.."»98, f» 60). — Lettre de Correr au doge 
de la même date (Bibl. Nat., ms. ital. 1727, f" 10 v"^. Lettres de Francês 
d'Alava à Philippe II et à Gabriel de Çayas, de Metz, le 22 mars (Arch. 
Nat., K1Ô14. n»» 68 et 69>. 

(3) Le Roi s'était porté vers la frontière pour surveille le duc de 
Deux-Ponts qui cherchait à venir au secours du prince de Condé. Pendant 
le séjour de la cour à Metz, Frangipani fit démolir le temple protestant 
de la ville (Laderchi, Annales Ecclesiastici..., t. XXIV, p. 233). 

(4i Lettres de Frangipani et de Petrucci citées à la note 2. 

(5) Lettre de Petrucci au prince de Florence, de Metz, le 23 mars 
1569 (Arch. de l'Etat à Florence, loc. cit., }ilza 4598, f° 65 Vi. 

(6) Lettres de Frangipani et de Petrucci citées à la note 2. 



LA GUERRE SAINTE 39 

de Jarnac, qui y parvint à la fin de mars (}) et fut bientôt con- 
firmée par le secrétaire de la nonciature, expédié en toute hâte 
de Metz en Italie (2), Le pape voyait avec joie commencer sous 
d'aussi heureux auspices une guerre qui lui tenait tant à cœur 
et à laquelle des contingents pontificaux allaient prendre part : 
Fidèle à ses premières promesses, Pie V avait décidé, au début 
(le mars (^) ,d'envoyer au secours du Roi quatre mille cinq cents 



(1) Dès le 26 mars, « sur les XVIII honres », le secrétaire de M. de 
Mandelot, gouverneur de Lyon et.une demi-heure après, un courrier envoyé 
par le duc de Nevers apportèrent au pape l'heureuse nouvelle. « Je ne congneuz 
de ma vye, écrit l'évêque du Mans au Roi le 28 mars, en personne du 
monde plus d'ayse et de contentement que je felz au pape lorsque je la luy 
portay » (Bibl. Nat., ms. fr. 16039, f» 130). Mais Pie V attendit, pour don- 
ner a sa joie un éclat public, que la nouvelle fût officiellement confirmée. 
Et c'est seulement le l*"" avril qu'arriva le secrétaire du nonce (le même au 
même, du 12 avril : liid., î° 134) et, le 19, on attendait toujours, non sans 
impatience, M. de Montmorin, envoyé spécialement par le Roi (Ibid., f° 138). 
Les premièros lettres de félicitations du pape au Roi {...PU V epistolarum 
libri V, éd. GoubaUj p. 1.'51 ; Laderchi, op. et loc. cit., p. 221), à la Reine 
(... GouBAU, p. IS"; Ladeuchi, p. 221), au duc d'Anjou (LaderchIj p. 222) 
sont datées du 28 mars ; puis le marquis Rangon, envoyé directement par le 
duc d"Anjou, mais avant la bataille, rapporta à son mandataire un nouveau 
bref du 13 avril (Goubau, p. 159; Laderchi, p. 222). 

(2) Le secrétaire de Frangipani partit dès le 21 mars (cf. les lettres de 
Frangipani et de Petrucci citées p. 38, n. 1). Le 27 mars, il était déjà à 
Turin (lettre du nonce de Savoie au cardinal Alexandrin, de Turin, le 
27 mars : Arch. Vat., Savoia, reg. 1, f° 12) ; il arriva a Rome le l*"" avril 
(cf. la note précédente). Le pape fit rédiger de seconds brefs de félicita tlona 
au Roi et à la Reine-mère, datés du 13 (Goubac, op. cit., p. 164 et 136; 
Laderchi, op. et loc. cit., p. 226). Pie V renouvela encore ses félicitations 
par l'intermédiaire de Rucellaï envoyé par lui à cet effet comme nonce 
extraordinaire (brefs de créance, du 6 mai, au Roi, dans IjADerchi, op. et 
loc. cit., p. 230 ; à la Reine : Arch. Vat., arni. 44 lii. 14, î° 100 v° et 
17, f" 171). En outre, Charles IX ayant envoyé à Rome douze cornettes 
prises sur les protestants, le pape ordonna de les placer « dans l'église de 
St-Pierre en la chappelle des roys de France... » (l'évêque du Mans au Roi, 
de Rome, le 3 mai 1569 : Bibl. Nat, ms. fr. 16.039, f» 142), mais, toutes 
réflexions faites, l'ambassadeur de France, auquel le pape laissait le choix de 
l'emplacement, jugea préférable de suspendre ces trophées « dessous la grande 
porte de l'église Sainct-Pierre qui va dedans l'église neufve », ce lieu lui 
paraissant plus honorable et d'une surveillance plus facile (le même au même, 
de Rome, le 20 juin : Ibiâ., f 151 v°). — Sur l'envoi de Rucellaï, voy. la 
lettre du même au même, do Rome, le 12 mai (Ibiâ., t° 145). 

(3) Le pape était personnellement on ne peut plus favorable à la France, 
mais il rencontrait de vives oppositions dans la faction du Sacré Collège 
dévouée à l'Espagne ; il se trouvait des cardinaux pour se plaindre ouverte- 
ment de la permission donnée au Roi d'aliéner des biens d'Eglise ou pour 
blâmer l'aide prêtée à la couronne de France. Pie V brisa tout net ces 
cabales: «De quoy icelle {Sa Sainteté), écrit de Rome, le 14 mars 1569, l'évêque 
du Mans au Roi (Bibl. Xat., ms. fr. 16.039, f 124 r" et v») feist quelque 
rescntion en plain consistoire, ou Elle admonesta et dist aux cardinaux 
que, durant leurs heures de boyre et de manger, il estoit plus honeste de se 
faire lire quelque chose de la Saincte Escritture qu'employer ce temps la en 
calomnies et mesdisances d'auitruy, a quoy il sçavoit n'estre pas espargné. 



40 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FR.VNCE 

gens de pied et quinze cents cavaliers (i) ; le chef en était Asca- 
nio Sforza, comte de Santa Fiore, qu'il avait déjà été question de 
mander en France lors de la précédente guerre (-). Le pape 
lui adjoignit un commissaire, Tévêque de Fermo, Laurent Lenzi, 
qui devait veiller au maintien de la plus stricte discipline dans 
cette petite armée : il ne fallait pas que les champions de 
l'Eglise pussent donner le spectacle de la corruption et des 
vices ; la débauche, le jeu, les blasphèmes leur étaient sévère- 
ment interdits [^]. En outre, cinq aumôniers, choisis dans 
rOrdre des Jésuites, aidaient l'évêque de Fermo à préserver les 
soldats italiens de la contagion de l'hérésie (•*). 

Ce bon ordre se maintint jusqu'à Lyon où les troupes de 
Santa Fiore, à qui s'étaient joints quinze cents fantassins floren- 



et principallement sur les moyens qu'il tenoit a recouvrir quelque argent 
pour fournir aux fraiz du secours qu'il envoyé en France. Il s'esmerveilloit 
qu'en une entreprise si saincte et si louable, on y vouloit faire naistre des 
difficultez et le blasnier... ». — Il est à remarquer que, si le bref d'envoi de 
Santa -Fiore fut expédié le 6 mars (Goubau, p. 148 ; Ladeechi, p. 230), ses 
instructions (Arch. Vat.. Pio, reg. 198, f» 19, en copie), ainsi que celles 
de l'évêque de Fermo <Ibid., t° 27 : publ. partiellement dans : Brogxoli.. op. 
Cit., t. II, pp. 63-G6) le 9 du même mois, c'est seulement six semaines après 
qu'ils furent prêts ii partir : leurs brefs de créance sont du 21 avril iLa- 
DERCHij p. 231). L'organisation de l'armée pontificale avait, en effet, 
rencontré de nouvelles difficultés : d'abord, des rivalités avaient été sucitées 
par des adversaires du roi de France parmi les capitaines désignés pour le 
commandement ; mais surtout on s'était heurté au mauvais vouloir du duc 
de Savoie et du duc d'Albuquerque, gouverneur espagnol du Milanais, qui 
se refusaient à laisser faire sur leur territoire la « masse » ou, comme on 
dirait maintenant, la concentration des troupes i l'évêque du Mans au Roi 
et à la Reine-Mère, de Rome, le 14 mars 1.569 : Bibl. Nat., ïoc. cit.. f"» 12.'}- 
127 v° et 12St ; sur cette oijposition du duc de Savoie, voy. aussi la lettre 
de Correr au doge, de Metz, le 18 mars : Bibl. Xat., »»s. ital. 1727, f" 9 v»). 

(1) Laderchi, op. cit., pp. 231-232. — ■ La cour de France attendait avec 
impatience le secours pontifical et cherchait par tous moyens à en augmenter 
l'importance. Dans une lettre des 10 et 11 mars, adressée de Metz au duc 
d'Albe. Alava raconte que, pour engager le pape à expédier en France 500 
cavaliers de plus, on avait envoyé au nonce un étendard pris aux protestants 
en Languedoc où était peint un pape assailli par des bêtes féroces, mais, ajoute 
l'ambassadeur, sceptique, il se peut bien « que la pintura seaya hecho aqui » 
(Arch. Xat.. A'1514, n" 57). 

(2) Pie V avait alors hésité entre le célèbre Marc-Antoine Colonna et 
lui, « quai sapete quanto siano di valore et amati de soldati italianl » 
[chiffre joint à la lettre du cardinal Alexandrin à l'évêque de Ceneda du 
16 octobre 1567 (Arch. Vat., Xunziature. Francia, reg. 282. fol. 6)]. Le 
comte de Santa-Fiore était frère du cardinal Sforza. 

(S) Instructions de l'évêque de Fermo citées p. 39, n. 3. 

(4) On trouvera tous les détails sur la mission de ces aumôniers, qui sui- 
virent toute la campagne, dans Ladekchi, op. cit., p. 232 et surto it dans 
FoDQUEBAY, S. J., Histoire de la Compagnie de Jésus en France, t. I, pp. 622 
à 629 ; le récit du P. Fouqueray est fondé en grande partie sur des docu- 
ments inédits et très précieux ; nous lui avons emprunté quelques détails 
sur la marche des Italiens en France. 



LA GLERRE SAINTE 41 

tins (1), entrèrent le 30 mai (-) ; mais leur marche à travers la 
France pour rejoindre l'armée royale fut longue, pénible el 
désordonnée: le 21 juin, ils étaient seulement à Saint-Léonard, 
dans le Limousin, où la Heine-mère les passa en revue, sans 
cacher son contentement de recevoir ce « beau et grand 
secours » (^) ; un mois après, ils avaient à peine progressé de 
dix-neuf lieues (^). Au début d'août, ils prirent quartier à 
Montbazon, tandis que l'on évacuait les malades sur les fau- 
bourgs de Tours ; mais les infirmeries où les Italiens recevaient 
des soins étaient si misérablement organisées que les morts se 
faisaient chaque jour plus nombreuses {^) ; le nonce et l'am- 
bassadeur florentin durent intervenir énergiquement pour que 
des mesures plus humaines fussent prises et surtout pour que 
l'on traitât désormais les sujets du pape et du duc de Toscane 
avec plus d'égards («). 



(1) Sous les ordres de Mario yforza. frère du eomte de Santa l'iore. — Le 
duc de Florence en avait décidé l'envoi à l'annonce de la victoire de Jarnac 
(cf. ses instructions du 20 avril 1569. à Troïle Orsini, envoyé par lui vers 
Charles IX pour féliciter le Koi de cette victoire dans E. I'alandhi, Néyo- 
ciationa... entre la Toscane et la France..., pp. 120-121). 

(2) Une lettre de Tévêque de Fermo au duc de Nemours .datée de « Loni- 
bourg » (Lanslebourg;, le 22 mai (Bibl. Nat., ms. fr. 3.226, î° 96), donne de 
précieux renseignements sur ia marclie des troupes. L'avant-garde devait 
partir le soir inême, pour laisser la place au second échelon ; quant à 
l'arrière-garde, elle n'était attendue à Lanslebourg que le lendemain soir. 
Dans cet ordre, l'armée devait continuer sa marche sur Lyon par Modane 
et Saint-André en Maurienne ; mais l'évêque de Fei-mo priait instamment 
le duc de Nemours de donner les ordres nécessaires aux syndics de Lyon 
pour préparer les approvisionnements nécessaires à une armée si nombreuse : 
« V. Eccellenza saprà, ajoutait-il, che le hocche degl'huomini di qucste gcntl 
arrivano h X.T'" ô più et le bocche dei cavalli non sono manco di ciuque 
mila ». 

(3) La Reine-mère au Roi, de Limoges, le 17 juin et de Saint-Léonard, 
le l'O juin 1569 {Lettres de Catherine de Médicis, t. III, pp. 252 et 253). I^ 
duc d'Anjou écrivit aussi au Roi « una lunga lettera tutta in laude dclla 
bella dispositlone loro » et Charles IX s'empressa d'envoyer a Rome un 
gentilhomme exprès pour remercier le pape (Correr et Contarini au doge, 
d'Orléans, le 2 juillet 1569 : Bibl. Nat, ms. ital. 1727, f» 46 v"). 

(4) Quatre-vingt-cinq kilomètres seulement séparent Saint-Léonard fchef- 
lleu de canton, arrondissement de Limoges, Haute-Vienne) de Persac (canton 
de Lussac-les-Châteaux, arrondissement de Montmorillon, Vienne), où Us 
étaient le 21 juillet (Fouqueuay, op. cit., p. 625). 

(5) Petrucci au prince de Florence, d'Amboise, les 19 et 22 août 1569 
et de Tours, le 28 août (Arch. de Florence, 'Sleàiceo, .filza 4.598, f»» 172, 177 
et 182). La maladie avait commencé ses ravages dans le camp italien, dès le 
début de juillet (Contarini au doge, d'Orléans, le 9 juillet : Bibl. Nat., mu. 
ital. 1727, fo 49). 

(6) Déjà, le l'^'' juillet, Frangipani avertissait Santa Fiore que les Itali-ns 
étaient mal vus et qu'il devait se tenir sur ses gardes [lettre de Frangipani 
à Santa Fiore, d'Orléans, le 1""" juillet 1569 (Arch. Vat^ Cardinali, a" 2, 



♦2 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Cependant, la guerre continuait activement. Les protestants, 
joints aux mercenaires allemands amenés par le duc de Deux- 
Ponts, avaient un instant pris lavantage et infligé aux catho- 
liques un sanglant échec à la Roche- Abeille (25 juin). La cour 
sen était émue V et se préoccupait de renforcer rarinée de 
nouveaux contingents. Rucellaï fut envoyé à cette fin vers le 
pape, tandis que le duc de Nevers allait solliciter les autres 
princes italiens p). Mais Pie Y avait offert du premier coup 
tout ce qu'il pouvait donner ; il lui était impossible de faire 
un plus grand sacrifice et il pria le Roi de lexcuser {^). En 
revanche, le duc d'Albe envoya des troupes (*) qui, sous le 
comte de Mansfeld. vinrent grossir Tarmée royale. 

La rencontre décisive eut lieu à Moncontour, le 3 octobre ; 
ce fut encore pour les catholiques commandés par le duc 
d'Anjou l'occasion d'une éclatante victoire (^) où le corps 
d'armée italien eut une grande part: Avant la bataille, Santa 

f° 43) "|. Sur les plaintes do Frangipanl et de Petrucci, voy. la lettre de ce 
dernier du 28 août citée à la note précédente. 

(1) Petrucci au prince de Florence. d'Orléans, le 11 juillet (Arch. de 
Florence, loc. cit., î° 134 1 ; feuille d'avis jointe à sa lettre du 15 (Ibid., f 
1451. D'après l'ambassadeur de 'V'enise, il fallut une vigoureuse intervention 
de Frangipani et la menace de faire rappeler le contingent italien pour que 
le Roi et son conseil se décidassent à lever 8.000 Suisses (Contarini au doge. 
d'Orléans, les 9 et 11 juillet 1.j69 : Bibl. Xat., ms. ital. 1727. f°^ 49 et 
50 vo-51). 

(2) Voy. dans Laderchi, op. et loc cit., p. 240, le texte des brefs de 
Fie V au Roi et à la Reine-mère. Au fond, le pape était mal disposé à de 
nouvelles générosités, le Roi ayant, selon lui. perdu l'occasion, après Jarnac, 
d'écraser les protestants : « Ma, dove manca la volontà. lui fait-on dire, non 
supplirebbe l'esercito di Xerse » (lettre d'Alexandre de Médic-ls au duc de 
Florence, de Rome, le 3 août 1569, cit. dans : F,. Balaxpri. o/j. cit., p. 121, 
n. 2). Voy. aussi la lettre très importante de l'évêquo du Mans au Roi. de 
Rome, le 18 juillet : Bibl. Xat., ms. fr. 16.0.S9. f"^^ 158-157j. 

(3) Pas en aussi grand nombre toutefois que la Reine l'aurait voulu 
(voy. sa lettre à Fourquevaux, de Limoges, le 13 juin 1569, dans les Lettres 
d-e Catherine de Médicis, t. III, p. 148 et la réponse de Fourquevaux, de 
Madrid, le 6 juillet, dans les Dépêches... de Fourquevaux..., t. II, p. 88). 

(4") Elle songea, semble-t-il. un moment à la paix et Frangipani dut 
intervenir là-contre «lettre de Norris à Cecil, d'Orléans, le 9 juillet; anal, 
dans les Caleiid-ars..., foreign séries, 1569-1571. p. 94, n° 319). 

(5) La nouvelle en arriva le lendemain à la cour (lettres de Petrucci au 
prince de Florence, de Tours, le 4 octobre : Arch. de Florence, loc. cit., 
fos 222 et 223). Frangipani expédia tout de suite son secrétaire en Italie 
pour annoncer la nouvellp ; on a conservé ses lettres, du 4 octobre, au cardinal 
Famèse (Arch. de Parme, Carteggio famesiano, Francia. carton 1567-1569» 
et au prince de Florence (Arch. de Florence, loc. cit., filza 544, f 30) ainsi 
que la réponse de ce dernier, de Florence, le 27 octobre (Ibid., reg. 234, f" 
105 bis v°i. — L>ès le 14, on connaissait à Rome la nouvelle de la victoire 
(Laderchi, op. et loc. cit., p. 252) ; le secrétaire du nonce arriva vers 1« 
20 ibref au Roi, du 20 octobre : Ibid., p. 252; Goubav, op. cit.. p. 240.». 



LA GUERRE SAINTE 43 

Fiore avait exhorté ses soldats à se montrer dignes de la cause 
sacrée qu'ils soutenaient et de la valeur de leurs ancêtres (i) ; 
cette harangue releva les courages abattus et, pendant le com- 
bat, les troupes italiennes firent honneur à leur nation (2) : 
vingt-cinq drapeaux restèrent entre leurs mains, on ne fit aucun 
prisonnier, conformément aux ordres de Pie V, qui avait 
défendu de faire quartier aux ennemis de la foi (•*). 

La prédiction de Frangipani, les espérances du pape sctu- 
blaient bien près de se réaliser. Les étendards pris à Moncon- 
tour, suspendus aux murs de la basilique du Latran (^), étaient 
comme le signe visible de la victoire de l'Eglise romaine sur 
l'hérésie. 



(1) Laderchi, oii. vit., pp. :i48-252 ; Fol'QUEUay, o;*. laud., p. 627. 

(2) Catena, Vita <Icl... Pio V, pp. 72-73 ; CTABiTinsj Vita PU V (AA. 
88., maii, t. I, p. 650). 

(3) liid., p. 651. 

(4) On trouvera un court, mais curieux récit de la translation des 
enseignes au Latran, dans un avis de Rome du 7 janvier 1570 (Bibl. Vat., 
fonds Urbinate, ms. 1.041. £° 12). Une inscription, qui existe encore, fut pla- 
cée sous les trophées ; le meilleur texte en a été donné par Forcella, Iscri- 
eioni délie chiese... di Roma, t. VIII, (Rome, 187G, in-fol.). Une des trois 
inscriptions du tombeau de Pie V à Sainte-Marie-Majoure mentionne aussi les 
étendards pris à Moncontour (Ibid., t. XI. p. 44). — Les drapeaux tombés 
entre les mains des catholiques ù Jarnac avaient également été envoyés au 
pape par le Roi (brefs de remerciements au Roi et au duc d'Anjou, du 26 avril 
1569, dans : Laderchi op. et loc. cit., f 229). 



CHAPITRE III 

PIE V ET LA PADC DE SAL\T-GERMALM 



I I. Préliminaires de la paix de Saint-Germain. Divisions parmi les catho- 
liques ; intrigues contre Frangipani. Conclusion de la paix. — § II. 
Protestations de Pie V ; la situation intérieure de la France lui laisse 
pourtant quelque espoir. — § III. Frangipani cherche à faire prévaloir 
une interprétation du traité de Saint-Germain favorable aux catho- 
liques. Affaires d'Avignon et d'Orange. Echec des intrigues protes- 
tantes contre Monsieur. — § IV. Mission de Bramante : bon accueil qu'il 
reçoit à la cour ; ses remontrances contre la paix. Projet d'assassinat 
des principaux chefs protestants. 



La victoire de Moncontour n'eut pas les suites que Pie V en 
attendait (i). Il semblait que l'armée royale eût donné là son 
dernier effort: plus de ces rapides manœuvres, de ces offen- 
sives hardies qui avaient été si heureuses, mais une pénible 
guerre de sièges qui se prolongea sans résultat pendant près 
de dix mois. Les fatigues d'une dure campagne (^j, le mauvais 
état des finances et, plus encore, les conflits d'opinions et 
d'intérêts avaient conduit les catholiques à ce point d'épuise- 

(1) « Le pape... me dict toutes les fois que je le veiz n'avoir contentement au 
monde que des bonnes nouvelles de France » (Rambouillet au Roi, de Rome. 
le 7 novembre 1-569 : Bibl. Nat., ms. fr. 16.039. f" 198 V). 

(2) Dès le 14 octobre, Santa Ilore envoya son secrétaire Riccio a la cour 
pour solliciter le rapatriement des Italiens, en dépit de l'opposition de Fran- 
gipani (Petrucci au prince de Florence, de Tours, le 14 octobre 1569 : Arch. 
de Florence, Mediceo, filza 4,598, i" 236) ; la cour manquait de tout, les 
faubourgs de la ville étaient a il reçettacolo di tutti l'infermi del campe » 
et l'on craignait que la peste ne se déclarât (Fogliani au duc de Ferrare, de 
Tours, le 29 octobre : Arch. de Modène, Cancelleria ducale, Francia, n» 59 1. 
Sur la misère de l'armée catholique et la pénurie du trésor royal, voy. les 
dépêches de l'ambassadeur florentin Petrucci, citées par E. PalakdrIj la* 
Ségoeiations entre la Toscane et la France, pp. 127-129. — Sur les pertes du 
contingent pontifical, voy. les lettres de Rambouillet au Roi. de Rome, le.^ 
7 novembre 1569 et 2 janvier 1570 : Bibl. Nat., ms. fr. 16.039, f"' 198 ▼• et 
2121. 



rJE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 45 

ment. Depuis plusieurs mois, le cardinal de Lorraine, s'ap- 
puyant sur l'ambassadeur d'Espagne 0), ne cessait de com- 
battre la Reine-mère; Frangipani, comme elle partisan d'un 
rapprochement entre les Guise et les Montmorency qu'il avait 
fait revenir à la cour, la soutenait p). Ces différends avaient 
leurs échos à Rome : Rucellaï, pourtant comblé de bienfaits 
par Catherine de Médicis ("), s'était dans la Curie fait contre le 
nonce l'instrument du parti lorrain (^). Le pape n'abandonna 
jamais Frangipani; cependant, celui-ci ne fut pas sans souf- 
frir des attaques dirigées par un concurrent jaloux {^) ; ces 



{ 1 i Francès d'Alava l'ut toujours hostile à Catherine de Médicis (lui se 
plaignit souvent de lui. Voy. sur ce diplomate les bonnes pages de Batm- 
QARïBN, Vor der Bartholomàusnacht, pp. 26-27 et Paz, Archivio de Simancas...^ 
i^ecrt'taria de Estado, capitulaciones con Francia..., pp. 675-607 ; on troii- 
vera dans cet ouvrage, pp. 687-688, le jugement sévère que porte Alava sur la 
Reine-mère. Les intrigues espagnoles manquèrent du reste leur but à Rome : 
dans une longue audience de trois heures, Rambouillet s'employa à Justifier 
la Reine-mère auprès du pape ; celui-ci assura l'ambasFadeur, en tenues très 
exprès, que s'il arrivait à connaître les calomniateurs de la Reine, il en ferait 
un châtiment exemplaire et protesta de son affection pour Catherine. Au 
reste, il n'échappa point à notre ambassadeur que le pape était fatigué de 
l'arrogance espagnole et désirait que la France pût faire contrepoids à la puis- 
sance de Philippe II (cf. la lettre très importante de Rambouillet à la Reine- 
mère, de Rome, le 7 novembre 1569 : Bibl. Nat., ms. fr. 16.039, f»* 204 et 
205 v°). 

(2) On a les plus longs détails sur le retour de Montmorency à la cour, 
ménagé par le nonce et par le cardinal de Bourbon, et sur le conflit qui en 
résulta avec le cardinal de Lorraine, dans les lettres d'Alava au duc d'Albe, 
d'Orléans, le lô juillet 1569 (Arch. Nat., X1513, n» 88) ; à l'hilippe II, de 
Tour.s, U' 4 septembre (Ibid., iiC1512, n" 63) ; à Juan de 'Zuniga, de Tours, le 
2 octobre {Ibid.j n" 91). 

(3) Catherine de Médicis aurait voulu que Pie V créât Rucellaï cardinal ; eu 
même temps, il est vrai, elle chargeait l'ambassadeur de France à Rome de 
faire des démarches en faveur de Frangipani, dont elle s'estimait très satis- 
faite. (Rambouillet à la Reine-mère, de Rome, le 7 novembre : Bibl. Nat., 
ms. fr. 16.039, f' 200-201). 

(4) Sur les intrigues de Rucellaï à Rome, voy. : Petrucci au prince de 
Florence, de Tours, le 23 novembre 1569 (Arch. de Florence, loc. cit., 
t" 270) ; Fogliani au duc de Ferrare, de Tours, le 7 décembre (Arch. de 
Modèno, loc. cit.) ; Petrucci au prince de Florence, de Paris, le 27 juin 
1570 (Arch. de Florence, loc. cit., fil~a 4.599, f» 112). 

<5) Rucellaï essaya tout d'abord de combattre Frangipani en prétendant 
que l'affichage de la bulle contre Elisabeth d'Angleterre rendait impossible 
le maintien de ce nonce à la cour de France (Petrucci au même, de Paris, 
le 15 juillet 1570 : Ihid.. f» 128; le même au même, de la même date : Ibid., 
fo i;{2 V" ; le même au même, de Paris, le 15 aoflt : Ihid., f» 161). Puis, il 
répandit le bruit que Frangipani ne cherchait qu'à faire le jeu de la Belne 
et à favoriser les Montmorency. Frangipani eut à en rendre compte a Rome : 
il montra que la seconde accusation était fausse ; quant à la faveur do la 
Reine-mère, il ne se cachait pas de l'avoir recherchée et, même, se félicitait 
de l'avoir obtenue ; il avait confiance que le service de son maître en tirait 
grand profit [Frangipani au cadinal Farnèse. de Paris, le 10 septembre 
1570 (Arch. de l'Etat à Parme, Carteg. Farnes., Francia, 1570-71), le même 



■46 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

(lissentirnents entre les divers agents de la politique pontificale 
furent pour quelque chose dans les échecs qu'elle éprouva. 

Mais de bien plus grave conséquence encore fut la mésen- 
tente entre le Roi et le duc d'Anjou. Charles IX ne voyait pas 
sans déplaisir les succès de son frère (^) ; il avait en vain 
cherché à les égaler; puisqu'il ne réussissait pas à la guerre, 
il voulut avoir du moins l'honneur de conclure la paix. Dès 
le mois d'octobre 1569, il y songea, et, dix mois durant, pour- 
suivit son but avec persistance, mais sans vigueur. 

Ces lentes négociations (2), si souvent abandonnées, puis 
reprises, que les deux partis ne semblaient pourvoir se résoudre 
ni à la paix, ni à la guerre, étaient, suivant les circonstances, 
tantôt traversées, tantôt favorisées par les catholiques. Seul, 
Pie V s'y montra constamment hostile: dès le 29 janvier 1570, 
il protestait contre l'idée d'une composition avec des rebelles 
que la loi humaine et la loi divine condamnaient également (3). 
On eut beau, le mois suivant, lui envoyer l'évêque du Mans, 
le célèbre Rambouillet, pour justifier à ses yeux ces pourpar- 
lers et solliciter une fois encore son appui pour le cas où ils 
échoueraient, le pape ne se départit point de son intransi- 
geance ("*) : à quoi bon de nouveaux préparatifs de guerre si 
la paix était déjà comme faite ? Il ne lui restait plus qu'à s'y 



au cardinal Rusticucci, de Paris, le 14 octobre (Arch. Vat., Nunz. di Francia, 
rcg. 4, f" 60) ; le même au même, de Paris, le 12 décembre {Ibid., î° 96) ] 

(1) Le duc d'Anjou songea même à quitter quelque temps la France et à 
passer en Italie ; le nonce et l'ambassadeur d'Espagne agirent de concert 
pour faire échouer ce projet (Contarini au Conseil des Dix, de Paris, 30 mars 
1570, dans Acton, la Strage di San Batholomco, p. 101). 

(2) Ce n'est pas la place ici d'en reprendre le récit : on le trouvera tout 
au long dans l'Iutroduction du t. III des Lettres de Catherine de Médicis, 
par La FEnniÈRE, pp. LII-LXVII. 

(3) Brefs au roi (l'ii V... epistolarum lihri V, éd. Goubau, p. 266 ; La- 
DERCHi, Annales EcclcsiasticL.., t. XXIV, p. 101) ; à la Reine-mère (Goubau, 
p. 269 ; LaderchIj p. 102) ; au duc d'Anjou (Godbau, p. 272 ; Laderchi, p. 
103). Voy. aussi : Vacandard, Etudes de critique et d'histoire, pp. 234-235. — 
Les premiers bruits de paix étaient parvenus à Rome à la fin de l'année 1569, 
mais le pape, tout entier à la préparation de la campagne de printemps, avait 
refusé d'y prêter foi (cf. l'importante lettre de Rambouillet au Roi. de Rome, le 
2 janvier 1570 : Bibl. Nat, ms. /r. 16.039, f»» 212-216 ; v. aussi les lettres 
du même au même des 16 et 30 janvier : lUd., f"» 219 et 228) ; il est à noter 
que pendant toute cette période, les courriers eurent de grands retards et 
que la cour de Rome fut très mal au courant des événements de France. 

(4) On trouvera la lettre de Rambouillet du 27 février 1570, rendant 
compte à la Reine de son audience du pape, au t. III des Lettres de Cathe- 
rine..., p. 306, n. 1. 



PIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 47 

résigner et à prier pour le Roi, dont de mauvais conseillers 
abusaient la bonté (i). 

Un instant, pourtant, il sembla qu'un peu d'espoir lui reve- 
nait, à voir Jeanne d'Albret refuser avec obstination les offres 
les plus libérales de Charles IX p). Gomme, le 27 mars {^), il 
chargeait un nonce extraordinaire, le comte de Rosreshof (■*), 
de porter au duc d'Anjou un chapeau et une épée d'honneur en 
souvenir de la victoire de Moncontour, Pie V en profita pour 
faire remontrer au Roi les dangers d'un accord avec les protes- 
tants et l'exhorter à reprendre virilement une lutte marquée 
déjà par tant de succès. La mission de Rosreshof fut sans 
résultats et les conférences avec les députés de la reine de 
Navarre, un instant suspendues, reprirent leur cours. 

Pour la décharge de sa conscience, Pie V condamna une 
dernière fois, le 23 avril (5), l'avantageuse paix offerte par le 
Roi à ses ennemis de la veille, mais il n'avait plus d'illusions: 

(Il Frangipani, de sou côté, ne cessa de combattre les négociations de 
paix (voy., entre autres les lettres d'Alvise Contarini au doge, d'Angers, les 
6, 12 et 18 février 1570 : Bibl. Nat., ms. itah 1727, f»» 119 v», 122 v» et 127 ; 
les 20 et 29 juillet : Ibid., t°^ 176 vo-177 et 178 v°-181 v"). 

(2) Dès le 13 mars l.'570,réyêque du Mans écrivait au Roi qu'il avait, 
dans sa dernière audience, « trouvé le pape beaucoup adoulcy de la mauvaise 
opinion qu'il avoit des conditions de ceste pais.. ». Le bruit, du reste, 
courait à Rome « que la paix est du tout rompue » (Bibl. Nat., ms. fr. 16.039, 
f" 247). II est vrai qu'en réponse à cette lettre, le 12 avril, le Roi et la 
Reine-mère chargeaient l'ambassadeur d'enlever au pape ce qui pouvait lui 
rester d'espoir (minute : Ibid., f" 257). 

(3) C'est du moins la date que portent ses instructions [minute : %!irch. 
Vat., Var. Politic, lib. LXXXI (.Miscell, arm. II, n» 82), f» 463] ; mais, dans sa 
lettre au Roi du 10 avril (Bibl. Nat., ms. }r. 16.039, f" 253 v»), Tévêque du 
Mans annonçait que cet envoyé extraordinaire partirait dans deux ou trois 
jours ; de plus, ses brefs de créance sont seulement du 19 mai 1570 (Arcb. 
Vat., arm. 44, n» 15, f» 113). 

(4) Dans ses instructions, cet envoyé porte le nom de Jérôme Rosreshof 
ou Roheroff. « prepositus ecclosic Vratislaviensis (c'est-à-dire de Bresla%'.\, 
cubicularius noster ». Mais, tout on lui confirmant le titre de camérier du 
pape, l'évêque du Mans, dans la lettre ci-dessus citée, lui donne un nom de 
forme assez différente : « Le comte Hieronimo Rozrazowski, polaque.... a co 
que j'entends, a prins sa nourriture en France ; pour le moins, parle il 
françois comme moy ». Sur la mission de Rosreshof et la solennité de la 
remise du chapeau et de l'épée qui eut lieu vers la mi-juin, voy. la lettre de 
Norris à la Reine d'.^ngleterre, d'Argcnton, le 15 juin (anal, dans les Cale-)i- 
dars..., 1569-1571. p. 268, n» 1.005) et celle de Contarini au doge, de î'aris, 
le 30 mai (Bibl. Nat. ms. ital. 1727, f» 101 v"). 

(5) Bref au Roi (L.\LiERCnj, op. et loc. cit., p. 108; Goubau, p. 274; cf. 
aussi Palandki, op. cit., p. 129). Pie V avait précédemment envoyé deux 
brefs, aux cardinaux de Bourbon (le 2 mars : Laderchi, p. 106) et de Lor- 
raine (le 11 mars : Ibid., p. 107) qui parurent d'autant plus sévères que 
le pape, d'après la rumeur commune, passait pour s'être adouci (Petrucci au 
prince de Florence, le 8 avril, dans : Dbsjardins, Négociations... avec la 
Toscane, t. II, p. 6201. 



18 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

seuls purent le surprendre les retards apportés à la conclusion 
du traité, mais les exigences des protestants bien plus que 
les scrupules du Roi en étaient la cause. Après mille tergiver- 
sations (1), la paix fut enfin signée à Saint-Germain, le 
8 août (2) ; elle accordait aux Réformés plus de libertés qu'ils 
n'en avaient eu avant leurs défaites. 



Après avoir pu espérer la ruine de l'hérésie en France, Pie V 
assistait à son triomphe ; il ne voulut pas s'y associer et renou- 
vela ses protestations. Le 13 août, il conjurait les deux cardi- 
naux français les plus influents. Lorraine et Bourbon, de s'em- 
ployer à rompre les négociations avec Coligny et les princes {^). 
Le 19, apprenant que Charles IX avait engagé sa signature, il 



(1) Sur toutes ces alternatives, cf. p. 40; voy. en outre : le Roi et la 
Reine-mère à l'évêque du Mans, de mai 1570 (minutes : Bibl. Nat., tns. fi: 
16.039, fos 258 et 260) ; Contarini au doge, de Châteaubriant, le 24 avril 
(Bibl. Nat, tns. ital. 1727, f° 153 v°) ; Petrucci au cardinal de Médicis, 
d'Angers, le 29 avril (Arch. de Florence, Mediceo, fil::a 5.098, f" 38) ; le 
même au prince de Florence, de Paris, le 20 mai (Ibid., filza 4,599, f° 91) ; 
Frangipaui au cardinal Farnèse, de Paris, le 1'''' juillet (Arch. de Naples, 
Farnesiano, Roma, fascio 732). Le pape, à plusieurs reprises, chargea le car- 
dinal de Rambouillet de détourner son maître de poursuivre les négociations 
(lettres des 3 et 17 juillet : Bibl. Nat, w*. fr. 16.039, t"» 277, 286, etc.). Sur 
les derniers efforts du nonce pour rompre les pourparlers et sur la hâte de 
la Beine-mère à conclure la paix, cf. H. Baumgarxen, Naohtrag zur Oeschichte 
der Bartholomàusnacht..., pp. 386-388). 

(2) Elle fut enregistrée par 16 Parlement le 11 août, mais, le 16. on 
n'en connaissait pas encore le texte exact dans le public ; quelques jours 
après seulement, sortirent de presse les exemplaires imprimés (Fraugipani 
au cardinal Rusticucci, de Paris, le 16 août : Arch. Vat. Nunz. di Francia, 
reg. 4, i° 18). La paix ne fut annoncée officiellement au pape que le 19 
(la Reine-mère au pape, de Saint-Germain, le 19 août : Lettres de Cathe- 
rine..., t. III. p. 330. Dès le 13 août, le Roi avait communiqué la nou- 
velle de la paix à son ambassadeur à Rome, qui, le 3 septembre, vint en 
donner avis au pape et chercher à justifier son maître. Pic V lui répondit 
brièvement qu'il attendait des nouvelles ; dans une seconde audience, le 
9 septembre, il fit preuve d'un calme qui surprit l'ambassadeur de France : 
« Depuis que je suys pardoça et que ordinairement je traicte avecques luy, 
je ne l'ay jamais veu parler si retenu qu'a ceste heure, ny commander 
avecques une telle prudence a ses passions et colleres » (le cardinal de Ram- 
bouillet au Roi, de Rome, le 11 septembre 1570 : Bibl. Nat., ms. fr., 16.039, 
fo 288 r» et v», publ. à la p. 330, n. 1 du t. III des Lettres de Catherine 
de Médicis...). 

(3) Bref au cardinal de Lorraine (PU V... epi.^tolarum liiri V, éd. Gou- 
BAU, p. 276; Ladekchi, Annales ecclesiastici, t. XXIV, p. 111), au cardinal 
de Bourbon (Goubau, p. 279; Ladeechi, pp. 112 et 113) et au Roi, pour 
l'exhorter à suivre les avis contenus dans les deux brefs précédents (Ladbr- 
CHI, p. 114). 



PIE V Eï LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 49 

décidait l'envoi à la cour de France de l'un de ses familiers, le 
protonotaire Bramante (^), pour désapprouver publiquement 
cet acte ; dictées par Pie V lui-môme, les instructions remises 
à ce nonce extraordinaire (-) étaient une sévère condamnation 
du traité de Saint-Germain, aussi funeste aux yeux du pape 
pour le Roi que pour l'Eglise; selon lui, toute atteinte portée aux 
droits de la vraie religion avait nui et devait nuire par contre- 
coup à l'autorité royale: Tiiétérodoxie s'accompagnait naturel- 
lement d'un esprit de révolte. 

Si grande que fût sa déception. Pie V ne désespérait pas de 
l'efficacité de ses objurgations : la situation politique, en appa- 
rence si favorable aux Réformés, laissait, en effet, une lueur 
d'espoir. 

Le Roi se montrait catholique zélé et plein de bonnes inten- 
tions, mais sa viriliié tardive le rendait quelque peu irrésolu 
*et docile aux suggestions (3) ; la Reine-mère, très soumise aussi 



(1) Nous n'avons pu recueillir de i-enseignements sur la biographie de ce 
Francesco Bramante (lui jouait à la cour pontificale un rôle fort effacé : 
« Il n'est cogneu de presque personne do reste court », écrit le 9 octobre le 
cardinal de Rambouillet (Bibl. Nat., ms. fr. 16.039. t° 297). « J'aurais forte 
taiche, écrit-il encore le 23 octobre, si je voulois entreprendre de... faire sçavoir 
quel homme est ce dict prothonotaire Bramant, ce qu'il sçait faire, ne ce 
qu'il vault, car il est homme si neuf en ceste cour que presque personne ne 
l'y congnoist et me doubto que, pour son coup d'essay, il ait une forte taiche n 
{.Ibid., f" 301, r"-v"). Nous savons seulement que Braniaute exerçait la charge 
de pi'otonotaire apostolique et (lu'il était « des gens de Monsieur le cardinal 
Al(>xaudrin » (le sieur de Moutfort au duc de Savoie, do Paris, novembre 
1570 : Ai'ch. de Turin ; lettere di ministri, Francia, warro 3). 

(2) Ces instructions, datées du 19 août 1570, furent consignées à Bra- 
mante le 25 septembre seulement [A'rch. Vat., Var. Politic, Ul). LXXXI (Mis- 
cell., m-m. H, u" 82), f"' 264, 260, 269]. On trouvera, parmi les pif'ces justifi- 
catives de J.-W. ÏHoMPsoN, The TFars o/ religion in France, un Discorso 
sopra ffli humori del licyno di Francia, di Mons. Xa^aret (P.ibl. Vat.. Barbe- 
rini, ms. 5.269, f"" 63 sqq.) « Mons. Nazaret » désigne certainement Frangi- 
pani qui devint titulaire du siège de Nazareth en 1572 ; pourtant, il ne 
semble pas avoir eu part à la rédaction du discours mis sous son nom et 
qui de toute évidence a été élal)oré dans les bureaux de la Secrétairerie 
d'Etat; c'est presque certainement un mémoire remis à Bramante avant son 
départ (il y est fait allusion à la dispense demandée par le duc de Guise pour 
son mariage avec l.a princesse de Porcien, ce qui permet de dater le docu- 
ment de juillet ou d'août 1570). Ce texte, assez mal publié par Thompsox, 
donne des renseignements importants sur la situation politique de la France 
au milieu de 1570 et l'idée que l'on s'en faisait à Kome. 

(3) « Sua Maestà è di un animo integro. schieto et bono. non ha esperion- 
za, perche l'educatione non gli l'ha data sin qui et ancho di sua natura..., 
è di tarda virllitii, ma di bon spirito et di retta intontione... » [Frangipani à 
Rusticucci, de Paris, le 12 septembre 1570 (Arch. Vat., Nunz. di Francia, reg. 
4, f° 41)]. Frangipani, en bien d'autres endroits, moins car.ictérlstiques 
toutefois, revient sur ces bonnes qualités du Roi, accompagnées malheureu- 
sement d'une grande faiblesse (.voy. par ex. la lettre du même au même. 



50 LA POLITIUUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

au Saint-Siège,cherchait malheureusement trop souvent à satis- 
faire tous les partis par des compromis. Tout le mal venait 
de ce manque d'énergie de Catherine et de Charles : ils 
n'avaient su, ni bannir de leur entourage les courtisans sus- 
pects, ni fermer l'oreille aux avis intéressés que d'officieux 
conseillers leur prodiguaient; parmi les confidents du Roi et 
de la Reine, plusieurs, en pleine guerre, n'avaient cessé d'être 
en relations avec Coligny (i). Les créatures du cardinal de 
Lorraine n'étaient pas des sei-vileurs plus sûrs, ni plus dévoués 
à la cause de l'Eglise (-) : les Guise, n'ayant jamais visé qu'à 
devenir les vrais maîtres de l'Etat, étaient loin de désirer une 
victoire trop complète du Roi sur les protestants, qui eût mis 
fin à l'anarchie dont leurs ambitions se nourrissaient. Le même 
égoïsme se retrouvait dans toute la noblesse : catholicisme, 
protestantisme, ce n'était, dans les provinces qu'un prétexte à 
pillages et à rapines, à la cour que le masque de l'intrigue et 
des luttes d'intérêts ("). 

Dans le peuple, au contraire, ce mauvais esprit n'avait guère 
pénétré et la foi était sincère (*). Certes, la Réforme l'emportait 
dans le Midi de la France, mais le Nord et l'Est avaient presque 
complètement échappé à son influence {^) ; et si, à Lyon, ville 



de Paris, le 19 août 1570; la feuille do chiffres du 30 août, etc. : Ibid., f»« 
21, 33, etc.; voy. aussi V. Martix^ le GaUicanisme et la Réforme catholique, 
pp. 96-97). 

(1) Voy. la lettre du 19 août citée ci-dessus. 

(2) Voy. dans Bai.mgarteNj Tor der Bartholomausnacht, pp. 11 et suiv. 
le récit do la curieuse conversation qu'eurent sur le cardinal de Lorraine 
Frangipaui et Alava, 

(3) Sur rétat de la cour, voy. le rapport de Bramante ; voy. aussi la 
lettre du 19 septembre (Arch. Yat.. loc. cit.) et la fouille de chiffres do Fran- 
gipani du 30 septembre (Ibid.., f" 02), dont voici le passage caractéristique : 
dans cette cour, dit le nonce, seul le Roi est bon : « tutti li altri sono... pieni 
di ogni sorte di passione et interesse del raondo et vacui di ogni religione. délia 
quale io ne credo che cosi li heretici corne quelli che si dicono catholici, dico de 
nobili, se ne servono solamente per pretesto, ma che, in verità, non hanno 
religione ». Tout le mal, dit-il encore le 6 novembre, vient de la noblesse, 
tout infectée, « non... per hcresia di religione, ma per heresia di ambitione 
et di avaritia et di voler vivere in una licenza di dominaro et rubare per 
tutto et è questo maie maggiore néi maggiori di qualsivoglia ordine, catho- 
lici o heretici che si chiamino. » 

(4) Frangipani parle souvent des sentiments catholiques du peuple de 
Paris et de l'affluence extraordinaire aux cérémonies religieuses [lettres de 
P'rangipani à Rusticucci, de Paris, le 12 septemlire 1.570, le 9 octobre, le 
6 novembre, etc. (.\rch. Vat., loc. cit., f"' 41, 5G, 70, etc.)]. 

(5) Pendant un voyage qu'il fit à la fin de novembre de Paris à Mézières 
Frangipani s'enquit :\ chaque étape du nombre de protestants qui vivaient 
dans la localité. Sauf à Soissons, que les Huguenots avaient occupée neuf 



PIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 51 

de commerce international, l'hérésie avait des adeptes, Paris, 
Toulouse étaient ardemment catholiques. 

Le pape, il est vrai, pouvait craindre qu'à la faveur de la 
paix, les protestants ne fissent de nouveaux progrès, mais ils 
trouvèrent en lui un adversaire toujours en éveil : faire échec 
à leur propagande en encourageant les prédicateurs à défendre 
avec fermeté la vraie foi et en favorisant le développement de 
la Compagnie de Jésus, restaurer dans TEglise de France 
l'esprit de discipline et lutter contre le gallicanisme, telle fut 
la lâche qu'il se proposa. Mais l'appui du Roi était nécessaire 
pour mener à bien cette tentative de contre-réforme : il fallait 
avant tout écarter de la cour les mauvais conseillers qui entou- 
raient Charles IX ou, tout au moins, contrebalancer leur 
influence par celle du duc d'Anjou (i) et pousser le jeune Roi 
à user plus virilement de son autorité pour contenir les dange- 
reuses rivalités de la haute noblesse. Enfin, le pape avait tou- 
jours en vue l'union des princes catholiques : ses interventions 
en faveur du mariage de Marguerite de Valois avec le roi de 
Portugal (-), ses efforts pour amener Charles IX à entrer dans 
la Ligue contre le Turc (s) ou à prendre ouvertement avec 
Philippe II la défense de Marie Stuart, prisonnière, en vue de 



mois et qui, sur mille maisons, en comptait quarante habitées par des Réfor- 
més, les hérétiques se trouvaient en nombre insignifiant [Frangipani à Rus- 
ticucci, de Mézières, le 27 novembre (Arch. Vat., loc. cit., f 91) ; Bramante 
au même, de Mézières, le 28 novembre {liid., t° 94) et de Paris, le 24 décembre 
(/birf., fo 100)]. 

(1) Feuille de chiffres envoyée par Frangipani à Rusticucci le 19 août 
(lUd., f° 21). 

(2) Cf. le copieux article de Tauzix sur le Maiiaç/e de Maryuerite de 
Valois, dans la Revue des Questions historiques, t. LXXX, 1906. pp. 447 sqq. 
et les bonnes pages de Bau.mg.\uïex, Vor der Bartholomâusnacht, pp. 2n sqq. 
Voy. aussi les lettres de Rambouillet à la Reine-mère des .5 décembre 1569, 
2.=) juin, .3 et 7 juillet 1.^70 ^Bibl. Xat, ms. fr. 16.0.39. f"» 210. 276, 281 et 
283), etc. La Reine avait de cette union le plus grand désir et, à plusieurs 
reprises, pria Frangipani de demander au pape d'intervenir [Petrucci au 
prince de Florence, d'.Vngers, le ô mai 1.j70 (Desjakdixs, Xcjjociations... avec 
la Toscane, t. III, p. 627) ; Frangipani à Rusticucci, de Paris, les 2 et 24 
septembre 1570 (Arch. Vat.. Nunz. di Francia, reg. 4, f* 37 et 46) ; etc.]. 

(3) Voy. entre autres, les lettres de Rambouillet au Roi des 13 et 27 mars, 
3 juillet 1570, etc. (Bibl. Nat., ms. fr. 16.039, f"^ 247 v", 250 v°, 278, etc.), 
celle du Roi à son ambassadeur, du 11 avril 1570 (minute : Ibid., f 256) ; 
colles de Contarini au doge, des 6 et 24 avril 1570 : Bibl. Nat. ms. ital., 
1727, fos 145 v"-147 v" et 152 v"-153 v». Puis, i\ partir du mois de juillet, il 
n'est guère de lettres où le cardinal de Rambouillet ne parle de la Ligue et 
des affaires d'Orient. 



52 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

rétablir la religion romaine en Angleterre (^), n'étaient que 
des moyens détournés de frapper le protestantisme français, 
qui fondait ses principaux espoirs sur une rupture entre la 
France et l'Espagne. 

Cette lutte entre deux adversaires également résolus dura 
jusqu'à la mort de Pie V. Telle fut l'inconstance de l'opinion, 
tel aussi racharnement des partis qu'aucun d'eux ne voulut 
s'avouer vaincu ; au milieu de Fenchevêtrement des intrigues, 
l'historien parfois se perd et ne sait à qui attribuer l'avantage. 



La mission de Bramante fut retardée ; Pie V jugea sans 
doute l'état des affaires trop incertain encore pour que l'envoi 
d'un homme nouveau ne fût pas sans inconvénients : on ne 
savait même pas dans quel esprit la paix de Saint-Germain 
avait été conclue par le Roi et si elle devait durer plus ou aussi 
peu que celle de Longjumeau. 

Il valait mieux laisser la situation politique se préciser, en 
se reposant sur le nonce ordinaire du soin de conduire les 
premiers engagements. Frangipani mérita la confiance de 
Pie V : tout en suivant fidèlement les idées directrices de son 
maître, il montra dans leur application un sens très fin de 
l'opportunité. 

Conformément aux ordres du pape, il ne laissa passer 
aucune occasion de condamner le traité de Saint-Germain; une 
première fois après la publication de l'édit (-;, une seconde 
au début de septembre (3), il se plaignit vivement de ce pacte 
inégal, si préjudiciable à la cause catholique ; mais ce fut 
surtout quand il remit à la Reine-mère et au Roi les brefs du 
27 août ;^j que sa protestation fut la plus énergique : dans 



(1) Lettres de Frangipani ft Rusticucci, de Paris, les 2 et 20 septembre 
1570 (Arcli. Vat., loc. cit., f<" 37 et 44), etc. 

(2) « Non ho potuto mancare di non farne una deploration grande con 
queste Maestà, pregandole ultimamente à non voler rredere d'haver fatto 
pace, ma più tosto sospension d'arme... » [Frangipani à Rusticucci, de Paris, 
le 19 août (Arch. Vat.. loc. cit. f 19)]. 

(3i A l'occasion de la remise au Roi et aux cardinaux de Bourbon et de 
Lorraine des brefs du 13 août cités p. 48 n. 3 [le même au même, du 
2 septembre {Ibid., t° 37.i]. 

(4; Arch. Vat., arm. 44, lih. 19, f<" 232-233. 



PIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 53 

une audience qui rUira plus de deux heures, le 22 septembre (}), 
il dénonça à Charles ÏX les dangers auxquels les intrigues des 
huguenots, encouragés par cette paix inespérée pour eux, expo- 
saient l'Etat et la personne royale. Sans se contenter des vagues 
espérances que Charles lui donna {-), il renouvela ces aver- 
tissements le 8 -octobre {^). 

L'attitude très nette du représentant du Saint-Siège chassait 
toute équivoque en enlevant à Catherine l'espoir d'obtenir le 
consentement tacite du pape, comme un instant elle s'en était 
flattée (^). Mais, s'en tenir à une simple condamnation de prin- 
cipe eût été imprudent : Frangipani n'escomptait pas que ses 
constantes remontrances suffiraient à rompre la paix; mieux 
valait, en attendant que la situation politique se modifiât, tirer 
d'elle tout ce qui pouvait servir les intérêts catholiques. Or, le 
nonce n'avait pas tardé à démêler que, si Charles IX et sa mère 
avaient signé la paix de Saint-Germain pour mettre fin à une 
guerre ruineuse, ils n'entendaient cependant pas laisser le 
champ libre à la Réforme {^) ; bien loin de là : ils gardaient 
l'espoir de gagner par la persuasion et au besoin par l'intrigue 
ce que la force des armes n'avait pu leur donner, 
V Profitant de ces circonstances favorables, Frangipani em- 



H) Lettre de Frangipani à Uusticncci du 24 septembre (Arch. Vat., 
Niinz. di Franciii, rci;. 4. f" 40). 

(2) « Monsignor niintio, state di bona voglia cbe noi speranio di tirar 
« questa pace il eosi bono et honorevol termine ehe il fine comandarA ancho 
«il princlpio chie hoggidi pare cosi nialo », aggiongeîidomi il Rè cbe son délie 
cose nel animo che, per poterie fare, non Uisogna dirle. Qiieste parole mos- 
trorono dirmele cou niolla eonfidenza et il Rè si'paratameute nie n'hà dette 
de simili altre voite ». [Le même au même, du 24 septembre (Ihid., t° 46)]. 
Frangipani, au reste, ne se fit pas d'illusion et jugea que le Roi lui avait 
ainsi parlé « per acquctar me ». dit-il {Ihid.\. 

(3) Le même au même, de Paris, le 9 octobre (Ihid., t" ïtii). 

(4) Catherine de Médicis an pape, de Saint-Germain, le 10 août lôTO 
(Lettres de Catherine de ilrdieis. t. III. n. ."îoO» et surtout : le cardinal de 
Rambouillet à la Reine, de Rome. s. d. (Ihid., p. 330, en note). 

(.'>) Le 29 août. « Sua Macst;") i/e RoiK in pri'S(^nza di cardinali, vescovi. 
dl rettori parochiall et di predicatori..., congregati in la sala del sue Palazzo 
con Intervento délia Madré, fratelli et altri del Conseglio. fè una christiana 
dichlaratione del animo suo, con una protestatione et esprcssa professlone 
di fede in la uuione et obedieuza délia Chiesa Catholica Romana, dicendo di 
voler quella conservare et aumentare sempre con tutto il suo potere, insin 
con la propria vita... » [Frangipani à Rusticuccl, de Paris, le 30 août (Arch. 
Vat., loc. eit., f" 30> ; V. Martin, le OaUicanisme et la Réforme catltolique, 
p. 90]. Quelques jours auparavant, le Roi avait refusé de prendre aux gages 
du trésor Louis de Nassau comme l'auraient désiré les protestants. [Feuille 
de chiffres du même au même, du 10 août (Ibid., t" 21)]. 



54 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANGE 

ploya toute sa diplomatie à faire appliquer les clauses du traité 
dans un sens strictement catholique (i). Chaque jour, il doit 
livrer une nouvelle escarmouche; tantôt, il lui faut prendre la 
défense de quelque prédicateur qui, du haut de la chaire, a 
condamné avec trop de virulence la paix récemment conclue {^), 
tantôt il s'agit d'écarter du Collège de France un protestant 
comme le célèbre Pierre Ramus qui prétend y reprendre son 
enseignement {^). Une autre fois, c'est le cardinal de Ghâtillon 
qui, privé pour cause d'hérésie de l'évêché de Beauvais, veut 
profiter de l'édit de pacification pour rentrer dans ses anciens 
droits : il extorque de la complaisance d'un conseiller au Par- 
lement une commission de réintégrande, en vertu de laquelle il 
fait envahir par une bande armée une ferme appartenant à la 
mense épiscopale. Soutenu à la cour par de nombreux parti- 
sans, il cherche à faire admettre la légitimité de son occupation. 
Mais, ici encore, Frangipani intervient: avec beaucoup d'habi- 
leté, il gagne à ses vues Charles IX, Catherine de Médicis, le 
chancelier Morvilliers; à l'influence de Châtillon,il oppose celle 
du cardinal de Bourbon à qui l'administration du diocèse de 
Beauvais avait été provisoirement confiée et qu'il parvient 
à faire confirmer dans cette charge pour un nouveau terme de 
trois années f^). 



(1) Sui- ces négociations, cf. V. Martin, op. cit., pp. 98 sqq. 

(2) Frangipani il Rusticucci, de Paris, le 17 et surtout le .30 septem1n-e 
(Areh. Vat., loc. cit., f»^ 43 et 48). 

(3) Sendo ritornato Pietro Ramo, heretico, et volendo in virtù dell'editto 
entrai- nol luoco che haveva già ne! Collegio di lettore dell'arti, quel del Colle- 
gio, insieme al vescovo, se li opposero ». Le Roi « decreto che detto Ramo 
et qualunque altro heretico che faccia professione d'insegnare, non debba 
essere admesso in nesciun loco di catholici per la corrottione cho possono 
fare délia gioventù ». {Ihid. ; voy. aussi Baumgarten, Vor der Bartholomaus- 
nacht, p. 41'). En revanche, Frangipani s'emploie à favoriser le développe- 
ment de la Compagnie de Jésus : il accompagne chez le Roi le P. Possevin 
et montre l'établissement de nouveaux collèges de Jésuites comme un des 
meilleurs palliatifs do la paix [Frangipani à Rusticucci, du 19 août (Arch. 
Vat., loc. cit., f» 19)]. Sur le rôle joué par le nonce dans la création du 
collège de Verdun, voy. Fouqueray, Histoire de la Compa(jnie de ,l..'sus en 
France, t. I, p. 509 et la lettre de Frangipani à Rusticucci du 14 décem- 
bre (Arch. Vat., loc. cit., î° 100). 

(4) Sur cette affaire de Châtillon, voy. les h^ttres du même au même 
des 24 et 30 septembre ; des 9, 14, 16, 22 et 28 octobre ; du 12 novembre et 
du 12 décembre ; voy. aussi Baumgartex, Vor dcr Bartholomiiusnacht..., 
pp. 33-34. Au reste, les lettres de Frangipani sont pleines de remontrances 
faites au Roi et à la Reine touchant la collation des bénéfices ecclésiasti- 
ques à des personnes suspectes d'hérésie; sur ce point, voy. aussi, la lettre de 
Contarini au doge, de Paris, le 31 octobre L'iTO (Bibl. Nat., ms. ital. 1727, 
t" 211). 



PIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 55 

Enfin, Frangipani ne cesse de batailler au sujet de l'appli- 
caliou au Comtat Veiiaissin de l'édit de Saint-Germain. Le statut 
de cette enclave pontificale était, en effet, assez obscur ; sans 
discuter la souveraineté du pape sur Avignon et sans prétendre 
y mettre garnison française, le Roi y réclamait un certain droit 
de surveillance. Rien, pourtant, dans la teneur du traité, ne 
stipulait que ce dernier dût avoir force exécutoire dans le Com- 
tat, mais les hérétiques avignonnais qui avaient été frappés de 
confiscation et de banissement, demandaient, en vertu de l'édit 
du 8 août, à être réintégrés dans leurs droits primitifs (}). 
Frangipani s'opposa à cette 'prétention et obtint gain de 
cause (2). Il fit plus : le pape, au mois d'avril, craignant un 
coup de main de l'armée des Princes sur le Comtat Venaissin, 
y avait envoyé Torquato Conti et quelques milliers de fantas- 
sins (3). A la conclusion de la paix, Conti, jugeant son rôle ter- 
miné, sollicita son rapatriement (^). Le roi de France, conseillé 
par le vice-légat, le cardinal d'Armagnac, qui n'aimait pas les 
Italiens (5), ne cherchait qu'à presser le licenciement des con- 
tingents pontificaux (<5) ; mais Frangipani, soit par crainte 

(1) Le cardinal de lîaiiiliouilli'ï sollicita plusieurs fois le pape à ce sujet, 
mais sans succès (ci. entre autres ses lettres au Roi. des 11 et 25 septembre 
1570 : Bibl. Nat., ms. fr. 16.08!). f«s 28S v» et 294). 

(2) Frangipani h Itusticucci, de Taris, les 3 et 9 novembre. 

Ci) Instructions à Conti. du K! avril 1.570 : Arch. Vat., Var. Polit., lih. 
XXXIII (MisceU., arm. II, «s :'.4i. f" 4.5. r" (>t v". Voy. aussi les brefs des 
10 avril et 5 juin dans Ladekchi, Antiales eccleniantici..., t. XXIV, pp. 118- 
120 et les lettres de Rambouillet au Roi des 10 avril et .5 juin (Bibl. Nat., 
»!.>*. fr. IG.0.39, f»s 252 v», 25.3 et 209 r"-v",). 

(4) l'ar lettres du 8 août, il avait chargé Fraugipaui de deiuaiider au 
Roi deux ou trois galères pour conduire ses troupes de Marseille à Cività- 
Vei'chia [Frangipani à Rusticucci, du .".O août (.\rch. Vat., Nunz. di Francia, 
reg. 4, f" ;?0)]; mais il avait fait cette demande de son propre chef et le 
pape le désapprouva (Rambouillet au Roi. de Rome, le 23 octobre 1570 : 
Bibl. Nat, ms. cit., t" 299). 

(3) Voy. !a lettre de Frangipani s'ï Rusticucci du 30 août et la lettre du 
cardinal d'.\rmagnac au cardinal de Bourbon, d'Avignon, au mois d'août 
(copie : Arch. Vat., Nunz. di Francia. reçi. 4, f° 29). Frangipani ne cessa 
d'attaquer Armagnac qui avait envoyé à l'aris un de ses confidents. Fatris, 
« huomo sceleratissimo » [celui-là même qui fut, en 15S5, exécuté sur l'ordre 
du pape : T.\Mi7.EV de Lauuoque. Lettres... du cardinal d'Armaonac... (l'aris et 
Bordeaux, 1874. in-8o). pp. 40-4X1. pour demander le renvoi des soldats 
pontificaux. Le nonce aurait voulu faire remplacer le vice-légat français par 
un Italien [voy. les lettres de Frangii>aui i\ Rusticucci. de Paris, les 20 sep- 
tembre, y octobre, 12 novembre et 12 décembre (Arch. \'at., loc. cit., î°* 48, 
56, 82 et 96j]. 

(6) Sur pi-cmièro demande de Frangipani. le Roi accorda les trois galères 
sollicitées par Conti [Frangipani à Rusticucci, des ,S0 août et 2 septembre 
(Ihid., f"» .30 et o7i|. L'ordre fut expédié le 3 septembre [le même au 
même, du 7 septembre (Ibid., t" 39)]. 



56 LA POLITIQUE PE SAINT PIE V EN FRANCE 

d'une attaque protestante, soit plutôt qu'il jugeât bon, pour le 
cas d'une nouvelle guerre, de garder des troupes toutes prêtes 
aux frontières du Royaume, intervint de façon fort adroite 
pour empêcher cette mesure (i). Grâce à une patience de tous 
les instants, il parvint à retarder de jour en jour le départ de 
Gonti; en novembre 1571, les soldats du pape occupaient tou- 
jours Avignon (-). 

Le nonce gagna de même une partie plus difficile encore: le 
traité de Saint-Germain ordonnait expressément la restitution 
d'Orange à son prince légitime, Guillaume de Nassau; mais 
Pie V craignait de voir un lieu si voisin des Etats Pontificaux 
entre les mains d'un redoutable ennemi de l'Eglise. Aussi Fran- 
gipani conseilla-t-il au Roi d'user de prétextes pour différer 
l'évacuation d'Orange par les troupes françaises. Charles IX 
hésitait à manquer à sa parole (s), mais l'évoque de Gaiazzo 
endormit si habilement ce scrupule et sut faire si bien jouer 
divers ressorts (-') que, sans cesse ajourné, le retrait de la gar- 
nison royale ne se fit que très tard: ce fut seulement en août 
1571 que Louis de Nassau, alors dans sa plus grande faveur 
auprès du Roi, put se faire restitijier la principauté de son frère. 

De leur côté, les protestants ne restaient pas inactifs: en 
dépit des termes du traité, ils conservaient leur organisation 
militaire et se tenaient prêts à recommencer la lutte {^). Mais 



(1) Lettres de FrangripaDi à Rusticucci, de Paris, les 30 septembre, 3, 9, 
14 et 28 octobre, 6 et 12 novembre, 12 décembre (Ibid., î°^ 52, 54, 56, 60, 68, 
70, 82 et 96). 

(2) Conti reçut le 20 novembre 1571 l'ordre du pape de rentrer en 
Italie avec ses troupes et, le 29, il sortit du Comtat : J. Foknery, Histoire 
du Comté Venaissin et... d'Avignon (Avignon, s. d., 3 vol. in-8"K t. II, p. 157. 

(8) Prangipani à Rusticucci, de Paris, les 3, 9 et 28 octoln-e 1570 (Arch. 
Vat, loc. cit., f»s 54 v», 56 v°-v° et 69). 

(4) Frangipani avait obtenu de M. de Saint-.Talle, gouverneur d'Orange 
pour le Roi, et très bon catholique, la promesse de ne point livrer cette for- 
teresse aux huguenots [le même au même, du 9 octobre 1570 Ubid , t° 56)]. 
Saint-Jalle offrit même de servir aux gages du Saint-Siège [feuille de chif- 
fres du même au même, du 14 octobre (Ihid., î» 63)]. Mais, à Saint-Jalle 
fut substitué iîalnt-Gei-an, créature de Damville, et Frangipani dut chercher 
un autre mojcn [le même au même, du 12 décembre {Ihid., î° 96)]. Il Ima- 
gina de conseiDCT à la Reine-mère l'achat d'Orange pour le duc d'Anjou, 
achat qui ferait entrer tôt ou tard cette principauté dans le Royaume [Char- 
les IX au cardinal de Rambouillet, d'août 1571, dans les Lettres de Cathe- 
rine de Médicis, t. IV, p. 58, u. 1 ; Frangipani à Rusticucci, de Paris, les 
14 août et 17 septembre, et de Blois, le 2 octobre 1571 (Arch. Vat., loc cit., 
fos 117, 121 et 125)]. 

(5) On croyait tellement bien à la guerre que, par économie, le Roi et la 
Reine-mère supprimèrent les fêtes qui se devaient donner pour le mariage 



PIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 57 

Coligny aimait mieux l'emporter par les intrigues que par 
les armes : retiré à La Rochelle avec Henri de Navarre et le 
jeune prince de Gondé, il ménageait de longue main sa rentrée 
à la cour (i) ; attendant patiemment une occasion d'y repa- 
raître et d'y tenir le rôle prépondérant, il s'appliqua toute une 
année à préparer le terrain. La simplicité du cardinal de Bour- 
bon (-} Ty aida; ce pieux prélat, à qui sa qualité de prince du 
sang donnait le premier rang dans l'Eglise de France, cherchait 
à concilier une foi très scrupuleuse avec les intérêts de sa 
famille, presque tout entière gagnée à la Réforme {^). Son 
rêve eût été de voir ses neveux sortir de leur exil volontaire et 
regagner la faveur royale en se convertissant au catholicisme. 
De bonne foi, il crut y parvenir. C'est par son intermédiaire que 
la princesse de Gondé, sa belle-sœur, encouragée par l'accueil 
fait à la duchesse de Ferrare (^), vint à la cour dans les der- 
niers jours d'octobre {^) et qu'elle y fut bien reçue; de son 
côté, elle fit bon visage à tous, sauf au duc d'Anjou en qui elle 
voyait l'auteur de la mort de son mari et contre qui elle voulait 
demander justice (*^). Tous les efforts des protestants, en effet, 
se portaient contre « Monsieur » (") que les catholiques consi- 

de Charles IX avec la seconde fille de rEiiipercur [le mémo au inênie, de 
Paris, les 14 et 28 octobre 1570 (Ibid., f»» GO et 68,)]. 

(1) Le même au même, de Paris, le 12 novembre I.jTO (Ihid., î° 82 1. 

(-) Voy. sur ce personnage le livre d'E. Saulxier, le cardinal de Bour- 
bon... (Paris, 19.3* fascicule de la Bibliothèque de l'Ecole... des Hautes Etudes, 
1912; in-8»). 

(3) SaulxieKj op. cit., pp. 59 sqq. Voy. aussi, sur l'amour de Bourbon 
pour SOS neveux, la lettre de Frangipani à Rusticucci, de Paris, le 12 novem- 
bre (Arch. Vat., loc. cit., t» 82). 

(41 Sur la venue de Renée de France i la cour. voy. les lettres de Fran- 
gipani à Rusticucci, de Paris, les ?,0 septembre et 9 octobre 1570 (Ibid., 
fs 52 et 56) dont des extraits ont été publiés dans B. Foxtaxa, Renata di 
Francia..., pp. 245-247. Frangipani. en dépit des instances de l'ambassadeur de 
Ferrare, s'était refusé fl rendre à la duchesse la visite qu'elle lui avait fait 
faire par respect pour la personne du pape [Tbid.j voy. aussi la lettre de 
l'otrucci au prince de Florence, de Paris, le 14 octolire (Arch. Vat., loc. cit., 
t" 601]. 

(5) « Il cardinal di Borbon parti hieri à trovar la cognata. vedova del 
principe di Condé, che viene doUa Roccella et... mena con se tre figlioli più 
piccioll et dico questo signor di voler far opra di ricovrarli... ; gli altri mag- 
giori, Coligni non lascia partir da se. come che esistima quelli essere le sue 
arme et la insegna cho si ha me.ssa del sangue et arme régie alla sua bottega » 
[Frangipani à Rusticucci. de Paris, le 22 octobre {Ibid., f" 65i]. 

(G) Le même au même, du 6 novembre {Ibid., f» 70). 

(7) « ... Si spargouo mille malignità... per causar... diffidenzia tra di loro 
(le Roi et ses frères) et metter discussione tra di loro. che sarebbe à fatto 
la ruvina de questo regno » [Bramante au même, de Paris, le 14 décembre 
{Ibid., fo 103}]. 



58 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

déraient comme leur chef. Montmorency, toujours secrètement 
favorable à Goligny, se faisait l'instrument principal de ces 
pratiques, mais ses manœuvres pour desservir Henri de Valois 
dans l'esprit du Roi échouèrent: la Reine-mère craignant que 
les intrigues contre son fils préféré ne se tournassent bientôt 
contre elle-même, y coupa court, aux applaudissements du 
nonce, en mettant Montmorency dans une demi-disgrâce (^). 
Les protestants, il est vrai, essayèrent encore pour éloigner 
le duc d'Anjou de la cour, de le marier avec une fille du duc de 
Saxe, mais ils ne furent pas plus heureux (2). 



La situation politique, à la fin de 1570, était donc encore bien 
indécise : grâce à l'habileté de Frangipani, les catholiques 
avaient pu garder leurs positions les plus importantes et même 
obtenir quelques succès ; mais leurs adversaires ne désar- 
maient point et l'on pouvait toujours craindre d'eux un retour 
offensif. Pie V crut l'heure venue d'envoyer à la cour de France 
le pronotaire Bramante pour tenter un denùer assaut; afin que 
l'effet en fût plus grand, il garda cette mission secrète p). 



fl) FtuillP do chiffres de Frangipani au même, du 22 octobre; le même, 
de Paris, le 12 novembre {Ibid., f"' 65 et 82). 

(2) liid.j le même au même, de Mézières, le 27 novembre (Ihid., f" 91). 

(S) L'envoi d' « ung homme exprès » fut décidé dans une congrégation 
où se trouvaient les cardinaux Morone, Parnèse, Cesi, Grassi, Aldobrandinl et 
Uusticucci et où furent probablement rédigées les instructions datées du 
19 août, mais l'ambassadeur de France ne put pénétrer exactement ce qu'on 
y avait résolu, « car ce pape icy les astrainct ordinairement par tant de 
serments en toutes congrégations de n'en l'ien révéler » (Rambouillet au 
Roi, de Rome, le 11 septembre : Bil^l. Nat, ms. fr. 16.039, f° 289) ; le bruit 
courut d'abord que le pape avait fixé son choix sur l'évêque de Nola, Spinola 
(le même à la Reine, du même jour : Ihid., f» 291) et ce bruit revint, de 
l'aris, à Rome par une lettre du nonce au Secrétaire d'Etat du 14 octobre ; 
le 25 .septembre, le 9 octobre, l'amlmssadeur de France était toujours aussi 
peu informé : « Le pape s'en cache de moy et se conduict en cest affaire 
icy fort secrètement, comme si le sçavoir ou le non sçavoir importoit beau- 
coup » ; on pensait pourtant que le nonce extraordinaire serait non plus l'évê- 
que de Nola, mais celui de Mondovi, alors nonce en Savoie (Ihid., i° 296) ; 
toutes ces hypothèses furent démenties et l'on apprit avec surprise que le 
choix du pape s'était porté sur un personnage auquel personne n'avait songé : 
« Apres m'estre fort soigneusement enquesté et recherché par toutes voyes, 
écrit Rambouillet en post-scriptum à sa lettre du 9 octobre, je pense a la fin 
avoir trouvé qui est celuy que le pape envoyé : c'est un nommé le prothono- 
tairie Bramant, de Recanat. Je n'eusse eu garde de le deviner, car il n'est 
presque cogneu de personne de ceste court et ne me puis imaginer a quelles 



VIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 59 

La façon dont ce nonce extraordinaire fut reçu permet de 
constater les progrès que, depuis les dernières guerres, l'ultra- 
montanisme avait fait dans les esprits. Pour Bramante, le déve- 
loppement de l'autorité apostolique et celui de la religion elle- 
même étaient en France intimement liés (i) : pour ranimer le 
zèle des cardinaux, il ne voyait d'autre moyen que de les appe- 
ler à Rome et de les y faire résider {-) ; de même, les nouveaux 
évêques devaient être strictement soumis à la visite ad 



fins, ny pour quelles cousidcrations Sa Saincteté Ta esleu ; aussi pou sçai je 
quelles conmiissions il a en son voiage et, si ce qu'on m'a asseuré est véri- 
table (comme je pence», il est party ce matin ciu l'allais, tellement qu'il 
arrivera quelques jours devant ceste lettre » ilbid., £" 297). I.e secret avait 
été bien gardé : ou a vu. en effet (p. 49, n. 2), que, dès le 19 août, Bramante 
avait reçu des instructions pour une mission à la cour de France ; ces ins- 
tructions lui furent renouvelées le 1.5 septembre avec quelques additions et 
variantes ; c'est le même jour qu'il reçut ses brefs de créance pour le Roi, la 
Reine-mëre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine, l'archevêque de Sens 
Pellevé, .les ducs d'Anjou, d'Alençon, de Montpensier, de Nemours et de 
Nevers (Arch. Vat., arm. 44, lih. l.ï, f»s 2.'Î0 v" à 234 V ; le bref pour le 
Roi est publié dans liADEUCei, Annale/i ccclesiastici..., t. XXIV, p. 117). 
Parti le 9 octobre, Bramante arriva le 29 au soir à Paris. Prangipani lui 
procura aussitôt une audience auprès du Roi et de la Reine-mère qui lui 
firent très bon visage [Frangipani à Rusticucci, de Paris, le 6 novembre 
(Arch. Vat., Nunz. di Francia, reg. 4, f" 70)]. On connaît bien le détail de 
cette entrevue grâce à la lettre du président de Montfort, ambassadeur 
extraordinaire du duc de Savoie à son maître, non datée, mais du début de 
novembre (Arch. de Turin, lettere di ministri, Francia. mazzo 3) et surtout 
grâce au rapport qu'en fit Bramante lui-même au pape. Le lendemain et le 
surlendemain, le nonce extraordinaii'e eut audience du cardinal de Bourbon 
et du duc de Montpensier qui tous deux firent montre d'excellents sentiments 
[Bramante au cardinal Rusticucci, de Paris, le 14 novembre (Arch. Vat., 
loc. cit., f" 84)] ; il s'entretint également plusieurs fois avec Pellevé et 
avec l'ambassadeur d'Espagne. Le 1.5, il partit avec Frangipani pour Mézières 
où devait êti'e célébré le mariage du Roi avec la deuxième fille de l'Em- 
pereur; la cérémonie eut lieu le 2(5 novembre [Frangipani à Rusticucci, de 
Mézières, le 27 novembre 1570 ; Bramante au même, du 28 novembre (Arch. 
Vat., loc. cit. f"" 91 et 94)]. Le 30, il quitta Mézières et. passant par 
Reims, fit visite au cardinal de Lorraine qui lui donna son avis sur la 
situation politique [le même au même, de Paris, le 14 décembre (Ibid., î° 103)]. 
Il y trouva l'ordre de revenir à Rome, mais, sur l'avis de Pellevé et de 
Frangipani. il prolongea son séjour en France, afin de pouvoir obtenir du 
Roi et de la Reine-mère de nouvelles audiences [Bramante au même, le 
14 décembre 1570 (Ibid., t° 103)]. Le 9 janvier 1571, il était encore à Paris 
(Petrucci au prince de Florence, de Paris, le 9 janvier 1571 : Arch. de 
Florence. Mediceo, fil~a 4.600. î° 3) ; mais, au milieu de mars, on le voit à 
Rome (instrutions du cardinal de Rambouillet au sieur de Corbeil. rentrant 
en France, le IG mars 1571 : Bibl. Nat., ms. fr. 16.0.39, f" 347». 

(F» « Non so ricordare altro che più importi per la estiutione dcUe hercsie 
che Nostro Signore tenga viva la potestâ sua » [feuille de chiffres de Bra- 
mante à Rusticucci, de Mézières, le 2.S novembre 1570 (.\rch. Vat., loc. cit., 
f» 95)]. 

l2) Ibidem. 



60 LA POLITIQT'E DE SAINT PIE V EX FR.'^NCE 

limina (^). Or, ces théories ne rencontrèrent pas 1 "opposition 
qu'on pourrait croire ; bien au contraire, Lorraine, Pellevé et 
même Bourbon renchérirent à l'envi sur les idées de l'envoyé 
pontifical : Bourbon émit de lui-même l'avis qu'il conviendrait 
de réunir des synodes provinciaux pour déposer les évêques 
hérétiques et de réserver à la seule Curie le jugement de ces 
mauvais pasteurs; et Bramante ayant objecté que, peut-être, 
en France, on invoquerait les privilèges gallicans, le cardinal 
répondit que, pour sa part, si le pape lui ordonnait de com- 
paraître à Rome, il obéirait sans hésiter {-). 

Auprès du Roi, de- la Reine, Bramante trouva le même bon 
accueil {") ; pourtant, il ne les avait guère ménagés : dès sa 
première audience, il avait protesté contre la paix de Saint-Ger- 
main, « longuement et haultement » (■*) et, dans les suivantes, 
il ne s'était pas privé, en dépit des conseils du cardinal de 
Lorraine {^) et de l'archevêque de Sens (c), de prendre person- 
nellement à partie la Reine-mère, lui reprochant sa trop grande 
faiblesse à l'égard des protestants, passant en revue tous ses 
conseillers intimes et ne faisant grâce à aucun. Montmorency, 
Damville, Biron, Vieilleville, Carnavalet, tous étaient aux yeux 
de Bramante, suspects d'hérésie ou de complicité avec les héré- 
tiques, Catherine de Médicis défendit de son mieux ses servi- 
teurs que, disait-elle, on calomniait à Rome pour lui nuire à 
elle-même ("). 

C'est sur un ton de grande sincérité qu'elle protesta de son 
dévouement à l'Eglise ; si l'effet ne répondait pas toujours à 
ses bonnes intentions, il fallait tenir compte du faible soutien 
qu'elle trouvait chez les principaux catholiques : comment 
eût-elle pu s'opposer à la paix de Saint-Germain, quand eux- 
mêmes s'en montraient ouvertement partisans (§)? Au reste, 



ni Le même au même, de Paris, le 14 novembre ilhid., i° 84i. 

<2i Même document. Voy. aussi : V. Martin, op. cit.. pp. 100-101. 

(3 « E stato visto et asoolato da tutti gratin^issimamente... » fFrangi- 
pani au même, de Paris, le 6 novembre l.'>70 (Arch. Vat., Isc cit., t° 70). 

(41 V. supra, p. 58. n. 3. 

(4) Bramante à Rusticucci, de Paris, le 14 décembre (Arch. Vat.. foc. cit., 
fo 103). 

(6i Le même au même, de Paris, le 14 novembre tTbid., î° 84i. 

i7) Voy. les « Avvertimenti » rédigés par Bramante [Arr-h. Vat.. Var. 
Politic, m. LXXXI (Miscell., arm. II, n» 82i, f"' 287-294]. 

(8) « La Regina, al proposito che lo li dissi che non dovesso fare buona 
cera à questi Ugonotti.,. mi disse... che desiderava che Nostro Signore fusse 



PIE V ET LA PAIX DE SAINT-GERMAIN 61 

les événements ne tarderaient pas, ajoutait la Reine, à la justi- 
fier et à prouver que toute sa politique était tournée vers le bien 
de la religion. 

Ou peut mettre sous ces vagues paroles leur sens exact : 
A la lia de l'année 1570, Charles IX et surtout sa mère, déses- 
pérant de réduire par la persuasion les protestants contre qui 
déjà la guerre avait échoué, songeaient à user d'un moyen qu'ils 
jugeaient plus rapide et plus sur. Dès le mois de novembre, le 
Roi et la Reine-mère parlaient à mots couverts à Frangipani d'un 
projet dont le pape se réjouirait certainement, mais sur lequel 
il imporlait de garder quelque temps encore le secret (i) ; bien- 
tôt, des bruits plus précis circulèrent à la cour : les inexpli- 
cables faveurs accordées aux Réformés, le bon accueil fait à la 
princesse de Gondé n'était qu'un piège tendu à l'Amiral pour 
l'attirer à la cour avec les jeunes princes et s'emparer de tous 
trois (-). 

Pellevé, enfin, dévoila tout le complot à Bramante : pour le 
cas où, pris de défiance, les chefs protestants se refuseraient 
à quitter leurs places de sûreté, plusieurs confidents de Goligny, 
gagnés par des faveurs ou de l'argent, se feraient forts de les 
assassiner ; frappé à la tête, le calvinisme français disparaîtrait 
en trois jours {^). 



quà, che vedosse il modo di proccdcre, cho lei è violcntata à fare moite cose 
contra la mente sua, etiam da cardiuall » [feuille de chiffres do Bramante à 
Rusticucci, do Mézières, le 28 novomlire (Arch. Vat., Nunz. di Francia, 
rcy. 4, f° 75 v")]. Le Roi assura Bramante « che, essondo egli senza 
denari per sustontar la guerra, si risolvette de vendero tutti li béni deli 
Ugonotti,.. et che li Catholici l'impedino... et ail' hora il Rè, conoscendosi da 
tutte le parte assasinato... si mise à fare l'obrobriosa pace à la quale le 
consultavano tutti li catholici che orano presse di se » ( « Avvertimenti » de 
Bramante). 

(1) Le Roi et la Reine-mère assurèrent Frangipani qu'ils ne cessaient 
d'agir « con dissimulatione et con pensit'ro che tengono riposto nell'animo, 
tutto diretto à fine buono et degno dol nomo che Sua Maestà tiene di Rè 
Christianissimo ; et il medosimo han detto hora à Monsignor Bramante..., 
dicondo anche essor cose di non parlarle per non difficultarlo » [Frangipani à 
Rusticucci, de Paris, le 6 novembre I.jTO (Arch. Vat, loc. cit., f» 70)]. 

(-) « Cio cho del canto di Lor Maestà si è tolerato et si toléra con queste 
rnale gonti, tutto è à fine di poter ridur qucsto malb maestro (CoUgny) con 
quoi suoi scolari {les princes) alla corto o in luoco dovo se li potesse metter 
le mani à dosso » ; et Frangipani ajoute : « Questo cose non si dicono, ne si 
deveno dire cou altri. cominciando da Borbono et Mompensioro, che son 
zii et... che non possono havere in odio la sua carne » [le même au même, 
du 12 novembre 1570 ilbid., î° 82)]. 

(3) A sou avis, dit Pellevé :"l Bramante, lo Roi aurait conclu la paix 
pour faire sortir les reîtres du royaume « et ancho per haver... le forteze 
et quaUhe uno de principali in mano o fargli morir con ferro o veneno et 



62 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FR.\NCÈ 

La paix, comme, un an auparavant, la guerre, semblait favo- 
riser les desseins de Pie V; une fois encore, il lui était permis 
despérer à bref délai le rétablissement en France de l'unité 
religieuse. 



che rintrinseco del negotio non il sapea « [Bramante au même, de Paris, 
le 14 novembre {Ibiil., f" 84]. Quelques jours après, l'archevêque de Sens 
fait à Bramante des confidences plus complètes : « Il Reverendissimo Pelvé 
mi ha detto che il Rè ha humore con far carezze à quakh'uni di questi 
Ugonotti confident! dello Admiraglio et alli altri per captivarseli et per 
denari et altre gratie fargli ammazzare lo Admiraglio et altri capi et cosi 
fargli estinguere da loro medesimi che, corne siano levati questi capi, li 
altri si estingueranno in tre giorni » [feuille de chiffres du même au même, 
de Mézières, le 28 novembre 1570 (Ibid., î" ~~)]. 



CHAPITRE IV 

PIE V ET LA POLITIQUE 
PERSONNELLE DE CHARLES IX 

§ I. L'affaire du comte de Caiazzo ; recul de l'influence pontificale. — § II. 
La politique personnelle do Charles IX ; la guerre contre l'Espagne 
conseillée par les protestants, la reine Elisabeth et le grand-duc de 
Toscane ; politique double de ce dernier ; ses efforts pour faire révo- 
quer Frangipani. — § III. Echec des menées florentines ; rupture du 
mariage projeté entre Elisabeth et le duc d'Anjou. — § IV. Le Roi et 
la Reine-mère comptent ramener au catholicisme le prince de Navarre 
en lui faisant épouser Marguerite do Valois. Opposition d'abord hési- 
tante du nonce ; vains espoii's fondés par les catholiques sur la venue 
de Coligny à la cour. Catherine de Médicis fait solliciter à Rome la 
dispense par le grand-duc de Toscane. Refus catégorique du pape ; ses 
reproches au duc Cosme.La victoire de Lépante amène un rapprochement 
entre la Reine-mère et l'hilippe II. — § V. Le pape songe à rompre 
le mariage de Navarre et à attirer le Roi dans la Ligue ; légation 
d'Alexandrin en France. Son voyage de Rayonne à Blois. Pendant 
son séjour à la cour, Catherine de Médicis négocie avec Jeanne d'Albret 
le mariage de Navarre. Le cardinal Alexandrin quitte la France sans 
avoir rien obtenu. Progrès des protestants. Maladie et mort de Pie V. 
Rappel de l'évêque de Caiazzo par Grégoire XIII. Situation politique 
au moment de son départ. — § VI. Pie V et le problème de la Saint- 
Barthélémy. — Conclusion. 

Une fois encore, les événements ne répondirent pas aux 
impatients désirs de Pie V; sur le point de touclier le but qu'il 
poursuivait avec tant d'ardeur, il commit une faute qui lui 
coûta la victoire, 

A la fln de décembre 1570, le bruit se répandit à la cour que, 
sur l'ordre de l'Inquisition, un des généraux de l'armée royale, 
Jean Galéas Sanseverino, comte de Caiazzo (i), qui voyageait en 
Italie pour ses affaires, avait été saisi et livré au Saint Office par 
le duc de Parme (-). L'arrestation pour raison d'hérésie d'un 

(1) Sur ce Giangaleazzo di San Séverine, colonel de l'infanterie italienne, 
que les contemporains appelaient le comte de Gaiasse, cf. E. Picot, les Ita- 
liens en France au XVI' siècle, dans le Bulletin Italien, t. I. p. 102. 

(2l Sur l'arrestation de San Severino « dans un sien chasteau nommé 
Colerno assis sur le Plaisantin )>, le (î décembre 1570, voy. le rapport 
adressé le 11 a la Reine-mère par le cardinal de Rambouillet qui, fort embar- 
rassé de la conduite à tenir dans la circonstance, demandait des instructions 
(Bibl. Nat., ms. fr. 3.241, f"' 10 V-ll) ; voy. aussi Laderchi, Annales Eccle- 
siastici, t. XXIV, p. 88, où l'on trouvera également le bref adressé le 10 dé- 
cembre 15T0 par Pie V à Octave Farnèse pour ordonner le transfert du 



G4 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

serviteur éprouvé (i), plusieurs fois blessé pour la cause du Roi 
et de TEglise, provoqua une vive indignation à la cour de 
France (2): Charles IX, sa mère, le duc d'Anjou voulaient voir 
dans cet acte une injure personnelle. Ils s'en plaignirent gran- 
dement au protonotaire Bramante qui, sa mission finie, s'en 
retournait à Rome (■^) ; mais leur irritation eut encore d'autres 
interprèles : en leur nom, le cardinal de Rambouillet fit au 
pape des représentations sur un ton si ferme qu'elles passèrent 
pour peu respectueuses (^) et, afm de soutenir l'action de son 
ambassadeur auprès du Saint-Siège, le Roi chargea un envoyé 
spécial de réclamer la mise en liberté immédiate du comte de 
Caiazzo {^). 



prisonnier à Rome. Le cardinal de Rambouillet aurait voulu dès le début 
faire une démarche auprès du pape, mais il en fut détourné par la sœur 
même du comte de Caiazzo, « la seignoria Lavinia Sanseverine », qui lui 
conseilla d'attendre que le prisonnier fût transféré à Rome et que les ins- 
tructions royales fussent arrivées (le cardinal de Rambouillet au Roi, de 
Rome, le 19 décembre 1570 : Bibl. N'at, ms. fr. 16.039, f 314), 

(1) On ne sait pas au juste quels motifs particuliers avaient pu faire 
soupçonner d'hérésie le comte de Caiazzo ; pourtant, un contemporain, com- 
mentant diverses dépêches adressées au cardinal de Rambouillet, parle de 
l'affaire du « comte de Calasse, prisonnier a Rome a cause de la religion, 
soubz couleur qu'il estoit gendre du sieur de Sairegosse, gentilhomme de 
Berry qui en faisoit profession » (Bibl. Nat, ms. fr. 3.899, t° 291 v»). 

(2) Voy. la lettre de Catherine de Médicis à la duchesse de Savoie, de 
Villcrs-Cotterets, le 1*'' janvier 1.371, publiée dans les Lettres de Catherine 
de Médicis, t. IV. p. 22 et surtout la lettre de Cavriana au secrétaire Concini, 
de Paris, le 12 janvier, publiée dans Desjardixs, Xcç/ociations diplomatiques... 
avec la Toscane, t. III. pp. 045-646 : « Del conte di Gaiazzo..., Monslgnore 
fulmina e 11 Rè ; e dissero di volere fare gran cose, parendo loro che non 
à lui, ma aile loro persone si sia fatto questo scorno... E pare che Monslgnore 
dicesse che farà sequestrare tutti i béni dei preti se il conte ha maie, 
parlando di lui in commondazione délie prove che ha fatto in questa guerra 
che non si puo desiderare più ». Voy. aussi la lettre de Contarini au doge, 
de la Ferté-Milon, le 7 janvier (Bibl. Nat., ms. ital. 1727, f° 226 v".) 

(3) Toy. les « Avvertimenti » de Bramante. (Arch. Vat, Var. rolitic, lit). 
LXXXI (Miscell. arm. II, n" 82, f° 287). 

(4) « Havendo il cardinal Ramboglietto fatto grandissime risentimento 
con Nostro Signore della retcntione del signor GJio. Galeazzo San Sevorino... 
Sua Santità, nella prima audientia, se ne altéra alquanto con il detto cardi- 
nale, parendole che facesse l'offitio più vivamente dl quello che conveniva 
all'habito che porta va » [Instruction « montrable » h l'évêque Salviati, de 
Rome, le 5 février 1571 (minute : Ihid., f» 277)]. On connaît la substance 
dos remontrances de Rambouillet grâce au « Somma rio di quello che ha passa- 
to con Nostro Signore il signor cardinal Rambogliot in nome di Sua llaestà 
Christianissima sopra il signor Giovanni Galeazzo San Séverine » (Ihid., f°' 
285-2861, qui fut remis à Salviati avant son départ, et grâce surtout au 
récit que l'ambassadeur donne au Roi le 25 janvier 1571 de ses audiences 
des 19 et 24 de ce mois (Bibl. Nat., ms. fr. 16.0.S9, f"» 315 à 318). Le pape 
alla jusqu'à dire « demy en colère, que, quant il iroit de la perte de sa vye, 
avecques la ruyne de Rome, Elle ne feroit jamais rien contre l'honneur de 
Dieu, ny sa conscience... » (Ibid., t°^ 31G v"-317). 

(5) Sur la mission de Saint-Gouard à Rome, voy. la lettre du protonotaire de 



PIE V ET LA POLITIQrE DE CHARLES IX 65 

Pie V, pourtant, ne céda pas : tout en jugeant la question 
assez grave pour qu'il en confiât le soin à un nonce extraordi- 
naire bien vu de la Reine, l'évoque Salviati (i), il se contenta de 
protester qu'aucune pensée hostile contre Charles IX ou Cathe- 
rine de Médicis ne l'avait incité à user de rigueur envers San- 
severino; mais l'intérêt de la religion qui, seul, l'avait inspiré, 
l'empêchait de soustraire l'accusé au jugement de l'Inquisi- 
tion {-); il ne pouvait promettre qu'une chose: c'est que le 



Médicis au princp do Toscane, de Rome, le 12 février 1571 (Arch. de Florence, 
Medicoo, filsa 3.200, f° 4ô) et celles du cardinal de Rambouillet au Roi, de la 
même date, du 26 février et du 12 mars 1571 (Bibl. Nat., nis. fr. 16.039, f»« 
328, 333 V, et 338-339 v°) ; on consultera également les instructions don- 
nées le 16 mars par l'ambassadeur à M. de Corbeil, rentrant en France ; dans 
cette sorte d"aide-mémoire, Rambouillet donne le meilleur l'ésumé des négo- 
ciations menées par Saint-Gouard et par lui, au sujet du comte de Caiaz'zo, 
et de leur peu de succès. (Ibid., m.s. //•. 10.039, t°^ 344 sqq.). 

(1) Antoine-Mario Salviati, fils de Laurent et do Constance Conti, né en 
1537, était allié à la famille des Médicis ; il était petit-neveu de Léon X et 
la Reine-mère de France, rapporte Petrucci. « lo ha chiamato suo cuglno. In 
presenza del Rè, con gran invidia di molti... » (Desjardins, op. et loc. cit., 
p. 664). Nommé par Pie IV évêque de Saint-Papoul en 1501, il résigna son 
bénéfice en 1507 et vécut à Rome. Pie V lui confia la charge de l'annone ; 
mais, dès le milieu de l'année, il posait sa candidature à la nonciature 
de France (Petrucci au prince de Florence, de Paris, le 12 juin 1570 : Arch. 
de Florence, Mediceo, filta 4.599, f" 101 v» ; Salviati au cardinal de Médi- 
cis, de Rome, le 12 juillet : Ibid., fllza 5,098, f" 332). La décision du pape 
d'envoyer en France un nonce extraordinaire pour assurer le Roi que la 
capture et le procès du comte de Caiazzo n'étaient nullement inspirés par 
des motifs politiques, fut prise et annoncée à Rambouillet dès le 24 janvier 
(Rambouillet au Roi, du 25 janvier 1571 : Bibl. Nat., ms. fr. 16.039, f 317 
y") ; on resta quelque temps dans l'ignorance du choix fait par le pape (le 
même au même des 26 et 30 janvier : Ibid., f<"* 323 et 324) ; mais, dès le 
4 février. Pie V ne dissimula plus qu'il avait désigné « l'evesque Salviati, 
comme... ung des premiers prelatz de ceste court et qui, oultre ces (.sic) quali- 
tez et valleur qui le rendent digne de se présenter devant tous les plus grands 
roys du monde, seroit agréable a Votre Majesté pour... avoir cest honneur d'ap- 
partenir en quelque chose il la Royne... » (le même au même, du 5 février : 
Ibid., fo 326, r" et v»). Les brefs de Salviati sont du 3 février (Arch. Vat., 
Var. l'olitic. arm. 44, lih. 16, f"" et 13). Salviati partit le 6 au soir (le 
même au même, du 12 février : Bibl. Nat.. loc. cit., î" 328 v"). On verra plus 
loin le récit de ses deux nonciatures extraordinaires et des efforts qu'il fit 
pour supplanter Frangipani ; il y réu.ssit à l'avènement de Grégoire XIII et 
résida en France comme nonce de 1572 à 1579 ; cinq ans plus tard, 11 fut 
nommé cardinal; Sixte-Quint lui confia la légation de Bologne; Salviati 
mourut en 1602. (E. Picot, op. cit., dans le Bulletin Italien, t. II, p. 35 ; 

CiACcON'ius, Vitœ pontificum... et cardinalium..., t. IV, col. 79-81 ; voy. aussi sur 
ce personnage : P. Herke. Papsttum und Pupstwahl im Zeitalter Philippa II, 
passlm.) 

(2) Instructions à Salviati citées p. 64 n. 4 ; brefs au Roi et à la Reine- 
mère, du 16 avril 1571 (Arch. Vat., arm. 44, lih. 16, f» 59 r" et v") ; lettres du 
cardinal de Ramborillet au Roi citées p. 63, n. 2, 



66 LA POLITIQIE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

procès serait fait en toute impartialité et que même, on aurait 
égard à l'intérêt porté par le Roi à son protégé. 

Cette rigueur de principes qui, du reste, n'était pas sans gran- 
deur, fut mal reçue à la cour (i) : « J'è grant peur, disait Cathe- 
» rine, que cet bon homme de pappe à la fin par ses fays 
» trouble toute la crétienté {-) ». Frangipani, que la faveur des 
Farnèse rendait suspect (3), était impuissant à justifier son 
maître; il perdait en quelques jours tout le terrain que de 
longs ef^rts lui avaient permis de conquérir. 



L'influence du pape reculait au même moment où il eût été 
le plus nécessaire qu'elle s'exerçât. 

Parvenu à l'âge d'homme, Charles IX songeait à poursuivre 
une politique personnelle; mais, soumis depuis sa jeunesse à 
la tutelle de sa mère, il n'osait ouvertement s'en rendre libre ; 
les pratiques secrètes qu'il engagea de son propre chef mar- 
quent beaucoup d'inexpérience et donnent la courte mesure de 
son génie ;;■*). 



(1) « Certl mail spiritl dl questa corte... ingrandlscono questa cosa » 
[Frangipani au cardinal Farnèse. de Paris, le 5 mars 1571 (Arch. de l'Etat à 
Parme, Carteg. farnes., Francia, 1570-71)]. — « La demande que le Roi a fait 
au pape pour la liberté du comte Galliotzos isic» a été entièrement rejettée. Le 
bon et Sainct Père proteste qu'il ne le relacheroit pas quand tous les Hugue- 
nots de France seroient campez autour de Rome. Le Roi est fort choqué de 
cette fiere et dédaigneuse réponse. » i Walsingham au comte de Leicester. de Pa- 
ris, le 5 mars 1571, dans les Mémoires et instructions pour les ambassadeurs ou 
lettres... de WaUingham, p. 54). Du reste, les efforts de Frangipani et ceux 
de Salviati pour calmer le mécontentement royal ne furent pas vains (V. infra 
p. 71, n. 6). 

(2) Lettre de Catherine de Médicis à la duchesse de Savoie citée à la 
p. 64, n. 2. 

(3i On reprochait au duc de Parme non seulement d'avoir obéi aux injonc- 
tions du pape en faisant arrêter San Séverine, mais encore de n'avoir pas 
averti secrètement le comte du danger qu'il courait : « Il nuntio di Francia, 
écrit de Rome le .3 février le cardinal Farnèse au duc Octave son frère, ml 
hà fatto Intendere haver fatto un grande ufficio col Rè et con la Reglna, 
.seusando Vestra Eccelenza intorno à questa retentione del conte di Oaiazzo 
et haver trovato le Loro Maestà impresse che tutto sia stato per conserto et 
collusione. » (Arch. de Parme, loc. cit.. Roma. carton janvier-arril 1571K Voy. 
au.^si la lettre de Frangipani à Farnèse du 5 mars 1571 citée à la note 1. 

(4) On a souvent étudié cette politique de Charles IX : voy. entre autres : 
Depjardiks. Négociations... avec la Toscane, t. II. pp. 436-440; La Ferrière, 
introduction au t. IV des Lettres de Catherine de Médicis, pp. XII-LXXIV ; 
ce dernier auteur donne les plus grands détails sur les négociations avec l'An- 
gleterre ; il a une tendance à exagérer le rôle de la Reine-mère. 



PiE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX 67 

Pourtant, ses intentions étaient louables : son idée était de 
mettre à jamais fin aux guerres religieuses en faisant rentrer 
pacifiquement les protestants dans l'Eglise romaine ; répudiant 
les moyens violents auxquels Catherine aurait peut-être eu plus 
volontiers recours, il rêvait, pour réconcilier tous ses sujets, de 
les entraîner dans une entreprise nationale. C'était depuis le 
jour où la paix du Gateau-Cambrésis avait mis trêve à la longue 
rivalité de la France et de l'Espagne que le Royaume connais- 
sait l'horreur des guerres civiles; Charles IX comptait rétablir 
l'union des Français en attaquant leur ennemi héréditaire. 

De toute part, en effet, le mécontentement contre l'Espagne 
se faisait voir : non sans raison, on reprochait à Philippe II 
son rôle dans la négociation du mariage de Marguerite de 
Valois avec le jeune roi de Portugal (}). Catherine de Médicis 
et Pie V s'étaient montrés également partisans de cette union 
qui devait resserrer les liens entre les nations catholiques (-) ; 
mais, depuis deux ans que l'on en parlait, elle ne semblait 
guère plus qu'au premier jour près de s'accomplir : Philippe II, 
mal satisfait de la paix de Saint-Germain et surtout peu dési- 
reux de voir l'influence française se développer en Portugal, 
n'avait cessé de combattre en secret l'action du pape {^) ; à plu- 
sieurs reprises, Catherine s'en était plainte; mais Pie V, trompé 
par les faux rapports de Louis de Torrès qu'il avait envoyé 
comme nonce extraordinaire vers le roi Sébastien {*) et qui 



fl) Pour les détails do cette affaire, on ne peut que renvoyer le lecteur 
ft l'artlclo déjà cité de M. Tauzin, sur le Mariage de Maryuerite de Valois, 
mais l'auteur n'a pas utilisé les sources italiennes, ni même les dépêches des 
ambassadeurs vénitiens, conservées en copie à la Bibliothèque nationale. 

(2) « Ho havuto placere d'intendere 1 caldi officii che si fanno per il 
canto di Nostro Pignore in quel matrimonio di Portugallo... et so certo che 
questa Regina l'inteuder.'i molto voluntieri i>er il desiderio grande che n'hà. » 
[Frangipani à Rusticucci, de Paris, 15 octobre 1570 (Ibid., t" 60i] ; voy. aussi 
la lettre de Catherine de Médicis à Fourquevau.x, d'Ecouen, le 12 octol)re 1570, 
dans les Lettres de Catherine de Midicitij t. IV, pp. 5-6. 

(:!t Le premier bruit de cette opifosition de Philippe II panùnt à la cour 
de France il la fin d'octobre : « Ml disse... qualmente Sua Maestii era a\isata 
che il Rè Catholico. per suoi interessi, si oppoueva à detto matrimonio... » 
[Frangipani à Ruslicucci, de Paris, le 28 octobre 1570 (Arch. Vat., loc. cit., 
î° 08]. Bramante dit de même : « Queste IVIaestîl... per avisi che hauno di qual- 
che impcdimento che vi potria esser fatto per la parte dol Rè Catholico... » 
[feuille de chiffres envoyée par Bramante à Rusticucci, de Paris, le 8 novem- 
bre [Ibid., fo 73)]. 

(4) Sur la mission de Louis de ïorrès, voy. HixoJos.*, l<js Despachos de 
la diplomacia po7itificia en Eepana, t. I, pp. lSS-193. 



68 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

s'était laissé corrompre par les ministres espagnols (i), gardait 
pleine confiance et c'est sans préparation (2) qu'il apprit le 
refus du roi de Portugal {^) d'épouser Marguerite de Valois. 

Aussi surpris que le pape et profondément blessés dans leur 
amour-propre, Charles IX et Catherine de Médicis renoncèrent 
pour toujours au mariage portugais, mais non sans en conce- 
voir un vif dépit contre Philippe II qu'ils considéraient comme 
l'auteur de cet échec (^). L'hostilité que l'ambassadeur d'Alava 
ne cessait de marquer à la Reine-mère, ne pouvait qu'aggraver 
ce désaccord {^). 

Les protestants ne voulaient pas perdre l'occasion qui s'of- 
frait eyfin à eux de porter la guerre contre leur ennemi le 

(1) Voy. la lettre chiffrée de Bramante du 8 novembre citée p. 67, n. 3 ; 
Toy. surtout la lettre de la Reine-mère à Fourquevaux, de Saint-Germain-des- 
Prés, le 3 novembre 1570 (Lettres de Catherine de Médicis. t. IV, pp. 14-15) et 
les lettres de Fourquevaux, de Madrid, le 9 novembre (Dépêches... de Four- 
quevauœ, éd. Dolaisj t. II, p. 301 ; Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, 
p. 15, n. 1). 

(2) « Quant au mariaige de Portugal... Nostre... Sainct Père ne s'est moings 
trouvé trompé en l'espérance qu'il avoit prinse de pouvoir traicter led. 
mariaige et en venir a bout au retour de don Loys de Torres que Sa Majesté 
l'a esté de l'asseurance qu'il avoit prinse. » (Instructions à Fourquevaux, du 
7 janvier 1Ô71 : Lettres de Charles IX à M. de Fourquevaux, éd. Douais, 
p. 320). La cour de France fut tenue fort complètement au courant de cette 
affaire, d'abord par le nonce que, le 4 décembre 1570, le pape avait très 
loyalement chargé d'exposer au Roi l'échec de ses négociations avec Sébastien, 
et surtout par un très long rapport du cardinal de Rambouillet expédié le 
11 du même mois (Bibl. Nat.. ms. fr. 3,241, fo^ .3 à 11 v"). Dans l'audience 
qu'il avait accordée le 7 à l'ambassadeur de France, le pape, tout en s'ef- 
forçant de ne pas aigrir les choses, ne put dissimuler son mécontentement du 
résultat de la mission qu'il avait imprudemment confiée à Torrès ; de son 
côté, le cardinal de Rambouillet ne se priva pas d'attaquer vivement la politi- 
que espagnole qu'il accusait d'avoir provoqué cet échec. 

(3i Sébastien .subissait, on le sait, la mauvaise influence de deux Théatins 
qui le gouvernaient entièrement ; il s'était laissé dire qu'une intrigue coupable 
existait entre Marguerite de Valois et le jeune duc de Guise : « Monsignor 
uuntio... mi dice... di havere inteso... per via assai segreta... esser giunto qui, 
saranno dieci giorni, un signor portughese. fratello del duca di Braganza, 
detto don Fulgentio... et... essere stato circa otto giorni... sconosciuto in una 
hosteria et praticato anco segretamonte per Parigi... per informarsi di questa 
voce sparsa di detta giovane et del duca di Guisa et trovato la innocentia di 
questa figliuola... » [chiffre de Cramante du S novembre. (Arch. Vat.. Xunz. di 
Francia. rei/. 4, f» 73i]. En dépit de ce témoignage favorable à Marguerite, 
le roi de Portugal renonça à son projet et, dès le 12 décembre, le bruit courait 
qu'il avait « esclusa et quasi che repudiata questa figliola che veramcnte non 
mérita simile ingiuria » [Frangipani à Rusticucci, de Paris, le 12 décembre 
1570 (Ibid., f 96)]. 

(4) Voy. les instructions à Fourquevaux citées à la note 2. Voy. aussi la 
lettre do Contarini au doge, de Paris, le 24 janvier (Bibl. Nat.. ms. ital. 
1728. f" 220. r'^-v»». 

(5) La Reine-mère à Fourquevaux, de Paris, le 28 février 1571 (Lettres de 
Catherine de Médicis, t. IV, p. 30) et Charles IX au même et de la même date 
(.Lettres de Charles IX à... Fourquevaux, pp. 338-341). 



PIE V ET LA l'OI.lTIQl-E PE CHARLES IX 69 

plus détesté. Ils se déclaraient prêts à s'allier au pape, s'il le 
fallait, pour combattre Philippe II (i) ; mais ce n'était là qu'une 
boutade : le soutien qu'ils reL-lierchaient avant tout était c«lui 
d'Elisabeth. Remplacer à la cour de France l'influence espa- 
gnole par l'influence anglaise, tel fut le but de leur politique. 
Ils crurent l'atteindre en proposant le mariage du duc d'Anjou 
avec la reine d'Angleterre {-); le plan était habile : par ce 
moyen, si la France se trouvait amenée à rompre son alliance 
traditionnelle avec l'Ecosse et renonçait à soutenir Marie Stuart 
et la cause catholique, elle s'assurait en échange l'appui d'Eli- 
sabeth pour conquérir les Pays-Bas; enfin, Henri de Valois, 
si mal vu des Réformés, serait éloigné de la cour. 

Mais personne plus que Cosme de Médicis n'encouragea le 
Roi dans ses projets de ligue contre l'Espagne. Charles IX, en 
effet, très attaché au catholicisme, eût peut-être hésité à entrer 
dans une coalition purement protestante ; l'appui de Cosme fit 
tomber ce scrupule : de tous les princes italiens, aucun n'avait 
au cours des dernières guerres affiché plus de dévouement au 
Saint-Siège; à la première demande du pape, il avait envoyé en 
France des troupes et de l'argent. Pie V, désireux de récom- 
penser ce zèle religieux et négligeant d'en vérifier la sincérité, 
venait, de sa propre autorité, de conférer à ce prince le titre 
et la couronne de grand-duc de Toscane P). 



(1) « Offerniidosi cho sprviranno fino al papa quando si potesse faro 
d'averlo dal suo » (Pctrucci au prince de Florence, do Paris, If 10 mai 1.571, 
dans: Desjardins, Ni'f/ociations... avec la Toscane, t. III. p. 670). 

(2) Ou trouvera tous les détails sur ce projet de mariage daus la copieuse 
introduction de La FEUiufcRE, au t. IV dos Lettres de Catherine de MédicLs, 
pp. I :t XXXV, pas-isim, dau-; la publication du mémo autour nui a pour titre : 
le XV J"^ sifele et ?es ]'nlois d'(ii)rf'.'i fc.s dneiiments inédits du Briti^h Muséum 
et du Record Office, pp. 267 à 294, dans Baumgartex. Vor der Bartholo- 
mousiiaclit. pp. 40-6!>, passim. et dans Thompson, the War.i of religion in 
France, pp. 422 sqq. 

(3) La bulle créant l'osnie grand-duc dc> Toscane est du 26 septembre 1569 
(Laderchi. Annales ceclesiastiei, t. XXIII, p. 212i ; la cour de France 

affecta en général do l'ignorer, bien que, dès le 13 mars 1570, l'évêque du 
Mans eût, do la part de son maître, exprimé le plaisir que causait au Roi 
l'octroi au (irand-Puc de cette nouvelle dignité (Bibl. Nat., ms. fr. 16.039, 
f» 247. r» et v") : du reste. Pic V insista et. par un bref du 3 novembre 1.570 
(...Pii \' epiKtolarum libri V, éd. G'oubau, p. 386 ; Laderchi, op. cit., t. XXIV, 
p. 73), o.xborta Charles IX •!! donner à Cosme de Médicis son titre de grand-duc 
et la préséance sur les autres princes italiens (Frangipani ;\ Rusticucci, de 
Mézières, le 27 novoml)rt> 1570: Arch. Va t., Nunz. di Francia, reg. 4, t" 9). 
La difficulté était que l'ambassadeur du duc de Forrare, protégé traditionnel 
du roi de France, se prévalait de lettres d'Henri II lui accordant le pas 



70 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Les autres maisons ducales d'Italie, jalouses de cette marque 
d'honneur, Philippe II et surtout l'Empereur, mécontents de 
n'avoir pas été consultés, parlaient de se liguer contre le pape 
et contre Florence (i). Gosrne évita ce péril en se rapprochant 
de la France et en poussant secrètement le Roi à une rupture 
avec l'Espagne ; il aurait eu tout à gagner d'une telle 
guerre {-). 

Cependant, il s'efforçait à conserver la confiance du Souve- 
rain Pontife sans laquelle il eût en grande partie perdu son 
crédit : plus, en effet, que des contingents florentins, Charles 
IX entendait se servir de l'influence du Grand-Duc à Rome (3) ; 



sur celui de Plorence. Raconter ici toutes les discussions qui éclatèrent 
entre les deux résidents, les scandales qu'ils provoquèrent dans les cérémonies 
publiques, les cabales qui se formèrent à la cour pour l'un ou pour l'autre 
serait de peu d'intérêt ; il suffit de savoir que Pie V, par l'organe de son 
nonce Frangipani. soutint coustammeut les prétentions florentines et qu'après 
avoir gardé la neutralité, la Reine-mère, soucieuse de ménager Cosme, lui 
accorda la préséance (voy. entre autres : Petrucci avi prince de Florence, 
d'Angers, les 11 janvier et 29 mars 1570; de Paris, les 31 juillet, 12 
septembre, S novembre; de « Ponte aperto », le 2 décembre; de la Ferté- 
Milon, le 25 décembre 1570 et de Paris, les 9 janvier et 12 février 
1571 : Arch. de Florence, Mediceo. filza 4.599, f^ i, 58, 144 v" à 145 v°, 
223, 232 Y° à 235, 245 v" ; fil~a 4.600, f">* 3-4 v» et 28 ; le prince de Florence 
a Petrucci. le 6 novembre 1570: Ibid., filza 4.602, f» 202 V et V ; Fogliani 
au duc de Ferrare, de Villers-Cotterets, les 5 et 24 janvier 1571 ; Arch. de 
Modène, Cancelleria ducale, Francla, n» 59 ; Frangipani à Rusticucci, des 
6 et 27 novembre 1570 : Arch. Vat., Nunz. di Francia, reg. 4, t°^ 70 et 91 ; 
Catherine de Médicis à Cosme. de Monceaux, le 8 novembre 1570 ; Lettres de 
Catherine de Médicis, t. IV, pp. 16-17). Cette longue énumération suffit à 
montrer quelle importance on attachait alors à ces questions de préséance 
dont nous avons aujourd'hui peine à juger Tintérct. On trouvera un bref 
exposé de l'octroi à Cosme P"" du titre de grand-duc et des querelles qui 
s'ensuivirent entre Florence et Ferrare, dans les Négociations... entre la 
Toscane et la France... d'E. Palandri (pp. 1-1-126), qui donne toutes les 
références utiles. 

(1) Le bruit en courait a Paris dès la fin de février (Petrucci au prince de 
Florence, de Paris, le 22 février 1571 : Négociations... avec la- Toscane, t. III, 
p. 646). 

(2) L'agent secret de la politique florentine fut un aventurier du nom de 
Gian Galeazzo Fregoso qui parvint à convaincre Louis de Nassau et les autres 
chefs protestants qu'il serait bien plus avantageux pour eux de faire la guerre 
à l'Espagne qu'au pape (le même au même, du 8 mars: Ibid., pp. 648-652). 
Le Roi approuva d'enthousiasme ce projet et, dans deux audiences secrètes, 
le dévoila brusquement et non sans quelque maladresse h Petrucci (le même au 
même, des 14 et 19 mars 1571: Ibid., pp. 654 et 655-656). Voy. également: 
le même au même, du 23 mars: Ibid., pp. 657-659; enfin, il faut consulter 
sur toutes ces tractations secrètes le bon exposé d'E. Palandri, op. cit., 
pp. 133-139. 

(3) Plusieurs fois déjà, le Roi et la Reine-mère s'étaient servis de l'inter- 
médiaire de Cosme pour obtenir quelque faveur du pape; par exemple, pour 
l'affaire du prieuré de Prouille que la Reine désirait conférer ft Eléonore de 
Bourbon: Catherine de Médicis à Cosme, du 2 mai 1570 {Lettres de Catherine..., 

t. III, p. 311), pour celle de Paul de Foix, injustement attaqué à Rome: la 



riE V ET LA l'OLITIQUE DE CHARLES IX 71 

grâce à lui, il espérait isoler Philippe II de Pie V (i) et donner 
un caractère purement politique à cette guerre qui, dans l'esprit 
des protestants, devait être avant tout guerre de religion. 

La présence de Frangipani à Paris gênait les desseins de 
Gosrae ; très fidèle aux Farnèse, ses patrons, originaire du 
royaume de Naples, le nonce de France eût pu être suspect de 
sympathies espagnoles. A vrai dire, on ne pouvait lui reprocher 
de façon précise d'être jamais sorti de la neutralité: toujours, 
il s'était fidèlement conformé aux instructions de son maître, 
au point que l'ambassadeur florentin Petrucci n'avait pu man- 
quer de se louer souvent de lui {^). Mais il ne suffisait pas au 
Grand-Duc que Frangipani demeurât strictement impartial ; 
il eût encore voulu que le nonce se fit l'agent dévoué de la 
politique florentine (=^) ; c'était le seul moyen de s'assurer de 

l'esprit et de la Reine-mère et du pape. 

La mission de Salviati, envoyé par Pie V pour régler l'affaire 
du comte de Gaiazzo, vint à point pour servir les désirs de 
Gosme. Ce nonce extraordinaire, allié aux Médicis qui avaient 
fait sa fortune, était bien le docile instrument que le duc do 
Toscane cherchait (^). Depuis longtemps, Salviati visait à rem- 
placer Frangipani à la cour de France {^) ; le succès de son 
ambassade (^) vint redoubler ses ambitions. 



uième au même, du 20 mai ir>7(( (Ibiil.. p. 314), pour celle du comte de Caiazzo: 
Petrucci au prince de Florence, du 22 féviier 1571 (Arch. de Florence. Mediceo. 
/i7*a 4.600, f° .301 et Catherine de Médicis à Cosme, du 24 mai 1571 (Lettres de 
Cathcrvne..., t. IV, p. 46), etc. Le Grand-Duc jouera encore ce rôle d'inter- 
médiaire dans la négociation du mariage de Navarre en cours de Rome. 

(1) Petrucci au princ(> i\,' Florence, de Paris, le 2,"; mars 1571 {Xégociations... 
avec la Toscane, t. III. pp. <)57-659). 

(2'» « Questo buon prclato non lascia di mostrarsi molto ufficioso per ser- 
vitio dell'Altezze Vestre » (le même au même, de Paris, le 15 juillet 1570: 
Arch. de Florence, loc cit., filia 4.599, f» 129). — « Da questi propositi 
tcnuti dal nuntio si puo considerare che habbia buona mente verso l'Alteza 
Vestra... questo buon prclato » (le même au même, de Paris, le .31 juillet 1570: 
Ibid., f» 145 v"). 

(5) Le 11 octobre 1570. Cosme écrit à son ambassadeur de se méfier do 
Frangipani, trop soumis ft son gré aux Farnèse, « se bene crediamo che il 
nuntio cammini sinceramente o (minute: Und., filza 4.602, f" 198 v°>. — « Xoi 
crediamo che il nuntio procéda siiiceramente. ma... non vi fidate interament-o 
di lui... » (le prince do Florence à Petrucci, du l'"'' mars 1571: Ihid., î° 2:50 v".. 

(4) a ...Adverteudo ;\ non confidare interamente del nuntio corne vi s'è detto, 
ma si l)ene del vescovo Salviati » (le même au même, du mars 1571 : 
Ihid., fo 23.31. 

(5t Vide suprji. p. 65. n. 1. 

(6) Arrivé i\ Paris le 27 février au matin, il commença tout de suite sa 
négociation avec l'appui de Petrucci cPetruccl au prince de Florence, de Paris, 



/2 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Tous les moyens furent employés pour provoquer le rappel 
de l'évêque de Caiazzo. Contre lui, Petrucci et Salviati unis- 
saient leurs efforts : à Paris, on le dépeignait comme l'homme 
de Philippe II et des Guise; à Rome, on répandait le bruit que le 
nonce, tout dévoué à la Reine, négligeait les affaires du pape 
et qu'en outre, il épousait contre Florence toutes les rancunes 
du parti ferrarais (i). 

Ces attaques manquèrent en grande partie leur but : si Fran- 

le 8 mars : Ibid.. fiha 4.600, £» 39 ; Salviati au mémo, de Paris, le 6 mars 
1571: Ibid., filza 558, f° 2511 et trouva si bon accueil que dès le 19 mars, il 
pouvait déclarer qu'il avait obtenu pour l'affaire de San Severino « risolutione 
bonissima » (le même au secrétaire Concini, du 19 mars: Ibid., f» 250) ; le Roi 
et la Reine-m&re .se montraient en effet prêts à obéir au pape (Petrucci au 
prince de Florence, du 11 mars 1571 ; Ibid., fil~a 4.600, f" 54 et Négociations..., 
avec la Toscane, t. III, p. 654 : Contarini au doge, de Paris, les 20 mars et 
5 avril: Bibl. Xat., ms. ital. 1727, f"^ 241 v» et 248) ; à la suite de ces assu- 
rances. Pie Y renouvela ses promesses, déj.\ faites oralement au cardinal de 
Rambouillet (cf. les lettres de ce dernier citées p. 64, n. 5) d'examiner avec bien- 
veillance le procès du comte de Caiazzo (brefs au Roi et à la Reine-mère, du 
16 avril 1571 ; Arch. Vat., arm. 44, m. 16, f 59, r" et v»). Pourtant, Salviati 
ne quitta pas tout de suite la cour: « Sto aspettando se altro mi vieue 
comandato, écrit-il le 31 mars à Concini. ... andaudomi più domesticando por 
la corte » ; mais il reçut de Rome l'ordre de s'en retourner (!e même au même, 
du 11 avril : Ibid., filia 559, £° 210) et il partit de Paris le 23 avril (Contarini 
au doge, de Paris, le 23 avril: Bibl. Nat., loc. cit., t° 253 v"i, chargé de com- 
missions pour le duc de Toscane et le pape (Petrucci à Concini, du 
20 avril ; le même au prince do Florence, des 20, 21 et 26 avril (Arch. 
de l'Etat à Florence, Mediceo, fil.ta 4.600. î"^ 112, 123. 133). Le 17 mai, 
il était à Rome et le lendemain rendait compte de sa mission au pape (Salviati 
au duc de Toscane et à Concini, du 18 mai 1571: Arch. de Florence. Mediceo, 
///;a 560, f°^ 213 et 259). Le cardinal de Raml)ouillet ne put en être instruit, 
mais il remarqua que. depuis le retour de Salviati, le pape était fort adouci 
touchant le fait du comte de Caiazzo (Rambouillet an Roi. de Rome, le 21 mai 
1571:Bibl. Nat.. ms. fr. 16.039, f'"* 373 v''-374) : le régime du prisonnier devint 
beaucoup plus clément et l'on finit par lui donner « San Pietro in Montorio 
pour prison, sans aulcune garde que sa parolle » (le même à Villeroy, de 
Rome, le 2 Juillet 1571: liid., f« 384). Le pape se trouvait même disposé à 
lui permetti'e « d'aller aux baings que les médecins luy ordonnent et qu'il 
veult prendre a l'occasion des blessures qu'il a au bras » (le même au Roi, 
de Rome, le 16 juillet, Ibid., f» 391). Le cardinal de Rambouillet ne cessa 
pas d'insister auprès du pape en vue d'obtenir à brève échéance la délivrance 
du comte ; mais les lenteurs de la procédure inquisitoriale et les manœuvres de 
ses adversaires ne lui permirent d'atteindre ce résultat qu'au milieu de 
septembre; du moins, satisfaction complète fut alors accordée au roi de France: 
le comte fut mis en liberté sur la simple assurance donnée par lui sous serment 
qu'il était innocent du chef d'hérésie (le même au même, de Rome, le 20 sep- 
tembre 1571: Ibid., t° 425). 

(1) Il serait beaucoup trop long et assez fastidieux de rapporter ici le 
détail de ces intrigues; en voici les traits principaux: dès les premiers temps 
du séjour de Salviati à Paris, elles se firent Jour (Petrucci au prince de 
Florence, du 19 mars: Arch. de Florence, Mediceo, filza 4 600, f»» 62 V-eS), 
au point que Frangipani fit mine de se rapprocher des Guise et du parti 
espagnol (le même à Concini, de la même date: Ibid, f 61i ; à peine de retour 
ft Rome, Salviati intrigua pour revenir en France comme nonce: il fit inter- 



l'IE V ET LA rOLITIQt E DE CHARLES IX 73 

glpani, entouré partout d'adversaires malveillants, fut tenu à 
quelque prudence et n'eut plus toute la liberté nécessaire pour 
dénoncer les intrigues florentines (}), Pie V et la Reine-mère 
lui maintinrent leur confiance. 

Gosme ne parvint pas davantage à détacher le pape de Phi- 
lippe II: en dépit de tous les mauvais prophètes {-), l'éner- 
gique pontife venait de conclure avec la République de Venise, 
l'Ordre de Malte et l'Espagne cette ligue contre les Turcs (3) 
qu'il avait toujours préconisée comme le meilleur moyen d'unir 
dans une même entreprise toutes les puissances catholiques. 
Ainsi, loin de se laisser isoler, Philippe II trouvait encore des 
alliés. Bien plus, Pie V, ayant eu vent des machinations diri- 
gées contre l'Espagne n'en cachait pas son mécontentement et 
menaçait d'en tenir rigueur à Cosme ('*). Le Grand-Duc, crai- 



vcnir en sa faveur le grand-due de ïoscaue et les eardiuaux Paecco, Sauta 
Croce et Médicls ; ce dernier alla jusqu'à demander ouvertement au pape, au 
milieu de juillet, la révocation de Frangipani et la nomination de Salviati, 
mais il subit un échec (le même au prince do Florence, des 18 et 25 mai. l"", 15, 
i>T et 29 juin. 6, 8, 13, 15 et 20 juillet l.'Tl: Ibid.. filza 560, f"^ 21.3, 471, 
filza 561, f»s 336, 618 et 619 ; filza 563, i"^ 41, 104, 296. 355 et 356. — 
I-e même au secrétaire Concini des 25 mai. 15 juin, 6 et 21 juillet: Ibid.. filra 
561, fo* 295 v" et 597 ; filza 563, t"^ 44 et 393 v". — Le prince de Florence ^ 
Salviati, des 4 et 8 juin, 11 et 14 juillet: Ibid. rey. 237, f^ 204, 215, v» 
237 v° et 242), etc. 

(1) C'est seulement le 2 août que Frangipani dévoila au pape, qui en avait 
déjîl eu connaissance par une autre voie, les négociations de Fregoso ; encore 
prit-il soin de lais.-.er toute la responsabilité de ces bruits à l'ambassadeur 
d'Espagne qui les lui avait rapportés [cliiffre de Frangipani au cardinal 
Rusticucci. du 2 août 1571 : Arch. Vat.. Nunz. di Francia. rer/. 4, f» 107]. 

(2) Sur les causes qui pouvaient faire écliouer le projet de Ligue, voy. le 
rapport du cardinal de Rambouillet à la Reine-mère du 11 décembre 1570 
(Blbl. Nat.. m». //•. 3.241, f»s 9 à 10 y») et ses lettres au Roi du 19 décembre 
1570 au 12 mars- 1571 (Ibid., ms. fr. 16.039, f»^ 314 à .341, passitn). etc. 

(3) Le traité fut signé le 25 mai 1571 ; on en trouvera le texte dans 
Laderchi, Annales ecelcsiastici. t. XXIV, pp. 404-410; pour les détails des 
opérations guerrières, voy. le livre de l'amiral Jcrikx de la Oravirre, la 
Oiierre de Chiipre et la hataille de Lépojitc (Paris, 1888, 2 vol. in-12). 

(41 Au milieu de juillet, Rusticucci montra à l'ambassadeur florentin à 
Rome une lettre de France oii l'on accusait le Grand-Duc de favoriser une 
guerre contre l'Espagne par l'intermédiaire de Fregoso ; il le pria de commu- 
quer cette lettre i\ Cosme et de solliciter de lui un justification ; il le fit 
« con parole piene di gravita » et telles que le protonotaire de Médicis ne se 
souvenait pas qu'il lui eût jamais « parlato con tanta severità » (le protono- 
taire de Jlédicis à Cosme, de Rome, le 25 juillet 1571: Arch. de Florence, 
loc. cit., filza 3.290. f» 290. Voy. aussi E. Palandri, op. cit.. p. 150, n. 2). 
Cosme se défendit de son mieux et retrouva la confiance du pape (le même au 
prince de Florence, de Rome, le 3 août: Ihid., î° 304 r° et v° ; Frangipani à 
Rusticucci, de Paris, le 19 août : .\rch. Vat., Xunz. di Francia, rey. 4, f» 
118). E. Palaxdri, op. cit., pp. 140 sqq., donm* d'intéressants détails sur les 
pourparlers secrets entre Cosme et Charles IX ; mais il ne semble pas avoir 
l)ieu vu que l'opposition du pape fit échouer le projet de ligue aaiti-espagnole. 



74 LA POLITIQTE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

gnant de perdre la faveur du pape en s'exposant aux risques 
d'une guerre qui lui paraissait maintenant bien incertaine, 
s'excusa auprès du roi de France par une lettre toute pleine de 
conseils de prudence (^). 

De son côté, Elisabeth ne s'engageait pas davantage : elle 
eût vu avec plaisir Charles IX courir seul les hasards d'une 
rupture avec l'Espagne dont il eût fait tous les frais en lui en 
laissant tous les fruits (-). 

Pas plus que Gosme, du reste, elle ne se faisait d'illusions : 
les difficultés que rencontrait son mariage avec le duc d'Anjou 
lui prouvaient combien grande encore était l'influence des 
catholiques à la cour de France. Le jeune prince, d'abord 
séduit par l'appât d'une couronne royale, ne larda pas à se 
reprendre : il lui répugnait d'épouser une hérétique 0"'), celle 
que dans son entourage on appelait une « nouvelle Jézabel ». 
Le nonce, appuyé par les Guise et le parti espagnol exploitaient 
aisément ces scrupules de conscience {^) ; ils n'avaient pas 
même besoin pour gagner « Monsieur » de lui offrir d'énormes 
subsides et le commandement de la Ligue, comme les en accu- 
sait l'ambassadeur anglais (•">) ; le refus d'Elisabeth de faire la 



(1) Voy. la lettre cVAlbertani A Cosiuc, di- l'aris, le 9 juillet ΈjocUi- 
tiona... avec la Toscane, t. III, pp. 681-684) et surtout celle de Fregoso au 
même (Arch. de Florence, loc. cit., /(7~ff .569, î"" 25-27 v"). 

(2*1 Voy. l'imiJortante lettre de Walsiugham à Lciecster publiée dans les 
Lettres et Né(iocia.tio7is de Walsinyliam, p. 143. 

(•'{) Il ne faut pas oublier qu'Elisabeth avait été solennellement excom- 
muniée et déclarée déchue de son trône par la bulle Reynans in excelsis 
(L.\DEKcni, Annales ecclesiastici..., t. XXIV, pp. 208-210). Comme avait fait 
Felton à Londres, un inconnu alla afficher cette bulle au pont Saint-Etienne 
(Walsingham Ti Cecil, de l'aris, le 5 mars: Lettres et négociations de Wal- 
singham, p. 53). Le bruit avait couru que c'était Salviati qui lui en avait 
donné l'ordre, mais le nonce extra ordinain^ s'en défendit vivement (Salviati au 
prince de Florence, de Rome, le l'"" juin 1571: Arch. de Florence, loc cit., 
;if»a 500, f 467). 

(4) « Le pape, le roi d'Espagne et le reste des alliez, soupçonnant qu'il se 
negotie un mariage entre la Reine... et Monsieur eniployent tous les moyens... 
pour tacher d'eu dissuader ce jeune prince ». (Walsingham à Cecil, de Paris, 
28 janvier 1571: Lettres et négociations de Walsingham, p. 26). 

(5) « Ils lui offrent d'être le chef... de la Ligue contre le Turc. » (Ihid.). 
Le bruit courait que v le nonce... pour mettre Monsieur dans le parti... 
promettait de lui faire compter à Paris 100.000 livres » afin do l'entraîner 
dans une expédition contre r.\ngleterre (le même au même, de Paris, le 
8 février: Ihid., p. 37. Voy. aussi BaumgarïbNj Vor der Bartholomausnacht, 
P. 49). 



PIE y ET LA rni.lTIQlE DE CHARLES IX 75 

moindre concession religieuse (i) devait amener et amena la 
rupture des pourparlers. 

Dès le mois de juillet, ils étaient fort ralentis {-)', au début 
d'août, le cardinal de Bourbon confia secrètement à Frangipani 
que le duc d'Anjou, cédant aux instances du pape, refusait de 
conclure cette union impie, mais que, pour éviter une rupture 
publique, on continuerait quelque temps les négociations pour 
la forme (•^). Et, quelques jours après, Henri de Valois s'en 
ouvrit franchement à son frère : non seulement il déclara que 
sa conscience lui interdisait d'épouser Elisabeth, mais encore, 
sur les conseils de Frangipani, il dénonça les intrigues des 
protestants qui, par ce moyen, cherchaient à l'exiler de 
France (^). 

S'il gardait quelque rancune et quelque jalousie contre Mon- 
sieur (3), le Roi ne pouvait songer à lui forcer la main; un 
peu à contre-cœur, il renonça au mariage d'Angleterre {^). 

C'était un nouvel échec de son imprudente politique exté- 
rieure et la condamnation de ses desseins mal formés. Gathe- 



(1) Voy. l'introduction do La Ferriere an t. IV des Lettres: de Catherine de 
Médicis, pp. IX-XII et XX et la lettre de Walsingham à Leicester, de Paris, 
le 22 avril : Lettres et négockttions de Walsinc/hain..., pp. 90-91. 

(2) « Quelle cosi vive prattiche di matrimouio di lugliterra par che vadano 
o.gni di più i-efroddando «. [(Frangipani au cardinal Farnè.^e, do Melun, lo 
2î* juillet lôTl (Arch. do Parme, Cartfg. Farnes., Franciu, 1.570-711]. 
Voy. au.ssi la lettre de Petrucci au prince do Florence, de Paris, lo 26 juillet 
1571 : Kégociatioiifi... avec la Toscane, t. III, pp. 6SS-090). Walsingham con- 

, State qu' « on se trémousse icy beaucoup pour empêcher ce mariage... Le bruit 
a couru durant un jour ou doux qu'elle (la négociation) était tout à fait rompue 
et que Monsieur n'y pensoit plus » (Walsingham à Leicester, de Melun, le 
2 août : Lettres et négociations..., pp. 134-135). 

(3) Frangipani à Uusticucci, de Melun, le 2 août 1571. (Arch. Vat., Xunz. di 
Francia, rcg. 4, f 105). 

(4i Le même au même, de Paris, le 14 août. (Ihid., i° 117>. 

(5) Le Roi, ému par la protestation du duc d'Anjou, n'avait pu retenir 
ses larmes ; mais les mauvais conseillers ne tardèrent pas à romiiro l'accord 
des doux frères, on dépit dos efforts de Frangipani pour lo maintenir; ils 
prétendaient qu'Henri do Valois, profitant de la stérilité de la Reine, visait 
au trône [le même au même, du 14 août ; chiffre du même au même, du 
17 septembre. (Ibid., f"* 117 et 12;'.) 1. Il y eut à ce sujet une scène violente 
entre le Roi et son frère (Walsingham i\ C'ecil, du 3 novembre : Calendars... 
foreign séries, 1569-1571, p. 491). — Sur les dissentiments entre Charles IX 
et Honri d'Anjou, cf. l'..\rM(;.\F!TEX, Vor der Rartholomiiusnacht , pp. 68-70. 

(G) « Quel nuitrimonio di Ingliterra eranuit » [Frangini à Farnèse, de 
Paris, le 19 août 1571 (Arch. do Parme, Carteg. Famés.. Francia, 1570-71]. 
Paul de Foix. envoyé en Angleterre, chercha bien à renouer la négociation 
(le même à Rusticucci, de Paris, le 31 août) ; mais il échoua (le même au 
même, du 17 septembre). Sur la mission de Paul de Fois, il faut voir les 
documents publiés par La Feriuere dans son XVP siècle et les Valois d'après 
les documents du liriti.'^h Muséum et du Record Office, pp. 290-295. 



76 LA l'Ol.ITIQI E DE SAINT PIE V EN FRANCK 

rine de Médicis se montrait beaucoup plus sage en reculant 
devant une guerre {^) que Philippe II, pourtant soutenu par 
le pape, se gardait bien de provoquer {-) et où la France, 
trompée par la Toscane et par l'Angleterre, n'aurait pu compter 
que sur elle-même. 



La politique de Charles IX et celle de la Reine-mère s'accor- 
daient pourtant sur un point : l'un et l'autre désiraient vive- 
ment mettre fin aux dissensions religieuses dont souffrait la 
France. Si Catherine de Médicis ne voulait pas qu'une guerre 
étrangère fût le prix de la pacification du Royaume, elle encou- 
rageait son fils à réconcilier protestants et catholiques sans 
recourir à des moyens si extrêmes. 

Au lieu de préparatifs guerriers contre l'Espagne, tout d'un 
coup, on ne parla plus à la cour, dans les premiers jours du 
mois d'août, que du mariage de Marguerite de Valois avec 
Henri de Navarre et du prochain retour en grâce de Goligny. 
Bien loin de s'y opposer, la plupart des catholiques s'en 
réjouissaient: Charles IX, sa mère, le cardinal de Bourbon, le 
maréchal de Cossé se disaient assurés d'amener l'Amiral et les 
princes à se convertir et de désorganiser ainsi le protestan- 
tisme en le privant de ses chefs ('•). 

Tout d'abord, Frangipani se montra hostile à cette politique: 
quand un long entretien avec le Roi et la Reine-mère lui eût 

(1) Voy. en particulier les lettres de Petrucei au prince de Florence, du 
21 avril, et à Concini, du 24 mai, dans : Relations... avec la Toscane, t. III, 
pp. 664 et 671-67?. 

(2) Jérôme (iondi que la Reine avait envoyé au mois do juin en Espagne 
pour se plaindre des mauvais procédés d'Alava et des armements faits par 
Philippe II on Flandres et en Italie, rapporta toute sorte do bonnes paroles. 
(Frangipani a Rusticucci, du 2 août 1571 : Arch. Vat, Nunz. di Francia, rer;. 
4, f» 105) ; voy. aussi la lettre de Fourquovaux à Charles IX, de Madrid, 
le 9 juillet : D('pcchcs de M. do Fourquevau.r. éd. Dotais^ t. II. pp. .S59-361). 

(3) « ...Ho pensato che, dovc il Rè unisse à lui questi primi capi, il soguito 
loro andrebbe in fumo e la religionc loro mancherebbo più cosi che con 
l'armi » (Pctrucci au prince de Florence, de Paris, le 20 juillet 1571 : 
Desjardins, Relations... avec la Toscane, t. III. p. 686). Frangipani écrit de 
même le 2 août à Rusticucci : « Si va praticando l'abbocamento di prin- 
cipi di Navarra et di Condé col Rè... ; danno à intenderc ...di guadagnar 
quoi principi ot ingannar l'Ammiraglio «.Même écho dans la lettre de Petrucci 
au prince do Florence, de Paris, le 10 août (DEs.TAni)ii\s, op. et loc. cit. p. 695) 
et dans celles de Frangipani à Rusticucci, de Paris, les 14 et 31 août. (Arch. 

Vat, loc. cit., fo« 117 et 119). 



PIE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX T/ 

permis de se convaincre que, si rien n'était encore déflnitive- 
ment conclu, ils escomptaient du moins le bon succès du 
mariage de Navarre (i), il crut, pour l'acquit de sa conscience, 
devoir y mettre obstacle en reprenant avec le roi Sébastien les 
négociations matrimoniales depuis longtemps interrompues (-; ; 
sur son conseil, l'ambassadeur portugais, sans en dire mot 
au soupçonneux Francès d'Alava, expédia à ces fins un courrier 
exprès à Lisbonne (■') ; quand l'homme fut parti, l'évoque de 
Gaiazzo en avisa Catherine de Médicis ; celle-ci, se trouvant 
devant le fait accompli, n'osa désavouer cette démarche et 
môme, fit mine de désirer une intervention officieuse du pape 
auprès du roi de Portugal. Mais cet espoir était bien loin- 
tain et Frangipani se gardait de s'y abandonner. Au reste, 
gagné par l'optimisme de la cour, il semblait hésiter dans son 
opposition au mariage de Navarre. 

La Reine-mère, Charles IX déclaraient hautement n'avoir en 
vue que les intérêts de l'Eglise et vouloir rester fidèles à ses 
lois. Dès le 19 août, ils sollicitaient, pour le cas où les négo- 
ciations avec don Sébastien échoueraient de nouveau, la dis- 
pense du degré pour Marguerite et le prince de Béarn (■*) ; 
Frangipani ne répondit point par un refus formel à cette 
demande, laissant au pape le soin d'en décider {^). C'était, 
dans son esprit, un moyen de gagner du temps (^) et de véri- 

(1) Fi'angipani eut beaucoup de peine ft obtenir de Leurs Majestés une 
réponse nette: « ...Non potei cavarne ne un fermo si, ne un fermo no » 
(feuille de chiffres du même au même, du 2 août 1571: Ibid., î" 107). 

(2) Dès la fin de juillet, la Reine confiait à Petrucci « che il nunzio suscita 
di nuovo il parcntado con l'ortugallo » (Petrucci au prince de Florence, de 
Paris, le 26 juillet : Desjardixs. op. et loc. cit., p. 689) ; mais ce fut surtout 
un peu plus tard que le uonce s'en occupa. 

(3) « Questo gentile homo, ben flegmatico al costume del paese..., movendosi 
un poco di quella loro tardanza ordinaria. speditte subito un corriero in 
Portogallo... » (chiffre de Frangipani à Rustlcucci, de Paris, le 14 août : Arch. 
Vat., loc cit., i" 113). 

(4) Le même au' même, de Paris, le 19 août. {Ibid., 1° 118). 

(5) « Non mi sono voluto spiuger più oltre à dire se si devc ô non si deve 
concederc detta dispensa..., parcndomi di dover riserbar questa parte à Nostro 
Signore » (Ibid.). 

(6) « Sono stato sempro con sospensione di animo di potor far bene ô 
maie in quel particolare del grado prohibito ». Il risquait, en repoussant tout 
net la demande de Leurs Majestés, de « farle ccdere à qualche mala risolu- 
tione di farlo cosi scnza farne motto... et, talhora mi à parso di far meglio di 
fermarle in quel ponto... di volerlo conferire con Sua Santità... ; con tirarsi 
il negotio à Sua Santità, oltre di potersi trattar con maggior autorità, vi si 
mette più tempo nel mezzo » Ue même au même, de Paris, le 31 août : 

Ibid.. t" 119J, 



/» LA POI-ITIOtE DE SAINT PIE V EN KHANCE 

fier ce qu'il pouvait y avoir de fondé dans les espérances du Roi 
et de la Reine. 

On attendait beaucoup, en effet, de la venue à la cour de 
l'Amiral et des princes que l'on croyciit pouvoir aisément déta- 
cher de leur parti v^). Coligny arriva à Blois le 13 septembre, 
sans les princes. Ce fut une déception ; pourtant, on le reçut 
aimablement (-) et Ton n'épargna rien pour le gagner [^) ; 
mais, quand il repartit pour Ghàtillon, à la fin d'octobre, on dut 
bien convenir que le vieux chef protestant songeait fort peu à 
se rallier : pendant son séjour d'un mois à la cour, il avait 
sollicité l'extension des licences accordées à ses coreligionnaires 
par le traité de Saint-Germain, avec une persévérance qui prou- 
vait bien la constance de ses opinions. Sur l'intervention du 
nonce, ses demandes furent repoussées ■•*) ; mais on le fit avec 
beaucoup de ménagements pour ne pas provoquer les défiances 
protestantes. 

Les catholiques politiques, en effet, voyant l'Amiral si opi- 
niâtre dans ses sentiments, reportaient tous leurs espoirs sur 
la réussite du mariage navarrais: nouvelle Clotilde, la sœur 
du Roi ramènerait certainement son époux à la vraie foi; le 

(1) « Dette Maestà crecleno et loro è dato ad intendere che tra essi 
{l'amiral et Jeanne d'Alhret) vi sia discordia et che. cercando l'una di tratter 
le cose sue... da per se stessa senza l'Admiraglio. l'altro cerchi di prevenirla 
alla obedienza del Rè con restituirle ancho le piazze et cosi sperano di poter 
fare uiolto guadagno in la lor divisione » (Ibid.). 

{2) Le même au même, de Paris, le 17 septembiv. {Ibid., î" 121). Sur le 
séjour de Coligny a la cour, voy. les bonnes pages de Maurt, The massacre of 
tiaint-Barth-oIomew..., dans le Journal des Savants, année ISTl, pp. 424-42.5. 

(3) « Ho trovato in corte l'Admiraglio cosi domestico et cosi sicuro et dico 
anche cosi sfacciato... comc se fusse stato sompre à casa... Queste Maestà 
usano ogni arte per assicurar questo malo homo..., sporando... di fermarlo et 
disviarlo di maceggi suoi » (Trangipani à Rusticcucci, de Blois. le 2 octobre: 
Ihid., fo 125). 

(4) Coligny avait obtenu la constitution d'une commission dont faisaient 
partie « per la parte de catholid: Monsignor di Morvilliero, il présidente 
Birago, Cossé et V'illiville et un' altro che non mi ricordo il nome » (IbidA. — 
Frangipani incita vivement le cardinal de Bourbon à combattre les demandes 
de l'Amiral et à empêcher que le traité de Saint-Germain ne fût interprété 
dans un sens trop favorable aux protestants. Bourbon y réussi et c'est ainsi 
que le Roi refusa d'étendre l'observation de l'édit au Comtat Venaissin, de 
réintégrer les Réformés dans leui-s anciens bénéfices ecclésiastiques, de les 
exempter du payement des dîmes aux curés, de réintégrer Jean de Chaumont, 
dit de Saint-Romain, dans son archevêché d'Aix (le même au même, de Blois, 
le 10 octobre {Ibid., f" 131). De même, le nonce obtint du Roi que l'on n'accor- 
derait pas aux protestants la permission d'enseigner il Paris, même les sciences 
profanes, que jamais on ne reconnaîtrait la validité des mariages des prêtres 
apostats, etc. de même au même, de Blois, le 26 octobre : Ibid. î" 137i : mais 
Coligny eut satisfacUt^ sur des points secondaires. 



PIE V ET LA rOLITIQTE DE CHARLES IX 79 

gros des Réformés suivraient (i) .Charles IX et sa raèren'enten- 
dant que de tels propos de toute part, se laissèrent convaincre 

et, le i" octobre H, annoncèrent officiellement à Franglpani 
leur intention d'abandonner le projet portugais (•"•) et (["uiin- 
Marguerite de Valois avec le Béarnais. Désormais, leur 
décision était prise : si Jeanne d'Albret et les protestants 

intransigeants ne s'y opposaient point (^), ce mariage se ferait. 

Mais la reine savait que Pie V n'accorderait pas volontiers les 
dispenses sans lesquelles, comme le faisait remarquer Frangl- 
pani, il serait possible d'attaquer plus tard cette union et d'en 
déclarer les fruits illégitimes {'') ; elle s'ingénia, sans se rebuter, 
à les obtenir de la Curie. Elle crut qu'elle y réussirait plus aisé- 



(1) « Tutti quanti che più si dicono catholici ponscgliano et approvano 
tlotto matrimonio, comparandolo ad un altro che è nellc loro historié dl 
("lotilde di Horgogna... che, niaritata h Clovis, l•^ pagano, f& acquisto del Rô 
et del Regno tutto alla religion chrlstiana. ...Non solo non vi è persona, ne 
secolarc, no ecclesiastica che lo sconsegli, ma cho, se non fusse la religione 
di Lor Maostft et reverenza che... hanno verso quclla Santa Sedo... si son 
messe da se stessc à ...deslderarvi la sua bonedittione, non si è trovato pur 
une... cho gli l'habbia ricordato » (le même au même, do Blois, le 10 octobre). 

(2) Le récit de l'audience du l""" octobre se trouve dans la lettre do 
Frangipani fi Rusticucci, de Blois, le 2 octobre (Ihid., f° 125) et dans celle 
de Potrucci au prince de Florence du 4 octobre (Arch. de Florence, Medioeo, 
Jilza 4 GOO, f^ 204 v°-29.") v" ; Des.iardins, Négociations... avec la Toscane, 
t. III, pp. "14-T1.>). La seule différence importante entre les deux versions. 
C'est que l'etrucci qui tenait ses infonuatious de la Reino-mèro, rapporte que 
Frangipani aurait promis secrètement à Catherine de l'aider k obtenir la 
dispense. C'était une invention de l'ambassadeur florentin pour rendre 
Frangipani suspect en cour de Uomo. Contarini, dans sa lettre au doge du 
5 octol)re, no s'écarte pas de la version du nonce (Bibl. Nat., ms. ital. 1727, 
fo .'iOl;. 

(.S) Charles IX et Catherine gardaient un vif ressentiment de l'affront 
que Sébastien leur avait Infligé en refusant la main de Marguerite do Valois. 
Frangipani étant venu les trouver pour faire auprès d'eux un nouvel effort 
eu faveur du mariage portugais, « il Rc"^, in quella commemoranza di offesa 
et de ingiuria che dicova ha ver ricovuta, come si fa in le colère, disse che 
egll harebl)f piutosto ammazzata quella sorella cho darla il quel Rè, et simili 
cose di colera che io mi ingegnai di temperarlo » (Frangipani h Rusticucci, 
do Blois, le 17 octobre : Arch. Vat., Nunz. di Francia, rcf/. 4, f" 1.3.5). 

(4) Sur l'opposition de la reine do Navarre au mariage, voy. les lettres du 
même au mémo, dos 10 et 14-1.") octobre (Ihid.. f"" IHl et 1.3.S) et Ks lettivs 
do Catherine de Médiois à M. do Ferrais, du début d'octobre, et ii Cosmc de 
Médicis, du 8 octobre (publ. dans les Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, 
pp. 7.5-76). Il faut voir aussi celle du Roi à M. de Ferrais, du 7 octobre 
(Bibl. Nat., tns. fr. 3.809, f« 20(). vi, en corrigeant une autre de la veille où 
Charles IX se montrait beaucoup plus affirmatif touchant le succ&s du ma- 
riage de Navarre tibid., f» 294). 

(5) Frangipani i\ Rusticucci. du 2 octobre l.")71 f.\roh. Vat., loc. cit., 
f" 125) ; Contarini au doge, de Blois, le 5 octolire (Bibl. Nat., ms. ital. 1727, 
t" 301). 



80 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

ment en demandant en premier lieu la dispense du degré que 
l'on refusait rarement et en ne parlant point de la différence de 
religion ^i; qui, dans le droit civil encore mal fixé de ce temps, 
pouvait n'être pas considéré comme un empêchement dirimant, 
Catherine songea aussi à forcer la main au pape en le mena- 
çant de s'adresser, sans passer par lui, à trois archevêques 
français qui, assurait-elle à Frangipani, jouissaient du droit 
d'octroyer des dispenses (-). Le mot de schisme fut même pro- 
noncé. Mais elle jugea plus prudent de recourir à la persua- 
sion; sachant à quel point le grand-duc de Toscane était en 
faveur à la cour de Rome, elle le chargea d'être son avocat 
auprès du pape (3). Avec mille précautions oratoires, l'ambas- 
sadeur florentin, le protonotaire de Médicis, accompagné de 
l'évêque Salviati, vint le 28 août, solliciter du Souverain Pontife 
l'octroi de la dispense, mais ce fut inutilement (^; ; quatre fois 



(1) Voy. la lettre de Catherine de Médicis à Ferrais citée p. 79, n. 4. 

(2) Voy. les lettres de Frangipani et de Petrucci citées à la même note. 
Frangipani donna, sur ce point de droit, des explications au pape dans sa 
lettre à Rusticucci, du 11 décembre, où il démontra l'erreur de la Reine 
(Arch. Va t., loc. cit., f" 1.58 j. Celle-ci alla jusqu'à rappeler que, pour le re- 
fus d'une semblable dispense. l'Angleterre s'était séparée de l'Eglise romai- 
ne, mais elle n'y insista pas (Petrucci au prince de Florence, d'Amboise, le 
24 décembre : Desjardins^ Xégociations... avec la Toscane, t. III, pp. 740- 
741.1. 

(.3) Catherine de Médicis s'était déjà adressée à Cosme qui lui avait très 
sagement répondu que le plus sûr moyen d'obtenir la dispense serait d'ame- 
ner l'Amiral et les princes à se convertir ; pourtant, elle insista par deux 
lettres des 8 et 17 octobre {Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, pp. 76 
et 77). Voy. aussi les lettres de Petrucci au prince de Florence, des 4 et 16 
octobre : Desj.^RDINs^ op. cit., pp. 715 et 723). Le cardinal de Rambouillet 
fut tenu, semble-t-il, à l'écart de cette négociation où il eût dû être, comme 
ambassadeur de France, le premier appelé ; on ne trouve en effet dans ses 
lettres conservées à la Bibl. Nat., dans le ms. fr. 16.039, aucune allusion à 
l'affaire du mariage. Il est vrai que, malade depuis quelques mois, il avait 
sollicité son rappel et que M. de Ferrais avait été choisi pour le remplacer ; 
c'est ce dernier qui, au début d'octobre, fut chargé de mettre le pape au 
courant des intention royales et d'obtenir son assentiment, avec l'aide du 
cardinal de Ferrare et surtout du cardinal de Médicis (le Roi au sieur de 
Ferrais, le 5 octobre 1571 : Bibl. Nat, ms. fr. 3.899, f» 293, copiée ; mais 
Ferrais n'arriva qu'en décembre à Rome. 

(4) Tous les détails de cette audience se trouvent dans les longues lettres 
du protonotaire de Médicis au prince de Florence et de l'évêque Salviati au 
grand-duc Cosme, de Rome, le 31 août : Arch. de Florence. Mediceo, filza 
3.290. f» 329-330 : filxa 564, f"" 456-458. On trouvera un bon résumé de la 
première de ces deux dépêches (d'après une copie moderne conservée à la 
Bibl. Nat., ms. ital. 1682) dans H. BAUMG.iRTEx, Xachtrag ziir Geschichte der 
Bartholomausnacht, pp. 390-391. 



PIE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX 81 

encore, du 31 août au 18 octobre (i), il revint à la charge ; il 
eut beau invoquer le profit que la cause catholique recevrait en 
France de la conversion du prince de Navarre qu'il déclarait 
certaine ; il pria même le pape d'accorder tout au moins la 
dispense in petto, s'il y avait inconvénient à le faire publique- 
metil (-) ; toute cette diplomatie fut inutile et Pie V ne se 
laissa point fléchir; sans doute, il souffrait d'opposer un refus 
à Charles IX et à Catherine qu'il aimait sincèrement et qu'il 
savait, au fond de leurs cœurs, pleins de bonnes intentions ; 
sans doute aussi, il n'envisageait pas sans inquiétude les suites 
d'une rupture avec le Royaume très chrétien qu'une trop grande 
rigueur risquait de détacher de l'Eglise C^) ; mais, commandant 
à ses sentiments, il préférait, tout compte fait, perdre l'obéis- 
sance de la France que sanctionner l'alliance de la sœur du Roi 
avec un prince hérétique. Il eût sacrifié sa propre tête et 
jusqu'à la dernière goutte de son sang plutôt que de concéder 
la dispense avant que la conversion d'Henri de Navarre fût un 
fait accompli (^). 

Cosme s'aperçut vile qu'il perdait sa peine et que, de plus, 
il se discréditait auprès du pape en cherchant avec tant d'insis- 
tance à le faire revenir sur sa première décision p). A plusieurs 
reprises. Pie V avait reproché au Grand-duc, que sous prétexte 
de combattre l'influence espagnole et les ambitions des 
Guise (<^), il favorisât un mariage qu'il eût dû être le premier à 



(1) La preml&re de ces quatre audiences eut lieu le 14 septembre (le pro- 
tonotaire de Médicis au prince de Florence, du 14 septembre : Ibid., filza 
",-!)(), f" 340) ; la seconde, au début d'octobre (le même au grand-duc Cosme. 
du "> octobre : IhkL, f .371 r" et v") ; la troisième, le 10 (le même au même, 
du 11 octobre : Ibid., f" 374, r° et v") ; la dernière, une semaine plus tard 
(le même, du 19 octobre : Jhid., f»' .•Î82-383). 

(2) Voy. la lettre de Catherine à Ferrais, du début d'octobre (Lettres de 
Catherine de M f divin, t. IV, p. 75). 

(3) « Sta con molta angustia, vedendo di pcrdere l'obedienza di Francia 
si... si verra à farc un scisma » (le protonotaire de Médicis au Grand-Duc, du 
11 octobre : Areh. de Florence, loc. cit., t" 374). 

(4) « Non la darebbe mal (la dispense), non solo se... pensassi perder 
l'obedlenza délia Francia, ^ma la propria testa », écrit Médicis le 3 octobre 
{Ibid.. fo 371) ; c'est une décision. irrévocable que le pape a prise, écrit-il en- 
core le 19 (Ibid., f" 382): « Aggiungnie... Sua Beatitudine che... se ci dovesse 
mettere il sangue a goccia à goccia, che non ê mai per dire ne per fai'e 
altrimente ». 

(5) Le prince de Florence à Petrucci, de Florence, le 12 octobre : Ibid.. 
filxa 4.G02, f» 280, 

(6) Voy. entre autres les lettres du protonotaire de Médicis au grand-duc 



82 LA POLITIQIE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

déconseiller; des avis venus de Paris augmentaient encore son 
mécontentement : de toutes parts, on lui dénonçait les intrigues 
des Florentins pour brouiller la France et l'Espagne et porter 
la guerre en Italie; il s'en plaignit vivement à l'ambassadeur 
du Grand-Duc (i). 

Médicis à Rome (-), Petrucci à Paris (3), accusaient à Tenvi 
Frangipani d'avoir desservi Gosme auprès du pape; ils redou- 
blèrent leurs manœuvres contre le nonce, prétendant quïl exé- 
cutait infidèlement les ordres de son maître, allant jusqu'à 
l'attaquer dans son. honneur et dans ses mœurs. Ces calomnies 
ne produisirent pas leur effet : Pie V, le secrétaire d'Etat Rus- 
ticucci maintinrent toute leur confiance à Frangipani (■*). 

Un autre coup, plus grave encore, fut porté à la politique 
anti-espagnole du duc de Toscane : le 7 octobre, l'armée navale 
(le la Ligue mettait en déroule la flotte turque à Lépante (^). 
La puissance de Philippe II redevenait plus forte que jamais 
et ce n'était plus l'heure de songer à l'abattre. Catherine de 



Cosme, de Rome, les 11, IG et 19 octobre (Ibid., filza 3.290, f"» 374, 381 et 
382i. 

(1) Pie V, on effet, se défendait de soutenir les Guise, et Médicis lui 
même devait convenir que Mnsotto, l'agent du parti lorrain à Rome, n'était 
pas reçu par le pape (voy. en particulier les lettres du protonotaire do Médi- 
cis au grand-duc Cosme, de Rome, les 11 et 19 octobre (Ibid., plza 3.290, 
f»» 374 et 382). 

(2) I^ protonotaire de Médicis au Grand-Duc, du 19 octobre (Ibid., 
fo 382 v"). 

(3) On peut din? que toutes les dépêches de Petrucci contiennent de nou- 
velles attaques contre Frangipani ; voy. entre autres ses lettres au prince 
de Florence, du 29 septenilire ilbid., filza 4,600, f" 288 r» et v") ; des 4 et 
5 octobre (Desjardixs, Sigociations... avec la Toscatie, t. III, pp. 714-71.5) ; 
des 7 et 15 octobre (Ibid., pp. 717 et 719) ; du 27 octobre (Arch. de Forence, 
loc. cit., f" 320), etc. Le fond de ces accu.sations était que Frangipani aurait 
cherché a indisposer par ses rapports le pape contre le Grand-Duc. En réa- 
lité, le nonce n'avait fait que communiquer au pape les bruits qui couraient 
à la cour de France sur les intrigues florentines, en cherchant de son mieux 
à excuser Cosme de Médicis et Petrucci ; d'ailleurs, il communiqua sa lettre 
à ce dernier (dépêche chiffrée de Frangipani à Rusticucci, du 2 octobre ; 
lettre du même au même : Arch. Vat.. Nunz. di Francia, rcg. 4, fos 129 
et 131 ; lettre de Petrucci au prince de Florence, du 29 septembre : Arch. 
de Florence, loc. cit., t" 288). 

(4) Le protonotaire de Médicis au grand-duc Cosme, de Rome, le 19 octo- 
bre (Ibid., filza 3,290, f» 382 v°). 

(5) La nouvelle d'e la victoire de Lépante arriva à la cour le 28 octobre 
(Alvise Contarini au doge. « dalla Rosciadin », le 3 novembre : Bibl. Nat., 
ms. ital. 1727, f» 307) ; sur les marques de joie que donnèrent le roi et la 
reine de France et sur les cérémonies religieuses qui furent célébrées à cette 
occasion, voy. les dépêches du nonce des 5, 12" et 23 novembre (Arch. Yat, 
loc. cit., fos 145. 149. 150). 



PÎE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX 83 

Médicis se rapprocha de l'Espagne (i). On ne tarda pas à le 
voir nettement : à la fin de novembre, l'ambassadeur Francès 
d'Alava donnait une nouvelle preuve de son humeur bizarre 
en quittant secrètement son poste et la France p). Charles IX, 
de son côté, ranpela son représentant à Madrid, M. de Fourque- 
vaux (3). A un autre moment, c'eût été le signal d'une rupture; 
mais Frangipani n'eut pas à faire de grands efforts pour l'évi- 
ter, tant les sentiments de la Reine-mère étaient alors pacifi- 
ques : « Je tiens le roi d'Espagne, lui déclarait-elle en montrant 
» ses enfants, pour Tun de mes fils et, tant que je vivrai, jamais 
» il n'y aura guerre entre ses frères et lui (•*) >•>. 



La victoire de Lépante ne suffisait pas à Pie V; ce n'était 
dans son esprit qu'un encouragement à continuer la lutte et 
à lui donner plus d'ampleur. Attirer dans la Ligue de nouveaux 
membres et coaliser contre l'Infidèle toute l'Europe chrétienne, 
c'est à quoi il se consacra entièrement. Tous les princes italiens 
donnèrent leur adhésion (^) ; l'Empereur hésitait, mais on 
savait qu'il conformerait sa conduite à celle du roi de France; 
aussi est-ce à gagner celui-ci que le pape s'appliqua. 

Charles IX, plusieurs fois déjà pressenti, s'était toujours 



(1) Walsingham le constate dans sa lettre à Burleigh du 8 novembre : 
Lettres et négociations de WaJsingliam, p. 171. Voy. aussi la»- lettre do 
Petrucci au prince de Florence, du 28 novembre (Desjardins, op. et loc. cit., 
p. 729). 

(2) Sur la fuite clandestine d'Alava qui, sous prétexte d'aller à Saint- 
Denis, prit en pleine campagne la poste pour les Flandres, voj'. la lettre de 
Frangipani à Rusticucci du 23 novembre (Arch. Va t., îoc. cit., t° 150). 

(3) Fourquevaux au Roi, du 17 novembre 1571 (Dépêches... de Fourque- 
vaux, éd. Douais, t. II, p. 400). — Le Roi et la Reine-mère, sous le coup de 
l'affront qui venait de leur être fait, avaient résolu de marquer il Philippe H 
leur mécontentement de façon très vive, mais Frangipani parvint à calmer 
leurs esprits et la lettre qu'ils envoyèrent au roi d'Espagne fut « assai cortese 
et humana » (Cavalli au doge, de Tours, le 6 novembre : Bibl. Nat., ms. ital. 
1727, fo» 317 V-SIS). 

(4) Frangipani au cardinal Alexandrin, de Tours, le 5 décembre (Arch. 
Vat., Nunz. di Spagna, reg. 3, f»^ 200-204) ; le même au cardinal Rusticucci, 
du 11 décembre (Ibid., Nunz. di Francia, reg. 4, f» 158). Le pape, instruit 
par le nouvel ambassadeur de France, le baron de Ferrais, des désirs pacifi- 
ques du Roi, n'en cacha pas son contentement (Ferrais au Roi, de Rome, 
le 25 décembre 1571: Bibl. Nat, ms. fr. 16.039, f'^ 465 vo-466). 

(5) A peu près seule, la République de Gênes refusa son adhésion (La- 
DKKCHi, op. Cit., t. XXIV, p. 536). 



84 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

dérobé (i) ; et, tant que le mariage de Navarre serait à craindre, 
il était probable que le parti protestant empêcherait le Roi de 
s'allier à l'Espagne. Pie V résolut donc de poursuivre de front 
la conclusion du mariage portugais et l'entrée de Charles IX 
dans la Ligue : il donna l'ordre à son neveu, le cardinal Alexan- 
drin, qu'il avait envoyé comme légat à Philippe II et à don 
Sébastien, de se charger de cette double négociation (2) ; pour 



(1) Le protonotaire Bramante, conformément à ses instructions, avait, une 
première fois en novembre 1570. demandé au Hoi d'adhérer à la Ligue; sans 
faire d'opposition de principe à une confédération contre les Turcs.Charles IX 
se contenta de répondre que les intentions de l'Espagne et de Venise lui 
semblant inspirées bien plus par l'intérêt que par la religion, il ne jugeait 
pas le moment venu do conclure cette alliance (feuille do chiffres de Bramante 
î\ Rusticucci, de Taris, le 8 novembre: Arch. Vat.. Nunz. di Francia. reg. 4, 

fo 73). Le Roi fit tenir le même langage à Philippe II par l'intermédiaire de 
Fourquevaux (Instructions à Fourquevaux, du 7 janvier 1571 : Lettres de 
Charles IX à... Fourquevaux, éd. Douais, p. 319). Enfin, au lendemain du 
jour où la nouvelle de la victoire de Lépante était parvenue à la cour, 
Frangipani avait, de sa propre initiative, incité le Roi à entrer dans la 
Ligue et à prendre le commandement de l'armée de terre qui pourrait délivrer 
la Grèce et rétablir à Constantinople un empire chrétien ; l'ambassa- 
deur de Venise fit en même temps la même offre au duc d'Anjou (Contai'ini 
au doge, du 3 novembre : Bibl. Nat., ms. Haï., 1727, i° 309). Pour écarter les 
objections d'ordre financier, le nonce avait cru pouvoir promettre que le pape 
accorderait au Roi la levée d'une annate {Ihid., t" .309 v"), mais Frangipani 
s'aperçut bientôt que ses effoi*ts étaient vains ; il ne put même obtenir 
que le Roi ne renvoyât pas û Constantinople l'évêque de Dax, François de 
Noailles, fort hostile à la Ligue (Contarini au doge, de Tours, le 7 décembre 
1571 : Bibl. Nat., ms. ital. 1727, f" 320). 

(2) Sur la légation du cardinal Alexandrin, dont, primitivement, le but ex- 
clusif était d'obtenir l'adhésion à la Ligne du roi de Portugal, voy. le Dialre de 
Santori, aux dates du 25 mai, du 18 juin et du 10 novembre {Diario concisto- 
riale di... Santori. cardinale di San Severino, dans les fïtudi e documcnti dl 
storia e diritto, t. XXIII, 1902, pp. 3.34 et 338-341 ; t. XXIV, 1903, p. 99) Dès 
le 6 juin, le cardinal de Rambouillet soupçonnait le pape de vouloir envoyer 
Alexandrin en France à son retour d'Espagne (Bibl. Nat., ms. fr. 16039, f" 
376 r» et v") ; mais le légat avait quitté Rome depuis quelques jours déjà 
(« le cardinal Alexandrin partist la nuict d'entre vendredy et sabmedy der- 
niers ») que rien n'était encore décidé à cet égai'd (Rambouillet il Villeroy, de 
Rome, le 2 juillet 1571 : Ibid., f» 384 v°). Le 21 juillet, sur la demande 
expi-esse que lui en fit l'ambassadeur de la part du Roi (non sans que ce 
dernier eût beaucoup hésité ; voy. les lettres de Contarini au doge, des 
10-11 juillet : Bibl. Nat., ms. ttal. 1727, f»» 273 et 266 vo-267), le pape 
promit d'expédier son neveu en France dès la fin de la négociation d'Espagne 
(le même au Roi, du 30 juillet 1571 : Ibid., f» 397, r» et v»), mais c'est le 
16 novembre .seulement que le pape décida de façon définitive de l'envoyer 
en France et le 17 qu'il écrivit des brefs de recommandation en sa faveur au 
Roi, aux deux reines, aux ducs d'Anjou, d'Aleiiçon, de Montpensier, aux 
cardinaux de Lorraine, de Bourbon, de Créqui et de Guise (Arch. Vat., arm^. 
44, lib. 19, fo 425 r" et v"). Sur sa mission, voy. Laderchi, op. cit., t. XXIV, 
pp. 431-458 ; Baumgarten, Vor der Bartholomausnacht, pp. 118 sqq. et 
Na.chtrag zur QescJtlchte der Bartholomausnacht , pp. 392-397 et VACAXDAnD,«p( 
Etudes de critique et d'histoire religieuse {les pa/x.v et la- 8aint-Iiart)télemi/\, 
pp. 248-351, etc., etc. Enfin, lord Acton a publié dans la A'orth Dritish 7?tJ- 
View d'octobre 1869, p. 35 (son article a été traduit en italien sous le titre : 



PIE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX 85 

préparer les voies, il expédia une seconde fois l'évêque SaWiati 
à la cour de France (i). 

Le coup était hardi, mais pouvait réussir; les dépêches de 
Frangipani laissaient quelque place à l'espoir. Certes, le Roi et 
la Reine-mère gardaient encore vif le souvenir de l'affront qu'ils 
avaient reçu du roi de Portugal et, d'autre part, toujours per- 
suadés que le prince de Béarn abandonnerait aisément la Ré- 
forme, ils persistaient dans leur idée de lui accorder la main 
de Marguerite de Valois; mais, sans parler des scrupules qu'ils 
pouvaient avoir à se passer de la dispense obstinément refusée 
par le pape, ils voyaient leurs projets entravés par l'intransi- 
geance de Jeanne d'Albret, qui faisait mille difficultés sur les 
formes religieuses de la cérémonie nuptiale (-). 

De même, si l'état des finances et les troubles du Royaume 
rendaient peu probable l'adhésion de Charles IX à la Ligue f>), 
elle n'était point impossible: la Reine, fort irritée contre le 
Grand-duc qu'elle accusait d'avoir trop mollement sollicité la 
dispense en cour de Rome (^) se rapprochait de plus en plus 
de l'Espagne (••) : ne songeait-elle pas à marier le duc d'Anjou 



La struiie di San Bartolomeo) la relation latine, clouucc sous le nom d'Hip- 
polyte Aldoln-andini (plus tard Clément VIII) qui accompagna en France le 
cardinal-k'gat. Il existe du même voyage une autre relation, en italien, celle- 
là, mais qui ne parle que de l'itinéraire suivi par Alexandrin en Espagne; elle 
est due à Giambattista Vonturiui da Fabriano. (Arch. Vat, Bibl. Pic, cod. 
213). 

(1) Brefs de recommandation du 12 décembre au Koi, aux deux reines, 
aux princes du sang ot aux cardinaux français : Arch. Vat.. loc. cit., Ub. 
If), fo'^ 101-20.'} V). Ses instructions sont du 15 du même mois : Ibid., Var. 
l'olit., Uh. ,33 iarm. II, n" ?A\ f"^ 49-50 v° et 63-64. 

(2) Dans une longue lettre adressée de Tours le 5 décembre au cardinal 
Alexandrin, Frangipani expose au légat tontes les raisons qui peuvent faire 
croire au succès du mariage de Navarre et toutes celles qui en peuvent faire 
douter (Arch. Vat., Nunz. di Spagna, reff. 3, t°^ 200-204K Sur les hésitations 
de .Teanne d'-^^lbret et son humour « molto fantastico ». voy. en particulier la 
li'ttre de Petrucci au prince de Florence, du 30 novembre (Des.t.^upinSj A't'sro- 
chitions-... avec la Toscane, t. III, p. 733) et celle de Cavalli au doge, do Paris, 
le 20 novembre (Bibl. Nat.. ms. ital. 1727. f" 314) ; dans sa lettre au doge, 
d'Amboisc, le 19 décembre, Cavalli revient sur les difficultés que faisait la 
reine de Navarre au mariage ; le bruit courait à la cour que Jeanne exigeait 
la Guyenne pour la dot do la princesse Marguerite (Ibid., f°* 321 v°-322). 

(3) Voy. la lettre de Petrucci au prince de Florence, de la même date : 
Desjardins, op. et loc. cit.. pp. 73.5-7.36. 

(4) Le même au même, des 17 ot 24 décembre : Desjardixs, op. et loc. cit., 
pp. 738-740 et 740-741 et Arch. de Florence. Mediceo, filra 4.600, f» 359. 

(5) Frangipani ;1 Rusticucci, de Tours, le 11 décembre (.\rch. Vat.. Nunz. 
di Francia, reii. 4. f» 158). Sur les protestations d'amitié de Charles IX fi 
l'égard de Philippe II, voy. le récit de rentrotiou de Frangipani avec le roi 



86 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

à une infante (i) ? Rien ne pouvait plaire davantage au pape 
que ce projet ; rien n'était plus conforme à sa politique. 

D'autre part, Alexandrin obtenait un plein succès à Lisbonne: 
don Sébastien, revenant sur son premier refus, se déclarait 
prêt à épouser Marguerile de Valois, renonçant même à toute 
dot si Charles IX entrait dans la Ligue (-). 

Cependant, le légat hésitait à passer en France, et il fallut 
un ordre formel du pape pour l'y décider (s) : dès le premier 
jour, il était persuadé qu'il échouerait {^) et, peut-être, ce 
découragement ne fut-il pas sans nuire au succès de sa mission. 
A vrai dire, les incidents qui marquèrent son voyage à la cour 
étaient bien faits pour confirmer ses mauvais pressenti- 
ments (5) : tout d'abord, il fut blessé qu'on lui envoyât pour 
l'accompagner de la frontière à Blois, M' de Saint-Sulpice, dont 
les sympathies pour le parti protestant étaient notoires et dont 
Frangipani lui avait conseillé de se méfier (i). Il ne vit pas. 



de France que donne le secrétaire Agullon dans sa lettre du 10 janvier 1572 
(résumée dans Baumgarten, Vor der Bartholomàusnacht, pp. 122-123). 

(1) Le même au même, des 17 et 24 décembre (DesjardinSj op. cit., pp. 
740-741 ; Sigismondo de Cavalli au doge, du 9 janvier 1572 (Bibl. Nat., ma. 
ital. 1527, fo 327 v) ; Frangipani a Alexandrin, des 19 et 28 décembre (Arch. 
Vat., Nunz. di Spagna, reg. 3, f ' 111 et 193). Voy. aussi sur ce projet la 
lettre du secrétaire Aguilon à Philippe II, du l""" janvier 1572, résumée dans : 
Baumgarten, Vor der Dartholomausnacht, p. 121. 

(2) Alexandrin à Frangipani, de Lisbonne, le 8 décembre (Rome, Bibl. Cor- 
sini, ms. 505, f"^ 37 et 40) ; le même au cardinal Rusticucci, du 13 décembre 
(Ibid., f» 41). Cette dernière lettre parvint h Rome le 17 janvier; l'ambassa- 
deur de France, Ferrais, réussit à se procurer une lettre adressée par le 
même courrier à l'ambassadeur de Savoie « l'un des principaux serviteurs dud. 
cardinal Alexandrin » et le 18 janvier, en envoya copie au Roi (Bibl. Nat., 
ms. fr. 16.040, f" 20 v°). Le succès d'Alexandrin ne fut pas moindre à Ma- 
drid ; Philippe II, désormais conquis au mariage portugais, envoya spéciale- 
ment à Charles IX le général des Jésuites, saint François Borgia, pour 
seconder les efforts du Légat (cf. Baumgarten, op. cit., pp. 123 sqq.). 

(3) Alexandrin à Frangipani, de Lisbonne, le 5 décembre (Rome, Bibl. Cor- 
sini, ms. 505, fo 36 v») ; le même à Rusticucci et à Castagna, de la même 
date (Ibid., t<"> 35 et 37). 

(4) Le même à Rusticucci, de Madrid, le 30 décembre : Ibid., f"» 44 vo-45. 

(5) Au reste, Salviati, envoyé par le pape en France pour préparer le 
terrain aux négociations d^Àlexandrin, n'avait guère été heureux ; sur la façon 
dont Salviati remplit sa mission auprès de la Roine-mère et sur les critiques 
qu'à cette occasion il s'attira de la part de Frangipani, cf. la lettre de 
Cavalli au doge, d'Amboise, le 25 janvier 1572 (Bibl. Nat, ma. ital. 1727, 
fo 335). 

(6) « Sarà bien di parlar seco più tosto délie cose del viaggio che di 
quelle di Francia, se non in générale et del paese più tosto che degl'huomini 
et sarà buona regola tacerli tutte le cose di negotii et cosi si star sicuro di 
non esser esplorato » (post-scriptum de la lettre de Frangipani à Alexandrin, 
d'Amboise, le 28 décembre : Arch. Vat, Nunz. di Spagna. reçr. 3, f» 193). Voy. 
encore les lettres du même à Castagna, de la même date {Ibid., î" 183) et de 



PIE V ET LA POLITIQTE DE CHARLES IX 87 

en outre, sans quelque humeur tous les moyens employés pour 
retarder sa mission dont la rapidité seule pouvait assurer le 
succès: Saint-Sulpice se fit attendre six longs jours à Bayonne 
où il n'arrive que le 19 janvier (i) ; puis, ce fut, de Bayonne à 
Bordeaux, à travers des pays tout gagnés à la Réforme, un 
traînant voyage coupé de cent arrêts, allongé par cent 
détours (2), 

« Il eût fallu être une grande bête, écrivait un compagnon du 
cardinal, pour ne pas voir quo tendehat » (3) : la Reine-mère 
venait d'apprendre que la venue de Jeanne d'Albrel a la cour, 
depuis longtemps désirée, mais toujours ajournée, était enfin 
chose décidée; elle eût voulu que la reine de Navarre arrivât la 
première et conclût le mariage sans retard, de manière que le 
légat se trouvât devant le fait accompli ; mais Alexandrin avait 
plusieurs journées d'avance sur Jeanne qui, conduite par ie 
maréchal de Biron, suivait la même route {^). Pour gagner 
encore quelques étapes, il abandonna le long train qui relar- 
dait sa marche, prit la poste et, par S'" Catherine-de-Fier- 



Potrucfi au prince» de Floreuco, rlu 14 janvior ir>72 (Desjardixs, op. cit., 
p. 747J. 

(1) Arrivé il Fontarabie le 1.3 janvier, Alexanflriu ^'attendait à trouver à 
Rayonne Salnt-Sulpice et il avait, deux jours à l'avance, chargé un de ses 
gentilshommes d'aller saluer l'envoyé de Leurs Maje.stés, mais on n'avait 
encore aucune nouvelle de lui; Alexandrin expédia donc au devant de Saint- 
Sulpice un de ses hommes, Rossino, pour lui dire de se hâter ; lui-même, 
deux jours après, vint à Bayonne ; Rossino rencontra Saint-Sulpice sur la 
route de Bordeaux et revint avec lui le 19 ; le départ de Bayonne n'eut pas 
lieu avant le 23 [Alexandrin à Fraugipani et à Saint-Sulpice. de Fontarabie, 
le 14 janvier 1-072 ; :"l Castagna, les ]o-l;ï janvier; à Philippe II. de Bayonne, 
le 19 janvier; à Frangipani. le 20 janvier. (Rome. Bibl. Coi-sini. ms. .50.5, 
f"" .51 v°, 51 r", 52, 58 v". 55 v"). C'est également de Bayonne (ju'il envoya 
le 20 janvier des lettres de compliments au Roi, à la Reine-m?re, aux dues 
d'Alençon et d'Anjou, aux cardinaux de Bourbon et d'Esté (Ibid., f"=* 54-55). 

(2) Le même à Frangipani, de Bordeaux, le 26 janvier et de Saint- 
André-de-Cubzac. le 28 et à Rusticucci, de Blois, le 9 février ilbid.. £<"= 56, 
56 v», 60). « S'io volessi recitarli un'historia del nostro viaggio. darei fatica 
à me et à Lei... et li dico che noi arrivamo ai confini di Francia. per nostra 
sciagura aspettanio uno che veuiva... à condurci alla corte. facenrto la strada 
délia serpe, guidando ci h dextra et à sinistra... » (Ilippolyte Aldobrandiui fl 
Castagua, de Blois, le 22 février : Arch. Vat., Nunziatura di Spagna. reg. 6, 
f" 392). 

(3) « Sai-ebbe stato necessario esser una molto gran bestia à non co- 
noscere quo tendehat » (Ibid.). 

(4) Alexandrin A Rusticucci, de Blois, le 9 février (Rome, Bibl. Corsini, 
ma. 505, f 60). 

(51 Gaspard Fogliani au duc de Ferrare, de Blois, le 10 février (Arch. 
de Modène, Cancellcria ducale, Francia, n» 59). 



88 L.\ POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

bois et Tours (i) s'en vint tout droit à la cour où il fut le 
7 février {-). 

On le reçut avec les honneurs dûs à sa haute dignité (■"-), 
mais un peu de gène se laissait voir dans cet accueil : le Roi, 
sans opposer un refus définitif aux demandes du légat, ajour- 
nait sa réponse (^). Tout dépendait, en effet, de Jeanne 
d'Albret qui n'avait pas encore formellement consenti au 
mariage de soiï fils avec Marguerite de Valois. Gomme la reine 
de Navarre ne voulait, ni ne pouvait venir à la cour pendant le 
séjour d'Alexandrin, Catherine de Médicis vint la trouver à 
Chenonceaux le 14 février {^). En apparence, l'entrevue des 
deux reines fut assez froide et l'on disait que les exigences de 
Jeanne risquaient de rompre toute la négociation. Alexandrin 
eût voulu s'attacher à ce dernier espoir ('^), mais.il ne tarda 

(1) Il y eut à son enti'ée à Tours un incident très violent entre les 
ambassadeurs de Florence et de Ferrare qui se disputaient la préséance ; on 
trouve l'écho de cette affaire, qui fit beaucoup do bruit, dans les lettres 
d'Alexandrin et de Fogliani citées dans les deux notes précédentes ; les let- 
tres de Julien d'Elbene au duc de Savoie, de Blois, le 8 février (Arch. de 
Turin, lettere di ministri. Francia, mazzo 3), de Cavalli au doge, du 9 février 
(Bibl. Nat., ms. ital. 1727, t° 340 v") et de Petrucci au prince de Florence, 
du 11 février (Arch. de Florence, Mediceo, filza 4.601, f <>* 16 à 19) ne sont 

pas moins prodigues de détails. 

(2) J. d'Elbene au duc de Savoie, du 8 février (cf. la note précédente) ; 
Smith à Burghley, de Blois, le 8 février {Colcndartt of &tate papers, forcir/n 
séries..., 1572-1574, pp. 36-37, n° 113) ; Cavalli au doge, de Blois, le 9 février 
(Bibl. Nat., ms. ital. 1727, f» 340). 

(3) H. Baumgarten^ Vor der BartholomâusnacM, pp. 12^-127. Aussi bien, 
Ferrais, dans sa lettre du 23 janvier, avait-il eu soin de recommander au 
Roi de faire bon accueil au Légat « aultant comme si c'estoit pour la propre 
personne de se (sic) Sainct Fère, car luy et le cardinal Rusticouchy sont les 
deux seules clefz de toute l'intention et volunté, ou bonne ou mauvaise, de Sad. 
Saincteté » (Bibl. Nat., ms. fr. 16.040, f« 24 v"). Pie V, tout en se montrant 
sensible aux bons procédés du Roi à l'égard de son neveu, n'en fut pas 
dupe : « Sad. Saincteté, estant sur ce discours, dit aud. baron de Ferralz en 
soubzriant, qu'elle eust myeulx aymé que led. cardinal Alexandrin, son ne- 
veu, eut esté accueilly avec un peu moins d'honneur et do traictement, pourveu 
que c'eust esté avec plus d'offect des charges qu'il avoit » (Instructions don- 
nées le 1^'' mars par le baron de Ferrais à son neveu le baron de Beau ville, 
qui se rendait vers le Roi : Bibl. Nat., ms. fr. 16.040, f^ 37 vo-38). 

(4) Alexandrin à Rusticucci, du 9 février (publ.: Gachard, Bull, de la 
Comm. roy. d'Hist., III« sér. t. XI, p. 77) ; le même à Castagna, de la même date 
(Arch. Vat., Nunz. di Spagna, reff. Q, f° 365). 

(5) Sur l'entrevue de Chenonceaux, voy. les lettres de l'ctrucci au prince 
de Florence des 14 et 18 février (Arch. de Florence, loc. cit., t" 31 ; DbsJar- 
DINS, op. cit., pp. 748-749 et 749-756), du comte de Saint-Paul au duc de 
Savoie, du 16 février (Arch. de Turin, loc. cit., mazzo 3), de Sig. Cavalli au 
doge, du 16 février (Bibl. Nat., loc. cit., t° 343 v» ; anal, in : Baumgarte.x, 
Nachtrai) zur Geschichtc der Bartholomausnacht, p. 384) et d'Alexandrin à 
Rusticucci, du 19 février (Rome, Bibl. Corsini, ms. 505, f» 61). Voy. aussi 
Baumgarten, Vor der Bartholomaiisnacht, p. 128. 

(6) Lettre d'Alexandrin citée à la note précédente. 



PIE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX 89 

pas d'être désabusé : Charles IX et sa mère, voyant que le 
cardinal n'apportait pas même de propositions fermes touchant 
le mariage du duc d'Anjou avec une infante d'Espagne, étaient 
plus résolus que jamais à unir Marguerite à Henri de 
Navarre (i). Pour l'adhésion du Roi à la Ligue, pour la publi- 
cation du Concile de Trente, le légat ne fut pas plus heu- 
reux (-). Le 24 février, il quittait la cour avec l'évcque Salviati 
et, refusant sur l'ordre du pape tous les présents qui lui étaient 
offertSi (3), reprit, plein do dépit, le chemin d'Italie (•*). 



(1) Alexandrin il Castagna, du 22 février (Arch. Vat., Nunz. di Spasna, 
reg. 6, f" r!6o). Sur les négociations de saint François Borgia avec la Reine- 
mère touchant le mariage portugais, cf. I'.almgaiïten, Vor (1er Barllwlomaus- 
nucht, pp. 127-12S ; voy. aussi la lettre de Cavalli du 16 février (Bibl. Nat., 
loc. cit., f 343J. 

(2) Tout en protestant de son dévouement au Saint-Siège, le Roi déclara 
nettement au légat que la « saison s ne lui paraissait propice, ni pour la pu- 
blication du Concile, ni pour l'introduction de l'Inquisition en France [« Res- 
ponce baillée au légat de Nostre Sainct l'cre « (Bibl. Xat., ms. fr. 3.902, 
f" 122)] ; en même temps, le Roi remit à Alexandrin un mémorial conte- 
nant ses réponses, généralement favoral)les. à plusieurs affaires particu- 
lières, telles que le droit de nomination dans les provinces réservées, la col- 
lation de l'abbaye de Citeaux. vacantes par la mort in curia du cardinal de 
Clairvaux, etc. (« Mémoire baillé à Monsieur le légat Alexandrin retournant 
fi Rome, du mois de février 1572 » (Ibid., ms. fr. 3.899, f"^ 311 sqq.). Sigis- 
mondo Cavalli, toujours bien l'enseigné, donne des détails précis sur les 
entrevues d'Alexandrin avec le Roi, dans ses lettres des 10^ et 24 févriec 
(Bibl. Nat., ms. ital 1727, f»^ 342 v» et 344 vo-34G, résumées in : Baumgar- 
TEX, Xachtrau ziir Gexchichte der Bartholomiiunmtcht..., pp. 393 sqq.). L'am- 
l.iassadeur d'Angleterre vit avec joie cet échec du légat; voy. sa lettre à 
Burleigh, du 3 nuirs {Lettres et néfjaciations de Walsinoham, p. 223). 

(3) Baumgarten, Nachtrag zur OcscliicJtte der Bartholomdusnacht, p. 395, 

(4) « Le riposte date al legato sono state molto resolute... et resta Sua 
Signoria Illustrissima molto mal satisfatta, parendoli mill' anni di partire... » 
(l'etrucci au prince de Florence, du 23 février : Arch. de Florence, Medicco, 
;(7cfl. 4. 001, f" 4.")) ; sur le mécontentement d'Alexandrin, cf. Baumgarten, 
Vor der Bartholomausnacht, pp. 129-130 ; voy. aussi la lettre d'Alexandrin à 
Castagna, de Blois, le 22 février (cit. ihid., et dans : Gachard. Bull, de la 
Comm. roy. d'ilist., III" sér., t. XI, p. 7S). Dans un post-scriptum que, le 20, 
11 ajouta h sa lettre, l'etrucci dit (lue « il cardinal Alessandrino parti hieri... 
con... il vescovo Salviati ». Il doit y avoir h\ une erreur ; car, dans sa lettre 
i\ Castagna du 24 février, Fraugipani spécifie bien que « Sua Signoria Illus- 
trissima questa matina... si c partita di qu(>sta corte verso Italia «. En tout 
cas. Alexandrin était le G mars à Lyon (Rome, Bibl. Corsini, ms. r>Oô, f» 
63 V"). C'est de là qu'il écrivit à Rusticucci une lettre où l'on a voulu voir 
la preuve de la préméditation de la Saint-Barthélémy ; on a, en effet, relevé 
que, dans cette lettre. Alexandrin disait assez mystérieusement : « Con alcunl 

partieulari ch'io porto, d(>i quali raguagliero Nostro Signore à bocca, posso 
dir di non partirmi à fatto nuU espedito ^) ; et on a vu dans ces « partieulari » 
le projet du massacre des protestants que le Roi aurait secrètement confié 
au légat. Il suffit, pourtant, de replacer cette phrase isolée dans la lettre d'où 
elle est extraite et cette lettre dans la suite do la correspondance d'Alexan- 
drin pour montrer la fragilité de cette supposition. Dans toutes ses missives, 
depuis son arrivée à la cour, et dans celle-l;1 en particulier. Alexandrin n'avait 
cessé de se plaindre des mauvaises dispositions de la cour de France et de 



90 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Après son départ, les protestants relevèrent la tête {^) : à 
leur instigation, fut signé le traité de Blois, du 19 avril, par 
où la France et l'Angleterre concluaient une alliance défen- 
sive {-) ; ils cherchaient à rendre cette amitié plus étroite 
encore en négociant le mariage d'Elisabeth avec le duc d'Alen- 
çon, le plus jeune frère du Roi (3). Goligny voyait chaque jour 
grandir son influence ; la guerre contre l'Espagne paraissait 
prochaine : une flotte sous Philippe Strozzi appareillait, 
croyait-on, vers les Pays-Bas (^) ; avec la complicité du Roi, 
des troupes franchissaient la frontière du côté des Flandres 
pour prêter la main au prince d'Orange et aux Gueux. Enfin, 
le mariage de Navarre était définitivement décidé : tout le mois 
de mars s'était passé à combattre sans succès l'obstination de 
Jeanne d'Albret qui ne voulait toujours pas entendre parler du 
moindre cérémonial catholique, mais la diplomatie de Louis 
de Nassau était pai-venue à vaincre celte intransigeance {^). 

II semblait que ce fût la ruine de toute la politique de Pie V 
et qu'il ne pût pas y survivre: quand le cardinal Alexandrin 



d(?claror que sa mission n'avait aucune chance de succès. Pour ne point 
paraître trop pessimiste, il concède que, sur quelques points, il a obtenu 
satisfaction :• la paix semble, jusqu'à nouvel ordre, assurée entre la France 
et l'Espagne; les craintes que pouvait faire naître l'alliance anglaise sont dissi- 
pées, etc. S'il ne s'explique pas sur ces « particulari », c'est sans doute que 
le légat, écrivant en cours de voyage un rapide billet au secrétaire d'Etat, 
sp contentait d'indiquer en quelques mots l'insuccès relatif de ses négociations, 
sans entrer dans le détail. Baumgautex, Vor (1er Bartholomcimii^nacht, pp. 130- 
135 et Xachtraff zvr Oeachichte der Bartholomàtisnacht, pp. 396-397, arrive 
aux mêmes conclusions que nous ; il juge avec raison fort suspecte la rela- 
tion du voyage d'Alexandrin, attribuée au futur Clément VIII (Hipp. 
Aldobrandini), qui, grâce au témoignage tardif du cardinal d'Ossat, a long- 
temps fait autorité, mais semble bien avoir été fabriquée après coup. Il faut 
noter que rien, dans les lettres d'Aldobrandini au nonce Castagna, ne vient 
corroborer les propos qu'on lui prête dans ce document. 

(1) Sur tous les événements politiques dont il sera brièvement parlé à la 
fin de ce chapitre, cf. le bon exposé qu'en donne Hermann Batmcarten dans 
son Vor der Bwrtholomàusnachf, pp. 135 sqq. 

(2) Du Mont, Corps diplomatique..., t. V, pp. 211-215. Voy. aussi la 
lettre du comte de Saint-Paul au duc de Savoie, du 16 février (Arch. de Turin, 
lettre di ministri, Frarvcia, mazzo 3) et celle de Petrucci au prince de Flo- 
rence du 17 avril (Desjardixs, op. et loc. cit., pp. 766-767). 

(3) Petrucci au prince de Florence, du 17 avril (Desjardixs. op. et loc. 
cit. p. 767). Voy. aussi Baumoartex, op. cit., pp. 148-149. 

(4) Petrucci au prince de Florence, du 22 avril (DES.TAunixs. op. et loc. 
cit., pp. 770-771) ; l'abbé de Santo Solutore au duc de Savoie, de Rome, le 
18 avril (Arch. de Turin, Rotna, mazzo 6). 

(5) Le comte de Saint-Paul au même, do Blois. le 27 février (Ibid., Fran- 
cia, mazzo 3) ; Petrucci au prince de Florence, des 7, 16, 19 et 30 mars et 
du 4 avril : l'évêque de M.'icon à Salviati. du 15 avril (Desjardixs, op. et loc. 
cit.. pp. 752-753, 754, 756, 760-761 et 763-766). 



PIE V ET LA POLITIQTE DE CHARLES IX 91 

revint à Rome à la fin de mars (i), il trouva son oncle ma- 
lade (2) au point quïl remit à plus tard do lui rendre compte 
de sa légation (^) ; mais, loin de diminuer, le mal empira et, 
le 1" mai, Pie V mourut (-*). 

Le cardinal Buoncompagno, élu et proclamé sous le nom de 
Grégoire XIII avant que les cardinaux français et espagnols 
eussent eu le temps d'intervenir au conclave {^), déclarait 
vouloir continuer la politique de son prédécesseur ; toutefois, 
se conformant à l'usage, il renouvela le personnel diploma- 
tique. Le nonce d'Espagne, Castagna, fut rappelé le premier ; 
Frangipani, contre qui les attaques des Florentins avaient 
redoublé de vigueur {^), crut pourtant, un moment, qu'il serait 



(1) Le cardinal Alexandrin arriva le 26 mars à Rome (Ferrais au Roi, de 
Rome, le 30 mars 1572: Bibl. Nat., ms. fr. 16.040. t° 50). Sur son itinéraire, 
cf. la lettre de Cavalli au doge, du 24 février (Ibid., ms. ital. 1727, f» 346). 

(2j L'ambassadeur de France donne de longs détails sur la maladie du 
pape dans ses dépêches au Roi ; dès le 30 mars, il ne cache pas son inquié- 
tude (Ibid., ms. fr. 16.040, f° 50, r° et v") ; le bruit courut même pendant la 
Semaine Sainte que le pape était mort ; Pie V, par un effort de volonté et 
contre l'avis de ses médecins, voulut se montrer encore au peuple le jour de 
Pâques et lui donner sa bénédiction ; il faut lire dans la lettre de Ferrais 
au Roi du 8 avril le récit de cette scène émouvante (Ibid., f° 55). 

(3) L'ambassadeur de France, par suite de la maladie du pape, ne put 
davantage avoir un entretien avec le cardinal Alexandrin à qui le Roi l'avait 
chargé de remettre un diamant et d'annoncer le don d'une abbaye. Il lui 
revint pourtant que le légat avait été sensible au bon accueil qu'il avait reçu 
en France (Ferrais au Roi, de Rome, le 30 mars 1.572 : Bibl. Nat., ms. fr. 
16.040. fo 50 v"). 

(4) L'abbé de Santo Solutore au duc de Savoie, des 4 et 7 avril (Arch. de 
Turin, loc. cit., Roma, mazzo 6) ; Frangipani au cardinal Farnèse, du 9 mai. 
(.Arch. de l'Etat à Naples, Carteggio Farnesiano, fascio 187). 

(5) Sur le conclave d'où sortit l'élection de Grégoire XIII, cf. P. Herre, 
Papsttum und Papstwahl im Zeitaltcr Philipps II, pp. 192 sqq. — Le roi de 
France faisait campagne pour le cardinal de Ferrare ; les Espagnols étaient 
plutôt partisans de Farnèse à qui, cependant. Charles IX n'était pas nettement 
hostile. A l'annonce de la mort de Pie V, Frangipani avait demandé au Roi 
de soutenir la candidature de Farnèse (Charles IX à Ferrais, du 19 mai : 
Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, p. 100, n. 1 ; Petrucci au prince de 
Florence, des 23 mai et l"' juin: Desjardixs, op. et loc. cit., pp. 775-776; 
Arch. de Florence, Medicco, filza 4.601, f" 149). 

(6) Les attaques contre Frangipani avaient violemment recommencé à 
l'arrivée de Salviati à la cour où l'on pensait qu'il venait remplacer l'évêque 
de Caiazzo (le baron de Ferrais au Roi, de Rome. le 12 février : Bibl. Nat., 
ms. fr. 16040, f» 28 ; instructions du même à son neveu Beauville, du 1" 
mars : IMd., f 37) ; quand, h son tour. Alexandrin fut en France, tous 
les ennemis du nonce allèrent porter leurs dénonciations au légat ; mais la 
Reine-mère soutint constamment Frangipani et prit sa défense auprès d'Alexan- 
drin (voy. entre autres les lettres de Salviati au prince de Florence, du 
"3 novembre 3 571, du Grand-Duc à Salviati, du 2 décembre: Arch. de Flo- 
ronce. Mediceo. fiha 56, f 100; d«^ Petrucci au prince de Florence, des 
17. 21. 24, 28 décembre 1571, 14 et 31 juillet 1572, 11, 14, 18, 23 février. 



92 LA POLITIQUE DR SAINT PIE V EN FRANCS 

maintenu; mais, le 11 juin, il fut rappelé à son tour et son 
ancien rival, l'évêque Salviati nommé à sa place (i). Ce dernier 
arriva à Paris dès le 24 (2), mais, sur son désir, ne prit pas 
tout de suite ses fonctions : Frangipani eut seulement son 
audience de congé le 16 juillet (s) et ne partit pour l'Italie 
que le 29, comblé de présents du Roi et de la Reine (^j . 

La situation était un peu plus favorable aux catholique^ qu'un 
mois auparavant (■^) : la mort imprévue de Jeanne d'Albret 
venait de porter un coup terrible au parti de la Réforme dont 
elle était l'âme ; le duc d'Albe avait aux Pays-Bas repris l'avan- 
tage et le roi de France renonçait à ses projets de guerre contre 
l'Espagne. En revanche, la Ligue contre les Turcs n'avait pas 
survécu à Pie V, son auteur; et, en dépit de l'opposition du 
nouveau pape qui refusait la dispense avec autant de persis- 
tance qu'avait fait l'ancien, le mariage de Navarre était à la 
veille de se conclure. Les Réformés affluaient à la cour; l'Ami- 
ral y paraissait tout puissant. Rien ne laissait présager la nuit 
tragique où, moins d'un mois après, allait couler le meilleur 
sang du protestantisme français. 



Pie V eut-il quelque part à ce grand drame ? C'est la question 
qui se pose naturellement, à l'issue d'une étude consacrée à sa 
politique française. Et c'est pourquoi il nous faut, après tant 

4, 7, 16, 24 et 31 mars, 4 avril, etc. : Ibid., filza 4.600, f»s 3-59-360, 368 V- 
369, 376, 384; filza 4.601, fo^ 12 vo-14, 16-19, 23, 42, 51, 54, 58, 65, 70 et 
75, etc.). 

(1) Brefs de Grégoire XIII, du 11 juin (Arch. Vat., arm. 44, Ub. 21, f" 59 
T° et V). 

(2) Petrucci au prince de Florence, du 2G juin : Arch. de Florence, loc, 
cit., f°' 171-173. 

(3) Le même au même, du 16 juillet : liid., f» 201 V ; Salviati au car- 
dinal Buoncompagno: Arch. Vat., Francia, rey. 5, pp. 65 et 66. 

(4) Guido Lolgi au cardinal Farnèse, du 21 juillet : Arch. de Naples, 
Farnesiano, Francia, fascio 1S6 ; Salviati au cardinal de Côme, de Taris, 
le 21 juillet : Arch. Vat., loc. cit., p. 67 ; Petrucci au prince de Florence, des 
23 et 31 juillet : Arch. de Florence, loc. cit., f°^ 209 et 213 v". 

(5) Sur la situation politique dans les derniers temps de la mission de 
Frangipani, voy. entre autres les lettres de ce nonce au cardinal Farnèse, 
de Paris, le 20 juin (Arch. de Naples, loc. cit., fascio 18"), au nonce d'Espa- 
gne Castagna, du 28 juin (Arch. Vat, Nunz. di Spagna, reg. 2, f» 296), au 
cardinal de Côme, du 29 juin (Ibid., Nunz. di Francia, reg. 5, p. 38), au car- 
dinal Buoncompagno, de la même date (Ibid., p. 40), au même, du 4 juillet 
(Ibid., p. 44). Voy. aussi Phillipson, op. cit., pp. 121 sqq. 



PIE V ET LA l'OLITIQl E DE CHARLES IX 93 

d'autres (i), essayer de jeter un peu de lumière sur le mystère 
de la Saint-Bartliélemy, sans que nous puissions prétendre y 
réussir mieux qu'eux; il y aura toujours quelque chose d'inex- 
plicable dans les mobiles de l'acte de Charles IX et de Catherine 
de Médicis; peur, jalousie, orgueil blessé, rancunes longtemps 
contenues, mais jamais oubliées, ont agi avec plus de force sur 
leurs âmes médiocres que le zèle religieux et la raison d'Etat; 
il est difficile, presque impossible, de faire la juste part de ces 
sentiments troubles. Contentons-nous d'examiner les résultats 
auxquels la critique historique est parvenue, tout en nous 
maintenant dans les bornes prudentes de la vraisemblance 
psychologique. 

Les auteurs renoncent généralement à faire remonter à plu- 
sieurs années en arrière la préméditation de la Saint-Barthélé- 
my; imaginer qu'à l'entrevue de Rayonne, la Reine-mère ait 
comploté avec Philippe II l'anéantissement de l'hérésie et que, 
dès lors, telle ait été sa constante et secrète pensée, c'est là une 
hypothèse qui peut séduire encore un romancier, mais plus un 
historien. 

En revanche, il est permis de se demander si, dès la signature 
de la paix de Saint-Germain, n'était pas formé le plan qui devait 
être exécuté deux ans plus tard. Cette paix, elle-même, n'aurait- 
elle pas uniquement visé à endormir la confiance des protes- 
tants pour les faire plus sûrement tomber dans le piège qui les 
guettait ? 

Plusieurs textes semblent, au premier abord, venir confirmer 
cette opinion. Il se murmurait à la cour, vers la fin d'août 1570, 
que la paix, à peine signée, serait éphémère (-) ; le Roi cher- 
chait, croyait-on, à débarrasser le Royaume des bandes étran- 
gères, à désagréger les forces protestantes, mais n'abandonnait 
nullement son dessein primitif de les détruire (3); lui-même 



(1) On ne saurait songer ft donner une liste, même sommaire, des innom- 
brables travaux suscités par la question de la Saint-Barthélémy. Le lecteur 
trouvera l'iudication des plus récents et des plus utiles dans notre BiMiogm- 
phie. M. l'abbé Mautin, dans s'on ouvrage sur le Gallicanisme et la Réforme 
catholique, pp. 105 sqq.. publie des documents inédits tirés des Archives 
Vaticancs et d'oii il ressort nettement que, si la Saint-Barthélémy fut peut- 
être préparée d'assez longue main.' Rome n'en fut instruite qu'après coup. 

(2) Cf. la feuille de chiffres envoyée par Frangipani il Rusticucci le 
30 août 1570 (Arch. Vat., Nunz. di Francia, reg. 4, f» 33). 

(3) On se résignait, disait-ou, à « dissimulare et lassare scorrere moite 



94 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

laissait entendre au nonce qu'il n'était pas sans arrière-pensée. 
Un se souvient enfin que, dans les derniers mois de la même 
année 1570, ces vagues propos parurent prendre corps et qu'un 
projet d'assassinat de l'Amiral et des principaux chefs calvi- 
nistes fut quelque temps envisagé. 

Faut-il en déduire que, non seulement Coligny, mais l'en- 
semble des réformés français furent dès cette époque condam- 
nés à mort et que la Reine-mère poursuivit, sans se laisser 
détourner, son sinistre dessein ? Une telle conclusion serait 
bien hâtive et peu conforme aux données de l'histoire. Pour 
expliquer les conditions avantageuses reconnues aux pl'otes- 
tans par la paix de Saint-Germain, point n'est besoin d'imaginer 
tout un plan machiavélique: l'état des finances, le caractère irré- 
solu du Roi, la politique de balance constamment suivie par sa 
mère en sont les raisons principales et dix textes prouveraient 
le désir sincère de Charles IX que la paix fût durable {^). Si 
pressé de questions et d'objurgations par le nonce,il insinue qu'il 
a son plan secret et que le temps en montrera les effets, c'est là 
manière commode d'excuser son apathie et le nonce ne s'y mé- 
prend pas (2) ; Pie V, non plus, du reste, et il ne relâche en rien 
son opposition à la paix impie. Il connait le tempérament 
velléitaire du jeune Roi, le caractère astucieux et compliqué de 
la Reine-mère; aussi, quand il les voit comploter l'assassinat des 
chefs protestants, il se doute bien que ce projet sera aussitôt 
abandonné que conçu. Qu'à la fin de 1570, Catherine de Médi- 
cis et son fils, tout en cherchant à maintenir une sorte de trêve 
entre Réformés et catholiques, aient parfois songé, au cas où 
les premiers auraient voulu prendre dans l'Etat un trop grand 
pied, à se débarrasser des principaux partisans par un coup de 
surprise, le fait n'a rien d'invraisemblable ni de contraire aux 
mœurs du temps. C'est la même pensée qui, un an et demi plus 
tard, inspirera la Saint-Barthélémy, mais rien, dans la suite 
des événements historiques, ne permet de croire à une machi- 
nation continue contre les protestants, fort peu compatible, au 



cose à fine di potcr ricuperare alcune piazze, cacciar via I' armi forestière 
et (lisgregar questo corpo, havendo in tutte le cose sempre l'occhio à un 
bon fin » (le même au même, de Paris, le. 12 septembre 1570 : Ibid., t" 41). 

(1) Voy. entre autres la feuille de chiffres citée plus haut, le rapport de 
la mission de Bramante, etc. 

(2) Le Roi, pense Frangipani, a parlé de la sorte « per acquetarme ». 



PIE V ET LA POLITIQUE DE CHARLES IX 95 

surplus, avec l'irrésolution du Roi et l'opportunisme de sa mère. 

Admettrait-on même ce complot dont les documents ne con- 
tiennent pas trace, qu'il serait bien aventureux d'y chercher 
la main de la papauté. Pendant toute l'année 1571 et jusqu'à la 
mort de Pie V, la cour de France, on l'a vu, échappa de plus en 
plus à l'action du Saint-Siège. Si le Roi parut un instant capable 
de suivre avec persévérance une ligne politique, ses desseins 
allaient précisément à rencontre de ceux du Souverain Pontife: 
le mariage de Navarre, le rappel des protestants à la cour, les 
préparatifs de campagne aux Pays-Bas contre l'Espagne, autant 
de sujets de grave inquiétude pour le pape; comment, dans le 
même temps où il s'efforçait péniblement à combattre les nou- 
velles tendances du Roi et où la mission d'Alexandrin n'aboutis- 
sait, somme toute, qu'à un échec, eût-il pu songer à préconiser 
une mesure aussi extrême que le massacre concerté, non plus 
seulement de l'Amiral et de quelques chefs importants, mais de 
toute la masse des protestants français ? 

S'il fût mort quelques mois plus tard, eût-il du moins blâmé 
cet acte que rien ne pouvait lui laisser prévoir ? De telles ques- 
tions sont aussi imprudentes que vaines; on peut cependant 
croire que tant de sang versé ne l'eût pas satisfait, puisque nul 
bien n'en devait résulter pour l'Eglise. 

C'est par d'autres moyens que lui-même voulut la servir. 
Dans quelle mesure il y réussit, c'est ce qu'il importe, comme 
conclusion à cette étude, de se demander. 

Tous les actes de Pie V tirèrent leur inspiration d'une idée 
maîtresse qu'il mit toute son énergie à faire triompher : l'union 
des peuples catholiques contre l'Islam et contre la Réforme. 
On a dit bien souvent que ce programme trop théorique et trop 
absolu était voué à un échec certain : les temps n'étaient plus 
où toute l'Europe, autour d'un Urbain II, d'un Innocent III, 
se levait pour combattre les Infidèles ou les hérétiques ; divisée 
maintenant par mille intérêts contraires, elle devait rester 
sourde à la voix d'un pape qui lui prêchait la concorde et 
l'unité des efforts. 

Certes, il y avait quelque chose de chimérique dans les vues 
de Pie V, mais il s'en faut qu'il ait échoué complètement. Si la 
mort n'eût pas prématurément interrompu son œuvre, peut- 
être la victoire de Lépanle eût-elle eu des lendemains plus 



96 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCK 

glorieux encore ; elle ne fut cependant pas sans effet et mar- 
qua pour la puissance turque le début d'une lente, mais irré- 
médiable décadence. 

De même, en France, ses interventions ne restèrent pas 
vaines. Jamais plus que sous ce pontilieat, le protestantisme ne 
chercba par tous moyens à supplanter la religion romaine et 
jamais, peut-être, il n'en fut plus près : non seulement les 
réformés d'Angleterre, d'Allemagne et des Pays-Bas soute- 
naient leurs frères de France, mais il n'était pas jusqu'à l'ambi- 
tieux égoïsme des catholiques, jusqu'à la politique froidement 
réaliste d'un Gosme de Médicis ou à la bonne volonté sans 
expérience du jeune Roi qui ne fussent pour les protestants 
autant d'appuis précieux. 

Pour lutter contre toutes ces difficultés, Catherine de 
Médicis et le pape apportèrent la même persévérance; mais 
que leurs moyens étaient différents! La Reine-mère comptait 
sur la ruse, formait des plans compliqués dont les événements 
venaient trop souvent rompre la fragile combinaison. Pie V, 
dont le prestige moral s'imposait à ses adversaires eux-mêmes, 
haïssait la dissimulation et les moyens détournés ; jamais il 
ne cacha son désir de détruire en France le protestantisme et il 
poursuivit son but sans relâche; par l'exemple, par les conseils, 
il parvint à entraîner la plupart des princes catholiques à venir 
sur les champs de bataille français soutenir la cause de l'Eglise. 
Les Réformés, il est vrai, se relevèrent de ces coups, essayèrent 
même de reprendre l'offensive ; mais, combattus sans trêve par 
Pie V, ils virent leurs espoirs déjoués et ne parvinrent pas à 
s'emparer du pouvoir qu'ils convoitaient, ni même à rompre 
par une guerre avec l'Espagne la paix catholique dont le pape 
avait été l'infatigable artisan. 

Pie V n'avait pu, en un court pontificat de six années, frap- 
per à mort la puissance musulmane, ni abattre à jainais la 
Réforme française. Du moins, de l'une et de l'autre, il arrêta 
d'un coup lâs progrès. 



DOCUMENTS *" 



1566, 17 décembre. 

Michel della Torre, nonce de France 
[au cardinal Alexandrin, secrétaire d'Etat]. 

Le nonce blâme la méfiance qu'éprouve Philippe II envers le roi 
de France et sa mère et qui les a contraints à prendre des mesures 
de sûreté à la frontière de Piémont, lors du passage de l'armée espa- 
gnole envoyée en Flandres. 

A, original perdu. 

B, extrait contemporain (2) : Arch. Vaticanes, Nunz. di Spagna, 
reg. 1, f" 76. 



(1) On trouvera ci-après en copies intégrales, en extraits ou en analyses, 
les lettres échangées entre la secrétaireiie d'Etat et les nonces de France sous 
le pontificat de saint Pie V, celles du moins que nous avons pu retrouver, car. 
on s'en souvient (vide supra pp. 4 sqq.), la plupart ont disparu. Voici 
quelles règles ont guidé notre choix : nous donnons in-extenso les lettres 
chiffrées ou secrètes et analysons les lettres en clair; mais, de ces dernières, 
nous ne manquons pas de reproduire en notes les passages les plus intéres- 
sants pour l'histoire générale ; il en est même deux ou trois, particulière- 
ment importantes, où nous n'avons cru devoir faire aucune coupure. 

(2) Cet extrait, que l'on trouvei'a intégralement ci-dessous, fut commu- 
niiiué par le cardinal Alexandrin au nonce d'Espagne dans une lettre datée 
de Rome, le 1.3 janvier 15G7 (Arch. Vat, Toc. cit., î° 75 v°) et est daté par 
en-eur du « XVij di Xbre del LXVij » ; les événements dont ce document 
fait mention obligent à le dater de la fin de 1566. En voici le texte : 

« Non ci è cosa che più mi molcsti, senon la diffidenza che mostra havcre 
ô poca stima che mostra farc da un pezzo in quà il Rè catolico di questa corona, 
essendo che non solo non ha accettato la corteso offerta cho queste Maestà 
li ferono del passo per il lor rvgno con ogni commodià et honore, ma non 
ha ne anco mai communicato con loro, no fattole motto ô cenno alcuno di 
questo suo passaggio, dove prima si solean communicare l'un l'altro ogni 
cosa insieme. Talche quoste Maestà se la lor buona volontà, l'intéresse uni- 
versale et la sodisfattion particolare di Nostro Signore non fosse, haveriauo 
anch' esse caglone d'havor poca confidenza in Sua Maestà Catholica. Pur 
non si manca, ne si niancaril mai de cercare di tonerle conservate in buon 
proposito et con tutto che lo habbino, nondimeno, second© che ogni pru- 
dente principe faria et suol fare in simili casi, hanno deliberato d'assoldar 
VI"' fanti et raddoppiar le guardic aile frontière, di che havrà carico prin- 
cipale il s»' Ludovico lUrago in Piomonte pcr rispetto di questo passaggio. » 



98 * LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EX FRAXCE 

1567, 16 octobre^ S' Pierre de Rome. 
Pie V A Michel della Torre. 

Lettre secrète : Précautioiis à prendre touchant le messager. — Sen- 
timents éprouvés par le Pape à l'annonce de la surprise de Meaux. 
-^ Recommandations à faire au Roi et à sa mère : l'appui du pape 
ne leur manquera pas; mais qu'auparavant ils chassent tous les 
Huguenots de la cour, qu'ils prouvent leur ferme volonté de châtier 
les rebelles; que le Roi se rapproche du duc de Savoie et ait con- 
fiance dans les chefs du parti catholique. — Le Pape lui enverra 
au moins 3,000 soldats, si le Roi peut assurer leur transport par 
mer. — Le Pape, sur la demande de Rucellaï, a concédé au Roi une 
demi-annate, mais ne consent à l'aliénation de biens d'Eglise que si 
le Roi fait acte sérieux de volonté. — Que le cardinal Santa Croce 
unisse ses efforts à ceux du nonce pour empêcher tout accommode- 
ment avec les protestants. 

Post-scriptum : Le nonce devra demander l'avis de l'ambassadeur 
d'Espagne. Tous deux promettront au Roi des secours militaires 
importants, s'il mène la guerre avec vigueur. 

A. original perdu. 

B, minute : Ardi. Vaticanes, Nunz. di Francia. reg. 282, f"' 4-5 (1). 



Venerabilis frater, etc., 

Mandiamo il présente à posta, ma secreto per il pericolo 
délie strade et lo tenerete secreto quanto più potrete, facendolo 
alloggiare fuori di casa yostra, acin che altri clie voi non 
venissero in cognitione di sua persona. 

Quelle supra... (2) qualmente à X del présente, arrivarono 
quà diverse lettere di Leone et particolarmente quelle del signor 
Birago (3), governatore di essa città, quali ne diedero maggior 
dolore che habbiarao forse havuto à giorni nostri, intendendo 
la générale congiura delli Ugonotti di quel Regno, fatta contra 
de Gatholici et principalmente contra la persona di Sua Maestà 
Christianissima, Madré et fratelli (4) ; ma, arrivando poi il 
lunedi seguente à 13 Annibale Rucellai (5) con lettere di Lord 
Maestà che ne rendevano certi della sicurezza di loro regale 



(1) En tête de B : « Al nontio di Francia. ditata da Nostro Signore et 
spedita per corriero espresso ». 

(2) L'encre a rongé le papier et rendu ce mot illisible. 

(3) Uené do Birague, alor-s gouverneur de Lyon. 

(4) Il s'agit de la surprise de Meaux (r. supra, p. 22i. 

(5) Sur ce personnage, v. supra, p. 23, n. 1. 



DOCUMENTS 99 

persone, rendissimo le dovute gratie, quanto à noi fu possibile, 
alla Dlviiia Maestà et ordinassimo che per tutte le cMese et 
monasteri si faccessero orationi per Loro Maestà et tranquillilà 
di quel Regno. 

Et, perche esso Rucellaï non porto lettere vostre, rimanessi- 
mo alquanto admirativi, onde ne è parso di mandarli il pré- 
sente (1) et haveressimo mandato qiialche personaggio quale 
fusse comparso avant! Loro Maestà; ma, intendendo esserli 
poca sicurezza del viaggio, non n'è parso di esponere persona 
di portata à taie pericolo fin tanto che non saremo chiari délia 
sicurezza de' viandanti. 

Hora, voi farete sapere à nome nostro à Loro Maestà che 
voglino havere Dio, di cui principalmente è la cosa, per 
principale confidente, che il tutto li sucederà hene, ma facci 
intendere principalmente à Sua Maestà Christianissima che, 
se noi li potessimo dare aiuto con il proprio sangue, lo fares- 
simo molto volentieri et che non li mancaremo di tutto quello 
aiuto à noi possibile. 

{f° 4 v°) Ma, prima, che li voliamo dare quel paternali ricordi 
de quel pare che siamo debitori per il carico et loco che teniamo. 

Et prima, et principalmente, come scriviamo anchora alla 
Maestà del Rè, li farete intendere che vogli scacciarsi tutti li 
Ugonotti d'attorno, ne haverli in nesun modo ne' loro consegli, 
non solo non li voglia comportare in caméra, ma ne anco nel 
suo palazzo, perche non li daranno buon conseglio, anzi faran- 
no sapere il tutto alli rebelli di Lor Maestà- di che si possono 
molto bene accorgere, essendo, oltra la guardia di esse Maestà, 
il popolo di Parigi tanto fidèle et numeroso che loro soli 
potrebbero dare da temere à essi rebelli, et non di meno se ne 
stanno tanto sicuri vicino à essa città di Parigi, et questo non 
è per altro salvo, o per li avvertimenti che li vengono dati da 
quel che fanno i conseglieri di Sua Maestà (2). 

Et, si come noi havemo animo non solo di aiutare seconde 
la possibilità nostra, ma anchora di pregare et essortare altri 
principi à fare il medesimo, volemo prima intendere se Sua 
Maestà Christianissima è pur deliberata di volere punire et 



(1) Deux jours après qu'il eut envoyé au nonce ce message secret, le Pape 
confia à Rucellaï une lettre, plus courte et plus vague que celle-ci ; on en 
trouvera l'analj'se plus loin. 

(2) I-o pape précisa ses accusations dans la feuille chiffrée du même 
jour. 



100 LA POLITIQIE DE SAINT PIE V EN FRANGÉ 

casfigare essi ribelli si come conviene alla grandezza de Sua 
Maestà, overo pensa à persuasione di chi si sia, étiam di Mad-a- 
ma propria, di lassarsi persuadere d'adurli à qiialche concor- 
dia, perche, in caso di concordia, noi non potiamo ne vogliamo 
darli aiuto alcuno, acciô che, credcndosi noi di aiutare cathn- 
lici, non venissimo al aiutare Ugonotti, con poca dignità nostra 
et di quella Sacra corona, si come si dice che l'aiuto dato da' 
Pio 4° (1) s. m. (2) divenne aile mani di essi Ugonotti est che 
loro ne hebbero più utile che Loro Maestà ne il bene publico di 
quel Regno. 

if° 5) Farà anchora sapere à Sua Maestà Ghristianissima che 
noi stimaressimo molto si fusse sei^vita dal signor duca di 
Savoia, quai crediarao li saria molto fidèle, dal duca di Mom- 
pensiero et dal 4uca di Nemurs, di Monsignor di Monluch il 
catholico (3), Monsignor di Omala, nominandoli altri che da 
voi siano conosciuti catholici, et che non habbino aderenza 
alcuna ad heretici, dicendoli anchora noi habbiamo alcuni sud- 
diti nostri che noi li mandaressimo fino al numéro almeno di 
tre milia pagati à nostre spese- delli quali potrà confidarsi che 
gèrent hella Domini et di più numéro ci sforzaressimo mandarli 
quando fusse grato à Sua Maestà, mentre peré che mandi le 
sue galère che li levino da Gività Vecchia sin' à Marsilia, ô à 
Tolone, overo dove li parera meglio et più espediente; et 
quando non potessero mandare le loro galère, di servirsi di 
quelle de Sua Maestà Gatholica: et se sono più cavalieri quai 
contendendo i nostri travagli per taie conto preso cbe si sono 
proferti di aiutarne con la vita et facultà proprie. 

{f° 5 v°) A richiesta di esso Anniballe, fattaci à nome di Loro 
Maestà, havemo concesso che si possino essigere la meta de' 
frutti di tutti i beneficii ecclesiastici, etiandio de' cardinali. Ne 
adimandava anchora di potere alienare parte de' béni mobili 
délie chiese, ma, ricordandosi che, per l'altra rivolutione, ne 
f urno alienati in notabile numéro, ne è parso di non concederlo 
se prima non vediamo che Sua Maestà Ghristianissima facci 
da dovero, perche in taie caso venderessimo anco la persona 
propria (4). 

(1) Lors de la pivmière guorre civile, en 1562. 

(2) Sans dmito: Sanctae memoriae. 

(3) Le fameux Biaise de Monluc, pour le distinguer de son frfre Jean, 
l'évêque de Valence, suspect de tiédeur aux yeux de Rome. 

(4) Le Pape s'exprime presque dans les mômes teiines, et avec plus de 
force encore, dans sa lettre du 18 octobre citée p. 96, n. 1. 



DOCUMENTS 101 

Si aspettarà la resposta del tutlo qiialo desideramo clie sia 
quanto più presto che mentre che siano le slrade iSiciire, potrà 
espedir un corriero à posta, acciô che potiamo più presto 
spedire i soldati. 

Con qiiesta, riceverete le lettere che scrivemo à Loro Maestà 
et la copia di esse. 

Quando Monsignore il cardinale Santa Groce (1) si ritrovi 
costi, li farete saper che ne sarà grato che voglia retirare Loro 
Maestà di fare qualche impiastramento, non mancando pero 
voi di fare da parte tutti quei offitii quai si scrivono. Intanto, 
vi mandiamo la nostra beneditione. 

Datum RomfB, apud Sanctum Petrum, die 16 octobris 1567; 
anno 2°. 

{f 6) Postscripta. 

Doverete partecipare il negotio con l'ambasciatore di Sua 
Catholioa Maestà, résidente in cotesta corte (2), dioendoli che 
anchora lui appartatamente vogli fare officio con Sua Maestà 
Ghristianissima- et tenerli ricordato che in questa causa, che 
principalmente è di Dio, debba h avère tutta la sua sperawza 
et confidenza in Sua Divina Maestà, et che si guardi bene 
di non •venire à qualche accordo ô impiastramento, come si 
dice nella lettera, perche questo sarebbe un notrirsi la serpe 
in seno et un cadere di maie in peggio (3) ; et che, se Sua 
Maestà farà da dovero, come deve, si pué sperare che da ogni 
banda bavera più genti et altro aiuto di quello che per aven- 
tura si pensa, et principalmente bavera quello di Sua Divina 
Maestà, quale non abbandona mai à chi si confida in lui, et 
con il quale tutte le imprese sucedono felicemente. 



1567, 16 octobre, Rome. 
Le même au même. 

Feuille chiffrée : Le nonce conseillera au Roi de se défier du 
chancelier et du connétable et de donner le commandement au duc 
d'Anjou. — Le Pape enverra en France soit Marc-Antoine Colonna, 

(1) Santii-Croce avait été uonce en France sous Pio IV. 

(2) Don Francés de Alava. 

(3) Ce passage est traduit dans PHinprsox, Bie Rômische Cvrie unâ die 
Bariholomdusnacht, p. 112. 



102 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

50(7 Say^ta Fiore au choix du Roi. — Que la Rcine-mèrc citasse tous 
les Huguenots de son entourage cl s'appuie sur le roi d'Espagne. — 
Le Pape essayera de doubler le contingent iiromis de 3,000 fan- 
tassins; le duc d'Albe pourra en envoyer 4 ou 5,000; le duc de 
Savoie quelque nombre. 

A, original perdu. 

B, minute : Arch. Vaticanes, Nunz. fli Francia, reg. 282, f° 3 (1). 

Traduit avec quelques lacunes : Philippson, Die rômische Curie 
und die Bartholomàusnacht, pp. 111-112. 



Farete sapere solo à Sua Maestà Ghristianissima che non 
si fidi del Gancelliero (2) perche non li darà bnon consiglio. 

Che levi l'armi di mano à Monsignor di Momoransi (3), 
ne si confidi del Gontestabile (4), perche in lui più puô la 
carne che Ghristo ; et che à noi pare, oltra i capitani nominati 
nella leltera et altri che à voi soccoreranno, debba dare le 
armi del generalato al Serenissimo suo primo fratello; che 
hahbi per consultore {sic) i sudetti capitani et che Sua Maestà 
non entri in exercito dove occorresse fare fattione; et non 
dubiti che il Signore Dio l'aiutarà. 

Noi havevamo pensato mandarli, ô il signore Marc Antonio 
Golonna (5) ô il conte Santa Fiore (6), quai sapete quanto 
siano di valore et amati da soldait italiani; perô vederete 
quale di loro sarà più in sodisfattione di Sua Maestà. 

Direte alla Maestà délia Regina che vogli far' un cuor virile 
et che si levi di casa tanto huomini quanto donne Ugonotte, 
che quanto ne hà, tutte sono spie de' rebelli di Loro Maestà. 

Direteli anchora che quelli che li diedero conseglio che 
dovesse licentiare il cardinale di Lorena non la consultorono 
bene. Et che si prevagli dell' aiuto del Ré Gattolico, et noi l'as- 
sicuramo che si potrà confidare, et che se sarà constante, 
facendo virile auimo, ogni cosa succédera bene; ma habbi, 
come si è detto u]i' auimo constante et virile, perche altrimenti, 



(1) En tête de B, on lit: « Cifm dolli 16 di ottobre 1567, ditata da Nostro 
Signore », et, au dos : Cifra al nnntio di Trancia delli 16 di Ottobre 1567 ». 

(2) Michel de l'Hospital. 

(3) François de Montmorency, maréchal de France. 

(4) Le connétable Anne de Montmorency, père du précédent. 

(5) Marc-Antoine Colonna, duc de Paliano, qui, quatre ans plus tard, devait 
s'illustrer à Lépante. 

(6) Ascanio Sforza, comte de Santa-Fiore. 



DOCUMENTS 103 

volendosi fidare di quelli che sono infideli à Dio, si vedrà in 
brève l'ultima rovina et esterminio di Sua Serenissima Casa 
et di quel Regno. 

Anchor che, nelle lettere, scriviamo di 3" fanti, ci sforzaremo 
di mandarne fin' à 6'"; ne potriano cliiedere fin' à 4 ô 5™ al 
signore duca d'Alva (1), che li potrebbe dare S"" Tedeschi et 
2"" Spagnoli, quali, congiunti con Italiani che mandaressimo 
noi, et che potria haver' il signore duca di Savoia, non have- 
ranno paura, di altreLanti che haveranno cuorc di leone 
contra Ugonotti, oltra che Dio favorirà la Religione sua et la 
giustitia. 



1567, 18 octobre, Rome. 

Le même au même. 

Envoi ipar Annibal Riicellaï de la bulle concédant au roi de 
France la moitié des fruits de tous les bénéfices du Royaume pen- 
dant un an, avec interdiction de la délivrer, si Charles IX ne semble 
pas décidé à mener avec vigueur la guerre contre les protestants (2). 

A, original perdu. 

B, minute : Arch. Vaticanes, loc. cit., f° 7. 



H) Sur les préparatifs faits par le duc d'Albe, d'accord avec lo cardinal 
de Lorraine, pour venir au secours du Roi de France, cf. Correspondance du 
Cardinal de GranveUe, éd. Poullet, t. III, p. 86, n. 1. 

(2) Sur les événements auxquels se réfère cette lettre, v. supra, pp. 2.';-?4. 
Voici la teneur du post-scriptum autographe ajouté par Pie V à ce billet, 
(comme il appert de la mention suivante portée sur la minute: « Questo di 
sotto è giunto di mano di Nostro Signore ») : « Vostra Signoria sia t>en' av- 
vertita d'intendere se vi fusse speranza d'accordo, dico di Sua Maestà con 1 
rebelli, et in taie caso, ne espedierete un corriera à posta, ne gli darete esa 
bolla ; ma, quando siate chiaro che si facei da dovere. non solo li darete la 
blla, ma riscoterete 25m scudi, delli quali vi mandiamo le polize incluse, 
con farli sapere che, volendo aiuto de soldati, gli ne mandaremo fin' à 5 ô 
6m et tenetevi ragguagliato di quanto succédera alla giornata et confidatevi 
deir ambasciatore catholico. dicendo anchora à Loro Maestà che non si 
lassino ponere in diffidenza essa Maestà Catholica, da chi gli è poco fedele, 
che trovaranno chi raiutarà con buono et sincero cuore » (f° 7). 



104 LA POLITIQUE DE SAINT l'IE V EN FRANCE 

1567, 22 décembre, [Rome]. 
Pie V A Michel della Torue. 

Accusé de réception des lettres des 14, 22, 23 et 30 noi^cmbre. 
Bien qu'il ait promis d'envoyer 6,000 fantassins, et non l'argent de 
leur paye, et en dépit de la pauvreté de ses Etats, le Pape consent 
à délivrer des lettres pour 12,000 écus d'or; mais il le fait à contre- 
cœur, en pi'ésence des tractations suspectes de la Cour avec Condé. 
— Plaintes violentes au sujet de la politique sans franchise de la 
Reine-mère, politique aussi dommageable à l'Etat qu'à l'Eglise. — 
Le nonce appréciera s'il doit ou non faire exécuter la huile accor- 
dant au Roi une demi-annate ; il fera part des préparatifs mili- 
taires du sidtan et insistera sur les dépenses qui peuvent en résulter 
pour le Saint-Siège. 

A, original perdu. 

B, minute : Arch. Vaticanes, Nunz. di Francia, reg. 282, f° 9 (1). 

Venerabilis frater, salutem, etc., 

Si sono riceYute le vostre delli 14 et 21, 22, 23' et iiltimo ciel 
passato; et, quanto è quello che ne scrivete che quelle Maestà 
desiderano che noi 11 mandiamo denari per pagare 6,000 fanti, 
atteso che Loro Maestà non hanno bisogno di gente, ma' di 
denari, havete da sapere che noi non havemo promesso di 
mandarli denari, ma si ben gente, sin' à 6,000 fanti, il che à 
noi saria stato più facile che à mandarli pur la paga di 
3,000, perche, oltra che sarebbe stata maggiore sodisfattione 
de' nostri sndditi, saressimo anchor' stati aiutati dai nostri 
feudatarii et domicelli, che, con le loro persone et à proprie 
spese, ne haverebbero dato aiuto; et li denari non sono cosi 
facili da essigersi da nostri poveri sudditi, più aggravati di 
quel che loro forse patiscono, et chi scrive ô dice il contrario 
dévia dal vero. Nondimeno, vi mandiamo hora lettere per 
12,000 scudi d'oro ; et li mandaressimo più allegramente 
quando non s'intendesse la marchesa di Rotelin (2) et con- 
tessa vecchia di Tende (3) essere médiatrice trà Loro Maestà 



(1) Ai( dos de li : Al nuntio di Francia, dl 22 di Décembre 1567, dittata 
da Nostro Signore. 

(2) Jacqueline de lîohan. marquise de Rothelin par son mariage avec 
François d'Orléans, et mère de Françoise d'Orléans, deuxième femme du prince 
de Condé. 

(81 Françoise de Foix, veuve depuis 15G6 de Claude de Savoie, comte de 
Tende, était protestante. 



DOCUMENTS 405 

et principe di Gondé per la concordia (1), quale temiamo 
habbia da effettuarsi con iiltimo estermiriio délia casa et di 
Loro Maestà, perche Madama la Reggente non è mai catholi- 
ca ,et più s'è confidata nella propria astutia che nel divino 
aiuto (2) ; et il bando (3) che ne havete mandato, ne sarebbe 
parso buon principio, quando noi per esperienza non ne have- 
simo -visto farne delli altri, non mandat! perô in essecutione 
in qiiella parte che favoriva catholici, ma si bene per quella 
che favoriva gl' heretici. AU' hora, crederemo à loro bandi, 
quando scacciaranno li heretici di casa loro, ma, havendo il 
Cancelliero heretico niavissimo et chiamato il già vescovo di 
Valenza (4) nel loro conseglio et donatoli, per quanto ne 
vienne refferto una badia et altri simili, come vogliono che 
noi crediamo che voglino diffendere {f° 9 V) la Religgione ? 
Anzi ne meno diffenderanno la corona, et si gabbano di lungo 
si pensano che debbano essere fideli à Sua Maestà quelli che 
sono infideli à Dio et alla Ghiesa sua, dalla quale hanno rice- 
vuto il sacro battesimo et altri sacramenti. Perô fairete sapere 
a Loro Maestà il tutto et che, quando vogliano fare quel che 
conviene senza simulatione, che il Signore Iddio li aiutarà, 
ma che, quando vogliano claudicare da doi bande, rimane- 
ranno confuse. Hanno pur l'essempio fresco di Madama d'Aus- 
tria (5) che, confidandosi in Dio, quanto gloriosa et felice- 
mente Sua Divina Maestà habbi prosperato le attioni sue 
nella Fiandra. Et, in oonclusione, fareteli sapere che, qualun- 
que assurdo che faccino, li puô fare securi che non haveranno 
mai più aiuto da alcuno principe catholico, il che molto bene 
verra, in consideratione de' suoi rebelli quali, havuta l'occa- 
sione, potranno più sicuramente effettuare la loro malignità, 
et direteli di più che prendino le parole nostre come parole 
del padre quale hà zelo délia sainte de' figli, et teme, anzi 
vede imminente il pericolo délia loro rovina. 

(1) Sur ces négociations, cf. la lettre de Catherine de Médlcis au duc 
d'Anjou, en date du 28 novembre 1.567 (Lettres de Catheritie de Médicin, 
t. III. pp. 80-81) ; V. supra, pp. 26-27. 

(2) Dans son ouvrage, cité ci-deseus, p. 113, Philippson cite, entre guille- 
mets, ce passage ou, plus exactement, en donne un résumé ; il date par erreur 
le document du 25 décembre. 

(3) Il s'agit probablement dos lettres patentes du 6 octobre donnant aux 
rebelles trois jours pour se rendre au Roi. sous peine de confiscation de 
corps et de biens (Catalogue gt'néral de la BiM. Nationale, Actes royaux, par 
Ch. IsNARD, t. I", col. 354). 

(4) Jean de Monluc. 

(5) Marguerite d'Autriche, duchesse de Tarme, gouvernante des Paj's-Bas. 



106 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Délia boUa delli mezzi frutti, se voi non vedete che si facci 
da dovero, non la mettete in essecutione, et ritenetela appresso 
di voi, dicendoli di non havere auttorità, salvo in compagnia 
di Monsignor di Lorena. 

Fate anchora l'escusatione con Loro Maestà clie noi liabbia- 
rao avvertimento che è per venire grossa armata del Tiirco, 
quale ci portarà grande spesa, si per diffendere le marine 
nostre, come anchora per sovenire à Malta; et, se la pace non 
segue tra l'Imperatore et il Turco, saremo astretti anchora 
socurrere Sua Maestà Cesarea, qiiale . veramente si dimostra 
molto fervente per la religione catholica. 



1569, 21 mars, Metz. 

Fabio Mirto Frangipani, évêque de Gaiazzo, au cardinal 
Alexandrin, secrétaire d'Etat. 

Le Roi lui a fait passer à minuit la nouvelle, qu'il venait de 
recevoir (1), de la victoire de Jarnac; mort de Condé, quasi-destruc- 
tion de l'armée protestante. — Le nonce, aussitôt levé, a rencontré 
le Roi sortant de la cathédrale où venait d'avoir lieu une cérémonie 
d'actions de grâces (2) ; après avoir félicité Leurs Majestés, il a 
obtenu d'elles la promesse de faire détruire le temple protestant de 
Metz (3). — Revirement des dispositions de la cour (4) ; le duc de 

(1) La nouvelle avait été apportée par M. de Cossé qui put témoigner à 
Frangipani d'avoir vu et touché, au logis de Monsieur, le corps du prince de 
Condé, percé de deux arquebusad^e. 

(2) Cf. la lettre de Petrucci au prince de Florence, de Metz, le 21 mars 
(Arch. de l'Etat à Florence, Mediceo, filza 4.508, f» GO). 

(3) Thiriox, dans son Etude sur l'IiMtoire du protestantisme à Metz... (Nan- 
cy, 1884 ; in-8'>), pp. 156-157, rapporte ce fait, mais lui assigne la date inexacte 
du 4 avril, 

(4) « Questa è stata veramente opra délia sola Ma ['"stAl di Dio che. con 
haver tolto via quel capo il quale. per la autorità et per esser del sangue. 
era il fondamento di tutto questo malo edificio, si tien per fermo che corruet 
simul ciim eo totum edificium et già si vcdeno e odeno qui in la corte novi 
volti e nove parole in tutti, sforzandosi ogni di voler piacere al Rè, il quale. 
questa matina, sulnto uscito di letto. si ginocchi... in terra, rendendo gratie 

h Dio. comandando che ogniuno facesse il .simile e ogniun dice mal di 

Fgonotti e benc di Catolid e insino alla (f° 210) persona mia, ho visto 
ogniun sforzarsi più à fanni più carczze et quel duca di Dupons alqual si è 
fatto iutendere questo soccesso. ricordandoli che i disordini son manchi. questo 
manco Innanzi si portano et che saria il megliore e piii suo debito di ritor- 
narsi già che non vi è più colui à chi volea soccorrere. parlandoli molto 
risentitamente in caso di procedere più oltre ,si crede che debba ritornarsene 
à casa et se pur il peccato lo terra ostinato, si perderà esso con le sue genti 
sensa fallo >. 



DOCUMENTS . 107 

Deux-Ponts n'a plus d'autre parti que de battre en retraite. — Le 
nonce envoie son secrétaire à Borne pour faire connaître tous les 
détails de cette miraculeuse victoire. 

A, original autographe : Arch. Vaticanes, Varia Politicorum, liber 
XXXIII [Miscell. arm. II, n" 34), f 209 (1). 

Publié (en partie) dans: V. de Brognoli, Studi sturici sul regno di 
Pio V, t. II, pp. 60-63. 



1570, 16 août, Paris. 

Le même au cardinal Rusticucci, secrétaire d'Etat. 

Accusé de réception d'une lettre du 17 juillet. — Conclusion de la 
paix le 9 août; on n'en connaît pas encore le texte officiel. — 
Retour de la cour à Paris le 14 août. — Frangipani craint que les 
mesures financières à prendre pour faire sortir les reîtres du 
Royaume ne pèsent lourdement sur le clergé. — Nouvelles de la mise 
en liberté du duc de Norfolk. 

A, original autographe : Arch. Vaticanes, Nunz. di Francia, reg. 4, 
f° 18 r''-v^ 



1570, 19 août, Paris. 

Le même au même. 

Accusé de réception de la lettre du 31 juillet. Envoi d'un exem- 
plaire plus détaillé des conditions de paix. — Remontrances faites 
par le nonce auprès de Leurs Majestés contre cet accord qu'elles 
doivent considérer comme un armistice, non comme xine vraie paix; 
qu'elles s'en servent néanmoins au double profit de la religion et 
de l'Etat; mesures à appliquer d'urgence : réunion des synodes 
provinciaux; développement des écoles chrétiennes {le nonce et 
P. Possevin espèrent que le cardinal de Bourbon voudra bien donner 
l'exemple dans sa proinnce de Rouen); provision des bénéfices à de 
bons catholiques, bien qu'on ait dû accorder la réintégration dans 
leurs bénéfices des anciens titulaii^es qui en avaient été privés pour 
cause de religion. — Le nonce a exposé les efforts du Pape en 

(1) Le papier est déchiré sur les bords, de sorte que la lecture de cci-tains 
passages est hypothétique ou même, parfois, impossible. 



108 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

faveur du mariage de Portugal; a insisté pour que la provision par 
le Pape des bénéfices du cardinal de la Bourdaisière, vacants in 
ciiria fût reconnue valable par le Roi. — Difficultés que le nonce 
éprouve en cette affaire comme en celle de la prieure de Prouille, 
dont la solution est sans cesse ajournée du fait de l'indécision, plus 
que du mauvais vouloir, de Leurs Majestés. — Instance en vue de la 
restitution aux Jacobins de Metz de leur couvent, que le maréchal 
de Vieilleville veut démolir pour les fortifications. — Le nonce a 
obtenu satisfaction pour l'affaire de l'archiprêtre de « Mondevi ». — 
Accusé de réception des lettres du Jubilé, dont une copie a déjà 
été publiée dans tous les diocèses. — Il serait bon d'avoir au Parle- 
ment un avocat du Saint-Siège, pour contrebattre l'influence des 
Réformés qui viennent d'y rentrer; proposition de la candidature de 
l'avocat David. — Le nonce ne manquera pas de se servir de l'in- 
fluence du cardinal d'Esté qui doit venir à la cour. — Il signale 
les sermons dangereux que fait à Lyon, un Augustin, le frère Andréa, 
de Lucques. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., V 19-20. 



1570, 19 août, [Paris]. 

Fabio Mirto Frangipani. nonce de France, 
au cardinal rusticucci. 

Feuille chiffrée: Départ d'un courrier exprès envoyé au cardinal de 
Rambouillet, pour lui donner des détails sur la paix de Saint-Oermain. 
— Le bruit court que le traité comporte des articles secrets, notam- 
ment en ce qui touche la réintégration des Htigiuenots dans leurs 
bénéfices, — Le paiement de la solde des reîtres se fera sur la caisse 
de la ville de Paris, sous la garantie du clergé de France. — Efforts 
des protestants pour que le Roi prenne à sa solde Louis de Nassau; 
efforts contraires du nonce, qu'il espère fructueux. — Nouvelles de 
la cour : situation du duc de Guise, du cardinal de Lorraine, de 
Monsieur, du chancelier, etc. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement : Arch. Vaticanes, Nunziatura di Francia, reg. 
4, f" 21-23 (1). 



Questa raattina con un corriero espresso à Monsignor Illus- 

(1) En tête- de B : « Cifra di Frauda di 19 di Agosto 1570». 



DOCUMENTS 109 

trissimo di Rarabogliet (1), hanno dato aviso et particolare 
conto di questa pace (2). Si lia opinione clie, cosi corne nelli 
capituli messi fuora non si fa mentione di pagamento di 
denari et pur si pagano, cosi vi possa essere à parte qualche 
altro capo et particolarmenle quello di reintcgratione de be- 
nefitii ecclesiastici, di che ci andremo awedendo alla pra- 
tica, spetialmente in qnelli di Sciattiglion (3) clie sono in 
persona de cardinali Borbone, Pelvé et di un nipote di Loreno. 
Li denari che si pagano alli Reitri condotti dalli Ugonotti, 
cio è un millione et otto cento rnilia franchi, pagando di pré- 
sente quattro cento milia, et il resto in un anno, usciranno 
délia casa di questa villa (4), con assicuramento del Glero (/" 21 
v°) sopra l'assignatione di décime che pagano al Rè et, per quel 
che mi hanno fatto fede li cardinali Borbone et Pelvé et li 
sindici istessi del Glero che hanno trattato questa pratica, mi 
assicurano che il pagamento di dette décime che pagano al 
Rè, non viene augmentato di niente, ma che serveno sola- 
mente di assicuramento et che il Rè.rinuntia alla facultà di 
alienatione de béni stabili et à quella che hebbe prima di cin- 
quantamilia scudi de frutti, che ne la una ne l'altra erano 
ancô compile di exeguire. Ne ho dimandato un conto in scrip- 



(1) Ce courrier exprès, nommé I^e Mareschal, arriva à liome le ol août 
et, le 3 septembre, le cardinal de Rambouillet eut audience du pape ; il 
s'attendait de sa part à quelque éclat, mais, ni dans cette audience, ni dans 
une autre du 9, Pie V ne se départit d'un calme qui suri^rit fort l'ambassa- 
deur français (Lettre de Rambouillet, citée dans les Lettres de Catherine de 
Médicis, t. III, pp. .330-331, en note.). 

(2) La paix de Saiut-Gormain avait été conclue le 9 août et publiée au 
Parlement le 11. Le 16, on n'en connaissait pas encore le texte exact : « Se 
ne diede fuora una stampa alisolutamente del atto délia publicatione et di 
una simplice prohibitione per X lègue intorno Parigi, corne Vcstra Signoria, 
lUustrissma vedrA in una che no maudo, senza farsi mentione di altri capi, 
di quali, sino à questo di, non se ne lia vcra notitia. se beu se ne van circun- 
ferendo alcune copie di cosi diferente contenuto che si conosce esser più 
tosto discorsi et capricci di particolari che la veritfi di essi capi » (Frangipa- 
ni à Rusticucci, du 16 août : Arch. Vat., loc. cit., f° 18). Pourtant, Frangi- 
pani put en joindre à sa lettre du 19 « una stampa più particolare » (Ibid., 
f" 19). 

(3) Sur l'affaire des bénéfices du cardinal de Châtillon, v. supra, p. 54. 

(4) « Da hoggi innanzi si attenderà per bon pezzo assolutaniente à pratiche 
pecuniarie, per peter mandai-le queste genti alemane fuora del Regno, le 
quali pratiche... temo che possano facilmente cadere à dosso il questa villa 
e al Clero, La summa che si cerca ô di un millione et 800™ franchi ». (Frangi- 
pani à Rusticucci, du 16 août 1570 : Arch. Vat, loc. cit., t° 18 v»). Le 
fait est confirmé par une lettre de Contarini au doge, du 4 août (Bibl. Nat., 
ms. ital. 1727, f° 183) ; Contarini ajoute ce détail piquant que les Parisiens, 
dans leur mécontentement, auraient pendu en effige l'Amiral. Sur l'intervention 
financière de la ville de Paris, cf. les Registres des délibérations du bureau 
de la ville de Paris, éd. Paul Glérin, t. VI (Paris, 1891, in-4"), pp. 179 sqq. 



110 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EX FRANCE 

to, con il quale ne darè più certo aviso. Questi tristi hanno 
fatto grande sforzo, per che il Rè conducesse alli suoi stipen- 
clii il conte Ludovico (1), fratello del principe di Urange, rnet- 
tendolo in credito, per molto servitio {f 22) clie potrebbe far 
sempre per la parte di Germania, et di molto intendimento et 
inaneggio nelle cose di Fiandra et simili monstri che vanno 
nutrendo, che inlendendolo io, mi son opposto con Loro Maes- 
tà, mostrandoli, oltre l'offesa di Dio et biasrao col monda, di 
condurre un heretico manifesto et loro inimico, il pericolo 
anco délia vita in tenere uno inimico à casa, che, non sendo 
lecito à ribelli suoi di tenerlo, procurano di farlo tenere con 
lo stipendio di Sua Maestà in servitio loro, et li ho messo in 
consideratione il sospetto che si daria al Rè Gatholico et 
occasione forse di qualche rottura con quella Maestà, che 
questi ribelli non seminano mai altro per havere occasione 
de irapatronirsi délie armi sotto il nome d'esso Rè Ghristia- 
nissirao et potere {f° 22 V) travaglîàre et guastare questo 
regno. Veramente, il Rè non ha voluto mai consentirvi et ulti- 
mamente mi ha promesso di non admetterlo, ne ancô à venire 
à farli riverenza, come essi ribelli facevano instanza per dare 
qualche principio à questa introduttione. Il Rè, giornalmente, 
si va rasserenando più con il duca di Guisa, ma non cosi Mon- 
sUr; perô, credero che debba essere assai buona medicina il 
matrimonio che si farà di detto duca con la principessa di 
Porciano (2), che è in punto di farsi di questo mese. Io non ho 
mancato, ne mancarô di farvi tutti quei buoni offitii che 
posso et sostenere questo giovane che veramente è gentile 
signore et di molta espettatione. Ho latto ogni sforzo con la 
Madré perche non lo lasci partire dalla Corte che è à punto 
quel che vorriano li suoi adversarii, (/" 23), ma che si sforzi di 
superare con la constantia et patientia questa adversa fortuna, 
che non son fuor di speranza superaria et cosi dice di voler 
fare. Il Reverendissimo Loreno è anco indisposto et la Regina 



(1) Louis de Nassau. 

(2) Catherine de Clèves, veuve d'Antoine de Croy. prince de Porcien. Une 
des causes principales de la disgrâce des Lorrains avait été le projet, 
caressé par le cardinal, de marier son neveu, le duc de Guise, à Marguerite 
de Valois ; voy. a ce sujet la lettre de Catherine de Médicis à Fourquevaux 
en date du 14 août 1570 (Lettres de Catherine de Médicis..., t. III. p. 329 
330) et celle de Contarini au doge, en date du 20 juillet (Bibl. Nat., loc. cit., 
fo igi yo). En épousant la princesse de Porcien, Henri de Guise donnait la 
meilleure preuve qu'il renonçait à son projet. 



DOCUMENTS m 

însieme con Madama et Monsignor di Alanson sono stati à 
\i.sat.arlo (l). Si aspelta in corte la duchessa di Loreno (2), 
dico la sorella di Sua Maestà Ghristianissima et forse, con la 
veniita di questa principessa, si potriano andar queste cose 
addolcendo. Tutti li appicati sono stati spiccati. Il Gancelliero 
(3) se ne stà ancô cosi et la Regina pur liieri mi disse clie 
non tornerà, ma io son cosi scottato di queste promesse clie 
non vi fô molto fondamento. 



1570, 22 août, Paris. 
Le même au même. 

On ne peut croire que cette mauvaise paix soit durable. — Pour 
obtenir la réunion des synodes provinciaux et la résidence des 
archevêques, il serait utile d'en confier par un bref le soin à Leurs 
Majestés et d! exhorter tout particulièrement le cardinal de Bourbon 
à donner le bon exemple. — Les Jésuites de Lyon ont obtenu pour 
leur collège 24,000 francs à prendre sur les successions de forains, 
en échange de pareille somme qu'ils avaient reçue ,wr les biens 
confisqués des protestants et qu'ils craignaient d'avoir à restituer. — 
Les gens de guerre étrangers sont partis pour la frontière, sous le 
commandement de Coligny et des princes. — Le nonce, dans sa pro- 
chaine audience, s'occupera de la provision des abbayes de feu le 
cardinal de La Bourdaisière (4). 

A, original : Arch. Vaticancs, loc. cit., f" 25 r°-v°. 



1570, 22 août, [Paris]. 

Le même au même. 

Feuille chiffrée : La Reine-mère est allée voir le cardinal de Lor- 
raine; le nonce a su de très bonne source, qu'il avait été question 

(1) La visite de la Reine-mère au cardinal de Lorraine eut bion lieu ; mais 
elle ne fut pas comme semblerait le croire Frangipani. de simple bienveil- 
lance : Catherine de Mt^dicis en profita pour avoir avec le cardinal une expli- 
cation très nette au sujet des bruit de mariage dont nous venons de parler 
à la note précédente (cf. sa lettre du 14 août) et qui lui paraissaient de 
nature à compromettre sa fille aux yeux du roi de Portugal. 

(2) Claude de France, fille d'Henri II. 

(3) Michel de L'Hospital, privé des sceaux en mai 1568, ne dut se démettre 
que le l"""" février 1573 de l'office de chancelier. 

(4) Le cardinal Philibert Babou de La Bourdaisière, évêque d'Augoulème, 
puis d'Au.x'erre. 



112 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

d'un projet de transformation des abbayes du Royaume en com- 
manderies, de façon à instituer un ordre de chevalerie, au service 
du Roi; il ne manquera pas de combattre, dès qu'il en aura l'occa- 
sion, ce projet si dangereux pour la religion (1). — Sentiments 
catholiques du Roi; athéisme et esprit d'anarchie de la noblesse. — 
La disgrâce des Guise semble tirer à sa fin. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement : Arch. Vaticanes, loc. cit., î° 26 (2). 



L'altro hieri, la Regina fu à yisitare il Reverendissimo d: 
Lorena che è già libero délia febre etfuor di letto et, per quello 
che io sono stato avvertito da persona clie lo sa, et se ad uno 
francese si puô dire huomo da bene, si pu6 dire à questo, cbe 
solo per zelo di Dio, etiam con molto suo pericolo rai avvertisce 
spesso di moite cose, si trattô di ridurre le abbatie di questo 
regno in commendarie, lasciando ai religiosi il suo vitto 
corne anco boggi di et separato, con erigere un ordine di Cava- 
lieri et formare una militia de nobili, la quale si va annes- 
tando, facendola parère assai numerosa et tutta al servitio 
del Rè, senza suo costo et cbe baveria anco un modo da 
trattenere la nobiltà seculare, cbe à me pare un modo di andar 
destruendo l'ordine ecclesiastioo et l'auttorità apostolica in 
questo regno. Et percbe questa praticba, cbe qui si va dispo- 
nendo assai occultamente, potria (/° 26 v") venir proposta à 
Nostro Signore sotto velame di religione et di difensione délia 
Cbiesa catbolica, cbe veramente non si fa ad altro fine che 
di volerla spogliare et crederô cbe queste Maestà vi vengano 
ingannate, bo voluto darne questo avvertimento, aggiungendo 
anco per maggiore evidenza del danno, cbe io divido questo 
regno in tre classi: il Rè, nobili et populari. Il Rè è catbolico, 
la nobiltà non ba religione alcuna, ne vuole superiorità ne di 
Dio, ne del Rè, ritiene auttorità et tirannide grande nelli 
populari et quanto più anderà accrescendo di honori et di 
robbe, tanto sarà più inobediente di Dio et del Rè et tirannia 
del populo. Se questa pratica mi verra à luce per altra via di 
quella cbe bora la so, cbe io possa parlare, mi sforzerô {f 27) 
mostrare à queste Maestà lo inganno et il danno grande che vi 



(1) Sur cette affaire, cf. V. Martin. Le Gallicanisme et la réforme catho- 
lique:.., p. 122-123. 

(2) En tête de B : Cifra di Francia di 22 di Agosto 1570, da Parigl, 



DOCUMENTS 113 

è sotto. Intanto non ho voluto mancare di questo arverti- 
mento. Lo sde^no con quesli di Guisa non pare che sia lioggi- 
di tanto quanto è stato et pur hieri il duca di Nemurs, il 
quale con la moglle soli sono concorsi con la opinione mia, 
à non far partire questi dui fratelli, il duca di Guisa et mar- 
chese di Mena (1), dalla corte, rai disse ctie Monsur era anco 
addolcito assai con loro et che sperava con il matrimonio si 
saria fatto del duca con quella signora di Portiano (2), si 
dovesse mitigare ogni oosa, et Taltra sera, in una carrie'ra che 
combatte il Rè, Monsur et alcuni altri signori, vi furono 
admessi li sudetti fratelli assai amorevolmente. 



1570, 27 août, Paris. 

Le même au même. 

Recommcmdations en faveur du marquis Rangone (3) qui retourne 
en Italie et qui étant bien au courant des affaires d'Avignon, pourra 
en rendre compte à Rome. 

A, original : Arch Vaticanes, lac. cit., f 28. 



1570, 30 août, Paris. 

Le même au même. 

Affaire du vacant de La Bourdaisière, etc. — Le clergé a dû sous- 
crire une obligation de 1,200,000 francs à la ville de Paris; de plus, 
les cardinaux ont décidé, sans convoquer le nonce, de vendre pour 
2,200,000 francs de biens d'Eglise, soi-disant pour couvrir l'arriéré 
des dépenses de guerre. — Frangipani est d'avis de maintenir un 
contingent italien à Avignon, pour parer à toute éventitalité. — Pro- 
fession de foi catholique, faite publiquement par le Roi; encourage- 
ments du nonce (4). — Accusé de réception de la lettre du 31 juillet. 

A, original autographe : Arch. Vaticanes, loc. cit., f°' 30-31 V. 

(1) Charles de Lorraine, le futur duc de Mayenne. 
(2^ Sur cette affaire, vid. stipra. p. 110, n. 2. 

(3) Sans doute, Alessandro, fils de Giulio (Em. Picot, Les Italtetis en 
France, in : JiuUetin Italien, 1901, p. 115). 

(4) « Hior uiatiua. Sua Maestil, in prosonza di cardinali. di vescovi. di 
rettori parochiali et di predicatorl clie sono in qucsta villa, chiamati et 



114 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1570, 30 août, [Paris]. 
Le même au même. 

Feuille chiffrée : On ne peut croire à la durée de cette mauvaise 
paix; pourtant le Roi ne semble avoir nulle méfiance; les Montmo- 
rency reviennent en faveur. — Le nonce n'est pas mécontent de la 
façon dont le Roi l'écoute, mais craint tout de son mauvais entou- 
rage; avec de l'habileté, le cardinal de Lorraine pourra peut-être 
rentrer en grâce. — Le nonce recommence à parler du mariage de 
Portugal, ne serait-ce que pour empêcher l'union de Marguerite 
avec le prince de Navarre, qu'il a de bonnes raisons de croire pos- 
sible. — Il est bruit du mariage de Coligny avec la fille du comte 
d'Entremont; moyens d'y obvier. 

A, original perdu. 

B, (lécliiffrement : Arch. Vaticanes, loc. cil., ï°^ 33-34 v" (1). 



Questa indegna pace è di mala satisfattione iiniversale et è 
opinione che non possa star molto tempo et che per via di 
disordini si debbe venir finalmente à qualche ordine; ma io 
temo che li disordini po&sano venire addosso al Rè, il quale 



congrogati in la sala del suo Palazzo, fon intei^vento délia Madré, fratelli et 
altri del Conseglio, fè uua christiana dichlaratione del anlmo suo, con 
una protestation et espressa professione di fede in la unione et obedienza délia 
Chiesa Catholica Romana, dicendo di voler quella conservarc et aumentare 
sempre con tutto il suo potere, insin con la propria vita. non volendo dige- 
norar mai da suoi cliristianissinii et religiosissimi predecessori. Diede 
qualche raggione délia pace fatta, escusandola con la nécessita di tempi, 
eshortando ciaschuno alla sua cura et à usar diligenza et prudenza di far 
prova di poter col mezo di boni document! guadagnare quel che non si è 
potuto guadagnar con l'arme... Aile quali fè risposto in nome di tutti il 
cardinal di Pellvé et il Padre Possevino che furono presenti. 

Io, con questa occasione, sono andato da Sua Maestà, lodandola et rin- 
gratiandola délia dichiaratione che ha fatto del animo suo bono et christiano, 
à confirmatione degli animi di sudditi suoi che son fideli de Dio et de la 
Maestà Sua, ricordandoli et pregandola à voler con queste arme di Dio, già 
che ha riposte quelle del mondo, fare PJla et procurar che si faccia nel suo 
regno la vera difesa del honor di Dio et délia vera religion catholica. Et, 
perche non vorei che quelle parole di pace e di unione et di volere eshortare 
et guadagnare più tosto che irritare fusser presc fi qualche mal senso et forse 
per rafrenare alcuni prcdicatori che dicono et esclamano grandcmente adosso à 
quella pace, ho pregato Sua Maestà à voler lasciar caminare libcramcnte la 
parola di Dio, dalla quale, corne da una spada acutissima, deve sperare il 
conflitto di nemici suoi, cho, opponendovisi. non sarebbe altro che voler col 
petto suo ripai'ar la ferita che doverebbe pas.sare al petto di suoi nemici, et 
li ho detto in questa niattina dell' altre cose che Idio mi ha inspirato et 
non posso dire si non che trovo in questo giovcne assai bon mente, et cosi 
mi ha confirniato ancho il cardinal Pellvé, col quale ho raggionato assai 
particolarmente di questa matiera et mi ha dato speranza di moite cose 
bone, che Idio Io faccia » (/" 31 r'>-v°). 

(1) En tête de B : Cifra di Francia dl 30 di Agosto 1570. 



DOCUMENTS 115 

mostra molta sicurtà di Yita corne se veraraente havesse la 
pace et vedo cominciata à mettere su questa famiglia di Met- 
moransi {sic) che per sua natura è di mala qualità et per l'alti- 
nenza con l'altra parte deve esser sospettissima; pur havendo 
io di questa et di altre cose avertito Sua Maestà, mi ha ris- 
posto di fare ogni cosa à fine di poter venire in stato di haver 
levato le arrai et li inimici forestieri dal Regno et ricuperato 
Angolem et altre piazze che (f 33 v") se li deveno restituire 
et che spera appresso far conoscere al mondo che questa pace 
che di présente se li imputa tanto, haverà porlato buono effetto 
per il stabilimento délia religione et per la quiète del regno, 
Per contrario, vedo questi tristi tardi à deponere le armi et 
tardi à restituire le piazze. Io non manco di ricordairli spesso 
tutto quello che mi pare esser servitio di Dio et di Sua Maestà. 
Quando io li parlo, mi ascolta et mi risponde bene (1), ma mi 
da poca speranza il non vederli attorno persona ne di bontà, 
ne di prudenza se bene il cardinale di Pelvé (2) mi rimette in 
speranza qualche volta. Il cardinale di Loreno ha cominciato 
à praticare alla corte et se si sapera governare bene, come 
spesso li è ricordato( f ° 34) che ne ha di besogno, si potrebbe 
rimettere su di nuovo. Io vi fo tutti quelli offitii che posso et 
credo di havervi fatto buon servitio, adoprando con lui il 
Cardinale di Pehé che è instrumento à reggerlo più d'ogni 
altro. Torno à ricordare quel matrimonio del Rè di Portogallo, 
cosi per questo rispetto come che per conjetture non vane, vo 
temendo che, escluso questo, potesse concludersi con il prin- 
cipe di Navarra, fingendosi fedele di Dio et del Rè quando 
men saria fidèle dell' uno et dell' altro et ogneuno vede quante 
maie conseguenze ne seguiriano. Si sarà forse inteso un 
trattato di matrimonio tra Io Admiraglio et una figlia unica 
del conte di Antremon in Savoia (3), che io credo quel tristo 
habbia altro animo che di moglie et più tosto di fermarsi una 
pianta in quel sito, non in Francia per sua {f 34 v") sicurezza 
et non fuora délia Francia per potere commodamente tener 
vive le sue maie pratiche et col caldo di Germania, di Geneva 
et altri vicini, che sono tutti suoi confidenti et anco con quelli 

(1) Sur la bonne volonté du Roi, voy. la preuve qu'en donne dans sa lettre 
en clair du 30 août au cardinal Rusticucci. 

(2) Nicolas de Pellevé, archevêque de Sens, qui devait jouer un rôle 
important dans la Ligue. 

(3) Jacqueline de Montbel, comtesse d'Entremont, veuve du comte du 
Bouchage. 



116 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

del medesimo paese lieretici et ait ri che vi sono tollerati 
d'altri paesi, turbare quel ducato, seiidovi geiiero et questo 
regno sendovi vicino à due leghe à Lione. Non ho mancato 
dl parlare di quosta materia con lo ambascialore del detto 
dm-a qui, niettendoli in consideratione il pericolo di quelle 
et di questo stato et clie il rimedio presentaneo sarebbe levar 
via quelle mala sposa in ogni modo, prima di far succedere 
altro maie, sendo degiia di severo castigo per baver da se 
stessa contra la volontà del pâtre et délia matre traltato pra- 
tiche di matrimonio con uno heretico di quella qualilà, con 
occasione di molto maie nel mondo. 



1570, 2 septembre, Paris. 

Le même au même. 

Accusé de réception de la lettre du 14 août; Frangipani s'étonne 
qu'à cette date on n'ait reçu à Rome aucune de ses lettres posté- 
rieures au 2 juillet: il a rendu compte des négociations de paix par 
lettres des 12, 21, 22, 25 et 31 fuillet, 6, 16, 10, 22. 27 et 30 août. 
Efforts du nonce auprès des cardinaux et de Leurs Majestés {V.Celles- 
ci ont promis de ne pas laisser entrer « Michel Tome de Romans » 
au Parlement de Grenoble. — Elles se refusent à intervenir en 
faveur de Marie Stuart. — Elles accorderont les trois galères de- 
mandées pour le transport des contingents italiens à Civita-Vecchia. 
— La Reine-mère a reparlé au nonce du mariage de Portugal comme 
très désirable; seule y fait obstacle, assure-t-elle sur le rapport 
de l'ambassadeur Fonrqnevaux, l'influence occulte des Théatins qui 
gouvernent le roi Sébastien; elle voudrait qnr le Pape intervint pour 



(1) « Con la Rurlotta, ho ricevuto i hrovi al Rè ot ai oardinali di Lorcna 
et di Borbonc. i quali lio presentati nella pacc fatta, valenrlomeno per occa- 
sione di recorda rglila per cosi mala corne è. perche, considcrandola. si piglino 
qualche pensioro di andarla aiutando et indrizzando à mogliorc ô manco mal 
fine che sia possibile. chc se vi volesscro havcr cura cf havervi l'animo. 
potrebbeno ancho andar facendo di molto bene. Tutti mi han detto di belle 
parole, assai oscusationi et giustificationi che hormai son stracco di redirle ; 
et sia pur certo N. S. ch" io non son stracco ne sarô mai di haverli detto et di 
doverli dire et ricordar sempre, oportiine et importune, tutto quel che apper- 
tiene ail' honor di Dio ot al beneficio et honor loro istosso et. quando non 
harô potuto salvar loro. voglio almeno poter dire: « Salcari animam meam ». 
Et. à punto. hoggi n'ho detto tanto con la Madré et col figliolo ancho per la 
sicurezza délie vit«^ loro che bon per essi si no face.ssero la décima parte, ma 
io son solo à edificare et infiniti à destruere et ho gran paura di perdervi le 
parole, se ben mi dan speranza di no » (/° 37 >-o-v°). 



DOCUMENTS i 17 

écarter cette influence. — Nouvelles du prochahi mariage du Roi. — 
Nouvelles d'Angleterre et d'Ecosse. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., î"" 37-38 v°. 



1570, 2 septembre, [ParisJ. 

Le MÊISIE AU MÊME. 

Feuille chiffrée : Dans sa lettre du 30, le nonce avait annoncé 
l'i7itention de Leurs Majestés de se conformer aux intentions du 
Pape pour la provision des bénéfices de La Bourdaisière; depuis, la 
Heine-mère lui a exprimé son désir de gratifier l'évêque de Mâcon 
de l'une de ces abbayes. — Le nonce s'est vivement plaint de ce 
procédé; il espère faire changer une fois de plus la Reine-mère 
d'avis (1). 

A, orifrinal perdu. 

B, déchiffrement : Arch. Vaticanes, loc. cit., t 35-36 V. 



1570, 7 septembre, Paris. 
Le même au même. 

Le nonce ayant eu connaissance d'un article secret du traité, rela- 
tif à la collation des bénéfices, est allé s'en plaindre à Leurs Majes- 
tés. — Précautions à prendre pour obxner aux dangers que présente 
cet article. — L'ordre pour les trois galères mises à la disposition de 
Torquato Conti est parti le 3. — Leurs Majestés passent quelques 
jours à Montceaux. 

A, original autographe : Arch. "Vaticanes, loc. cit., î°^ 39-40. 



1570, 12 septembre, Paris. 
Le même au même. 

Le nonce a reçu, en même temps qu'une lettre du 27 août, le bref 
destiné au Roi; il le présentera dès le retour de Leurs Majestés dont 

(1) Cette feuille de chiffres ne coucernaut pas les affaires politiques, 
nous n'en donuous que l'analyse. 



118 LA FOLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Vahsence se prolonge par suite d'une indisi)osition de la Reine-mère. 
— Efforts quotidiens du nonce; portrait du Roi (1). — Les gens de 
guerre étrangers sont sur le point de passer les frontières. — Les 
troupes royales commencent à occuper les places au pouvoir des 
protestants. — L.e comte de Retz va partir pour la cour impériale où 
doit être célébré par procuration le mariage du Roi avec la seconde 
fille de l'Empereur. — Le nonce ne manquera pas de féliciter le car- 
dinal de Bourbon de ses bons sentiments ; il espère lui faire réunir 
le concile provincial dans sa métropole et le cardinal de Pellevé 
suivra sans doute cet exemple. — Mauvais temps et épidémie mor- 
telle. 

A, original : Arcli. Vaticanes, loc. cit., f' 41-42. 



1570, 17 septembre, Paris. 

Le même au même. 

Leurs Majestés sont encore à Montceaux par suite cVune indisposi- 
tion de la Reine-mère, puis du Roi. — Les mercenaires allemands 
des deux partis ont quitté le Royaume. — On ne sait si Coligny 
se retirera à la Rochelle ou à La Charité; nouvelles de son mariage. 
— Les princes iront à La Rochelle; on ne sait s'ils seront reçus à la 
cour. — Restitution des places par les protestants. — Le nonce prend 
avec vigueur la défense des prédicateurs catholiques. — Le comte de 
Retz n'est pas encore parti. — L'évêque de Paris et une commission 
de théologiens consultés par le nonce ont résolu, tout en les obser- 
vant, de ne pas ébruiter les décisions du Pape touchant la validité 
du baptême calviniste. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f 43 r'-V. 



(1) « Dirô ancho che, in alcuni raggionamenti che ho fatto col Rè separata- 
mcnte, io lo trovô di cosi bono animo et bona intentione che, se, da so, havesse 
osperienza délie cose ô havesse atorno meglior consegllo che non ha. che 
quanti ve ne sono, tutti sôuo pieni di interessi, di passioni et dirô anche di 
bugie. Sua Maestil è di un animo integro, schiotto et bono ; non ha esperienza, 
perche l'educationo non gli l'ha data sin qui et ancho di sua natura, corne 
awiene à molti, é di tarda virilità, ma di bon spirito et di rctta intentione et 
di valore et di esercitatione del corpo, più di tutti gli altri fraldli et non 
voglio diffidare che, con l'età, non debba fare acquisto ancho dell'altre qualit.i 
necessarie à un bon Rè, che Idio il perdoni à chi harebbe potuto, quando era 
il suo tempo, indrizzar meglio questo corso che non ha fatto ; et credami V. S. 
Ill""" che chi non è présente à questo maie non puô imaginarsele quanto & 
grande et quanto mal governo vi si è fatto et vi si fa per ogni banda ». 
(/o 41, yo-v"). 



DOCUMENTS H9 

1570, 20 septembre, Paris. 
Le même au même. 

La cour est rentrée la veille au soir. — Le nonce attendra un ou 
deux jours que le Roi soit tout à fait rétabli pour demander une 
audience. — Il fera passer en Angleterre les feuilles chiffrées qu'il 
a reçues. — Leurs Majestés refusent de se laisser entraîner dans 
une guerre étrangère. — Le nonce a de fréqttenls entreliens avec 
l'ambassadeur d'Ecosse. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f» 44. 



1570, 24 septembre, Paris. 

Le même au même. 

Le nonce a eu son audience le 22; il a présenté le bref du Pape 
et remontré longuement à Leurs Majestés les inconvénients de la 
paix. — Après deux heures de discussion, le Roi et la Reine-mère 
ont donné au nonce l'assurance de leurs bonnes intentions et ajouté 
en confidence qu'ils n'avaient pas conclu la paix sans arrière-pensée 
et que l'événement les justifierait pleinement (1). — L,e nonce leur a 
suggéré que, pour éviter la restitution d'Orange à Louis de Nassau, 
Leurs Majestés pourraient feindre d'être obligées d'y maintenir gar- 
nison, par la présence dans le Comtat des troupes pontificales (2). — 
Entreprise à main armée du cardinal de Châtillon sur ses aticiens 
bénéfices du diocèse de Beauvais (3): efforts contraires du nonce, 
tant auprès du Roi et de sa mère que du cardinal de Bourbon; mol- 
lesse des cardinaux français pour la cause de l'Eglise (4). — Les 
maréchaux viennent d'être chargés de maintenir l'ordre dans les 
provinces (5); craintes que font éprouver au nonce les mauvais 

A. original : Arch. Vaticanes, loc. cit.. f^ 46-47 v°. 

(1) V. supra p. 53, n. 2. 

(2) V. supra p. 56. 

(3) V. supra p. 54. 

(4) « Non posso tacere cho io trovo qucfîti cardinal! cosi deblll et cosi 
muti aile cose del honor dl Dlo et del dchito loro cho io mi maraviglio come 
essi non han vergoRna di stare in questa corte co.si inutilmente et indegna- 
mente, servendo solo per istriimenti di gravezze et oblighi che si hanno à 
imporre aile c-hiesc. non sono adoporati in altro et per ambitione di essere 
adoprati in qnalohe cosa. non si curano di essere adoprati al maie » (f° 47). 

(5) La maréchal de ISÎontmorency fut chargé do l'Ile de France, de la 
Picardie, do la Normandie et de la Bretagne; Cossé de la Touraine. de la 
Saintongo, du Poitou et de la Gascogne ; Vieilleville, de la Bourgogne, de 
la Champagne et du pays messin ; ot Damville, de la Guyenne, du Languedoc 
et du Dauphiné (Contarini au doge, de Paris, le 29 septembre : Bibl. Nat, 
mu. ital 1727, f" 201). 



120 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FliANCE 

sentiments des maréchaux (1); il a obtenu la promesse que les arche- 
vêques et évâques seraient astreints à la résidence. — La Reine-mère 
désire savoir si le Pape a l'envoyé Torrès en Portugal pour Vaffaire 
du mariage. 

A, original : Arcli. Vaticanes, loc, cit., f' 4G-47 v". 



1570, 30 septembre, Paris. 

Le même au MEME. 

Lic nonce n'a cessé de négocier pour empêcher la restitution 
d'Orange aux Nassau et la réintégration de Chûtillon dans ses béné- 
fices; il a agi surtout auprès de Monsieur, de Morvilliers, du Roi. H 
a également entrepris le cardinal de IJourbon, bien disposé, mais sans 
caractère (2). — Le nonce a obtenu que les prédicatetirs ne relèvent 
plus que de l'ordinaire. — Le Roi ne veut jdus admettre Pierre Ra- 
mus ni aucun hérétique au Collège de France. — Monsieur a refusé 
de reprendre dans sa maison un écuyer hérétique. — La Reine-mère 
elle-même a pris contre Télig<ny la défense des prédicateurs catho- 
liques. — Mauvais offices que fait le cardinal d' Armagnac, vice légat 
d'Avignon; il vient d'envoyer en cour un agent, Patris, homme fort 
dangereux. — Arrivée de la duchesse de Ferrure à la cour, d'où le 
comte de Retz n'est pas encore parti. — Le duc de Nevers s'est 
plaint au nonce de ne pas être traité par le Scdnt-Siège avec les 
égards que inérite son dévouement à l'Eglise; le nonce s'est efforcé 
de le cahner. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f' 48-51. 



1570, 30 septembre, [Paris], 

Le même au MÊME. 
Feuille chiffrée : Le nonce est bien moins optimiste au fond qu'il 

(1) « Se ben non si puô parlar di particolari senza offcudei-e et senza 
pericolo di esserli riferito, non diineno, parendomi dl non dover tacere dove 
si tratta del'honor di Dio, ho dPtto libramente à Lor Maestà il poco servitio 
di Dio et poco sollevamento di cattolici che si puo sperarc dalle persone di 
detti marescialli, sendo et per se ste«.si sospetti di roligione et per l'attinenza 
et per amicitia, adherentl et favorovoli à quel che sou capi et autori di ribelli 
di Dio et di Lor Maestà » (/<» 47 r'>-v°). 

(?) « Trovo questo signore di assai buona dispositione di non voler, per 
quanto egli mi promette, far cosa contra la conscienza et diguità sua, ne 
contra l'honore et obedienza che deve à N. S. et à quella Fanta Sedo, che se 
fusse gagliardo à. imprendor questa difesa cosi virilmonto corne bisognarebbe 
con altri, bastarcbbe con l'autorità sua corne principe del saugue, a far ritirar 
tutti et bisogna pigliar di quest' huomo quel tanto che vi è » (/" 48 v°). 



DOCUMENTS 121 

n'affecte de le montrer dajis ses lettres : il n'a guère d'espoir de 
réussir dans l'affaire d'Orange, ni dans celle de Châtillon; dans les 
propos de la Reine-mère et de Monsieur, il ne voit que dissimulation. 
La venue de la duchesse de Ferrare lui paraît présenter de grands 
dangers et annoncer peut-être le retour de L'Hospital et même de 
Châtillon. — En dehors du Roi, qui n'a malheureusement pas les 
qualités d'un roi, il n'y a à la cour qu'intérêts mondains et irréligion. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement (1) : Arch. Vaticanes,?oc. cit., f°" 52-53-. 

Se bene io nclla lettera dico délie cose dl Oranges et di 
Sciattiglione cosi corne veramente sono in parole, non voglio 
mancare di dire che io non spero ne in questa, ne in altra cosa 
alcima di bene, non potendo sperarlo dove non vedo il timoré 
di Dio et quanto si dioe di bene con me ô con altri, io non l'ho 
per vero, ma absohitamente per mancamento di ragione et per 
vergogna di non sapere et non potere rispondere aile cose che 
se 11 dicono, che ben spesso io gli Io rinfaccio, ma non vi 
basta et quelle risposte piibliche di Monsur col servitore et 
della Regina con Tiligni (2) non havendo poi corrispondenza 
con altri effetti che si vedeno pernitiosi, io le ho tutte per 
cose simulate, se bene io ne li lodo et ne li ringratio, per 
farli conoscere almeno che li lodo del bene come li biasimo 
del maie. E giimta (/'" 52 v°) in qiiesta corte Madama di Fer- 
rara (3) come persona che ha aspettato luogo et tempo atto 
à nuocere et non se ne piiô sperare altro che effetti pernitio- 
sissimi. Io ho opinione et ancô assai manifesti inditii di 
Yedere ritornato il cancelliere, se bene la Regina, cosi à me 
come allô ambasciatore di Spagna, ha detto sempre et hoggidi 
dice di non. Altrettanto dico di Sciattiglione et forse, et anco 
senza forse; ha habito di cardinale; cosi mi pare si faccia poco 
ronto qui et di Religione et di Dio et anco dello honore, et per 
mio giuditio, excettuato solamente il Ré, che io Io ho per un 
buon giovane, se bene hoggi non ha, no discorso, ne valore, ne 
cuore di rè, tutti li altri sono, à un modo, pieni di ogni 
sorte di passione et interesse del mondo, et vacui di ogni reli- 
gione, della quale io per me credo che, cosi {f 53) li heretici, 
come quelli che si dicono catholici, dico de nobili, se ne serveno 
solamente per pretesto, ma che, in verità, non hanno religione. 

(1) En tfte de R : Cifra di Francia, di 30 Sottombrc 1570. 

(2) Cf. la li'ttre on clair du même jour. 

(3) V. supra, p. 57, n. 4. 



122 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1570, 3 octobre, Paris. 

Le même au même. 

Zèle du clergé et des prédicateurs pour la défense de la foi. — Le 
nonce ne sait rien du prétendu mécontentement qu'éprouverait le 
Roi de la présence en Avignon des contingents pontificaux; il n'a 
pu empêcher la restitution d'Orange; il proteste contre la promesse 
faite aux hérétiques de leur faire restituer leurs biens confisqués 
dans le Comtat. — Affaires diverses: vacant de La Bourdaisière, Jubi- 
lé, etc. — Fêtes du mariage du duc de Guise; départ du comte de 
Retz. 

A, original : Arch. Vaticancs, loc. cit., f<" 54-56. 



1570, 9 octobre, Paris. 
Le même au même. 

Le nonce va faire publier la nouvelle bulle du Jubilé contre les 
Turcs. — Il s'efforce de retarder l'évacuation d'Orange. — Il a justifié 
le Pape d'avoir envoyé des troupes dans le Comtat et s'est plaint de 
l'injure infligée au Saint-Siège par l'engagement pris envers les pro- 
testants de leur faire restituer les biens confisqués en Avignon; faible 
défense du Roi (1) et de la Reine-mère. — Les inlrig<ues du cardinal 
de Châtillon au Parlement ont été déjouées. — Le nonce continue 
de lutter à la cour contre les entreprises des partisans de Châtillon; 
il cherche à utiliser l'influence du cardinal de Bourbon dont il 
déplore l'esprit timoré (2). — Il s'est abstenu de rendre visite, 
comme les autres ambassadeurs l'ont fait, à la duchesse de Ferrure; 
celle-ci lui a envoyé un émissaire pour le faire revenir sur sa déci- 
sion, mais en vain. — Affluence extraordinaire aux cérémonies reli- 
gieuses de Saint-Denis. — Départ de la cour pour Ecouen. — Les 
provisions précédemment données aux maréchaux n'ont pas été sui- 
vies d'effet. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f" 56-58 y°. 

(1) « ... Questo giovene ail mie parole .si fe tutto rosso et si forzô scusar 
questo fatto quanto puote, che ben si vedeva non esser stato di suo capo, 
mostrando anche dispiacere che si fusse inteso » (/» 56 f°). 

{2) « Lor Maestà mi dan speranze, ma non cosi constant! et ferme corne 
io vorrei et tra quel ch'io riscaldo et spingo la froddezza et tardità del Car- 
dinal di P.orbon, et, oltre il danno délie robbc et délia conscienza, il timor 
anche doir infaniia ch'io li ho messo in consideratione, fo che questo cardi- 
nale faccia un poco di testa et aiuti anch' egli questa cosi honcsta et santa 
difesa et ml ha pregato. occultamente perô, à pregar Nostre Signore che 
voglia espressamente con un brève da poterlo mostrare, comandarli sotto 
pena di escomunicatione et altre comminationi quanto più rigorose, dl non 
dover cedere à detta chiesa, ne alla difensione di essa in qualunque modo : 
il quale ordine lo giudlco necessario afin di tener saldo questo huomo. » 
(/« 57 v<>). 



DOCUMENTS 123 

1570, 12 octobre, Paris. 
Le même au même. 

Recommandation en faveur de M. de la Valctle qui désire obtenir 
confirmation du don de l'abbaye de Bcrdoucs, au diocèse d'Auch, 
fait au précepteur de ses enfants. 

A, original autographe : Arch. Vaticanes, loc. cit., f 59. 



1570, 14 octobre, Paris. 

Accusé de réception d'une lettre du 26 septembre, de la bulle du 
Jubilé, de la dispense de mariage du duc de Guise. — Dès le retour 
de Leurs Majestés, il traitera l'affaire de l'abbaye octroyée à l'évêque 
de Carcassonne, celle du couvent des Jacobins de Metz. — Il est tou- 
jours d'avis de maintenir les troupes pontificales dans le Comtat. — 
Il persiste à croire que la paix n'est pas durable; les protestants 
redoublent d'audace et semblent préparer une nouvelle guerre (1). 
— Le bruit court que le Pape va envoyer en France l'évêque Spinola 
comme nonce extraordinaire. — Le nonce est heureux des bonnes 
nouvelles concernant le mariage de Portugal. — Il a toujours à 
lutter pour l'affaire des bénéfices de Châtillon. — Les syndics du 
clergé sont venus secrètement se plaindre auprès de lui du dessein 
qu'ont les cardinaux d'imposer un vingtième sur les biens d'Eglise 
pour éteindre les dettes royales. — Le nonce proteste avec vivacité 
contre les calomnies que Von fait courir à Rome sur son compte : 
il n'a nullement partie liée avec les Montmorency, bien au contraire; 
il n'a pas en France d'intérêts privés et sa snde ambition est de 
servir avec dévouement le Saint-Siège. 

A, original : Arch. Valicanes, loc. ril., f"' Otî-Ol v". 



1570, 14 octobre, [Paris]. 

Le même au même. 

Feuille chiffrée : M. de Sainl-Jalle. gouverneur d'Orange, est tout 

(1) « lo ho detto sempre ot dico di dovo che quosto présente stato non 
è ne durabile, ne praticablle et cosi è commune opinione di molti ; per che 
si vede ail' occhio il maligno aiiimo di Questi tristi et li fraiidolenti et inso- 
lonti niodi che tengono et scoprono ogni di in tiitte le lor cose. Non vogliono 
che il Rè metta presidio iu Augolem ne in altro luoco et essi ne vogliono 
tener per tutto et per tutto fanno délie insolenze. S'intende di molta raccolta 
di denari et compre di cavalli che fan per tutto, le quali et altre insolenze, 
se ben sono di sua natura maie, non dimeno io le reputo per buone corne 
effetti che dimostrano manifesta prova di non potcre, ne dovere haver com- 
mertio alcuno sicuro con loro et di non vi essere altro i-imcdio che di estin- 
guerli con l'arme » (/» GO v°). 



124 LA POLITIQTE DK SAINT PIE V EN FRANCE 

disposé à ajourner la restitution de cette place qu'il offre même de 
ne pas évacuer si le Saint-Siège assume l'entretien de la garnison. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement (1): Arch. Yaticanes, loc cit., V 62 r'-v". 



Trattandosi la cosa di Orange et risohendosi finalmente 
Monsigno di Morvigliero (2) et altri falsi liiiomini del Con- 
seglio Privato ad ordinare che si restituisca, che è perô ancô 
restituito, quel Monsignor di Santa lala (3) che ha il goyemo 
et custodia di quel luogo et che è qui, tenendo là un suo 
luogotenente che non lo restituirà senza la presentia di esso 
Santa lala, mi ha confidentemente detto hoggi in mia caméra 
che, se Nostro Signore verra et gli darà modo di trattenere 
quelli soldati che "vi sono dentro, che non lo renderà mai et 
veramente questo è un buon huomo, di valore et di molto zelo 
di religione et gli dispiace di havere à dare quel luogo ad 
heretici che sono ribelli di Dio et del Rè Christianissimo. lo 
non ho voluto accettare. ne escludere questa offerta et ho preso 
un mese di tempo à rispondergli, cosi per valermi di detto 
tempo il quale (/° 62 w°) puô apportare molto consiglio come 
per poter dare questo aviso et ricuperarne risposta et, par- 
tendo egli di quà. lo indirizzerô al Signor Torquato Conti (4), 
sendosi contentato di voler conferire questa cosa ancô con lui. 
Intanto, io vo tentando se potessi ottenere che la guardia del 
Castello si desse al Reverendissimo Rorhone coine persona 
délia quale questi di Orange non deveno diffidare et Nostro 
Signore vi confidarebbe. 



1570, 16 octobre, Paris. 
Le même au même. 

Le retour de la cour est retardé par suite d'une indisposition de la 
Reine-mère. Il n'y a rien de nouveau pour les bénéfices de Châ- 

(1) En tête de B : Cifra di Francia di 14 octobre 1570. 
(2^ Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans, garde des sceaux de France (cf. 
Touvrage de Bagienadlt de Puchessb, Paris, 1S70 ; in-S"). 

(3) Saint-JaUe. 

(4) Conti commandait les contingents pontificaux cantonnés dans le Comtat 
Venaissin. 



DOCUMENTS 42S 

tillon; le cardinal de Bourbon montre plus de décision. Quant au 
Roi, tant dans cette affaire que dans celle d'Orange, il est assez 
bien disposé et semble ne chercher qu'un moyen d'échapper à la 
difficulté. — Le mariag<e de la nouvelle reine de France se célé- 
brera à Spire le 4 octobre. — Arrivée à la cour du président de Mont- 
fort, ambassadeur extraordinaire du duc de Savoie. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., î" 64, r°-v°. 



1570, 22 octobre, Paris. 

Le même au même. 

La Reine-mère est toujours souffrante à Ecouen; le Roi est parti 
pour Compiègne, afin de surveiller les préparatifs des fêtes de son 
mariage. — Il n'y a pas de changement pour les affaires de Châtil- 
lon et d'Orange; le nonce a fait de vives instances auprès des cardi- 
naux et du chancelier Morvillirrs; il rappelle l'utilité qu'il y aurait à 
confirmer l'administration des biens de Chàtillon au cardinal de 
Bourbon. Ce dernier est parti à la rencontre de la princesse de Condé, 
dans le vain espoir de se voir confier les jeunes princes. — Louis 
de Nassau va à La Rochelle. — Publication du Jubilé. — Nouvelles 
d'Ecosse et d'Angleterre. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f°° 65-66. 



1570, 22 octobre, [Paris]. 
Le même AU même. 

Feuille chiffrée: Il y a en à Ecouen une violente altercation entre 
la Reine et le maréchal de Montmorency à qui elle reproche ses 
intrigues pour brouiller le Roi avec ses frères. — Espérance que le 
nonce en ressent. — L'indisposition de la Reine lui paraît plus 
grave qu'on ne le croit ; inconvénients qui résulteraient de sa mort. 
— Le nonce pense que l'ambassadeur extraordinaire de Savoie vient 
pour la question du mariage de l'Amiral avec la comtesse d'En- 
tremont. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement (1) : Arch. Vaticanes. loc. cit., f 67, r"-v°. 

(1) En tite de D : Cifra di Francia di XIII d'ott. 15T0. 



126 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Havendo inleso per assai buona parte, et questa mattina il 
cardinal di Lorena me l'ha confirmato per vero, che in questa 
stanza di Ecuan è stata grande altération di parole tra la 
Regina et Monsignor de Momoransi, sendosi Sua Maestà ave- 
duta di maie pratiche sue per guadagnare il Rè, separarlo da 
Monsur et dallei, mettendo ogni occasione di scisma tra essi 
fratelli et madré. Forse che Iddio vorrà aprire gli occhi à 
questa donna di conoscere il pericolo de simili maie pratiche. 
Et io che da qui innanzi non spero bene se non per \ia de 
disordini, comincio à sperare qualche cosa per questa via 
et come prima potrô parlare alla Regina, non mi lassarô 
passare la occasione di tenergliene un lungo proposito. 11 maie 
di Sua Maestà, se bene è catarro et senza febre, la tiene 
perô cosi stupida et somnolente, con gravezza et dolor di 
testa, che, per mio parère, non è da farne cosi poca considera- 
tione. Crederô che debba guarire, già che cosi dicono gli 
altri, ma ne ha havute troppo spesse visite in pochi giorni, et 
in un caso délia persona sua, quicquid alii dixerint, io non 
saprei prevederne altro che peggior stato, in una età cosi 
imbecille de figli, circondati da pessimo governo, che per il 
meno non mancheriano de tristi che gli divideriano in 
tante fattioni (/" 67 v") quant' essi sono, corne hanno tentato 
et tentano hoggidi in vita délia Madré. Quel gentilhuomo del 
duca di Savoia (1) che io dis^si esser gionto à questa corte 
non ha ancora havuto audientia per li sodetti impedimenti 
et non si lassa intendere niente délie sue commissioni, se 
non di congratulatione délia pace. Perô, come ho detto, egli 
non è huomo di cosi poco negotio et intendo che ha partico- 
lari commissioni di quella duchessa à questa regina et par- 
ticolarmente del matrimonio dell' Armiraglio con quella con- 
tessa d'Antremont. 



1570, 28 octobre, Paris. 

Le même au même. 

Bien que la Reine-mère, les jours précédents, ait eu une légère 
rechute, le nonce a reçu audience le 27. — La Reine a été heureuse 

(1) Le sieur de Montfort. 



DOCUMENTS 127 

des efforts du pape en faveur du mariage de Portugal, mais elle 
craint que Philippe II n'y soit défavorable. — L,eurs Majestés 
n'osent pas fournir un secours armé aux partisans de Marie Stuart; 
le nonce leur a proposé d'interdire le commerce avec l'Angleterre, 
mesure qui, sans avoir le même caractère belliqueux, aurait pour 
conséquence, croit-il, de soulever le pays contre Elisabeth; le Roi a 
paru séduit par cette suggestion, mais l'affaire devant être encore 
délibérée avec la Reine-mère et le Conseil privé, il n'y a guère 
d'espoir de réussite. — Le nonce tâche pourtant d'intéresser les car- 
dinaux à cette affaire et se tient en contact avec l'ambassadeur 
d'Ecosse. — Les partisans de ChàtiUon continuent à s'agiter; il est 
urgent de prolonger d'au moins un an la provision précédemment 
accordée au cardinal de Bourbon. — L'ordre d'évacuation d'Orange 
n'a pas encore été exécuté. — L'avis général est que la paix ne 
durera pas et que les protestants préparent un nouveau coup. — 
Leurs Majestés n'ont plus parlé au nonce des affaires d'Avignon 
depuis wi mois, ce qui est bon signe. — Les fêtes projetées à Compiè- 
gtne ont été conlrcmandées pour cause d'économie; Monsieur va partir 
pour Mézières, suivi de peu par le Roi et peut-être par la Reine-mère. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., î°' 68-G9 v°. 



1570, 6 novembre, Paris. 

Le même au même. 

Le nonce extraordinaire Bramante (1) est arrivé le 29 octobre; 
Frangdpani l'assistera dans ses négociations. Bramante a été reçu 
avec faveur par la Reine-mère, le Roi et ses frères qui, somme toute, 
sont catholiques, mais manquent de volonté et de bons conseils (2). — 

(1) Vid. supra, pp. 58 sqq. 

(2) « Non (lirô altro, se non per consolationc di Sua Santitil che clla sla 
pur sicura che queste Macstà niadre et figlioli son catholici tutti et, oltre 
la divotione che hanno à quella Santa Sede, amano et riveriscouo la persona 
di Nostro Signore corne lor proprio padre et, quanto al stato présente, nel 
quai pare în qualche parte negletta la cosa délia Religione, mi han detto 
sompre confidentemente il non dovermeno turbare, assicurandomi far tutto con 
dlssimulatione et con pensicro che tengono riposte nell' anlmo, tutto diretto 
à fine' buono et degno cîpI nome che Sua Maestà tlenc di Rô Christianissimo, 
et il medeslmo han detto hora à Monsignor Bramante in mia presenza. dicendo 
anche esser coso di non parlarle per non difficultarle. Non si posson veder 
gii animi di dentro, ma dalle parole loro et da quel se ne devo discorrer 
ragiouevolmeute, non si deve credere che questi siano cosi insensati et cosi 
stolidi che vogliano in un tratto abbandonare Iddio, il Kegno et se stessl, 
sapendo certo et confessando che in un stato corne il présente, non potrebbeno 
esser sicuri nô de! Regno, ne dclla vita. lo per me, credo che dicano il vero, 
gia che confesslano di conoscerlo et se ben qualche volta ho mostrato di 
dubitare, corne a punto l'altro giorno ne dissi in un foglio di cifera, per vera 



128 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

La paix semble toujours précaire. — La cour vient de partir à la ren- 
contre de la jeune reine; les ambassadeurs sont invités au mariage. — 
La veuve du prince de Condé vient d'arriver à la cour oii elle a 
été très bien reçue; elle s'est montrée aimable envers le Roi, mais 
non envers Monsieur et songerait à demander justice de la mort de 
son mari; on s'imagine en l'attirant à la cour, s'assurer de la. per- 
sonne des jeunes irrinccs (1). — Le nonce a protesté contre un édit 
publié par la reine de Navarre dans ses Etats; il cherche à provoquer 
une intervention commune des rois de France et d'Espagne. — Rien 
de nouveau pour les affaires d'Avignon, d'Orange et du cardinal de 
Chùtillon. — Le nonce ayant proposé de nouveau l'interdiction du 
commerce avec l'Angleterre, Leurs Majestés ont exprimé l'espoir 
qu'à la suite de leurs représentations, Elisabeth consentira à la mise 
en liberté de la reine d'Ecosse. — Affluence extraordinaire aux céré- 
monies du Jubilé; foi dans le peuple; impiété dans la noblesse. 

A, original : Arcli. Vaticanes, loc. cit., V 70-72 v°. 



1570, 8 novembre, [Paris]. 

Le Protonotaire Bramante [au cardinal Rusticucci]. 

Feuille chiffrée (2) : Au sujet de la Ligue, le Roi a répondu que 
tout en louant les bonnes intentions du Saint-Siège, il hésite à s'enga- 
ger dans une entreprise à l'avantage exclusif de Venise et de l'Espa- 
gne. — Il sait gré, ainsi que sa mère, au Pape de s'employer auprès 
de Philippe II en faveur du mariage de Vortugal. — Le nonce a 

rabia che riportai à casa da un contrasto grande che feci in quel di per conto 
di quel tristo Ciattiglione con Lor Maestà et ccrti pessimi conseglieri, non 
potendo io tolerar l'audacia che essi tristi hanno ncl maie et la.timidità che 
danno à queste Maestà nel beno, pur rasettandomi l'animo al dovere et quel 
che per discorso ragionevole posso conoscere, io ho questa Madré et figlioli 
per catholici et di buona mente nel stabilimento délia Religione et del Regno, 
ma di imbecille animo per se stessi et circondati da possimi consegli d'altri, 
dico di quanti sono, senza eccettuarne pur uno. fssendo tutti ô audacissimi 
nel maie, ô timidissimi nel bene.non risguardando ad altro che al proprio 
commodo ». (/" 70, r« et v"). 

(1) « Si fanno queste accoglienze à detta feuiina et anche ad altri con artifi- 
cio di assicurar quella di Navarra, il figliolo et figlioli di Condé à con- 
dursi anche essi al Rè, acciô si potesse mctter loro le mani à dosso et si crede, 
anzi manifestamente si vede che quelli mandino queste persone innanzi per 
tentare et che sia arte di Coligni di havere astretta detta femina à giuramento 
di dimandar giustitia délia morte del marito, accio mal Tista et mal satis- 
fatta. se ne ritorni à lui. il quale, con l'esempio di questa, possa ritirar gli 
animi degli altri dalla fede et speranza di gratia che possano trovare nel 
Rè » (/» 71). 

(2) Cette feuille do chiffres accompagnait sans doute une lettre de Bra- 
mente faisant le rapport de sa première audience ; cette lettre ne nous est 
pas parvenue, mais d'autres documents permettent d'y suppléer. 



DOCUMENTS 129 

appris l'arrivée secrète à Paris d'un frère du duc de Bragance, en- 
voyé par le roi de Portugal pour faire une enquête au sujet des 
bruits qui avaient couru d'un mariage entre Marguerite de Valois 
et le duc de Guise. — Le cardinal de Lorraine a quitté Paris; sa 
faveur n'est toujours pas très grande. 

A, original perdu. 

B, flôehifrronient 1 ■. Arcli. Vaticnues, loc. cit.. f"" 73-74 et 80 r"-v'\ 



In materia délia Lega, Sua Maestà ha risposto che ben 
crede che la intentione di Nostro Sigiiore sia biiona et volta 
lutta al servitio di Dio et benefitio publico, ma non puô cre- 
dere cosi delli altri, perche ha visto, pochi di sono, nella 
guerra che il Turco fece à Malta, contra quella Religione, che 
vi concorsero genti in aiuto da tuCte le parti et anche moite 
di Sua Maestà vi andorono, et Venetiani soli, sendo detta 
guerra inanzi alli occhii suoi et potendola aiutare più che 
altri per la parte del mare, se ne sterono come spettatori dello 
excidio di quella Religione et hora, si sono mossi con far zelo 
deir honore di Dio, ne per benefitio publico, ma per custo- 
dire Cipro, che è loro particolare interesse, et il simile il Rè 
Catholico per custodire Sicilia et altri luoghi suoi di quelle 
frontière, et crede Sua Maestà che, caminandosi à {f 73 v") 
questi fini de interessi particolari, et non del bene publico, 
come prima li potranno conservare il suo per qualunche 
modo, non vorranno altrimenti guerra con il Turco et cosi 
crede anco delli altri, excetto che di Nostro Signore, il quale 
si vede caminare con zelo santo et buono et per ciô Sua 
Maestà dice che non havendo lei bisogno di guardare cosa 
alcuna di suo, non gli pare conveniente entrare in quella 
sorte di lega, ma se li altri principi vorranno fare una lega 
defensiva et offensiva da vero, in questo caso si offerisce à 
Sua Santità di entra ni et di andarvi in persona. dandosegli 
il carico di générale per terra ô per mare, et mènera à sue 
spese trenta milia fanti et dieci milia cavalli et farà conoscere 
à Sua Santità che esso è principe christiano et devoto et 
defensore délia santa fede et obbediente di Sua Santità più 
di nesun' altro principe christiano et defensore délia Santa 
fede, if 74) et che era certo che Venetiani ô difendano, ô 



(1) En tCte de B: Cifra del Protonotario Bramante di otto di novembre 
1570. 



130 LA POLITIQTE PE SAINT PIE V EN FRANCE 

perdano Cipro, in lutti i modi, si vogliono accordare con il 
Turco, di modo che se Sua Maestà volesse entrare in questa 
lega, oitre il danno, resteria burlata. 

Quanto al particolare del matrimonio di Portogallo, queste 
Maestà rendeno infinité gratie à Nostro Signore délia paterna 
cura elle ne tiene et per avisi che lianno di qualche impedi- 
mento cbe vi potria esser fatto per la parte del Rè Catho- 
lico, pregano Sua Santità à volervi adoperare persona che 
sia dipendente da lei sola, et non da altri, sendo messo in 
consideratione di Loro Maestà che Monsignor Torres potria 
havere qualche rispetto di non si contraponere alla voluntà 
di esso Rè Catholico, et dicono questa mattina che, se bene 
lo interesse di esso Rè Catholico in questo caso {f° 74 v°) è 
interesse loro proprio, sendo le figlie di quel Rè anco figlie 
loro, et in nessuna cosa proponere deveno Madama Margari- 
ta ad una di quelle, non dimeno, trattandosi hora dell' honore 
di questa, la quale altre volte è stata dimandata et non potria 
rimanere exclusa, se non con ingiuria di tutti, sono astrette 
à proporre questa à quelle. Monsignor nuntio si è ingegnato 
di levarli. Pure, ha detto à me che ne ha qualche dubio, 
havendo conosciuto nell' ambasciator di Portogallo che è qui, 
mala satisfattione délia pratica che dette Maestà hanno tenuto 
con esso nuntio per conto di detto matrimonio et mi dice 
anco di havere inteso dopo Tarrivo mio, per via assai segreta 
et fidèle, esser giunto qui, saranno dieci giorni, un signor 
portughese, fratello del duca di Rraganza, detto don Fulgen- 
tio, persona (/" 80) di chiesa (1), solo con un servitore et 
sconosciuto et segretamente è stato introdutto dalla Regina, 
dopo di essere stato circa otto giornfcosi sconosciuto in una 
hosteria et praticato anco segretamente per Parigi et si crede 
che questo huomo sia venuto per informarsi di questa voce 
sparsa di detta giovane et del duca di Guisa et trovato la 
innocentia di questa figliuola che è una santarella, habbia 
avvertito aiicô la matre di qualche scoglio che debba evitare; 
cosi corne esso nuntio, so certo che Tha avvertita del mal' 
animo che vi ha la matre di quel Rè di Portogallo et buono 
che vi ha il Rè. 

Il Reverendissimo Loreno non è in Parigi, sendo partito 



(1) Don Fulgeuce. prieur de Guimaraëns, fils de Jacques do Portugal, duc de 
Bragance et de Jeanne de Mendoza, sa seconde femme. 



DOCUMENTS 434 

poco prima delF arrivo mio per Rons (1) dore ricevorà il Rè 
et la sposa nel passuggio et lo visiterô forse in Rens, doven- 
dovi essere insieme con Monsignor nuntio (f° 80 y") et la corte. 
Ma, per quelle che io ho potuto odorare sin qui, maxime 
dalle parole di queste Maestà, le quali non se senteno niente 
satisfaite, non ne posso sperare miglior frutto del servitio di 
Dio et délia causa publica, di quel che ha fatto sin qui prima. 
Pure io mi andero valendo di lui in tutto quel che potrô per 
spingerlo à qualche huona opéra, forzandomi di guadagnarlo 
in quel miglior modo che Dio benedetto mi anderà mostrando 
alla giornata, perô Nostro Signore meno mostri seco diffi- 
denza, per che queste Maestà vanno con questo humore anco- 
ra, ma basta di sapere la natura per sapere corne si governare. 



1570, 10 novembre, Paris. 

Frangipani au même. 

Hecuminniukdion en faveur d'un protégé de M. de Sainl-Jalle, gou- 
verneur d'Orange, pour une abbaye du diocèse de Viviers. 

A, original autugraphe : Arch. Vaticaiies, loc. cit., f" 81. 



1570, 12 novembre, Paris. 

Le même [au même]. 

Le nonce se dispose à aller rejoindre la cour. — Accusé de récep- 
tion des brefs pour Leurs Majestés et le cardinal de Bourbon, ainsi 
que des lettres des 44 et 23 octobre; il n'y a rien de vrai dans le 
projet que l'on prête au Roi de confier la lieutcnance générale à 
Montmorency et le gouvernement de Picardie à Coligny; Montmo- 
rency est en mauvais termes avec le Roi, ses frères et surtout la 
Reine-mère; quant à Coligny, lui-même ne songe guère à quitter so7i 
repaire de La Rochelle; si on lui fait bon visage, c'est dans l'espoir 
de l'attirer à la cour avec les jeunes pinnces et de s'assurer de leurs 

(1) Le cardiual de Lorraine était archevêque de Reims. 



132 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

personnes (1). — On verra, le Boi marié, si ces projets auront une 
suite. — On assure que le comte de Retz est chargé de négocier le 
mariage de Monsieur avec la fille du duc de Saxe. — Mauvais offices 
d'un Avignonnais nommé Patris, envoyé par le cardinal d'Armagnac; 
le cardinal de Bourbon est favorable à la nomination d'un vice-légat 
italien. — Boiis sentiments du duc de Ne vers. — Frangipani conti- 
nuera de guider Bramante dans ses négociations. 

A, original : Aich. Vaticaiies, loc. cit., i"" 82-83 v". 



1570, 14 novembre, [Paris]. 
Le PriOTONOTAiRE Bramante au unième. 

Le lendemain de l'audience royale. Bramante, en compagnie du 
nonce, est allé remettre au cardinal de Bourbon le bref du pape; 
il lui a rappelé les devoirs de sa charge et remontré le mal que cau- 
sait à l'Eglise la négligence des jmsleurs. Dans une deuxième audien- 
ce, à laquelle assistaient le nonce et le duc de Montpensier, Bramante 
fit le procès de la paix et incita le cardinal à se montrer bon servi- 
teur de l'Eglise. — Bourbon, après avoir protesté chaudement de son 
dévouement au Saint-Siège, déclara que. la paix étant un fait 
accompli, il fallait profiter de ce répit pour mener la lutte sur le 
terrain religieux et imposer à tout le clergé une stricte discipline, en 
obligeant les archevêques à réunir les synodes provinciaux et en 
déférant à Rome les prélats reconnus suspects d'hérésie; les déci- 
s'ions des synodes devront du. reste être ratifiées par le Saint-Siège. 
— Bramante est d'avis d'exiger des évêques et archevêques la visite 
ad limina et Bourbon se déclare prêt à donner l'exemple; il serait 
également bon de publier un jubilé pour la conversion des héréti- 
ques ou, s'ils s'y refusent, leur extermination (2). — Entretiens de 
Bramante avec le cardinal de Pellevé; bons sentiments de ce prélat; 
selon lui, le Roi a fait la paix pour recouvrer les forteresses occu- 
pées par les protestants et trouver le moyen de se débarrasser des 

(1) «... Cio che dal canto di Lor Maestà si ê tolerato et si toléra con 
queste maie gcnti, tiitto è à fine di potcr ridur questo malo maestro con 
quei suoi scolari alla corte ô in liioco dove se li potesse metter le maiii à 
dosso. Queste cose non si dicono, ne si deveno dire con altri, cominciando da 
Borbone et Mompcnsiero che son zii, et altri paronti che non possono havere 
in odio la sua carne. Et quei che non le sanno, »an di discorsi per le 
cose che vedeno, lontani assai di quel che si ritienc ucll' auimo, che è 
quanto io posso riferire di questo fatto et per le parole che confidentemente 
mi sono dette et anche per discorso ragionevole che se ne deve fare » 
(fo 82 V). 

(2) On trouvera le résumé de cet entretien dans V. Martin, le OaUica- 
nisme et la réforme catliolique, pp. 100-101. 



DOCUMENTS 133 

pi'incipaux chefs (1). — Pellevé croit à un roiouvccm de l'esprit 
catholique en France (2) ; des précautions sont prises pour empêcher 
de nuire les Huguenots réintégrés dans les offices judiciaires. — 
Pellevé conseille ensuite à Bramante d'user de douceur dans les 
remontrances qu'il doit faire à la cour et donne des indiccUions sur 
les principaux points qu'il serait bon d'aborder avec le Roi, la Reine- 
mère, Monsieur, le cardinal de Lorraine. — Entretien de Bramante 
avec l'ambassadeur d'Espagne. — Bramante fait ses préparatifs pour 
aller rejoindre la cour. 

A, original : Areli. Vaticanes, loc. cit., f' 89-90 V et 88. 



1570, 27 novembre, Mézières. 

Frangipani au même. 

Arrivée du nonce à Mézières après sept jours d'un voyage rendu 
pénible par le mauvais temps: le bruit court que le Pape est grave- 
ment malade. — L'ambassadeur de Toscane a remis au nonce la 
lettre du cardinal Rusticucci du 4 courant et les brefs destinés au 
Roi et à la Reine, relatifs à l'octroi du titre de Grand-Duc à Cosme de 
Méclicis; Leurs Majestés en ont manifesté beaucoup de contentement; 
les ambassadeurs de Toscane et de Ferrure ne prendront pas part 
aux cérémonies tant que la question de préséance ne sera point 
réglée. — Efforts qu'a dépensés le nonce en faveur de la cause flo- 
rentine. — Récit des fêtes du mariage du Roi. — On songe à marier 
le duc d'Alenron avec une fille du duc de Saxe. — Sentiments catho- 
liques des provinces que le nonce a traversées en se rendant à Mé- 
zières. 

A, original autographe : Arch. Vaticanes, loc. cit., f°^ 91-93 v°. 

(!) « Egli nie (lisse che quando passasse sei mesi et che'l Rè non havosse 
pigliato qualche espcdiente, che egli facea mal giuditio délie eose et che'l Rè 
andava vedendo de eavar de mano ail" Ugonotti li denari, li ha iniprestati per 
pagar quelli raitri, li qnali havea con esso loro. li quali disiderava levarseli 
(la 11 ochhi et ancho per haver le forteze et qiial(>he iino de princi'.tali in 
mano ô fargll niorir con l'erro ("> veneno ot che l'intrinscco del negotio non 
il sapea, ne il cardinale de I.orena. ne il cardinale Lîorhone » (/" ST c"). 

(2) (( Da egli ancho intcsi il stato de le cose, corne il R^, la Regina et li figli 
erano catholici et cosi il populo in xiniversale tiitto et quasi tutti vescovi 
et prelati et che hoggidi fiorivano li spiriti boni et dotti che fanno grandis- 
sime frutto nella Chiesa Santa de Dio et che corne il diavolo tutta via 
andava seminando de niali. cosi la Maestà de Dio suscita per contrapeso de 
11 spiriti boni et che molti hanno prose il martirio per la fede catholica et 
che da quelle chieso che li Ugonoti hanno ruvinate, vi sono reusciti molti 
spiriti catholici et di gran valore, li quali prima non crano conosciuti et 
che hoggi qui fioriscc il studio délia thcologia et che le principal città de 
questo regno sono catholice et inimiche capitale de Ugonoti. » {/" 89). 



134 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1570, 28 novembre, Mézières. 

Bramante au même. 

Récit des fêles du mariage. — Bons sentiments du Roi et de la 
jeune Reine. — Nombre infime de protestants résidant à Dammartin, 
Vitlers-Cotterets, Soissons, Laon, Montcornef, Aubigny et Mézières où 
Bramante et le nonce ont successivement logé au cours de leur 
voyage. 

A, original : Arch. Vaticancs, ioc. cit., f"^ 94-95. 



1570, 28 novembre, [Mézières]. 

Le même [au même]. 

Feuille chiffrée : D'excellents catholiques ayant des parents pro- 
testants, il faut éviter d'attaquer la paix en leur présence. — Le car- 
dinal de Bourbon songerait à marier son neveu, Henri de Navarre 
à Marguerite de Valois. — La Reine-mère allègue à sa décharge 
l'exemple que lui ont donné les cardinaux de Bourbon et de Guise 
en accueillant comme ils l'ont fait la princesse de Condé. — 
Bons sentiments de Leurs Majestés et du peuple; presque tout le mal 
vient du haut clergé; moyens d'y remédier. — Le cardinal de Pellevé 
assure que le Roi songe à se débarrasser par l'assassinat des prin- 
cipaux chefs protestants. — Il faut renforcer l'autorité du Saint- 
Siège sur les évêques. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement (1): Arch. Vaticanes, Ioc. cit., t"' 75-79. 



Dalle parole délia Regina quando disse che sono certi che 
non vogliono vedere in un catafalco il sangue loro, notai 
che non era bene fare aperta instantla con il Reverendissimo 
Borbone, ne manco mostrarsi con alcuni, per catholici che 
siano, che si dovesse guastare questa pace et castigare questi 
ribelli di Dio et aprirgli la mente del Rè Christianissimo, la 
quale havessero da aiutare, de che io ne fui espressamente 
awertito da Monsignor nuntio et dal Reverendissimo Felvé, il 
quale m'impo&e espressamente che avisasse in tutti modi 

(1) En tête de B : Cifra del protonotario Bramante, 28 di Novembre 1570. 



DOCUMENTS 435 

elle Xostro Signuie l'aiia i»giii opéra acciô succédasse il ina- 
trimoiiio di Portogallo, perche il sopradetto Borbone mira 
dare questa figlia délia Regiiia al principe di Navarra suo 
nipote et que! In voleva dire in suo linguaggio di dire una 
moglic cntliolica à questo Ugonotto et il simile disegna fare 
dclli figliuoli di Condé, parimeute suoi nipoti, il che 
{f 75 v°) queste Maeslà non iideudeno bene per servitio di 
Dio, ma manco credo clie Sua Maestà intenda bene questo 
particolare, non potendosi* aspel'tare se non gran maie da 
questi di Navarra et di Condé, dove si deve à loro cavare 
le aie et non innalzarli. La Regina al proposito clie io li dissi 
che non dovesse fare buoua cera à questi Ugonotti et che se 
gli levasse dinanzi, tra le alire co'Se che mi disse, era che desi- 
derava che Nostro Signore fusse qiia, che vedesse il modo di 
procedere, che lei è violentata à fare moite cose contra la 
mente sua, eliam da cardinali, di che lei sola poi ne ha 
biasmo appresso Sua Santità et tutto il mondo, del che oltre 
alli altri segni clie io ne ho visti, me ne ha chiarito à fatto lo 
inlendere che li Reverendissimi Borbone et Guisa fecero com- 
pagiiia delta moglie del guondam Condé fino dal Rè et {f° 76) 
dalla Regina et con essi loro, per farli più honorata compa- 
gnia, menorono gran parte delli principi del Regno et lei di 
maniera gonfia che non solo in presenza di Loro Maestà 
fece mala cera à Monsur, ma anco dimandava giustitia 
del marito morto. Veda modo (i) Nostro Signore come con 
buona faccia io possa dire à Loro Maestà che facciano mala 
cera à questi Ugonotti, quando li cardinali gli fanno questo 
obsequio, cosa indegna d'intendere et da fare con questo 
exempio perdere la fede catholica, io non me ne posso dar 
paco. In effetto, Nostro Signore si doveria risolvere poiche 
Loro Maestà et li fratelli sono catholici et tanto osservanti di 
Sua Santità, che non si potria desiderare più, et in questo 
particolare io ben metterei le.mani nel fuoco et che il populo 
sia per il più catholico, et cTie Sua Santità possa sperare del 
Rè et {f 76 v") da questo populo più che da nessun' altro. 
et che di buona parte di questo maie ne s.ono causa questi car- 
dinal! principal! et molli altri vescovi sciagurati, che Nostro 
Signore si risolva à fare solo ricapito del Rè et délia Regina 
et à questi altri si faccia obedire et non gli si sottometta in 

(1) Ms: Mo. 



136 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

modo nessuno et manco che sia possibile, faccia intendere à 
loro la sua intentione, ma immediatamente negotii con Loro 
Maestà, che son certo che Tosservano, et trovi modo di far 
comparire questi in Roma, che se tenesse ivi Borbone et Lo- 
reno, saria una biiona cosa, ma bisogna guidare in modo la 
cosa, che caschi senza che questi ne se avvedino et menarli 
con rhumore loro, perche subito che se ne accorgessino, 
fariano tumulto et diriano al Rè che se li facesse dare tanta 
obbedienza al papa che un' altro.papa gli potria dare fas- 
tidio if° 11), che sa che tutti i papi non sono buoni corne 
questo et si risolva Nostro Signore che questi non si gover- 
nano da altro che dallo interesse et dal senso, et vorriano 
essere patroni del Rè .et del papa, et al papa sta di trovar 
modo di farli obbedire à se et al Rè in questo... (1) et in 
questo pensi che qui sta il nervo del negotio et avverta che 
costoro subito metteno in gelosia al Rè che da troppa potestà 
al Papa. Prego Dio che in ciô lo illumini in quanto habbi da 
fare et non si sgomenti délia impresa, ne tanpoco di turbare 
li vescovi dalla loro residentia, perche in ogni modo non ci 
stanno et, se vi stanno, [vi stanno] con poco frutto, che 
quando loro saranno obbedienti à Sua Santità, risederanno et 
faranno il loro debito. Il Reverendissimo Pelvé mi ha detto 
che il Rè ha humore con far carezza à qualch' uno di questi 
Ugonotti confidenti dello Admiraglio (f° 77 v°) et alli altri 
per captivarseli et per denari et altre gratie fargli ammazzare 
lo Admiraglio et altri capi et cosi fargli estinguere da loro 
medesimi, che oome siano levati questi capi, li altri si estin- 
gueranno in tre giorni. Il discor&o mi place, quanto segua lo 
effeto; bisogna raccomandarsi à Dio quia res sua agitur, ma 
io mai me ne quietarei fin che fussero revocati et annichilati 
li capituli di questa obprobriosa pace et che li heretici si 
abbrusciassero come al tempo delli Rè passati et come si 
deve fare, come arbori senza frutto et pécore contaminate. Et 
perche io giudico assai necessaria la obedientia de vesoovi et 
de prelati à Nostro Signore et che si ritrovi modo per il quale 
Sua Santità possa ricercare da loro rationem vilUcationis , 
ho voluto anco mettere innanzi à Vostra Signoria Illustrissi- 
ma che forse sa,ria bene che [f 78) Nostro Signore si risol- 
vesse fare un'ordine, che ogni cinque anni in Roma tutti li 

(1) A cet endroit, l'encre a rongé le papier. 



DOCUMENTS 137 

arcivescovi et vescovi oxempti facessero un sinodo in Roma, 
(tove dessero conto di quanto facciono nelle diocesi et metro- 
poli loro, et si rivedessero li ordini che hanno dato et si desse 
ordine à quanto havessero da exeguire et con questo ordine il 
papa saperia tutti li inconvenienti, provederia al bisogno, si 
faria stimare et riconescere per capo et alcuni per paura, et 
alcuni per gloria humana, et alcuni per mero zelo del servitio 
di Dio, attenderiano allô che deveno et fariano più conto 
del papa che di altri principi seculari, alli quali sono dati 
in preda, et poco stimano il papa, ne attendono alhi cura délie 
anime ne del servitio di Dio et fanno più professione de tem- 
porali che di ecclesiastici (f 78 v°). In effetto, non so ricor- 
dare altro che più importi per la estintione délie hérésie, che 
Nostro Signore tenga viva la potestà sua et di Santa Chiesa 
et con essa tenga coltivata la Santa Chiesa di Dio con il buon 
sema si farà frutto et si sradicheranno le maie herbe, et faccia 
tenere buon conto delli giuramenti, si delli principi temporali 
come delli prelati ecclesiastici et consideri bene, quello che loro 
hanno giurato et attenda che se li asservi et Dio benedetto lo 
illumini di quanto habbia da tare et la impresa gli sarà facilis- 
sima, perche è cosa di Dio, ne in ciô vi è affetto alcuno humano 
si che vi attenda pure animosamente, senza perô mostrare avi- 
dità alcuna délie cosc temporali. se non délia gloria di Dio 
et délia sainte délie anime; che con (f" 79) questa via tulte le 
cose temporali gli staranno sotto li piedi et quando Nostro 
Signore havesse questo animo di tare questo sinodo ogni 
cinque anni in Roma, potria incominciare Tanno seguente 
et intimarlo da hora et avisare che quelli non hanno fatto 
il loro sinodo che tra questo tempo lo faccino. 



1570, 29 novembre, Mézières. 
Frangipani au MÈ^[E. 



Le nonce appuie une requête du duc d'Anjou et de quelques-uns 
de SCS familiers en vue d'avoir dispense du maigre et de pouvoir 
faire dire la messe dans son domicile particulier, en cas de maladie. 

A, original ; Arch. Vaticanes, loc. cit.. f 101. 



138 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1570, 12 décembre, Paris. 
Le même au même. 

Parti de Mézièrrs le 30 novembre, le nonce est rentré à Paris le 9. 
— Accusé de réception du bref adressé au cardinal de Bourbon et 
relatif à l'administration de l'évêché de Beauvais; le nonce a envoyé 
son secrétaire porter ce bref à Yillcrs-Cotterets où la cour s'est arrê- 
tée. — // serait bon que Bramante eût encore, avant son départ, deux 
audiences de Leurs Majestés. — Mille bruits courent au sujet 
d'Avignon; pourtant, il semble qu'aucune entreprise des protestants 
ne soit à y craindre, ceux-ci considérant l'affaire comme secondaire 
pour le moment. — Le maréchal de Damville a envoyé comme gou- 
verneur à Orange, M. de Saint-Géran, bon catholique, mais moins 
sûr que Saint-Jalle; mauvais sentiments de Damville, qui protège 
le cardinal d'Armagnac. — Le nonce espère encore que le mariage 
de Portugal pourra se conclure. — Il craint que les bons effets du 
mariage du Roi ne soient longs à se faire sentir, en raison du peu de 
maturité de la jeune reine (1); il envisage d'un mauvais œil le projet 
de mariage du duc d'Alençon avec une fille du duc de Saxe, protes- 
tante et, qui plus est, allemande (2). — Nouvelles du mariage de 
Coligny avec M'"^ d'Entremont. — Si le nonce est en bons termes 
avec Leurs Majestés, il garde totite son indépendance vis-à-vis d'elles; 
il proteste de son attachement au Saint-Siège. 

A, original : Arch, Vaticanes, loc. cit., f" 96-99 v°. 



1570, 14 décembre, Paris. 
Le même au même. 

Reconimandation en faveur de l'évêque de Verdun qui désire éta- 
blir dans sa cité épiscopale un collège de Pères Jésuites (3). 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f° 100. 

(1) « La sposa à assai figliola et, se bon mostra esser spiritosa per l'età, 
oitre l'esser donna, non comporta che per bon spatio di tempo possa havcre 
altri pensieri ebe di figliola, senza potere int^ndero governo di rasa, non che 
di regno, et di un reguo cosi disordinato corne questo, che travagliarebbe il 
cervello di ogni gran savio homo. Non hà mi'nato con se da restar appresso di 
Iri, ne homo, ne donna che li ordinarii sorvititi délia caméra, che, al mio 
giudlclo, almeno per il tempo présente, à un Rè gioveuetto corne questo, non 
veggo ossersi fatto altro aumento che di agginnger pueritia à pueritia et prego 
Idio che queste acerbezze puerili si maturino presto » (f° 48 r"). 

(2) Le nonce blâme ce projet « et per la religione, sendo pericolo che quella 
moglie educata in aliéna religione possa più tosto alienare l'animo del marito 
che ridursi ella alla vera, conie è avvenuto h pifi savii homini, et per la 
discordia di fratelli, potendo ancho alienarlo dal Rè, che potrebbc essor spento 
et aggiutato da Alemani, che sono barbari et di nulla religione et di nulla 
fede » (fo 99). 

(3) Cette lettre est signalée dans: Fodqubrat, Histoire de la Compagnie 
de Jiiui en France, t. I, p. 509, n. 3. 



DOCUMENTS 139 

1570, 14 décembre, [Paris]. 

Bramante au même. 

Retour de Bramante à Paris; la veille de son départ, il a envoyé 
le secrétaire du nonce féliciter Leurs Majestés qui en ont été con- 
tentes. — A Mézières, en reniellant au cardinal de Lorraine les 
deux brefs qui lui étaient destinés, il l'a exhorté à défendre la reli- 
gion menacée; le cardinal, tout en protestant de son dévouement, est 
d'avis qu'il faut faire preuve de modération; il considère le Roi et 
même la Reine-mère comme bons catholiques, ainsi que la plus 
grande partie du peuple. — Voyage de Bramante : passage à Reims; 
nombre infime de protestants dans les diocèses de Reims et de Sois- 
sons. — L,e cardinal de Pellevé et le nonce sont d'avis que Bramanta 
prolonge un peu son séjour. — Intrigues pour brouiller le Roi et 
ses frères. — Le Saint-Siège doit défendre la politique contraire. 

A, original : Arch. Vaticanos, loc. cit., f"' 103-104 et 102. 



Sans date, fin de 1570 ou début de 1571. 

Rapport fait par le protonotaire Bramante, nonce extraordinaire, de 
son audience de congé à la Cour de France. 

A, original autographe : Bibl. Vaticane, fonds Barberini. ms. 4698, 
f 205. 

B, copie contemporaine : Arch. Vaticanes, Varia Politicorum, lib. 
LXXXI (MiscelL, arm. II, »" 82), f 287. 

C, autre copie contemporaine : Ibid.. lib. LXXXIII. pars 3, f" 94. 

Cité et trad. par extraits : Piiilippson, Die Rômischc Curie und die 
Bartholomàusnacht, pp. 113-114 (1). 



Sendo stata amonita la Regina tla me in nome de Nostro 
Signore in presentia del ?iio figlin et di Mnnsignor de Angiù, 
che cosi volse lei, acciô Sua Santità restasse meglio satisfatta. 

Et prima circa che facea gran maie à tener presse di Mon- 
signor de Angiù et al governo siio li più scelerati huomini del 



(1) Philippson donne la traduction partielle des points et 11 ; mais il 
semble attribuer ce document non à Bramante, mais à Frangipani et, d'autre 
part, le dat€ du lendemain de la paix de Saint-Germain. 



140 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

mondo coiiie Carnevaletto (i), Birone (2), Lignarolo (3), et 
altri simili clali quali non poteva recevere senon pessirai et 
scelerati consegli, che un di, potranno poner lei in tanto tra- 
Yaglio che liaverà invidia à morte. 

Mi respose con attestatione del Rè et di Monsignor de 
Angiù, comme Birone stà con il Rè proprio, et è soprastante 
de le artegliarie ; che Carnevaletto et Lignarolo sono servitori 
vecchi di casa già dal tempo del Rè Henrico et per esser 
questi meramente dependenti da questa corona, si danno per 
diffidenti come heretici. 

2° Li dissi come ella exa ingrata à Dio et à questa Santa 
Sede, trattando li Catholici cosi maie et favorendo li Ugonoti 
come fà, 

A questo respose che era una gran mentita. 

3" Li dissi quello che '1 mondo giudicava de la sua religione 
et quello che ragioni de la sua cupidità de regnare et che 
giuditii se ne faccino. 

Respose che Iddio sa la conscientia sua et che si conoscono 
le actioni sue taie quale sono, secondo le quale spera in Dio 
che l'aiutarà come hà fatto sin'hora. 

4° Le dissi de tanti homini scelerati che hà tirati aile 
grandeze et arichiti tanto. 

Respose esser mentita. 

b" La represi del comertio [che] teneva con heretici, con 
li quali si consiglia cose che danno materia de ragionar con- 
tre de lei et gli nominal tutti quelli che mi furno dati in 
lista, alli quali mi respose particularmente, come dirô à hasso. 

A questa lei respose esser mentita. 

6" Le dissi come Sua Santità sentiva infinito despiacere che 
'1 mondo hahia tanta mala oppinione di lei, et maxime nelle 
cose de la religione, et la pregai et esortai de non volersi mos- 
trar tanto ingrata à questa Santa Sede, che si scordi de esse 
(sic) regina di Francia per benefitio de lei, che per regnare 
non ama li figli, et per ciô procurar Tira de Dio contro di se 
et contro di loro. 

{fol. 205 v"). Respose che ringratiava assai Nostro Signore 
de Taffettione et conosceva veraraente che Tama et che sem- 



(1) Fraïu.'ois de Kernovcnoy tUt Carnavalet, gouverneur du duc d'Anjou. 

(2) Armand de Gontaut, baron de Biron, maréchal de France, grand-maître 
de l'artillerie depuis 1569. 

(3) Philibert, seigneur de Lignerollei5. 



DOCUMENTS 141 

pre è stata et sarà afîettionata et obidientissima à qiiesta 

Santa Sede, et se non ha fatto [più], è stato per non potere, 

et che era mentita quando si dicea che ella odiasse li figli per 

regnare. 

■ 7° La pregai che nelle differenze che nascono fra Catholici 

et Ugunotti, non lassi che se ne dia la cognitione ad Ugo- 

notti. 

Ilespose che cosi facea. 

8° Le dis! come il mondo sa de le letere del Aubespina (1) 
et Limoge (2), tanto favoriti da lei, retrovate nele scritture de 
rAriniraglio (3), et il mederao de Menioransi, et con tiitto li 
habbi conoscuti per traditori à Dio et al Rè, ne tiene quel 
conto che'l mondo vede cosa di pessimo esempio. 

Mi respose che le lettere furno scritte de ordine del Rè, et 
per benefitio delà fede catholica et del Regno. 

9" Li dissi come il mondo sa che, quando si à fatto Tac- 
cordo (4), rArmiraglio non poteva più et era ruvinato et senza 
speranza de alcun succorso di Allemagna, onde non se ne puô 
'1 fare altro giuditio senon che ella, malissimo consegliala, 
habia Yoluto mantenerlo et conservarlo, con qualche suo de- 
segno. 

A questo vol se respondere il Rè, et non \olse lassar respon- 
dere la Madré, et disse che Nostro Signore era mal in formata, 
perche, oltra che l'Armiraglio era forte, ancho le venea grosso 
aiuto da Germania, et che esso Rè era debelissimo, per esser 
tradito da Catholici che erano presso di se, che miravano più 
à l'intéresse loro p'roprii et alla devisione del Regno, che al 
servitio de Dio et del Rè, et che haveano caro tenerlo débile 
et di più, che, essendo senza denari per sustentar la guerra, 
si risolvette de vendere tutti li béni de li Ugonotti et rebelli, 
et che li medemi Catholici che erano presso di se Timpedirno 
con dire che, havendosi à confiscar quel béni, si dovevano 
dare à loro alli quali spettava la successione de quel tali, et 
aU'hora, il Rè, conoscendosi da tutte le parte assasinato, per 
desperato si mise à fare Tobrobriosa pace à la quale lo con- 
sultavano tutti li cattholici che erano presso di se, con tutto 
egli ne fusse rinitentissimo. 

Ci) Claude de l'Aubespine, secrétaire d'Etat. 

(2) Simon de l'Aubespine, évêque de Limoges. 

(3) Au château de Noyers. 
(4i La paix de Saint-Germain. 



142 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

{fol. 206). 10°. Le dissi del ragionamento che ella ha falto 
fare al Rè dopoi la pace alli vescovi, à 11 Gatholici et predica- 
tori, dove si giudica che sia per tirar le cose à quel segno 
che furno tirate al tem])o de la prima pace, che forno posti 11 
predicatori catholici sotto la censura et castigo de 11 giudlci 
seculari Ugonotti, 11 quall procedevano di modo contro di 
loro et 11 trattorno si maie che non si troYavano senon ben 
pochi homini da bene che volessero predicare et che far 
questo è slmile à la faYola de' lupi che esortavano le pécore à 
cacciar 11 caui. 

La Regina mi respose che questa era una mentita, ma che 
cerli predicatori maligni, ad Instigatione de tristi, dicevano 
nel pulpito mille mali de Loro Maestà et l'incitavano 11 populi, 
contro 11 quall non volsero per reverenza et per non dar bono 
in mano à 11 Ugunoti che fussero castigatl et de ciô à pieno 
mi ne informé il vescovo de Parigi. 

11° Le dissi oome in summa à lei si dava la colpa de tutti 
1 mali che ha patito quel povero regno, et che si dicono de 
lei tante che non è posslbile crederle, pure che ella si metta 
la mano à la consientia et sapprà che à Dio nessuna oosa è 
occulta, et questo mal giuditio che '1 mondo fa de lei è niente, 
respetto à quello de Dlo, quando fusse vero à un gran pezzo 
manco di quello che si ragiona. 

Respose che sopportava tutto con pazienzla, et che con 
questa sua pazienzla abrusciarà, come si dice, 11 carboni in 
testa à questi suoi inimici maldicentl, et sperava in Dio, et in 
Sua Santità che 11 harebbe gastigati comè ne la pregava tutte 
volte che questi maligni et seduttori non iustificassero quesie 
loro maldicentie. 

12° Represl ancho la Regina del particulare [che] mi fù posto 
in una altra Istrutione che, dopoi la bataglia di Moncontorno, 
sendo il tempo à punto de venir à dar gastigo à chl lo meritavi, 
come recordavano li ministrl di Nostro Signore per parte sua, 
che era tempo di fare et ne inostrorno il modo, fù resposto 
loro da la Regina propria con parole assai espresse come il 
Rè si trova con età et con forze et prudenza da saper gover- 
nar il stato suo da se, senza haver da pigliar conseglio, ne 
legge da principl esterni. 

{fol. 206 V"). Respose che gle '1 disse perche quelli volevano 
trasapere et erano ingannati da quelli le davano li avisi et 



t)OCUMENTS 143 

non il disse per Sua SanLilà, la quale era lontana et non 
sapea niente di quello. 

Conforme à l'altra instruzione (1) dalami da reproverar à 
quelle Maestà akune persone che erano alli loro servitii. 

Prima le dissi come 11 quattro maresciali sono stati sem- 
pre favorevoli à li Ugunotti : li due délia casa de Memoransi 
(2) non lianno mai voluto portar le armi contra di loro, et 
se Danvilla le prese in Linguadoca, saria stato meglio che 
non riiavesse fatto, perche lui con tutto ne havesse il coman- 
daraento dal Rè, non solo non li volse ruvinare, ma impedi 
che altri non. lo facesse et le lettere de Memoransi, trovate 
fra le scritture de l'Armiraglio, hanno fatto conoscere la 
intelligentia che tenevano insieme, et che sono odiati da la 
città di Parigi et di Tholosa, tanto catholiche. 

Resposero, coiSi il Rè come la Regina et Monsignor de Angiù, 
che Danvilla l'haveano benissimo servite, et che in Lingua- 
doca si era portato benissimo et che si egli non fusse stato, 
quella provintia si sarebbe persa, che Memoransi si era de- 
portato maie con quella corona, per le inimicitie et odii par- 
ticulari che ha con li altri principi di quel Regno, le quale, 
si da una parte come da l'altra, portano gran danno à quella 
corona, perche l'una per esser magior assasina il Rè, il 
quale si risolvea di accarezar l'una et l'altra in un medemo 
modo, et tenerli sotto, de maniera che quando havesssero 
fatto cosa de non fare con la giustitia, li havesse potuti gasti- 
gare; che è vero che Parigi et Tholosa sono calholicissimi, ma 
questi Memoransi sono odiati da particulari per inimicitie 
particulari, et non in universale. 

2° . Le dissi che Villevilla hà fatto tutto quello che ha 
potuto, perche li Ugunoti si irapatronissero de Mez, dove lui 
era governatore, li tirô dentro alla città, et dette (fol. 207) un 
tempio, et ha cacciati li frati de San Domenico, toglendo il 
loro monasterio (3). 

(Il Cette instruction no scmblo pas avoir été cons«^rvée. 

(2) Les maréchaux l'rançois do Montmorencj' et Henri de Pamville étaient 
tous doux fils de connétable. 

(.".) On trouvera l'exposé plus détaillé dos griefs du papo à l'égard de 
Vioilleville, dans le document remis à Bramante et intitulé « Favori che si 
fanno à Hugonotti in pregiuditio de' cardinali et délia Religione ». (Arch. 
Vat., Miscellanca, arm. II, n° 82, /«s 607-608 v") ; il ne semble du reste 
pas, à en croire Thirion, Etude sur l'histoire du protestantisme à Metz..., 
pp. 148-167, que Vicillovillo, tout en se montrant tolérant, ait fait prouve de 
faiblesse envere les protestants. 



144 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

Resposero quelle Maestà che era mentita et non esser vero 
che dal monasterio de San Domenico siano slali cacciati li 
frati, li quali à quel tempo non vi erano et hora sono retor- 
nati, 

3" Le clissi che Gossé, trovandosi à Ghialons in Gampagna, 
vicino à l'Armiraglio doi miglia et essendosi redotto in ter- 
mine che non poteva ne stare, ne caminare, si finse amalato 
da le gotte per doi giorni, dando à l'Armiraglio quel tempo 
da poter caminare, che andava ad incontrar li reistri, et 
adesso, in absentia di Monsignor de Angiù, è stato fatto géné- 
rale de Tescrcito, non per altro se non perche si sapea che 
egli non l'aria senon quanto voleva la Regina, la quale voleva 
l'accordo. 

Resposero quelle Maestà che contro questo si parla con 
interesse, et quelli che non dependono da interessati subito 
si accusano per heretici. 

4° Le dissi corne Limoges è tenuto per heretico da ogni 
uno, et è uno de quelli de chi «onfida più la Regina. Nele 
scritture de l'Armiraglio, si ritrovorno sue lettere, ])er le 
quali si è conosciuto che lo teneva seco intelligentia grande, di 
che essendone parlato à la Regina, respose che egli aiutava la 
sua religione. Ilà tutta la sua famiglia de Ugonoti; nel tempo 
de la guerra seiido interrotti alcuni pachetti de letere dal Se- 
gnor de Vatan (1), vicerè in Burges, \i ritrovorno tre salvi- con- 
dolli del Rè, li quali lui mandava à tre Ugunoti, uno de' 
quali era per Saragoza (2), locoteneiite de l'Armiraglio ; 
quando l'esercito inimico era à torno à Parigi, per letere inter- 
cette si scoperse che egli mando danari al detto Saragoza. Hà 
grandissima autorité con la Regina et la impiega solo à tirar 
inanzi à mantoner Ugunoti corne La Pescé (3), prevosto del 
Ilostel, al quale maritô una sua sorella, et è Ugunotto inimi- 
cissimo de Catholici, favorisce li Ugunotti {f 207 v°) tanto 
che, quando si trovano incarcerati in qualsivoglia loco ccr- 
cano havor lui per giudice perche mai ne hà condannato 



(1) Sans doute un fils de Pierre du Puy, seigneur de Yatan et de Mar- 
guerite de La Rochefoucauld. 

(2) Pierre du Mou.stier, seigneur de Saragosso ; sa fille, Catherine-Béatrice, 
épousa en premières noces Jean-Galéas do San Severino, comte de Caiazzo, 
dont il sera question plus loin. 

C3) Nous n'avons pu identifier ce personnage, qui ne figure pas sur la 
liste des prévôts de l'Hôtel donnée par A. de Vallombuosa, Histoire de la 
Prévôté de l'Hôtel-le-Iioi (Paris. 1907, in-8»). 



DOCUMENTS 4 i5 

alc.'iino, et un suo locotenente, detto La Riviera, poco prima de 
l'accordo, fu impicato in figura in Parigi per Ugunoto sce- 
leratissimo. 

Risposero quelle Maestà che Limoges non l'hanno per here- 
tico, ne tan poco vedeno in lui cosa per la quale si possi 
giudicar per taie; ma che è tenuto taie da li interessati perche 
non dependono da loro; délie lettere si trovano anco del Rè 
et de la Regina, et queste avanti la pace rotta, et sono let- 
tere generali di bona speranza, acciô non havcssero fatto lo 
che fecero; délie parole che havesse detto la Regina che egli 
favorisée la sua religione, disse che era mentita; quanto al 
particular de la sua famiglia, che loro non la vanno recer- 
cando; clic li salvicondotti sono veri, et che il Rè ancho ne 
fece per far che l'Armiraglio, quando di novo prese le arme, 
non havesse hauto tanto seguito; che la sorella l'ha maritata 
molti anni sono et che '1 resto son mentite. 

6° Che Pinardo (1) era secretario de la Regina et adesso è 
fatto secretario del Rè in luogo de Aubespina morto. Questo è 
nepote del detto Limoges et, mentre si trattava l'accordo, la 
Regina l'hà mandato moite volte dal Gancelliero. 

Resposero quelle Maestà che contro costui si parla cà pas- 
sione 

6° Le dissi del secretario Du Sogier, del quale la Regina si 
serve assai, che è stato segretario de Gramont, uno delli capi 
delli-Ugunoti, et lui è anchora Ugunoto. 

Resposero che non stà con la Regina, et che il già cancel- 
liero se ne vale à mandarlo à negotiar con il Rè et con la 
Regina et che loro li danno audienza. 

7° Le dissi de Fois, (2) il quale non hà voluto Sua Santità 
che venga per ambasciatore in Roma, per esser suspetto de 
heresia et che questo la Regina vuol tirarlo {f° 208) inanzi et 
lo Gancelliero. 

Risposero che si bene non hanno Fois per taie, per quello 
si vede di fuori, che il cor suo, loro non il possono vedere, che 
nondiraeno loro hanno fatto Gancelliero Monsignor Présidente 
Birago, huomo catholico et da bene. 

8° Le dissi del Botteglier che è capo del Gonseglio de Memo- 
ransi et fratello del genero del Gancelliero. 



(1) Claude Pinart, sociétaire du Roi. 

(2) Paul de Fois. 



146 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FR.\NCB 

Resposero che de costui non hanno à far niente et non stan- 
no con esso loro. 

9° Le dissi di Anzere (1), il quale dépende da Memoransi 
et da Madaraa de Cresult, che venne à Roma à tempo de Pio 
Quarto per l'alienatione de béni ecclesiastici et Sua Santità 
lo conosce che parlô con lei et questo è vescovo Altidilense 
{sic) . 

Resposero che già questo l'haveano scacciato, et che non 
praticava più in corte. 

10° lo le dissi de Malasisi (2) che era stato operato in far 
questo accordo et è tirato inanzi, et è tenuto da ogni uno 
publicamente per raarhomo. 

Resposero che di questo dicono maie, perche non ha depen- 
dentia con li interessati et che loro non ThEinno per heretico. 

11" Le dissi del Gancelliero già ^3;. 

Resposero che già Thanno mandato via et non se ne servono, 
si bene per cavarle la resegna de Toffitlo et moite altre cose 
di mano, faceano disegno andar à star da lui sette giorni. 

12° Le dissi de Yalenza eue 4; era uno de li vescovi inqui- 
siti et privati. 

Resposero che già questo l'hanno levato dal Conseglio et 
non sene servono. 

13° Li dissi de Tavanes, Birone, Carnevalet, Vellecler et 
Lignarolo. 

Resposero che questi non sono heretici, si bene alcune de 
loro sarà sensuale et amico di piaceri. 

[f° 208 v"). 14° Le dissi di Tavanes (5) che è quello à chi 
fu dato il carico dal Rè de pigiiar Condé et l'Armiraglio nel 
castello di Noier et che gle averti, dove ne sono seguite queste 
ultime guerre et tanti mali. Se dice de lui che, dopoi la vitto- 
ria dove morse Condé, conseglio Monsignor de Angiù à non 
seguitar li inimici, dicendole che, poich'el capo era morto, non 
potevano più far gran maie, et che, estinguendoli in tutto, 



(1) Nous n'avons pu identifier ce personnage. 

(2) Henri de Mesmes. seigneur de Malassise. 

(3) Michel de l'Hospital n'avait plus les sceaux depuis le 24 mai 1.">C>8. 

(4) Jean de Monluc, évêque de Valence. 

(5) Gaspard de Saulx, seigneur de Tavannes. avait été chef du Conseil 
de l'armée de Monsieur, lors de la campagne de Moncontour ; ses Mémoires, 
rédigés par son fils, donnent de la surprise manquée de Noyers (23 août 1568) 
une version difficilement acceptable et ne peuvent que confirmer les soupçons 
exprimés par Bramante. 



DOCUMENTS 147 

egli restera senza arme et anco senza autorità, et cosi ail' hora 
tratenne che non si finisse la guerra, et ancho altre volte, 
hà con diversi artificii, impedite belle fatlioni che si sariano 
potiite fare. 

Resposero clie quanto si dice contro de lui è mentita, se ne 
laudano assai, et che contro de lui si parla per interesse. 

15" Le dissi de Birone che è quello che è maestro di campo, 
et che voleva far tagliare à pezi li Italiani, con il quale hebbe 
parole il Conte di Santa Fiore; che hà sempre tenula intelli- 
gcntia con l'Armiraglio ; è quello che con Malasisi à stato 
mandate à trattar l'accordo (1). Ha un fratello mastro de 
eampo de l'Armiraglio (2). 

Resposero Loro Maestà che ben costui hebbe un poco di 
disparere con il Conte di Santa Fiore, et che poi si pacificorno 
insieme, et che mai disse tal parole. 

16° Le disisi de San Sulpitio (3), governatore de Monsignor 
de Lanson (4), che era tenuto publicamente per tristo et è 
tutto cosa de Memoransi. 

Resposero che tutto si diceva contro de lui era partialité. 

17° Le dissi il medemo del Cavalier Secura (5) {sic) et Loro 
Maestà mi resposero il medemo. 

18° Le dissi di Monsignor et Madama de Crusolt (6), prima 
heretici scoperti, poi abiurati; dopoi hanno fatto peggio che 
mai. et adesso sono chiamati in corte. 

Resposero che Madama de Crusolt non era in corte, benche 
Monsignor de Crusolt vi era, et che l'hanno preso perche si è 
abiurato in mano de Monsignor {f° 209) Nuntio, et che non 
rharebono represo altrimente, et che dopoi Tabiuratione, non 
sanno che habbi deviato de la fede. 

In conclusione de questo, Loro Maestà me dissero, et parti- 
cularmente Monsignor de Angiù, che quelli che dicevano 
queste cose à Sua Maestà, lo dicevano per travagliare la sua 

(1) La paix do Saint-Germain. 

(2) Les généalogies de la maison de Gontaut n'indiquont comme f^^l•e du 
maréchal de Binon que Foucaut de Gontaut, seigneur de Puyleton et de 
Lauzun qui aurait été lue il !Moncontour. 

i?>) .Tean Ebrard. baron de Saint-Sulpice. fut gouverneur du duc d'Alençon 
de 1569 à 1575 (cf. l'introduction de Cabié à son édition des lettres de 
Salnt-Sulpice). 

(4) François de Valois, duc d'Alençon, le plus jeune des frères du Roi. 

(5) MicheKdo Seurre, chevalier de Malte, conseiller au Con.soil privé. 

(6) Françoise de Clerinont, femme de Jacques do Crussol, seigneur d'.Vcier, 
plus tard duc d'Uzès. 



J48 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

bona mente, et deviarlo de far cosa bona, et raetter loro in 
desperatione. 

Il Rè si dolse anclio assai de lante calumnie, malignità et 
persecutioni, et spetialmente si dolse délia pregionia del Conte 
de GaiaZG (1), dicendo clie questo gentil' homo, poi esser 
stato creato da Sua Maestà maestro de campo, quelli principi 
de là lo tolsero à perseguitare à tal clie egli, per fuggir l'ira 
de questi, se ne venne in Italia per accomodar certe sue cose 
in quelle de Parma et Piacenza, con licentia de esso Rè, et 
essendo venuto in Italia, è stato perseguitato anco da suoî 
adversarii con imputarlo presso de la Santa Inquisitione di 
Roma per heretico et l'hanno fatto mettere pregione. Et mi 
disse che io in suo nome, facesse fede à Sua Santità corne il 
detto conte de Gaiazo era catholico et che si era comunicato in 
sua oompagnia, et che Thavea servito fidelmente in la guerra 
contro li heretici, et che per la fede catolica havea recevuto cin- 
que ferite et era stroppio, et che tutto queslo io scrivesse à Sua 
Santità, con farli ancho sapere che questa cosa tornava in 
grandissima igniuria {sic) de Sua Maestà. 

Io le resposi che non stava bene à me scriver queste cose, ma 
che Sua Maestà havesse scritto à N. S. perche Sua Maestà pote- 
va esser sicura che Sua Santità non harebbe patito che le fusse 
fatto torto et che in questo particulare non mira à favori de n.e- 
suno, et, sibene è zelante et ardente in queste cose de la fede, 
nondimeno, come trova uno inocente, non solo l'absolve, ma 
ancho l'honora et castiga quelli che calumniano uno indebita- 
mente; ne che egli credesse {f 209 v") che Nostro Signore in 
questo particulare havesse havuto mira de offendere Sua 
Maestà, perche non hà hauto tal animo et poiche Sua Maestà 
mi havea fatto scrivere à Nostro Signore che quelli che faceano 
il catholico et eran seco le tradivano, haverà forsi creso che 
questo si a stato uno di quelli. Il Rè hebbe consolatione de 
questa mia resposta et mi disse come in vero, sopre la sua 
corona, egli facea fede che questo era catholico et che l'havea 
servito fidelmente, come io ancho mi ne potea informar da 
altri, che mi pregô facesse, acciô, ritornando in Roma, havesse 
à bocca à bocca potuto referire, et replicandomi il medemo 
quando mi licentiai da Sua Maestà, io le promisi de farlo, aver- 
tendolo che io intendo che egli indifferentemente praticava 

(1) Pour l'affaire du comte de Caiazzo, v. supi'a, pp. G3 sqq. 



DOCUMENTS 149 

con ogniuno, tanto catholico come heretico, et protrebbe essere 
che cosi trascuratamente fosse incorso ô detto qualche cosa 
conlro la fede et che in questo caso, egli dorebbe dire libera- 
raente la cosa come stà, perche Sua Santità l'harebbe asso- 
luto, et haverebbe hauto in consideratione le ferite che egli 
porta per defesa de la Sedia Apostolica et di qiiella Gorona, 
et che cosi egli sarebbe stato piii securo in consientia sua, 
dicendo la verità et havendo l'absolutione, et che, se Sua San- 
tità mi havesse fatto gratia de parlarle, cb*^. io l'haverei esor- 
tato à confessar liberamente si fosse incorso in cosa alcuna 
et che ne adimandasse perdono, perche Sua Santità benigna- 
mente harebbe proceduto seco. Loro Maestà mi replicorno che 
de questo non ne sapeano niente et che lo tenevano per bon 
catholico, et che tal fede facesse à Sua Santità, et che questa 
era una persecutione. Io le replicai che l'haverei fatto et che 
credevo che la mente de Loro Maestà non era che, quando questo 
fusse incorso in qualche heresia, che non se humilii al cos- 
petto de Santa Chiesa et ne dimandi perdono, et cosi che Sua 
Santità lo gastighi quando fusse un' heretico pertinace. Lor 
Maestà mi dissero che non haveano altra mira che questa et 
che Sua Santità, trovandolo catholico, come loro lo tengono, 
che castighi quelli le hanno data questa calumnia. 

{f 210). Loro Maestà anco mi dissero che pregasse in lor 
nome Sua Santità che fusse contenta prorogarle l'indulto de 
conferir li benefitti de Francia che vacano per morte de 
alcuno fuori del Regno, sicome l'hanno hauto li altri Rè, accio 
à Sua Maestà non si facesse peggio che à li altri suoi ante- 
cessori, dove viene da esser giudicato de manco valore. 

Et più, che pregasse à non voler patire che Carcasona (1) 
havesse havere [sic] à lor despetto qnella abbatia che Sua San- 
tità le hà cnnferito in Francia, per esser inimico de quella Go- 
rona, et, replicandolo io clie Sua Santità, havendocela conferi- 
ta, non poleva senza causa torcela. mi replicorno che assai 
giusta causa era de baver falsamente imputata la Regina, oltre 
le allre qualita maie de la vita di esso Garcasona, le quale, per 
degnità loro, non dicevano et che io Thaverei potuto intendere 
altrove. 

Delta cosa de Portugallo (2), monstrorno grandissimo sdc- 



(1) Aunibal Rucellaï, alors brouillé avec la cour. 

(2) Au sujet du mariage de Portugal, cf. pp. 67 sqq. 



150 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

gno, et disscro clie loro non havenno recercô questo negotio, 
ma quelle Maeslà de Portugallo, qiiando le cose de la Francia 
stavano in pegior termine, et clie non doveano esser cosi 
burlate, ne le (sic) loro carne cosi trapazate, recordando che 
quella era figlia di Rè et sorella de Rè, et clie sperava in Dio 
che riiarebbe aiutata et rengratiava Nostro Signore de l'amo- 
revole offitio, ne le recercavano à fare altro particulare, per- 
che non vi era l'honore de quelle Maestà; ma che, si volea far 
cosa alcuna, facesse da se. 

Poi mi sugiunsero con un mestissimo et adolorato animo 
le tante persecutioni loro, maldicentie et malignità da raetterle 
in desperatione et darsi in preda alli nemici de Dio, li quali 
li fanno mille offerte, il che mai loro faranno, havendo speran- 
za in Dio che li aiutarà. 

Me subgiunse ancho che Sua Saiitità per amor de Dio non 
li abandoni che li sono (f 210 v") buoni et- obedientissimi 
figli et che non creda à tante malignità se le dice de loro. 

Quanto al particulare de la Lega (1), daya la sua parola à 
Sua Santità, secondo io le scrissi. 

Quanto à li sinodi et residentia de vescovi, che giudicavano 
esser necessaria, et Sua Santità havesse scritto un brève al 
Rè acciô havesse prestato il suo braccio seculare per la ese- 
cutione de quante sopra ciô havesse ordinato, et spetialmente 
in privar quelli che non resedono, eccettuando quelli che sono 
al servitio di quella Corona, che saranno doi ô tre, et cosi che 
li vescovi debino dare tutte le loro resolutioni che faranno 
nelli sinodi al Rè per mandarli à Sua Santità, circa che potrà 
pensar bene Sua Santità le che le torni più à proposito, acciô 
non habi da pigliar ombra. 

Monsignor de Angiù mi disse che facesse fede à Sua Santità 
come la Regina, sua madré, et lui erano catholici et devoti 
de questa Santa Sede et de Sua Santità et che per la defen- 
sione di essa, era per metter la vita, come hà fatto sin' hora, 
et che era mentita quanto li era stato detto in contrario, et 
pregava Sua Santità à merchiar quei. 

Il Rè et la Regina mi disse il medemo et pregava Sua San- 
tità che per l'avenire, si nessuno le veneva à dir simil cose, 
che le séquestrasse et poi si ne informasse et se si trovava 
esser vero, che Loro Maestà si sottomettevano ad ogni cen- 

(1) Pour le projet do Ligue contre le Turc, voy. y. 7.'{. 



DOCUMENTS 151 

sura di Noslro Signore, quando fusse state altrimenti, che Sua 
Sautitù liavesse gastigati quel tali. 

De più, mi disscro che assicurasse Sua Santità che hoggidi 
lion le si vedono più heretici à canto, et che tutti li caccia 
via, ne fa à loro lion a cera. 

De le cose de Avignone, moslrorno gran desiderio de dar 
ogni aiuto acciô quel loco fusse spurgato de heretici et che 
aspettava Danvilla per pigiiar provisiono che da Oragnes 
(sic) si levasse quel sfralato (1). 

Del Gran Duca de Toscana, mi dissero che si erano mostrati 
obedienli à Sua Santità in darli il titolo di Gran Duca, il che 
hanno recusato fare duchi de Italia, vasalli de Sua Santità, 
et che per degni respetti, lioggi non harehbe fatta altra reso- 
Uitione circa à la precedentia del duca de Ferrara, con tutta 
la grande istanza le ne facci l'Imperatore, il quale non è per 
obedirlo, etiam che desse sententia contro il Gran Duca, essen- 
do il Rè ahsoluto padrone in quel Regno, ne reconoscendo altro 
(/'" 211) superiore che Dio et il papa, et recomandava à Sua 
Santità il Gran Duca. 

Che loro, sicome per il passato hanno messa la vita et il 
Regno per la religione catholica et il mantinimento de la 
Santa Chiesa, che cosi faranno per l'avenire, et che sapendo 
questo Sua Santità, la pregavano de voler esser contento ad 
amar quella Gorona et non patir che sia cosi destratiata, veli- 
pesa et maltrattata da metterla in desperatione con periculo 
de perdciia. 

Pregava Sua Santità che quando le manda nuntii, sia con- 
tenta niandarle persone amorevole et ben viste da Loro Maes- 
tà et non persone appasionate et rotte,come era il già ves- 
covo de Viterbo (3). 

Che Sua Santità sia certa che in quel regno sono più inte- 
ressi et inimicitie che hérésie, sie ne da l'una parte, ne da 
l'altra si litica altro che questo et han preso il nome de 
catholici 6 papisti et Ugunotti, come de Ghelfi et Gibellini 
et, si Sua Santità non mirarà à le passioni de costoro et 
attenderà al servitio del culto divino con dar per ci6 bone 

(1) Pour les affaires d'Avignon et d'Orange, cf. pp. 5.5-50 : Bramante 
avait, à ce sujet, reçu une instruction spéciale [cop. contcmp. : Arch. Vat., 
Var. Politic. lib. LXXXI (Miscell., arm. II, n» 82), f» 266 sqq.]. 

(2) On trouvera les références utiles concernant l'affaire du grand-duc, 
p. 69, u. 3. 

(3) Séb. Gualtieri, 



152 LA POLITIQUE DE SAIXT PIE V EN FRANCE 

provision! in quel regno, che le hérésie smariranno et, se 
questa via fusse slata presa in Inghilterra, quel regno non 
sarebbe in quel termine clie si trova. 

De più, me dissero che tuttavia questi capi de heretici vanne 
mancando da se, et che speravano in Dio che le cose si radu- 
ranno nel stato pristino avanti queste calamità causale per 
essere il Rè putto et da le inimicitie et interessi de principi.di 
quel regno et da l'ambition loro de regnare. 



1571, 2 août, Melun. 

Frangipani au cardinal Rusticucci. 

Affaires particulières: — Difficultés que le nonce a rencontrées 
pour faire expédier à Birague. gouverneur de Piémont, un 
mandement royal relatif aux protestants de Saluées. — Retour de 
Jérôme Gondi, envoyé en Espagne par Leurs Majestés au mois de 
juin; Philippe II proteste de son désir de maintenir l'amitié entre 
les deux couronnes, il a chargé son ambassadeur de justifier l'entre- 
prise de Finale et de montrer que les préparatifs en Italie et en 
Flandres ne sont nullement menaçants pour la France. — D'après 
le cardinal de Bourbon, Monsieur ne veut pas du mariage d'Angle- 
terre; sa mère et le Roi y seraient aussi secrètement défavorables. 
— On intrig<ue toujours pour attirer à la cour les princes de Na- 
varre et de Condé sous prétexte de les séparer de l'Amiral; craintes 
que font éprouver au nonce les pratiques protestantes et la faiblesse 
de caractère du Roi et de la Reine-mère (1). — Nouvelles d'Ecosse 
et d'Angleterre. 

A. origrinal : Arch. Vaticanes, Nunziature di Francia. reg. 4. f"' 
105-106 \\ 

(1) « Danno ad intendere à queste Maestà di guadagnar quel principi et 
ingannar l'Ammiraglio et io ho gran paura che vogliano ingannar il Rè, 
parendomi cosa di molto pericolo la frequenza di nobiltà Ugonotta alla 
corte, se ben da altri è messo in consideratione di molto acquisto et non 
manco di ricordargli lo sempre, pregando lui et la Madré à non discostarsi del 
contorno di Parigi che è loco sicuro. Mentre ch'io li parlo. senteno et conos- 
cono il pericolo, ma dopoi, ô perche son tanti. dico tanti. che li prometteno 
et li mostrano il contrario, dandoli animo al maie, o per qualche giusto 
giudicio di Dio, ch'io non l'intendo, mi par di considerarle qualche volta cosi 
ingannate ch'io ne temo grandemente et non so se io solo con la mia paura 
che non è perô viltà di animo, bastarô à parare il corso di questo cosi gran 
. torrente et quel che più è da temere, è che, con essergli proposto di poter 
ingannare et guadagnare altri col dissimulare. si lasciano giornalmente 
tirare da una dlssimulatione à un' altra, senipro à maggiori errori, da rima- 
nervi alla fine ingannate et guadagnate loro, che Iddio sa quanto io ne 
sento dispiacere, pur sempre parle et ricordo per potere almen dire : 
SalvaiH animam meam » (/» 106). 



DOCUMENTS 153 

1571, 2 août, [Melun]. 

Le même au même. 

Feuille chiffrée : Entendant courir avec persistance le bruit du 
mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre, le nonce a 
cru devoir en parler franchement à Leurs Majestés et chercher à les 
faire revenir sur ce projet; mais il n'a pu tirer d'elles rien de précis. 
Le cardinal de Bourbon désire vivement ce mariage; la Reine-mère 
l'a mis au courant de l'opposition du nonce; il semble qu'il faille 
procéder avec prudence à la négociation du mariage de Portugal, 
bien que tout espoir ne soit pas perdu; l'ambassadeur de Portugal, 
arrivé depuis deux mois, n'a pas abordé ce sujet. — La veille, l'am- 
bassadeur d'Espagne est venu trouver le nonce et lui a longuement 
dénoncé, avec charge d'en faire rapport au Pape, les intrigues du 
grand duc de Toscane avec les Montmorency, l'Amiral et Louis de 
Nassau par l'intermédiaire d'un certain Jean Galéas Frégoso et de 
Téligny, en vue d'une rupture avec l'Espagne. — L'ambassadeur de 
Toscane intriguerait également avec celui d'Angleterre. — Le nonce 
jugeant qu'il fallait faire la part de la passion dans ces révélations, 
a conseillé à l'ambassadeur d'Espagne de ne communiquer à son 
maître que des faits certains; il a cru ne pas devoir en parler à 
l'ambassadeur florentin et demande des instructions à Rome. 

A, original perdu. 

B, décliiffrement (1): Arch. Vaticanes, reg. cit., î" 107. 



Intendendo per commune voce et per assai buoni riscontri 
stretta pratica di matrimonio di Madama Margarita con il 
principe di Navarra (2), presi risolutione di parlare con la 
Regina Matre et con il Rè insieme, cosi per quello che mi pare- 
va di doverne essere Nostro Signore avisato à fine di sapere 
se ha da passare innanzi ô ritirarsi da quella pratica che si 
tiene di Portogallo corne anco per potere per questa via ritro- 
vare la verità di qiiesto di qiia et dirlene io quel che dovero. 
Ritrovai Loro Maestà in questa materia molto perplesse et in 
ben lungo ragionamento, replicandoli spesso che, trattando 
Nostro Signore quel matrimonio con offitio et zelo di padre, 
era dovere in caso che elle non lo volessero di avvertire Sua 
Santità à ritirar&ene (/"" 107 v") acciô non rimanesse con 
incontro,se raentre si trattasse quello di là, ne venisse concluso 



(1) En tCte de B : Cifra di Francia di 2 di Agosto 1571. — L'oncre a rongé 
plusieurs parties du texte qui, par endroits, est devenu illisible. 

(2) V. supra pp, 76 sqq. 



154 LA POLITIQIE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

un' altro di qua, non potei mai cavarne ne un fermo si, ne 
un fermo no; ben mi parve di conoscere la pratica di qua 
esser viva. Non so pero si è yera come io dubito, 6 pur finta, 
corne altre volte han detto et in ogni caso io loro dissi che se 
quel principe, lasciando Io Adrairaglio et quella setta di heresia 
et di ribellione volesse veramente venire alla obbedienza di 
Dio et dcl suo Rè, si doverà ricevere caro et honorarlo di ogni 
sorte di ogni sorte ,sic) di honore, cosi per io acquisto che si faria 
di lui et di molta nobiltà che Io seguiria con molto debilita- 
mento dell' inimico come per la publica quiète che se ne potria 
sperare, ma che, perseverando egli in manifesta ribellione con 
Dio, con il suo Rè, con una partitione di arme,di [f° 108) piazze, 
de populi, di giurisdittione et di religione nel proprio regno di 
Loro Maestà. non dovevano et non potevano senza grande 
offesa di Dio, délia propria riputatione et corona et regno 
tutto, admetterlo à commertio alcuno di amicitia, non che di 
parentado, et qui li dissi per scarico délia mia conscienza 
tutto quello che era mio debito di dirli per Thoiiore di Dio et 
per la riputatione et benefitio loro istesso, che in tutto mi 
ascoltorno volentieri, ma. con tutto ciô, non ne riportai risolu- 
tione alcuna, havendo lassiato loro confusissime et è bisogno 
che io dica che se bene ordinariamente Loro Maestà sogliano 
parlarmi délie loro cose con molta confidenza, non di meno 
in questa materia li ho conossiuti molto cauti et falsi con me, 
forse perche sapevano l'animo mio contrario al loro per simili 
ragionamenti ff° 108 v°) havuti altre volte et quel che è peg- 
gio, in quello istesso di, la Regina riferitte ogni cosa al Reve- 
rendissimo Borbone, il quale ne ha fatto doglienza con il mio 
segretario. forzandosi di persuadermi gran benefitio che se- 
guiria di detto matrimonio. con ragioni perô tutte di carne et 
di sangue che alla prima audienza che haverô commodité di 
parlarli, dire anco à lui la parte f?) sua. ricordandoli à volere 
usare quella medesima virtù con li nipoti che ha usato con li 
fratelli, abbandonandoli per havere essi abbandonato Dio et 
il loro Rè naturale. Ho riferito più compendiosamente et 
chiaramente che ho potuto questa assai lunga historia che è 
stata qui in fatto con avvertire anco se cosi placera à Nostro 
Signore di andarsi un poco più ritenuto et più attentatamente 
in la pratica di quel matrimonio di Portogallo, insinche si in- 
tenda maggior chiarezza di questo (f 109) altro di qua, il 



DOCUMENTS 155 

quale anco lia le sue difficultà, non lo vedendo lo Admiraglio 
corne cosa che conosce farsi à fine de tirargli (?) quel principe, 
pero quesbi sono ceryelli assai (?)... (1) da non potemsi' 
fermare sicuramenle dalla mattina alla sera. Lo arabas- 
ciator di Portugailo, ch© già sono duoi mesi che è qui, non 
ha mai paiiato di detta materia, se bene ho inteso da (?) 
assai buona via, che egli ha commissione di doverne parlare à 
certo tempo et in modo più tosto falso che vero. L'altra mat- 
tina, lo arnbascialor di Spagna (2), in chiesa dopo la messa, 
rai fece instantia grande, dicendo di ricercarmi in quella casa 
di Dio, à dover fare intendere à Nostro Sîgnore alcune cose 
che egli mi direbbe per-il servitio di Dio et délia Christianità 
tutta, ma anco mi disse di voler scrivere al suo Rè di havermi 
fatto detta richiesta. Mi disse (/'"' 109 v") prima che riceveva per 
grande favnre di Sua Santità di havere Ella detto in parla- 
mento di lui con don Giovanni de Sunica ^3) che esso don 
Francesco era troppo sospettoso... (4) di... (4) essere riputato da 
Nostro Signore sospettoso et zeloso délie cose di Dio, che egli 
non crede poterlo essere mai troppo et pregava Sua Santità 
à conservarlo in questa sua buona opinione. Soggiunse poi 
che non di sospetto (?), ma di verità da metterla in manifesta 
chiarezza, acciô Nostro Signore non rimanga ingannato nelle 
attioni delli homini del mondo et intendendole possa come 
vicario di Dio et commune padre de tutti con l'auttorità et 
bontà sua discernerle et giudicarle per quali sono, li faceva 
intendere alcuni mali modi che si tengono qui in nome del 
Grande duca per far muovere le armi contra il Rè catholico (5) 
(f 110) raccontandomi una lunga historia di pratiche che dice 
tenersi qui, non solo appresso di questa Maestà, sollecitandola 
à questo effetto et con altri particulari, come con Monsignor 
Memoransi et suoi, ma anco con lo Admiraglio, il conte Ludo- 
vico di Nauisao alla Rocella, con il mezzo di un certo Giovan 
Galeazo Fregoso, publico Ugonotto et di un gentilhomo detto 
Tiligni (6) che fa residenza alla corte per deputato et come 

(1) Il manque ici environ quatre mots. 

(2) Francis de Alava. 

(3) Don Juan de Zuniga, ambassadeur d'Espagne à Rome. 

(4) Il manque ici plusieurs mote, mais le sens est clair: Alava se félicite d'en- 
courir auprès du pape le reproche d'être trop soupç;onnoux. 

(5) Sur toute cotte affaire dont, somme toute, l'ambassadeur espagnol avait 
assez bien pénétré le secret, v. supra pp. 70 sqq. 

(6) Sur ces conférences secrètes, cf. la lettre de Walsingham à lord Burghley. 
de Melun, le '.i août 1571 (anal, dans les Calendars.,., foreiyn séries, 1569-1571, 
pp. 501-502). 



156 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

arabasciator de Ugonotti et altri simili et particolarmente col 
Principe di Orange, al quale dice essere stato sborsato denariin 
nome di dette Grande duca per satisfare li raitri de quali si è 
servito alla guerra contra la fede catholica et contra l'honore 
di Dio, et hora di nuovo lo sollecita à muovere le raedesime 
armi, aggiungendo di più che lo ambasciator di detto Grande 
duca che è qui, oltre dette pratiche publiche [f 110 v°) di 
Francia, ne tiene ancô di occulte con lo ambasciator de Inghil- 
terra (8) qui, con il quale dice trovarsi spesso di notte, et 
tante altre cose mi disse cosi exaggerate et cosi riscaldamente 
che io non le saperei ne le potrei riferire à grande pezzo, cosi 
à sangue freddo et non è da dirne altro che cosi corne le ha 
dette à me ardentemente, cosi anco le scrive al suo Rè. Io gli 
ho promesso di fare volentieri et fidelmente la relatione che 
mi ha ricercô, sendomi prima ingegnato di persuaderlo à voler 
fare egli per se stesso questo offitio con Nostro Signore et 
sendomi parse queste materie atte ad inanimare et irritare 
Tanimo di quel Rè. Tho pregato à volere intendere le cose più 
certamente et più sensatamente che puô, che cosi come deve 
tenere avisato il suo Rè délie cose che sono, cosi deve f/° 111) 
usare molta diligenza di non avisarlo di quelle che non sono, 
maxime in simili sorte di cose da potersi tirare appresso una 
coda di fiamma cosi lunga et mettere fuoco in tutta la Chris- 
tianità et sopra tutto, gli ho detto et dichiarato et protestato à 
dovere egli credere et far fede anco al Rè Gatholico che Nostro 
Signore non ha altro desiderio nelli stati de tutti li principi 
christiani che dell' honore di Dio et délia quiète et commune 
benefitio de tutti egualmente et che in questo si af faticarà sem- 
pre per Toffitio che tiene di Dio et paterna cura che ha de 
tutti, havendo sempre per maie et per cose tutte di offesa di 
Dio quelle che si faranno in contrario da qualunque si sia. Ho- 
ra, havendo satisfatto alla richiesta di detto ambasciator et 
anco al debito raio di fare intendere à Nostro Signore tutto 
quello che intendo {f 111 v") io, corne suo ministro in (juesto 
suo ser"\àtio, mi pare di dover dire ancô quello che io so di 
vero et quel che mi pare di coniettura. E vera la pratica dello 
ambasciator del Grande duca con quel Fregoso et Monsignor 
Motmorancy {sic) ; quelle di Teligni et de Inghilterra. io le 
ho intese anco per altre vie, oltre detto ambasciator Gatholico; 
che cosa contengano dette pratiche, sin qui, di mia notitia, non 



DOCUMENTS 157 

vi è altro clie conjiettura; quelle délia Rocella con lo Admira- 
glio, conte Ludovico et principe di Orange, io non ne so altro 
che per relatione di detto ambasciator di Spagna; et di esser 
sollecitata questa Maestà à rauovere le arme, niolti ne ragiona- 
no per disoorso più che certezza. Di alcune cose che io ho viste 
et altre che ho intese su questa materia, ho havuto voluntà di 
l'arne qualche avvertimento alio ambasciator del Grande duca, 
ma ho creduto che egli non debba (f 112) fare cosa, maxime 
di simile.importanza, che non sia di espresso ordine del suo 
principe et poi in altre cose ho fatlo prova che egli è di suo 
capo et non riceve volentieri simili avvertimenti, ne forse anco 
ha bon senso. Ho voluto avvertire di tutto Nostro Signor per 
quello che parera à Sua Santità di considerarvi più pruden- 
temente et se li parera commandarmi qualche modo che vi deb- 
ba tenere di qua, lo farô prontamente con più sicurezza et 
con più auttorità con l'ordine di Sua Beatitudine che non 
cosi da me stesso incerto di far bene ô maie et forse che certi 
piccoli falli si potriano rimediare nel principio che, con las- 
ciarli correre, si possono fare grandi et incurabili. 



1571, 9 août, Paris. 

Le même au même. 

Recommandation en faveur de M. de i^Lagodina», aumônier du 
Roi, qui se rend à Rome. C'est un défenseur zélé de la cause catho- 
lique. 

A, original autographe : Aich. Vaticanes, loc. cit., f 116. 



1571, 14 août, Paris. 
Le même au même. 

Le Roi se rend de Fontainebleau à Blois où il a donné rendez-vous 
aux ambassadeui's pour le l^"" septembre et où l'on espère faire venir 
l'Amiral. — Monsieur persiste dans son refus d'épouser Elisabeth; 
désappointement des protestants qui, n'ayant pu gagner Monsieur à 
leur cause, espéraient, par ce moyen, l'éloigner du Royaume; bons 
sentiments du jeune prince que les protestants cherchent en vain à 



ibS LA POLITIQIE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

brouiller avec son frère (1). Le nonce conseille vivement à Monsieur 
de faire l'acquisition d'Orange. — Le soi-disaitt ambassadeur turc 
qui est venu à la cour et sur qui on fondait tant d'espoirs n'était 
qu'un aventurier. 

A, original : Ai<'h. Vaticanos, loc. cit., f" 117 r^-v". 



1571, 14 août, [Paris]. 

Le même [au même]. 

Feuille chiffrée : Le nonce a combattu le mariage de Navarre 
auprès du cardinal de Bourbon, mais sans succès. — La cour se rend 
à Blois pour y recevoir l'Amiral et les princes. — On dit que l'Amiral 
est secrètement défavorable au mariage. — Le nonce, pour y faire 
obstacle, s'est abouché avec l'ambassadeur d'Espagne; mais le carac- 
tère, soupçonneux à l'extrême, de ce diplomate est un grand obstacle 
au succès; en revanctte, le nonce a obtenu de l'ambassadeur de Por- 
tugal l'envoi d'un courrier exprès dans ce pays pour tâcher de con- 
trecarrer la négociation du mariage de Navarre en proposant de nou- 
veau la candidature du roi Sébastien. — Le nonce est d'avis, si le 
mariage de Navarre se conclut, de s'abstenir d'y assister; demande 
d'instructions. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement (2): Arch. Vaticanes, loc. cit.. f'"^ 113-115 v". 

(1) « Questi niali ponf5ieri sono stati considerati et conosciuti assai bene da 
questo giovene et io non ho niancato di metterglili in eonsideratione per ogni 
via et non si puo dir si non clie. veramente con molta virtnosa et christiana 
voluntà, inspirato da Dio benedctto, si sia risoluto di dire alla Madré et al fra- 
tello : « Io non voglio con offesa di Dio et délia niia conscicnza et dell' 
honor proprio maritaniii con una donna inhonesta et contraria alla fede et 
religion catholica nella quale io son nato et edueato et voglio vivere et 
niorire corne han fatto tutti i predecessori miei ». aggiungendo al Rè: m Sire, 
io sono nato vostro fratello et non merito esser scacciato dal Regno vostro 
nel quale per mio debito et con maggior vostro servitio vi voglio sempre 
servire corne vi ho servito sin qui con la propria vita » et simili parole 
amorevoli et honorevoli nelle quali intendo che la Madré et essi fratelli 
insieme venero in lachrime et in deliberatione di escludere quolla maledetta 
femiaa. Hora questi scelerati mal sodisfatti, corne ho detto, di questa esclu- 
sione, con Tarte del demonlo non mutando pensiero, mutano sempre nove 
vie d'insidiare et van tentando de farla parer sospetta al Rè, procurando 
di metterla in qualche gelosia del fratello, corne che habbia l'animo al regno 
ô per mancamento di successione. non vedendosi gravidanza délia Regina, ô 
per altri mali colori che essi tristi vi danno, ma si vede che per bontà di Dio 
questi fratelli sono congiuntissimi d'animo et di voluntà et patientissimi aile 
insidie di questi veramente figlioli del demonio. contra i quali io spesso vo 
facendo qualche officio cosi corne Iddio benedetto m'inspira » (/" 117 f°-v°). 

(2) En tête de B: Cifra di Francia di 14 di Agosto 1571. Au dos de B: même 
mention ; puis, au crayon, cette note (peut-être de la main du pape) : « Se 
non si riconciliassero prima con la Chiesa et abjurassero. » 



DOCUMENTS 159 

Parlai con il Reverendissimo Borbone corne dissi di dover 
fare in materia del matrimonio del principe di Navarra, dicen- 
doli quai clie mi parve necessario convenire ail' honore di 
Dio, di qiieste Maestà et suo particolare, sendo egli christia- 
no et cosi principale membre et benemerito ancô délia Sede 
Apostolica et, finalmente, \i trovai che la carne vi poteva più 
clie lo spirito et clie quel matrimonio nell' anirno suo et, per 
le sue parole, in animo anco di Lorp Maestà era per con- 
cluso, con sperrinza che essi dicono di dover guadagnare quel 
principe et li altri di Gondé per questa via et alla Chiesa et 
al Rè et per questo effetto si conducono à Blés dove deve- 
ranno venire detti principi et lo Amiraglio et la Regina {f 
113 v°) di Navarra. Cosi ho inteso ancù per altre vie. Tntendo 
poi di assai buona parte che lo Admiraglio, il quale terne di 
perdeie per questa via quel principe et li nltri, si lor moslra 
(?) apertainienle di venirvi anco egli, nondimeno usa ogni 
arte per impedirlo et fa nuovamente proporre à detto prin- 
cipe et alla madré matrimonio di una nipote di quella de 
Inghilterra con speranza di successiono et cosi quel tristo 
va cambiando un maie con un' altro et è opéra del demonio 
che questo timoré spinga queste Maestà ad affrettare tanto più 
questo altro. Et giudicando io questo fatto assai mostruoso, 
di mal exempio et di mala conseguenza, oltre di haverne 
fatto rimostranza à Loro Maestà et al Reverendissimo Bor- 
bone, ho fatto offitio con questo ambasciator di Spagna, di- 
cendoli di movermi assolutamente (/" 114) come christiano, 
come doverà fare anco egli per honore di Dio et per obviare ad 
infinité maie consequenze che gli ne ho rimostre anco in 
pregiuditio del Rè suo, pregandolo à voler considerare si, 6 
per se stesso ô col ambasciator di Portogallo che è qui, 
polesse con mettere iunanzi quel matrimonio di Portogallo 
impedire questo altro et non solo non ho fatto niente, tro- 
vandolo malissimo in questo ragionamento, ma ho grande 
I)aura che cosi come egli è fortemente sospettoso et interpréta 
le cose sempre à mal senso, cosi habbia fatto anco di questo 
mio parlamento come fatto da me ad instanza di questa Regina 
Madré et altre mosche che ha sempre nel capo, che cosi mi par- 
ve di conoscerglielo nelle parole et nel volto. Ho voluto satis- 
fare alla conscienza mia anco con lo stesso ambasciator di Por- 
togallo, mostrandoli i buoni successi {f° 114 v") da sperarsi di 



160 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

quel matrimonio et li inali da temersi di questo altro cou per- 
pétua inimicitia di questa corona con quella, pregandolo à 
volerli considerare. Et se le sue instruttioni capiscono qualche 
rimedio à questo maie à volerlo fare, ho trovato questo gen- 
tile huomo ben flegmatico al costume del paese, ma molto più 
ragionevole et haver plgliato ogni cosa à buon senso, raos- 
trando desiderio di voler trattare di detto negotio con me et 
con lo ambasciator di Spagna insieme, che io per non insos- 
pettire più quel!' altro, ho mostrato di non volermi ingerire 
più di quel che mi conviene, bastandomi di haver satisfatto 
con quel primo offitio alla conscienza mia, ma bene li ho 
detto che sempre che da loro io sarô ricercô, ve intervenirô vo- 
lentieri per il benefitio commune et perche li rimostrai detto 
negotio haver bisogno {f° 115) di molta prestezza, detto gen- 
tilhomo, movendosi un poco di quella loro tardanza ordina- 
ria, speditte subito un correrio in Portogallo, commettendoli 
molta diligenza et ho inteso che lo ha espedito senza far mot- 
to alcuno à questo di Spagna che è grande segno di haver 
preso il negotio à senso buono. Hora, havendo satisfatto con 
Dio et con la mia conscienza, come mi forzerô di far sempre, 
desidero di satisfare in un'altra et che sia con buona satisfat- 
tione di Nostro Signore, dico in caso di farsi ditto matrimo- 
nio di Navarra al quale non so considerare forma che stla 
bene con Christo et con Galvino et sendosi chiamati li am- 
basciatori come si suole in simili atti, io per mio parère 
conosco essere il dritto di non dovervi intervenire, paren- 
domi non convenirmi, ne come nuntio di Nostro Signor, ne 
come christiano {f° 115 v°) potendo parère con la presenza 
di approvare quello atto. Pur già che li ho tempo, ho voluto 
conferirlo con Nostro Signore per fare ogni cosa con mia 
maggiore tranquillità di animo. 



1571, 19 août, Paris. 

Le même au même. 

Accusé de réception d'une lettre du 30 juillet et d'un bref destiné 
à Marie Stuart. — Le nonce n'aura pas à prendre la défense du 
Grand-duc devant Leurs Majestés, vu que celles-ci ne se méfient 



DOCUMENTS 164 

nullement de lui et que les soupçons dont le nonce a fait part sont le 
fait du seul ambassadeur d'Espagne. — Avant le départ de la Reine 
de Paris, il Va entretenue dit mariage de Portugal, de la bonne volonté 
de l'ambassadeur de ce pays; la Reine s'en est montrée satisfaite; 
elle laisse le Pape libre de continuer ou non la négociation (1), deman- 
dant seulement, si Sébastien continue à faire traîner les choses en 
longueur, à pouvoir rechercher un autre parti; elle assure du reste 
que le mariage de Navarre ne se fera pas sans que le Pape ait accordé 
sa bénédiction et la dispense du degré prohibé. — Le nonce s'est con- 
tenté d'enregistrer cette promesse d'obéissance, sans s'engager sur 
la question de la dispense. — La cour n'arrivera à Blois guère avant 
le 8 septembre. 

A, original : Ai'ch. Vaticanes, loc. cit., î" 118 r°-v°. 



1571, 31 août, Paris. 

Le même au même. 

Nouvelles de la cour qui s'achemine lentement vers Blois. — L'Ami- 
ral y vient de La Rochelle et y amènera, dit-on, le prince de Condé; 
celui de Navarre accompagne sa mère aux eaux en Béarn et on ne 
l'attend guère à la cour avant deux mois; intrigues des protestants ; 
confiance du Roi et de la Reine-mère. — Hésitations du nonce en 
ce qui touche la dispense : il croit bien faire en conseillant à Leurs 
Majestés de la demander, pour éviter qu'elles ne s'en passent. — 
Paid de Foix cherche à renouer le mariage d'Angleterre; le nonce 
espère dans les bons sentiments du duc d'Anjou (2). — Nouvelles 

(1) « Di che essa Regina ha rioevuto niolta satlsfattione con molto rinfranca- 
mento di aninio et se ben si è formata di giustificare questo di Navarra con 
moite speranze di poter per questa via spogliar l'Ammiraglio, acquistar quel 
principe et gli altri al Kè et à Dio, con quietare et tranquillare il Regno, il 
che confida nella bontà et valore di qiicsta giovene, oltre molta certezza che 
dicono havere délia buona voluntà di quel principe, quando sarà in sua 
libertà che hoggi è posseduto et violentato dall' Aniiraglio, nondimeno non 
escludc quel di Portogallo et ultimamente partendo Ella di Parigi la mattina 
di XVII, mi mandô à dire con un suo gentilhuomo confidoute et consapevole 
di quosta pratica, che. quanto al nogotio di Portogallo. Ella dice espressa- 
niente che non .se ne del)ba trattare In nome suo. ne de i suoi figlioli, ma che 
Nostro Signore debba o non dcbba trattarne da per se stesso corne commun 
Pâtre, Ella non dice cho'l faccia ne che no'l faccia, lasciando il tutto alla 
prudente consideratione et paterna cura di Sua Santità ; le quali parole à me 
pare che dimostrino assai aperta voluntà di Sua Maestà che se ne tratti » 
(/» 118, ro-vo). 

(2) « Quel Monsignor di Foys che si mandô in Inghilterra, il quale per 
mia opinione è un gran tristo, di novo va rattai^cando quella pratica che 
tutto fan questi tristi, con disegno di poter levare dal Re et dal Regno questo 
suo fratello, cosi additto alla Religion catholica et poter in suo loco intro- 
dur quel di Navarra, ma io confido nella bontà et religlone di questo giovene 



^62 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

d'Ecosse; soulèvements en Irlande. — Nouvelles diverses : voyage du 
cardinal Alexandrin; arrangements survenus pour les anciens béné- 
fices de Châtillon; fièvre tierce qui règne à Paris, etc. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f" 119-120 y". 



1571, 17 septembre, Paris. 

Le même au même. 

Le départ du nonce pour la cour a été retardé par l'épidémie qui 
a atteint ses gens. — Envoi à tous les métropolitains des lettres 
ordonnant des prières publiques. — La restitution d'Orange est 
imminente. — Nouvelle de la cour, oii l'Amiral est arrivé le 13; il 
y a été bien reçu (1). — On dit qu'il veut attirer le Roi dans une ligue 
protestante contre l'Espagne. — La négociation du mariage de Na- 
varre se poursuit et le prince de Condé est resté à La Rochelle. — 
Le nonce a tenu le cardinal Alexandrin au courant de l'affaire du 
mariage. — Retour d'Angleterre de Paul de Foix qui, à défaut du 
mariage, aurait conclu un traité d'amitié entre les deux couronnes; 
on attend le secrétaire Cecil; redoublement de rigueur contre Marie 
Stuart et ses partisans depuis la découverte du complot de Ridolfi. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f"' 121-122. 



che mostrara in questa nova pratica la medesma virtû che ha mostro nell* 
altra prima et io non manco di adoperarvi di assai boni instrument!, suoi 
doniestici et d'autoritù con lui. che lo mantengono nel suo bon proposito et se 
ben essi hanno altri suoi particolari fini di non uscir fora di questo Regno 
dove hanno fondato i disegni e speranze più certe à gli utili et grandezze loro. 
sapendo niassime che in Inglitcrra intrarebbeno in serritù et danno. pur 
l'opra loro fa bono effetto et è tanto più ferma quanto che è fundata nelli 
interessi proprii » (/"» 119 t-o-120). 

(1) « Alli XIII, comparve l'Admiraglio con circa 50 cavalli che ben poteva 
farlo assai sicuramente, havendone per prima fatto ridur alla corte per diverse 
bande et sotto diversi capi per più dé mille altri. Veniva condotto dal mares- 
cial di Cossé et. per quel che sin hora s'intende, andô con detto mareseiaUo 
et pochi altri assai privatamente, prima dalla Regina Madré, la quale era 
con un poco de indispositione ; andô apresso dal Rè et fù da Lor Maestà 
visto et acoolto assai gratamente. ne s"intende particolare alouno di cosa che 
habbian parlato et trattato insieme. Si trovava in quel di Monsoignor con 
un poco di alteratione di febre et con ordine che havea dato di non intrar 
alcun in sua caméra ; non s'intende che l'Admiraglio andasse da lui in quel 
di, ne ancho se n'è intreso altro dopoi » (/° 121 V). 



DOCUMENTS 163 

1571, 17 septembre, [Paris]. 

Le même au même. 

Feuille chiffrée : Le nonce estime que, pour contrebaltre les intri- 
gues protestantes contre Monsieur, il convient de soutenir ouverte- 
ment sa cause; s'il pouvait épouser une fille de Philippe II, il gagne- 
rait encore en autorité; reconnu qu'il serait comme chef par tous 
les catholiques, il n'aurait plus rien à craindre de personne, même 
du Roi. — Il serait peut-être bon aussi, pour faire échec au mariage 
de Navarre, de proposer le prince de Savoie comme époux de Mar- 
guerite de Valois. Le nonce a entretenu de ce projet l'ambassadeur 
d'Espagne et obtenu son adhésion. 

A, original perdu. 

B, déchiffrement (1): Arch. Vaticanes, loc. cit., f°' 123-124 bis. 



Di dentro questo inferno dove di présente non sogno altro 
che pericolo et paura di maie, mi è parso di dover ricordare 
se fusse bene che, cercando questi scelerati, con ogni sorti di 
manifattura, di separare Monsur dal Rè Christianissimo, ha- 
vendo tentato prima di guadagnarlo con proferte et sperato di 
avviarlo con il matrimonio de Inghilterra, mettendolo in 
servitio di quella mala femina et, ultimamente, vedendo la 
resistantia di questo giovane, non mancano di andar semi- 
nando diffidanze et discordia tra esso et il Rè, mettendo in 
sospetto Sua Maestà di pensiero che Monsur habbia di pro- 
pria grandezza nel regno, usurpando, con il maneggio del 
governo, tutta l'auttorità regia (2) disegno che ha alla corona 
con la sterilità délia Regina et simili sceleratezze che vanno 
seminando per indirette vie aile orecchie del Rè, si debba cyico 
dal . canto nostro cercare di sostenere questo giovane, dico, 
Monsur, {f 123 v°) nella voluntà et fermezza che mostra con 
la voluntà et con le opère in conservatione et difensione délia 
religione catholica, devendosi sperare che, con conservare 
lui, si debba conservare anco il Rè et il Regno et che, perden- 
dosi in qualunque modo questo giovane, si possa insieme per- 
dure et il Rè et il Regno, andando in preda di questi scelerati 



(11 En tête de B : Cifra di Francia, 17 di septembre 1571. Au dos de B : 
Même mention ; puis : risposto à 8 d'Ottobre. L'encre a rongé le papier en 
de nombreux endroits, de sorte que la reconstitution du texte a été souvent 
difficile et parfois impossible. 

(2) Manque un mot d'environ une syllabe. 



{64 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

et perfidi (?) ...(1) contrario délie fraudi di matrimoniali 
et (?)... (2) altre cose cbe propongono questi tristi per... (3) 
si converria dal canto nostro proporli délie cose per stabilirio 
et conssrvarlo, corne forse potria essere (?) à proposito il ma- 
trimonio oon una figliuola del Rè Gatholico con stato et con- 
ditioni tali che detto giovene possa fermarvi Tanimo et, cr 
suo, fermare ancho quello del Rè con che si verria à stabi- 
lire questa corona et questo regno et levare un grande peri- 
colo di maie à tutta la Ghristianità. Et in caso che questi 
tristi potessero tanto che violentassero 6 volgessino l'animo 
del Rè, di che qualche volta mi fa temere la troppa, dirô, 
hontà di esso Rè et la troppa indignità delli altri, sendo sos- 
tenuto questo fratello al quale adheriria tutta la parte catho- 
lica, con l'authorità che egii ha (?) et l'agiuto (?) grande, che 
haveria per se stesso et per la religione, non è dubio che saria 
superiore à tutte le altre parti, anco à quella del Rè, il che 
non potria fare altro principe, per molto potente che fusse, 
se non esso Monsur solo. Et per ciô, corne si fa con un uccello 
che, pernonlasciarlo correre(?) unaesca(?) dove si possa per- 
dere, seli mostra un' altra, cosi mi pare si debba fare in ques- 
to caso che forse che Dio benedetto, per li mezzi debiti come 
sono io, Ya mostrando délie cose, che vuole esso à maggior 
sua gloria (/" 124 v") condurle oon lande et merito di Nostro 
Signore et in contrario del matrimonio di Navarra, forse che 
si potria proponere quello del principe di Savoia. Tutto ques- 
to discorso ho ragionato qui più lungamente con questo am- 
basciator di Spagna per intendere come egli et simili minis- 
tri passano (?) havere l'animo di approvarlo ô di dannarlo et 
■se bene, in principio, mostrô di tenerlo molto più difficile 
come è suo naturale in le cose che non sono di sua testa, 
pur discorrendo più minutamente per tutte le parti del bene 
et del maie che vi si trova di dentro, cosi per il privato come 
per il publico, è concorso con me ad approvarlo per il publico 
et privato anco del suo Rè, che per satisfattione délia mia 
conscienza ho voluto riferirlo à Sua Santità {f° i2Abis) con 
molto zelo, se non con molta prudentia ; potrà Ella più pru- 
dentemente considerarlo et abbraciarlo per opéra degna delP 
autorità et bontà sua, se lo troverà perô buoiio. 

(1) Mauque un mot. 

(2) Manque un mot. 

(3) Manque un mot. . 



DOCUMENTS 165 

1571, 2 octobre, [Blois]. 

Le même au même. 

Le nonce est arrivé à la cour le 26; il y a trouvé l'Amiral installé 
et bien vu de tous (1); une commission des deux partis a été nom- 
mée pour réglementer l'application de l'édit. — Le Roi et la Reine 
essayent de gagner Coligny en lui donnant une indemnité de 150,000 
francs pour sa maison de Chàtillon. — Le nonce a eu deux audiences 
de Leurs Majestés et du duc d'Anjou (2) ; il a obtenu d'eux l'aveu que 
le mariage de Navarre était décidé; remontrances du nonce; protesta- 
tion de foi catholique de Leurs Majestés; si elles se sont résolues à 
ce mariage, c'est dans l'espoir de ramener le jeune prince à l'Eglise; 
elles espèrent que le Pape accordera la dispense du degré prohibé. 
— Affaires diverses. — Le nonce a obtenu une demi-satisfaction dans 
l'affaire de la pyramide expiatoire élevée à Paris à l'emplacement 
de la maison de Gastines et dont les protestants avaient obtenu la 
démolition (3). 

A, original : Arch, Vaticanes, loc. cit., î"^ 125-128 V. 

B, copie partielle : Ibid., Niinziatiira di Spagna, reg. 3, f " 177 (4). 



« Ho trattato in duo lunghi parlamenti di due giornate che 
pur hieri fu l'ultima, con la Reglna Madré, Rè et Monsignor 
congiungati insieme in materia del matrimonio di Madama 
et dopoi un pezzo di ambiguità, pregandoli et astringendoli 
à dover dire liberamente Tanimo loro à Nostro Slgnore, accio 
che non hahbia Sua Santità à rimaner con incontro nel ma- 
trimonio di Portogallo che sin qui ha trattato con tanto 
amore come lor padre et padre di quella figliola, il che sa- 
rebbe, se mentre Sua Santità traitasse quello, Lor Maestà ne 
concludessero un altro et taie quale è quello del principe di 
Navarra; finalmente, tolta ogni ambiguità, con moite pro- 
misse di bon zelo et di bon fine di pace, di religione et di 



(Il « IIo trovato in corte l'Admiraglio cosi domestico Pt cosi sicuro et dirô 
anche cosi sfacciato, intrando et uscendo in caméra et in Conscglio. et por 
tutto. como se fusse stato sempre à casa : egli mostra molta domostichczza et 
molta sicurezza et sommissiono con tutti et tutti con esso ; tutti sin qui lo 
fan con arte, ma qucsti gioveni, se potrebbcno dinienticare, che egli non se la 
dimonticarù mai » (/» 125). 

(2) En raison de l'importance de cotte lettre, nous croyons -levoir donner 
in-extenso le récit que fait le nonce de ses deux audiences. 

(31 Sur l'affaire (le la croix de Gastines. cf. les sources citées dans .T. De- 
i.ABORDB, Ga.ii)ard de Colir/ny, t. III, p. 348, n. 2. 

(4) Cvt extrait va de: « IIo trattato... » à « ...buon animo di vero padre » ; 
il fut communiqué au cardinal Alexandrin dans une lettre du 22 octobre. 
(Ihid., f" 176 Y°). 



166 LA POLITIQT'E DE SAINT l'IE V EN FRANCE 

stabilimento del Regno perche dicono moversi, mi dissero 
che essi han gia risoluto di voler fare questo di Navarra et 
che ringratiavano grandemente Sua Santità del bono animo 
di padre che in questo particolare come in tutte l'altre cose 
ha lor mostrô sempre, pregandola à voler ricevere questa lor 
deliberatione per bona et à quel bon fine che essi dicono di 
farla et che percio Sua Santità si potrà retirare da ogni pra- 
tica di quel di Portogallo in materia del quale si son doluti 
assai di molto negletto et molta ingiuria che lor pare di 
baver ricevuto, tanto da quel Rè quanto da altri che l'han 
trattato, eccetto che da Sua Santità nella quai sola han conos- 
ciuto ogni bon zelo et ogni bon animo di vero padre. 

lo le pregai à voler prima considerare come christiani et 
che da tanti lor predecessori {f° 126) tutti difensori délia 
Chiesa Gatbolica ritengono per successione il nome di Ghris- 
tianissimi, quanto lor disconviene per la parte che tocca al 
honor di Dio et al débite del nome di Chrislianissimo, con- 
trattar matrimonio di una sorella con uno heretico che fa 
espressa professione et protestatione di heretico, il che non 
possono fare se non con grande offesa di Dio et offesa et 
ingiuria di questa Ghristianissima oorona et di loro tutti. 

Appresso, oome principi del mondo, per la riputatione et per 
la dignità et conservatione ancho del stato, quanto lor dis- 
conviene dare una sorella in matrimonio à un subdito ribelle 
che fa espressa professione di ribelle et di tener l'arme con- 
tra il stato et persone loro, tenendo occupate délie città et for- 
tezze nel lor proprio regno. 

Et ultiraamente, à voler considerare l'impedimenlo del terzo 
grado in che* sono et il pericolo di vergogna et di danno in 
che metteno quella sorella, potendo quel giovene, se gli ne 
verra voluntà, ô per sdegno, ô altra mala satisfattione, ô per 
mali consegli et altri interessi che il mondo puô apportare, 
dirle un di : « Vattene à casa tua che non sei mia moglie » 
et quando ancho egli no '1 facesse in vita, potrebbe accadere 
in morte, che una sorella che ha ô il marito ô figli di lei 
ô altri chi se sia, che direttamente potesse pretendere alla 
successione del stato, li facessero una simile esclusione, chia- 
mando lei concubina et i figli, se vi ne fussero, illegitimi. 

Fu detto et replicatd et disputato pur assai sopra tutti detti 
capi, dichiarando la Madré e i figli di essere et di voler 



DOCUMENTS 107 

e'sere sempre christiani, et cnlholici, et religiosi, et devoti, et 
difensori ancho délia Santa Sede Apostolica, et confessando 
di non elegere detto raatrimonio per cosa che essl conoscano 
esser di sua natiira bona, ma per minor maie in tanti pre- 
senti mali et per riraedio di detti mali, diceadomi che cosi 
eran consigliate à fare da tutti del {f° 126 v°) loi conseglio 
et da tutti principi et nobili piii catholici, nominandomene 
alcuni et particolarmente Monsignor di Monpensiero, dicen- 
domi di fare ogni cosa à fine di guadagnar quel principe 
come sperano in ogni modo col mezzo délia bontà et valore 
di quella giovene et con esserli tutti di continue attorno, che 
come sarà libero délia suggettione del Admiraglio, dicono 
esser sicuri di ridurlo intieramente alla fede et divotione 
délia Ghiesa Catholica et del Rè et toglierlo al Admiraglio et 
à quella setta, di donde dicono sperare molto reintegram^^nto 
délia Religione et del Regno, aggiungendomi che tanto più 
lo sperano quanto che san certo che detto raatrimonio non 
place al Admiraglio et in questa opinione persisteno, non 
obstante che io lor dicesse, et replicasse, et rimostrasse come 
che Elle erano ingannate et mal consegliate di consegli che 
erano ingiuriosi à Dio et vergognosi et pericolosi à Lor Maestà 
et al Regno et che quel pensieri di bene, con guadagnar quel 
principe, potevano riuscir tutti vani in caso di non guada- 
gnarlo, come più verisimilmente si ha à credere debba suc- 
cedere, havendo à l'orecchie quella mala madré sua et l'Admi- 
raglio et altri mali ministri che gli terranno sempre à torno 
come in custodia et in tal caso si trovarebbono haver offeso 
Dio, offeso et ingiuriato se stessi et persa quella giovene, 
pur tutta via si prometteno più di se stessi et di quel giovene 
che non temeno di altri. 

Quanto al particolare del impedimento del grado, mi han di- 
chiarato di voler haver ricorso à Nostro Signore per la gra- 
tia délia dispensatione, confidando che per tanti boni effetti 
che ne sperano, debba Sua Santità concederglila et in 
questa parte mi han fatto grande istanza per intender da me 
se io credevo che Sua Santità dovesse concederla, che li ho 
detto credere che Nostro Signore non harebbe fatto difficultà 
nel grado, ma che ben la vedevo grande nella disparità di 
religione, et che cosi come dovevano sperare da Sua Santità 
ogni honesta gratia che fusse in sua raano di poter fare, cosi 



168 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

ancho non dovevano desiderarne di quelle che Ella non po- 
tasse et non dovesse fare, corne io (/" 127) lor dissi di dubitar 
molto in questo caso, di congiunger Ghristo con Galvino. Diedi 
questa rispos^ta cosi dubia et incerta per mostrarli la diffi- 
cultà et per tirare il negotio à Nostro Signore dove potrebbe 
trattarsi con raaggior dignità et autorità et per non dispe- 
rarli qui, con occasione forse di farli cadere in maggior maie. 
Sono questi accidenti cosi difficili et cosi pericolosi et le 
genti cosi precipitose che non \i basta il discorso humano et 
talhor si vienne in ponto di non saper se si fa bene 6 maie, 
che à me par debba bastarmi assai di voler far bene et con- 
fidare in Dio, che non mi lascerà far maie dove io non lo 
voglio fare. 

In questo ponto di dispensa benedetta, ferno molta escla- 
matione con molta attestatione délia. fede, délia religione et 
divotione loro con la Ghiesa Gatholica et con quella Santa 
Sede et molto conseglio che hanno che detta gratia non se li 
debba negare et infinité sorte di parole che si dissero et repli- 
corno, hor amare, et hor dolci che mi sarebbe impossibile 
riferirle con la penna, tra le quali ve ne furno alcune che mi 
dispiacquer gravemente, come à dire che eran consegliate, in 
caso che Nostro Signore la dinegasse, poterla ottener qui da 
un arcivescovo, che io lor dissi, forzandomi ancho di dimos- 
trarglilo con raggione qualmente era una falsità grande et 
che quel che gliel consegliavano le ingannavano et cercavano 
di farle parère al mondo manco christiane et manco bone di 
quel che sono et che non si saria trovato mai arcivescovo 
catholico che havesse fatto un simile errore et che se alcun 
tristo avesse attentato di farlo, harebbe fatto quel che non 
poteva, ne doveva fare et Lor Maestà che dicono et dichiarano 
tanta lor religione et divotione, non dovevano incorrere scien- 
temente in un tal errore. con esser esempio à tutto il populo 
di caminare à un scisma cosi raanifesto che tutto saria final- 
mente risultato in maggior confusione del Regno et depressio- 
ne délia autorità regia et altre cose che Dio m'inspirô à dirle 
in quel ponto, et per la religione, et per l'honore, et per il regno, 
et per le proprie vite loro {f 127 w°), talche mi parve di vederli 
tutti confusi et tra il zelo, il timoré et la disperatione, si volta- 
rono à me : « Monsignor, vi pregarao à voler abbracciar quest' 



DOCUMENTS 169 

» opra con Noslro Signore, con farli fede délia bona mente 
n nostra et délia nécessita in ctie ci troYamo et che per araor 
» di Dio non ci voglia mancare; noi conoscemo che non face- 
» mo bene; perô, Sua Santità deve credere che noi non 
» l'eligemo per eligere il maie, ma il minor maie; vi pregamo 
» à volere escusar con Sua Santità il caso nostro et pregarla 
» à non volerci disperare che habbiamo à cascare in qualche 
» atto de disobedienza, contra la voluntà nostra et contra la 
» débita riverenza che gli dovemo et che gli havemo. Pre- 
» gâte Sua Santità à voler più prudentemente che non sapemo 
» dimandar noi, ritrovar Ella qualche modo che possa star 
» bene al bi&ogno nostro et in conservatione délia obedien- 
» za nostra et délia autnrità sua et, se parera à Nostro Si- 
» gnore, disse la Regina, di confidar detta gratia in secreto 
» in petto mio ô del Rè mio figlio da non publicarsi, se non 
» in tempo che detto principe sia ritornato alla obedienza 
» délia Chiesa Catholica solamente per non cader noi in atto 
» di disobedienza » et altre simili sorte di cose ben assai, 
(•lie io vorrei più tosto haverle à dire in voce che à riferirle in 
scritto. 

Di tutta questa veramente diabolica materia che ben l'ho 
riferita assai lungamente, non ne ho perô detto la centesima 
parte, io che l'ho intesa présente et che présente ancho vô 
vcdendo et considerando i mali consegli che \i sono et i 
precipitii e i pericoli che mi si rapresentano da poter cadere 
da ogni banda, non saprei eligerne cosa che non mi faccia 
stupore et timoré et prego Idio benedetto à inspirare à Nostro 
Signore il Spirito Santo suo col quale possa esplicare et dis- 
fare questi cosi implicati nodi del demonio con ritener l'obe- 
dienza di questa corona et l'autorità et decoro di quella Santa 
Sede che io per me, plus video qiiod t'imeam qiinm qiiod spe- 
rem, forse che cosi è per imbecillità del intelletto mio. 

Lor Maestà ne dovevan scrivere à Nostro Signore che cosi 
mi han detto di voler fare et far if° 128) trattare questa mate- 
ria per il loro ambasciatore et perche potrebbe essere che ne 
scrivessero per corriero espresso che giungesse prima del ordi- 
nario, ho voluto spedire ancho io un corriero, accio che ques- 
ta mia si trovi esser gionta in tempo per informatione di 
Nostro Signore, 



170 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1571, 2 octobre, Blois. 

Le même au même. 

Feuille chiffrée : Frangipani attribue pour une bonne part les 
propos tenus sur le compte de Vambassadeur de Toscane au caractère 
soupçonneux de l'ambassadeur d'Espagne, naturellement porté à 
croire tout ce que colportent les adversaires du Grand-duc: Guise, 
Ferrarais ou bannis toscans. -— Pourtant, l'ambassadeur florentin a 
certainement manqué de prudence. — Francès d'Alava va retourner 
en Espagne; on ignore qui lui succédera. 

A, orig:inal perdu. 

B, déchiffrement (1) : Arch. Vaticanes, Nunziatura di Francia; 
reg. 4, f' 129-130 v°. 

C, copie de B (2): Ibid., Nunziatura di Spagna, reg. 3, î°' 177 v°, 
130 y. 

Con l'ambasciator di Spagna in matcria délie cose del 
Grande duca, per la parte che mi è parso toccare l'aiittorità 
et riputatione di Nostro Signore, io ho risposto sempre in 
modo che le ho fatto conoscere il buono et santo zelo che Sua 
Santità tiene di vero padre con tutti li principi christiani et 
non più oon uno che con l'altro, se non quanto conosce essere 
più religioso, più giusto et più amatore délia quiète publica di 
un' altro, et, per la parte del Grande duca, l'ho sempre pre- 
gato, cosi per il servitio particolare del suo Rè, di non metter- 
li l'arme in mano senza proposito et dove non bisogna, come 
anco per la quiète publica délia Ghristianità à volere inten- 
dere le cose vere et certe et non le incerte et le conjetture. Ma 
egli è huomo cosi sospettoso et cosi credulo del maie {f° 129 
v°) che non solo quel che vede et ode, ma quel che pensa et 
sogna, interpréta et crede sempre in maie. Egli tiene di moite 
spie per tutto et, in questo caso, tutti délia fattione di Guisa 
et quelli di Ferrara et anco molti particolari fiorentini che 
sono qui poco amorevoli del Grande duca, credo che riferis- 
cano à lui di quelle cose che vanno dicendo et seminando per 
tutto, che Yi sono più Mannelli (3) che uno. Et sa ditto ambas- 

(1) En tête de B : Cifra di Francia. 

(2) E7i tête de C : Di Francia, di 2 d'Ottobre 1.571. — Cette copie fut commu- 
niquée par Rusticucci à Alexandrin dans une lettre datée de Rome, 22 octobre 
(copie: Nunz. di Spagna, reg. 3, f 176 v°) : « Sarà con questa copia la cifra 
venuta di Francia, sopra le cose del Gran duca, la quale Nostro Signore 
ha voluto ch'io le mandi, acciô che se ne serva nclle occasioni. » 

(3) Sur Luca Mannelli, banni de Florence, réfugié en France, cf.: Picot, 
les Italiens en France, in: Bull. Ital., 1902, p. 44. 



DOCUMENTS 171 

ciator nssai miniitamente ciô che si clice et si fa in casa dcllo 
ambasciator del Grande duca per via di una poltroncella ita- 
liana che ditto del Grande duca tiene in casa, il marito délia 
quale sta con quello di Spagna, di clie io, cosi honeslamente 
corne ho potuto, l'ho avvertito à bastanza et hora mi rincresce 
haver à raccontare qiiesta novella poco honosta. Crederô che 
ii avisi di questi poltroncelli possino essere spesso {f 130) 
falsi come sono venali li autori et li altri che ancho detto de 
Guisa, di Ferrara et de fiorentini possono spesso corne in- 
granditi et aggravati per particolari interessi et so che ne 
ho inteso da tutti et più particolarmente dalln ambasciator di 
Ferrara che credo me li hajbbia detti per dirli al nuntio di 
Nostro Signore, se bene da me ha riportato sempre convene- 
vole risposta, li ho trovati tutti esser conformi à quelli dello 
ambasciator di Spagna, donde ho conosciuto tutto questo 
essere uua tresca et dirô anco da questo del Grande duca si 
fanno qui délie cose men prudentemente di quel che forse si 
potrebbono fare, se perô non si fa per arte di mostrare di far 
quello che non si fa. A me è parso mio debito di dare aviso à 
Nostro Signore di quel tanto che detto di Spagna mi ha ragio- 
nato, cosi per quello che dovevo fare per avvertimento di Sua 
Santità et qualità délia cosa, come perche se ne potesse dare 
avvertimento h Monsignor (f° 130 w°)Illustrissimo Alossandrino 
in quella corte di Spagna, dovc detti avisi deveno essere scritti 
et ingranditi molto più di quel che sono riferiti qui à me et 
non lascierô di dirli che ditto di Spagna è stato richiamato 
dal suo Rè. Non è anco partito, ne licentiato da questa Maes- 
tà, standosene anco in Parigi, ne sin qui se intende chi debba 
venire in suo luogo. 



1571, 10 octobre, Blois. 

Le même au même. 

Dans un nouvel entretien avec Frangipani, la Reine-mère a laissé 
voir que le mariage de Navarre était encore loin d'être conclu et a 
prié le nonce de ne pas demander tout de suite la dispense à Rome: 
Frangipani Va approuvée, afin de gagner du temps. Même 



172 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

le.t plu.t catholiques conseillent ce mariage et, par esprit d'indépen- 
dance gaUicanc, seraient d'avis de le conclure sans intervention du 
Pape; mais Leurs Majestés proclament leur sincère attachement au 
Saint-Siège (1). — En revanche, elles s'imaginent que Philippe II, 
hostile au projet en raison de la position géographique de la Na- 
varre, pourrait prévenir l'esprit du Pape. — Le cardinal de Bourbon 
a promis de veiller à empêcher que la commission nommée pour 
l'application de l'édit prenne des décisions défavorables à l'Eglise; 
les protestants ont été déboutés de leurs prétentions sur les points 
suivajïts: application de l'édit au Comtat Venaissin; réintégration 
pure et simple des Réformés dans leurs bénéfices ecclésiastiques; 
dispense des dîmes accordée aux protestants; réintégration de Noail- 
les dans son évêché de Dax. — En dépit des intrigues de soi-disant 
catholiques, le Roi a maintenu les règles anciennes en ce qui con- 
cerne les élections dans les abbayes bénédictines ou cisterciennes. — 
Nouvelles de l'arrivée d'Alexandrin à la cour d'Espagne. 

A, original (2) : Arch. Vaticanes, Nunziatura di Francia, reg^. 4, 
î"' 131-132 V". 



1571, 14-15 octobre, Blois. 

Le même au même. 

Rien de nouveau pour le mariage de Navarre. — Il ne faut pas 
exagérer l'influence de l'Amiral à la cour; mais on doit redouter 
son habileté; on joue au plus fin avec lui, mais le nonce craint 



(1) « Tutti, quanti sono, che più si dicono catholici consegliano et approvano 
dette matrimonlo, comparandolo ad un altro che è nelle loro historié di Clo- 
tllde di Borgogna, glovene christiana et religiosa molto che, maritata à Clovls, 
re pagano, fè acquisto del Rè et del Regno tutto alla religion christiana, tanto 
che dirô et son certo de dire 11 vero, che non solo non vi è persona, ne soco- 
lare, ne ecclesiastica che lo sconsegli, ma che, se non fusse la religione di 
Lor Maestà et riverenza che esse et fratelli veramente hanno verso quella 
Santa Sede et in particolare alla persona di N. S. conie à lor padre, per il 
che si son mosse da se stesse à riconoscere l'honor che deveno à Dio et à 
quella Santa Sede con voler mandare a darne conto à N, S. et in tutti modi 
che sia possil)ile desiderarvl la sua benedittione, non si è trovato pur une 
di qualunque ordine si sia che gli l'habbia ricordato et molti vi sarebbeno che 
gli lo dissuaderiano, cosl tutti et socolari et ecclesiastici, ciascuno per proprli 
interessi et desiderii di libertà et ancho per una certa naturale incompatibilità 
di questa natione con noi ricalcitrano al giogo di quella Santa Sede et non 
vorebbeno se non che Lor Maestà con qualche occasione gli aprisser loro un 
poco la strada da poterne appresso essi con magior insolenza scuoter il capo, 
ma spero che Idio benedetto sarà più potente à conservarli che essi à volersi 
perdere » (f° 129, r'-v"). 

(2) Au dos, d'une autre tnai7i : Il nuntio di Francia, 10 di Ott. 1571. — Ris- 
posta à 19 di Nov. 



DOCUMENTS 473 

qu'07i ne le laisse gagner la partie (1); on dit que l'Amiral va bientôt 
retourner à Châtillon. — Sur le conseil du nonce, les ducs d'Aumale 
et de Guise et le marquis du Maine ont été apjielés à la cour; la 
Reine-mère voudrait réconcilier la maison de Lorraine et celle de 
Châtillon. — Les protestants ont en vain essayé de faire revenir le 
chancelier de L'Hospital. — Le duc de \evers est de retour. — Affaire 
particulières : procès des cardinaux Altemps et Boba avec la ville 
de Carmagnola; affaire de Jacopo Malatesta. — La cour, dit-on, va 
être obligée de quitter Blnis, en raison de la difficulté d'y subsister. 
P. S. (du 15 octobre) : Le nonce a vigoureusement combattu les 
prétentions des protestants, tendant à transférer au Roi, en ce qui les 
conserne, le droit jusqu'alors réservé au Pape de décider des cas de 
degré prohibé en matière matrimoniale. 

A, original : Arch. Vaticancs, loc. cit., f" 133-134 v°. 



1571, 17 octobre, Blois. 

Le même au MEME. 

Le courrier exprès envoyé en Portugal étant revenu cl ayant rap- 
porté l'assurance des bonnes dispositions de Sébastien, l'ambassadeur, 
sur les vives instances du nonce, en a rendu compte à la Reine-mère. 
— Frangipani, auparavant, a sollicité une audience de Leurs Majestés 



(1) « Si san\ scritto di lit. coine si è detto ancho di qua, cho l'Admiraglio era 
in corte bon pezzo prima che ogli vi fusse et che haveva in sua nuino il go- 
verno di tutte le cose et per ciô nii pare di dover dire per quel che sin qui si 
vede che assolutaniente non è cosi ; ben ô vero, come lo dissi giil, di molta 
domestichczza et molto adito che ha per tutto, con molta sicurczza che mos- 
tra et molta dissimulatione che usa con ogniuno, le quali cose per hora si 
conoscono esser sue arti et forse ancho dcbbolezza de altri pifi tosto che sua 
autorità ; non ottiene tutte le cose che dimanda, se ben moite ne ottiene 
che non se li doveriano conccdere, che è pur troppo disordine et troppo maie ; 
credo perô che moite cose se li concedeno che non se li vorrebbeno conccdere 
et sin qui non ha havuto effctto il donc che si disse dovei-seli fare di 150™ 
franchi, anzi ch'el Rè ha detto à un signor catholico che non lo farà 
mai ; si finge et si dissimula da l'una parte et da l'altra. ma questo tristo 
è piu versuto et sa esser più ribaldo et parer più falso ; et è da temere che 
saprà più ingannare, il che io non manco di ricordar sempre. 

Non è dubio che à vederlo in questa corte, pare un mostro, pero questo 
è un gioco che ogniuno vi ha dçntro i suol disegni et le sue speranze per 
vlncerlo et perciô bisogna ossorvarlo sin' al fine et io che vi son sopra à ponto 
come a guardar altri che giocano, non manco di ricordar al Rè, al fratello et 
alla Madré, giornalmente tutto quel che conosco potervi esser di vantaggio 
per la parte loro che, se essi vorran farlo (/<• 133 V) come prometteno de si, 
potrebbeno facilmente vincerlo, ma io che conosco 11 valore délie persone 
vorrei potermi assicurare che no'l perdessero. (/<• 133 r«-t)»). 



•174 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EX FRANCE 

qu'il a trouvées mal disposées à l'égard du roi de Portugal (1). — 
Le comte de Retz, leur confident, perise qu'elles ne peuvent donner 
de réponse ferme avant le retour de Biron, chargé d'aller sonder les 
intentions de la Reine de Navarre et de son fils. — La Reine-mère 
et son fils sont partis pour Paris; le Roi se déplace aux environs de 
mois. 

A, original (2) : Arch. Vaticanes, loc. cit., f"' 135-13G. 



1571, 20 octobre, Blois. 

Le même au ilÊME. 
Recommandation particulière en faveur d'un chevalier de Malte. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f° 140. 



1571, 26-28 octobre, Blois. 

Le même AU MÊME. 

Leuj's Majestés, changeant leurs projets {2} sont pa7'ties pour Dur- 
tal, château du maréchal de Vieilleville. — Bii^on n'est pas encore 

(1) « Prevenni con parlar io prima à lei et al Rè, con più aperta dlmostra- 
tione del fatto et voluntà di quel Rè et di quel cardinale suo governante, 
forzandomi di rimostrarli con moite raggioni ben assai evidenti il bene che 
seguirebbe del une et il maie che seguirebbe del altro, ma non potei far niente, 
rispondendomi ambe Lor Maestà principalmente di molta offesa et molta Inglu- 
ria che si senteno haver ricevuto da quella parte, scndo stati exclus! et ripulsati 
con tanta iudeccnza et con tanto negletto quanto si havesse potuto fare di per- 
sone indegne di quella alliganza et appresso che la pratica con Navarra era 
tanto inanzi et tanto lor vantagiosa anche per la quiète loro et tranquillità 
del Regno che essi non la potevano cosi facilmente rltirare à dietro senza 
assai manifesto pericolo di suscitar nove turbolenze nel Regno et il Rè, 
in quella commemoranza di offesa et de ingiuria che diceva haver ricevuta, 
corne si fa in le colère, disse che egli harebbe più tosto ammazzata quella 
sorella che darla à quel Rè et simtli cose di colera che io mi ingegnai di tem- 
perarlo et indolcirlo il più che potei, pregando lui et la Madré à voler governare 
un simil caso con la raggione et non con la colera et riguardare al bene che si 
puô fare et non al maie che si è fatto et non posso redir hora tutto quel che fu 
detto et risposto et replicato su questa materia. In conclusione, io non feci 
ne ben, ne maie ; ne segui perô che, parlando detto ambasciatore appresso, 
dico alla Regina sola, fu as.sal dolcemente ascoltato et non ricevuto, ne reietto 
(/o 133 ro-V). 

(2) « Il moto di questa corte è come la morte, che si sa di certo haversi 
à fare, ma è sempre incerto dove, quando et come » (}° 137). 



DOCUMENTS 17a 

de retour du Béam ; Coligny est reparti pour Châtillon (1). — 
Envoi des points présentés par les protestants touchant l'application 
de l'édit; le nonce regrette que le cardinal de Bourbon n'ait pas eu le 
courage d'intervenir; Frangipani s'est efforcé de convaincre Morvil- 
liers et Birague, commissaires catholiques, des dangereux desseins 
de V Amiral {2) ; ses efforts ont porté spécialement sur les points sui- 
vants : exclusion des protestants des chaires de l'Université de Paris 
{ils semblent avoir obtenu le droit d'enseigner en province les 
sciences profanes); nullité des mariages des prêtres ou religiieux; 
interdiction du libre exercice de la religion réformée dans le pays 
de Metz et le marquisat de Saluées; non-application de l'édil faux 
habitants d'Avignon et du Comtat; le Roi ne reconnaîtra pas de façon 
générale la validité des mariages protestants, bien qu'il cherche à 
s'attribuer le droit d'accorder des dispenses individuelles; les enter- 
rements de protestants continueront à être interdits de jour. — Nou- 
velles du cardinal Alexandrin qui a appris par Frangipani le projet 
du mariage de Navarre. — Maladie du cardinal d'Esté. — Posl-scrip- 
tum : le Roi vient, à l'instigation de Birague et de Morvilliers, de 
prendre sur les points ci-dessus de nouvelles décisions qui sem- 
blent moins satisfaisantes. — Le nonce va partir pour retrouver la 
cour. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f' 137-139 (3). 



1571, 3 novembre, « di una casa in campagna ». 
Le même au même. 
Le nonce a retrouvé Leurs Majestés à Vaujours (4), et de la pari du 

(1) Cf. Delaborde, Gaspard de Coligny, t. III, pp. 354-3.56. 

(2) « Hora, in materia di detti ckpi, principalmente co.si in générale di 
tutti, mi son forzato di rimostrare alli srudetti di Morvillero et di Birago, 
primarii do diputati et del Cousoglio, corne in tuttc quelle dimande mi pare 
che assal manifestamente si conosca la via che l'Adiniraglio si va prepa- 
rando al Regno, simulando molta niodestia di non dimandar niente à suo 
particolar utile et molta chanta con tutti nobili et populari di ogni condi- 
tione, di quel che egli dice d«^'lla sua religione, che tutto è suo artificio, per 
conservarsi l'autorità sopra di esse, invitandoli col beneficio tutti il rlcorrere 
da lui, come al lor capo et dirô come al lor rè, et ho lor rimostrô che quanto 
si concède ai populi per suo mezo, tanto si edifica in accrcscimento del suo 
regno et in diminutione di quello del Rè, il che in lunghe repliche non mi 
seppero dinegare, ma che tutto si faceva con prudente consideratione et à bon 
fin. » (/" 137 V). 

(3) Au dos : Il nuntio di Francia, il 26 Ottobre 1571. Risposta à 19 di Nov. — 
Au crayon : Délia legatioue del Cardinal al Rè, che verà (sic) lo 
Alessandrino quanto prima ». 

(4) Hameau de la commune de Château-la-Vallière, chef-lieu de canton de 
l'arrondissement de Tours (Indre et Loire), à la rencontre des routes de Blois 
à Baugé et de Tours à la Flèche. 



i76 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCS 

cardinal Alexandrin, leur a demandé quelles étaient leurs intentions 
définitives touchant le mariage de Portugal; elle lui ont répondu 
que le mariage de Navarre était, dans leur esprit, entièrement ré- 
solu (1). — Le nonce, dans le même entretien, est revenu sur dif- 
férentes questions relatives à l'application de l'édit: législation matri- 
moniale, biens des réformés français à Avignon, protestants de Salu- 
ées. — Leurs Majestés ont appris par des courriers de Venise la 
victoire de Lépante et en ont manifesté une grande joie; le nonce 
en a profité pour les engager à entrer dans la Ligue (2). 

A, original (3): Arcli. Vaticanes, loc. cit., f' 141-142. 
Al, double de A (4): Ibid., î"' 143-144. 
A2, triple de A (4): Ibid., î"' 146-147. 



1571, 5 novembre, Souzé (5). 

Le même au même. 
Effet produit à la cour par la nouvelle de la victoire de Lépante 

(1) « Forse che detta mala feniina, corne lor ho dotto, potrebbe ingannarle 
ancho délia promissione che lor fa di volor venir ella à trattar, corne 
dice, per se stessa, potendo esser suo artificio di escludere la pratica di altrl 
mezzi et differir la sua per diffeicuze et escludere il negotio tutto, massime 
havendomi Elle detto di saper certo cho, dal canto del Admiraglio et altri si è 
fatto et fa ogni cosa per disturbarlo, mettendo innanzi délia altre pratiche in 
Germania et ancho con quella mala Elisabetta de Ingliterra, ma queste mie 
parole et altre che lor ho detto pur assai non han' bastato à rimoverle di una 
ferma opinione che lor hanno di dover conseguir. à ogni modo, l'intento loro et 
di dover per questa via guadagnar quel principe alla obedienza de Dio et dol 
Rè et poter quietar... et tranquilare il Regno et non è ragione, ne persuasione 
che basti à mostrarli il contrario che à la fine io l'ho lasciate, dicendoli di 
pregare Idio che me inganni io et non se ingannino elle » (f° 141). 

(2") « Con l'occasione di detta nova, havemo havuto bon pezzo di ragio- 
namento in proposito di dover questa Maestà intrare in una impresa cosi 
giusta, et santa, et degna del suo nome di Christianissimo, la quai anch»- 
sarebbe assai bona medicina di portar fora del Regno l'arme in paese forC,,- 
tiero, potendo con la persona d'un di fratelli mandar fora pareehi mali cc-r- 
velli et mali humori ch'el seguirebbeno. rimostrandoli io.... come questa corona 
non deve sperar più à sue imprese aggiuto alcuno dal Turco. non potendolo 
havere, come altre volte l'ha havuto, di mare, si che detto disegno che hora 
non ê piu utile, non doverebbe ritenerla da una impresa utile, et honesta, et 
santa de invadere quel nemico come Sua Maestà potrebbe fare, per la parte 
délia Grecia, che, con le sue genti et altre del paese che sî potrebbono 
arraare et che la seguirebbono. mentre il Turco fusse occupato à defendere i 
lughi di mare dalla armata christiana che li soprastasse, potrehbe Sua Maestà 
scorrere col suo esercito insino h Constantinopoli, nel che si sono iti consi- 
derando delli commodi et delli incomodi che si sono rapref,entati in questo 
primo ragionamento nel quale non posso se non dire di haver ritrovato assai 
bon' animo in qiiesti fratelli et madro, ma quanta speranza, mi danno essi, 
tanta me ne toglieno pareehi tristi che hanno à torno » (f 142). 

(3) Au dos de A : Il nuntio di Francla, a 3 9bre 1.571. Risposta 3 dec. 

(4) En tête de .41 et -12 .• duplicata. 

(5) Vraisemblablement : Chouzé-le-Sec, hameau de la commune de Châ- 



DOCUMENTS 477 

dont les détails viennent d'être transmis par l'ambassadeur de 
Venise; manifestations de joie de Leurs Majestés; mécontentement 
des protestants (1). — Départ du Roi et de la Reine-mère pour Dur- 
tal et du nonce pour Tours. — Le nonce n'a pas entendu parler de 
prétendues conversions à l'islamisme qui se seraient produites à Lyon. 
— Affaire de Desiderio Collini; bonne volonté de Leurs Majestés. 

A^, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., V 145, r'-v*. 
A2, double de A : Ibid., f° 148. 



1571, 12 novembre, Tours. 
Le même au même. 

Rien de nouveau; Biron n'est pas encore de retour; le nonce va 
suivre la cour dans ses pérégrinations; offices et processions à la 
cathédrale en l'honneur de la victoire de Lépantc. — L'ambassadeur 
d'Espagne, dont Leurs Majestés sont toujours aussi peu satisfaites, 
n'a pas paru à la cour depuis trois mois. 

A, original autographe : Aicli. Vaticanes, loc. cit., f 149 r'-V. 



1571, 23 novembre, Langeais. 

Le même AU même. 

Le nonce, ayant reçu les brefs à présenter an Roi, à sa mère 
et à Monsieur, pour les engager à entrer dans la Ligue, a envoyé 
son secrétaire à Durtal pour demander une audience. — Les mauvais 
conseillers du Roi cherchent à détruire la bonne impression causée 
sur l'esprit du Roi par la victoire de Lépante. — Il n'y a pas grand 
espoir que le Roi adhère à la Ligue, mais il ne fera rien pour entraver 
son action (2). — Fuite de Paris de l'ambassadeur d'Espagne; rappel 
de l'ambassadeur de France à Madrid; le nonce ne croit pourtant 

toau-la-ValUèro. Il existe bien en Maine-et-Loire une commune du nom de 
Souzay, mais cette localité, sise à quelques kilomètivs eu amont de Saumur, 
est en dehors de la route vraisemblablement suivie par le nonce. 

(1) « Non dirô di questa mala razza Ugonotta, et altri lor attinenti et 
aderenti, i quali non possono ingiotirla, che tante più si deve detta vittoria 
estimar masrgiore » (/» 145). 

(2) « Et se ben io che son qui nel fatto et reggo et intendo li humori. non 
credo che si debba sperar molto in la materia che si desidera di Lega, non 
(limeno assai hono effetto si farà, sempro che si conteuerù questa corona à 
non lasciarsi trasportare da mail consegli, à concorrere in qualche novità 



178 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

pas qu'un conflit entre les deux cours résulte de cet incident provoqué 
par l'inconséquence de Francès d'Alava (1). — On attend toujours la 
venue de la Reine de Navarre; son fils a fait une grave chute de 
cheval. — Nouvelles du cardinal Alexandrin. — MoiH du cardinal- 
abbé de Clairvaux et de Citeaux, survenue à Rome; danger qu'il y 
aurait à déroger aux règles d'élection pour ces deux importants 
monastères. — Post-scriptum (2): les bénéfices du cardinal de Clair- 
vaux étant vacants in curia, la collation en appartient au Saint- 
Siège. 

A original (3): Arch. Vaticanes, loc. cit., f" 150-151. 



1571, 27 novembre, Durtal. 

GlOVAN BaTTISTA GlORGI, SECRÉTAIRE DU NONCE FrANGIPANI, 
AU CARDINAL RUSTICUCCI. 

Intrigues menées en faveur du cardinal de Rambouillet pour lui 
faire obtenir l'abbaye de Clairvaux; efforts contraires de Giorgi; le 
Roi et sa mère se déclarent prêts à faire la volonté du Pape. — 
Maladie de la Reine-mère. — Biron annonce l'arrivée de la Reine de 
Navarre, mais sans son fils, vers le 15 décembre; le prince viendra 
quand le mariage aura été arrangé par sa mère. — Uévêque d& 
Dax ne peut passer à Constantinople, Venise lui ayant refusé un 
navire; Giorgi cherche à faire rappeler cet ambassadeur. — Nou- 
velles du cardinal Alexandrin. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f' 152-155. 

che possa divertire il bon progresse di detta Lega et corso di cosl gran 
vittoria che la bontà di Dio ci ha conceduto » (/" lôO v^-v). 

(1) « lo non posso credere ch'el motivo délia partenza cosi repentina et 
occulta di detto ambasciatore habbia havuto altra causa che di particolar 
sospetto délia persona sua et che in quel modo habbia volnto rendersi sicuro, 
non potendo persuadermi ch'el Rê Catholico che è bono et prudente et ben 
assai maturo nello cose sue, li habbia dato, in questi tempi masslme, ordine 
di una simil fuga, cosi precipitosa corne si farebbe in caso di una manifesta 
rottura, non vedendosi di présente segno alcuno apparente di mala voluntà 
tra questa et quella corona, anzi che dalla Regina Madré, in ragionamenti 
che io li ho fatti più volte, rimostrandoli la riputatione et stabiUmento 
grande che 11 harebbe apportato, sempre che si havesse conservato quel Rè 
per un altro figlio, mi ha sempre detto et raffirmato che, mentre Ella 
fusse stata viva, mai (/" 151) questa corona si sarebbe rotta con quella, di 
che io ho sempre assicurato detto ambasciatore, corne mi ricordo haverne 
dato aviso ancho à N. S. et mi par mill' anni di poter esser con la sudctta 
Regina per far opra di contcnerla nel medemo proposito et che non per una 
leggerezza di un ministro voglia lassarsi tirare à farne Ella un' altra... » 
(/"' 150 v°-lôl). 

(2) Le post-«criptum est autographe. 

(3) Axi, dos de A: Il uuntio di Francia, 23 di uov. 1571. — Risposto a 
17 dcc. 



DOCUMENTS 179 

1571, 28 novembre, Durtal. 

Le même au même. 

Giorgi vient de recevoir une lettre d'Alexandrin pour le nonce, en 
date du 18; Alexandrin, partant pour le Portugal, demande à être mis 
au courant de la négociation du mariage de Navatre. 

A, original : Arcli. Vaticanes, loc. cit., f 150. 



1571, 6 décembre, Paris. 

Fabio Mirto Frangipani au même. 

Le cardinal d'Esté envoyant son secrétaire à Rome, le nonce en 
profite pour rendre compte qu'il a fait revenir ce prélat sur sa 
décision de quitter la cour de France, de crainte d'y rencontrer 
Coligny; Frangipani a jugé, en effet, qu'il ne fallait pas laisser le 
champ libre aux intrigues protestantes. 

. A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f 157 r'-v". 



1571, 11 décembre, Paris. 

Le même au même. 

Frangipani désapprouve l'envoi d'un nonce extraordinaire chargé 
de préparer les voies au cardinal Alexandrin; il faut beaucoup de 
prudence et de patience dans les négociations en cours. — Il n'y a 
de chance d'attirer le Roi dans la Ligue que par l'intei'médiaire de 
l'Empereur. — Le nonce dément le bruit, qui lui revient d'Italie, 
de changements dans la politique française ; il rappelle que la 
Reine-mère lui a récemment exprimé sa volonté de maiiitenir la 
bonne entente avec l'Espagne (1). — Il n'a jamais entendu dire qu'il 
y ait dexix archevêques en France pourvus du privilège de donner 
la dispense du degré prohibé. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f°' 158-159. 

(IJ Voy. ci-dessus la lettre de Frangipani du 23 novembre. 



180 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1571, 26 décembre, Amboise. 

Le même au même. 

Le cardinal Alexandrin a obtenu le consentement du roi Sébastien, 
mais laisse à Frangipani la latitude d'en faire part ou non à Leurs 
Majestés; le nonce juge préférable de n'en point parler pour l(\ 
moment. — Le Roi et la Reine-mère se disposent à recevoir aveo 
honneur le Légat. — Depuis que l'on sait le Pape irréductible sur 
le fait de la dispense, les uns conseillent à Leurs Majestés de s'en 
passer ouvertement, les autres de la solliciter in extremis et trop 
tard pour que le refus puisse intervenir avant la cérémonie (1). — 
Frangipani combat de son mieux ces intrigues. — Le retour des 
Guise à la cour est retardé, dans la crainte qu'il ne provoque un 
conflit avec l'Amiral et ses partisans. — Désordres à Paris lors 
de la démolition de la pyramide de Gastines. — Leurs Majestés sont 
satisfaites de l'évacuation du Comtat par les contigents pontificaux. 

A, original : Arch. Vaticanes, loc. cit., f°' 161-162. 



1571, 29 décembre, Amboise. 

Le même au même. 

Recommandation en faveur du comte de Tende qui, voulant con- 
tracter mariage avec une nièce du connétable, sollicite la dispense du 
quatrième degré. 

A, original autographe : Arch. Vaticanes, loc. cit., f° 160. 



(1) « Dopoi alcnne dimostrationi che io ho fatto plù apertamente con 
quoste Maestà délie difficoltà che si trovano ncl particolar délia dispensa di 
qucsto maledetto matriinonio et altri avisi che hanno havuto di Roma del 
animo di Nostro Signore di non volerla concedere in uesciun modo, non son 
niancati di qiielli che han lor consegliato à non doverla dimandare et non 
dover venir ad atto di ricevore una ripulsa aperta, già che hanno inteso la 
mente di Sua Santità ; altri più cauti tristi consegliano à mandare à dimanr 
darla otto ô dieci giorni prima del contratto tanto che verisimilmcnte si 
possa credere che nel tempo del contrahere si sia dimandata et contrahere 
perô prima di aspcttar la risposta, pigliando escusationo di qualche novo 
accidente, sendosi massime mandato à Sua Santità con si apparenti giuste 
cause che verisimilmcnte si poteva sperar di ottencrla et, in tal caso, diman- 
darla di novo dopo del contratto, dove trovarcbbono magglor facilita. » 
U° ICI v"). 



DOCUMENTS 181 

1572, 19 janvier, Amboise 

Le même au même. 

Renseignements sur un cimnoine d'Aix, candidat au siège épiscopal 
de Gap (1). 

A, original : Areh. Vaticanes, Nunz. di Spagna, reg. 13, p. 90. 



1572, 9 février, Blois. 

Le cardinal Alexandrin au même. 

// a reçu avant de quitter l'Espagne la lettre du 10 janvier, mais 
n'y a pas répondu, faute d'occasion commode. — Envoi d'un cowrier 
exprès (1) pour mettre le Pape au courant de sa mission à la cour 
de France où il vient d'arriver et où il a été bien reçu. — Depuis 
son entrée en France, il a eu la douleur de constater la mine des 
églises dans les lieux soumis à la reine de Navarre ou dépendant 
de la Bochelle; il n'a pas éprouvé moins de déplaisir à attendre six 
jours durant à Bayonne M. de Saint-Sulpice, chargé par le Roi de 
l'accompagner et à constater qu'on cherchait à gagner du temps 
pour permettre à Jeanne d'Albret de le devancer à la cour. — Il 
s'est décidé à laisser son train et à prendre la poste (2). — Bien que, 
dès son arrivée, la situation lui soit apparue comme désespérée, il 
n'épargnera aucune peine pour mener à bien sa négociation. — Il se 
plaint d'être laissé sans instructions. — Scandale provoqué à son 

(11 II s'agit d'Etienue Stcphanl ou d'KsticDne à qui l'évêque apostat Cîabriol 
de Clermont avait vendu son évêrhô, mais que le pape ne voulut pas agréer 
(Albanès, GalUa chriatinna 7iovi-'<sima. t. I, col. SlT-nlS). 

(1) Pourtant, Alexandrin ne put faire partir sa lettre que deux jours plus 
tard et encore ne trouva-t-il de courrier que jusqu'il Lyon : de là. les Bandini 
durent se charger d'expédier d'urgence h Rome un autre courrier; c'est ce qui 
ressort d'un billet en date du 11 février joint par Alexandrin à sa lettre 
du 9 (copie de la minute : Rome. Bibl. Corsini, mt^. 50."). f» .50). 

(2) Alexandrin écrit, au sujet de M. de Saint-Sulpice : « Il quale mi & 
bisognato aspettare neoessaria mente con molto mio disagio di corpo et 
travaglio di mente in Baiona 6 giorni et dal quale si è^ fatto tutto quello 
ch' era possibile i>er farmi soggiornar per il enniino il pifi cho si potesse. per 
dar, cred'io, tempo à quella mala femina di Navarra la quale ^ condotta da 
Monsignor di Biron. cognato di questo medesimo Monsignor di Santo-Sulpitio, 
che potesse giungore in corte prima di me et haver tempo di negotiare le 
cose sue et, facendo ella la strada Tnedisima che facevo io, ero condotto à 
termine che ô bisognava ch' io mi formassi molti giorni. lasciandola passare 
ft sera necessario ch' io alloggiassi più d'una volta nei medesimi luoghi ove 
alloggiava lei, l'un et l'altra délie quali cose poteva aportar seco molti incon- 
venienti, il che mi fece risolvere al montar in poste si comc feci et condurmi 
quà prima di lei per levar à queste Maestà una riposta: « Voi sete giunto 
tardi » (/<> 59). 



182 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

entrée à Tours par les ambassadeurs de Toscane et de Ferrare. — 
Post-scinptum : il vient d'avoir audience du Roi, a reçu de lui des 
assurances de dévouement au Saint-Siège, mais aucune réponse 
ferme sur les deux points de l'adhésion à la Ligue et du mariage 
de Portugal. 

A, original perdu. 

B, copie contemporaine de la minute : Rome, Bibl. Corsini, ms. 
505, f" 57 v°-59. 



1572, 19 février, Blois. 

Le même au même. 

Accusé de réception d'une lettre du 28 janvier. — Leurs Majestés 
n'ont pas voulu que la reine de Navarre vint en cour, le légat y 
étant. — Le 15, les deux Reines ont eu à Chenonceaux une entrevue 
assez froide (1); la Reine-mère aurait paru froissée des exigences de 
Jeanne d'Albret (2). — Bien qu'il y ait donc une lueur d'espoir. 
Alexandrin craint qu'on ne puisse empêcher le mariage de Navarre. 

A, original perdu. 

B, copie contemporaine de la minute : Rome, Bibl. Corsini, ms. 
505, f» 61-62. 



(l) « E ben vero che dopo l"hav<?rli mandato fi Torsi il marescial Memo- 
ransi, resolverno che la Eegina Madré andasse ad abboccarsi soco à Chenon- 
ceau, luogo della medesima Regina, lontano di qui X leghe, il che fù da Sua 
Maestà fatto giovedl che fummo alli 14 di questo, nel quai giorno andô et 
arrivô nel prefato luogo et, la mattina del seguento, vi glunse quell'altra, 
la quale restô molto sopi^a di se et quasi un poco smarrita, quando vidé la 
gravita et severità con la quale fù ricevuta dalla Regina, non essendoli 
uscita punto incontro ne mossasi dalla sua caméra. Giuuta ch'ella fù alla 
presenza della Regina, passarno fra loro parole di ceriinonie, ma con sospen- 
sione di ciascheduna et senza sorte alcuna di dimentichezza et famillarità. 
Desinarono (/" 61, v°) quel di insieme et, finito il desinare, stettero tre hore 
à ragionare senza intervento d'alcuna persona, il quai ragionamento finito, 
quella di Navarra .si parti, tornandosene verso Torsi et la Regina se ne tornô 
qui il di seguente che fù sabato passato. » 

(2) « Dopo questo aboccamento, par che quel negotio del matrimonio con Na- 
varra sia un poco raffredato et che non si parli di esso più con tanta vehe- 
nientia et resolutione come si faceva et che fra la Regina et quell' altra 
donna sia rimasta non molta satisfatione per le cose impertinentissime adi- 
mandate da lei, le quali son quattro (sic) : che Madama Margherita non vada 
alla niessa, la potestà superiore et regia che con il vocabolo di questi paesi 
chianiano sovranità nella Ghienna, che le piazze del Rè tonute dalU Ugonotti 
ghi rimanghino. » (/» 61 v°). 



DOCUMENTS 183 

1572, 6 mars, Lyon. 
Le même au même. 

Bien que, dans l'affaire du mariage et dans celle de la Ligue, 
Alexandrin n'ait pas eu satisfaction, il a néanmoins obtenu certains 
avantages dont il rendra compte de vive voix au pape. Il a caché 
à l'ambassadeur de Portugal l'insuccès de sa négociation et est d'avis 
qu'on n'en informe point le roi Sébastien avant que lui-même n'ait 
fait son rapport au pape (1). 

A, original perdu. 

B, copie contemporaine de la minute : Rome, Bibl. Corsini, ms. 

505, f<" 63 v°-64 (2). 

lo mi ritrovo qui sano, di dove partirô piacend' à Dio do- 
mani, seguendo il viaggio mio et se bene da queste Maestà, 
non ho potuto nel negotio délia Lega et {f° 64) et {sic) in 
qiiello del matrimonio riportarne, con quanto m'habbia fatto 
et detto, che, in somma, è stato tiitto quello che ho possuto, 
conclusione alcuna conforme al desiderio di Sua Beatitudine, 
per la mala dispositione in che ho trovate le cose di qua, de 
che, perô non è stato punlo fuori délia mia opinione, haven- 
doli, massimamolitft dopo l'arrivo mio in corte, giudicato sem- 
pre negotii nei quali non si potesse baver speranza di buona 
risolutione, non dimeno, con alcuni particnlari ch'io porto, 
dei qiiali raguaglierô Noslro Signore à bocca, posso dir di non 
partirmi à fatto mal espedito. 

Quando l'ambasciator di Portugallo in corte cercô di saper 
da me la risposta di questo Rè intorno al negotio del matri- 
monio, gli risposi ch'io non potevo dirli cosa alcuna sin' à 
tanto ch'io non la comunicavo con Nostro Signore et in ques- 
ta medesima substantia. ho anco scritto al Rè di Portugallo. 
Credo ch,e sarà ben fatto che ancora di costà si celi per insino 
che da mo sia dato contn à Sua Beatitudine d'ogni cosa et che 
à quel Rè si scriva tutto quello che à Sua Santità parera esser 
bene, ch' egli sappia in questa materia, con il quai fine bacio 
à Vestra Signoria lllustrissima li mani, pregandola à baciar 
à Nostro Signore i piedi in mio nome. 

Di Lione, alli. 6. di Marzo 1572. 

(1) Cotte pièce a 6té si souvent citée et ft prêté â tant de commentaires 
(vid. supra p. 89, n. 4) que nous croyons bon d'en donner le texte in-exteii'SO. 
(20 En tête de B : Al cardinale Rusticucci. 



184 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

1572, 14 avril, Blois. 

Frangipani au même. 

Accusé de réception de lettres du 24 mars. — Mécontentement 
qu'éprouvent Leurs Majestés de l'ingratitude du cardinal de Ram- 
bouillet. — Le bruit a couru de la maladie du Pape, sans qu'on en 
ait eu confirmation. 

A, original: Arch. Vaticanes, Nunz. di Spagna, rcg. 13, p. 92. 



1572, 2 juin, Rome. 

Le cardinal de Côme, secrétaire d'Etat, a Frangipani. 

Le nonce devra protester contre les représailles exercées sur des 
Avignonnais résidant en France, à la suite de condamnations pronon- 
cées par la justice pontificale contre des sujets du Roi. — Affaires 
diverses: démarches en faveur d'Alessandro Lenzi, pour lui per- 
mettre de jouir en paix du prieuré de Montverdun dont il a été régu- 
lièrement pourvu par le Pape, etc. 

A, original perdu. 

B, minute : Arch. Vaticanes, Nunz. di Francia, reg. 283, f° 1. 



1572, 9 juin, Paris. 

Frangipani a Grégoire xiii. 

Ai^rès avoir présenté à la Reine-mère le bref du pape, connue il 
en a rendu compte par sa lettre du 29 mai, il a pu, sur la route de 
Paris, faire le même office avec le Roi. — Cérémonies de la Fête- 
Dieu à Paris. — L'Amiral d'Angleterre, arrivé le 8 juin à Paris, a été 
reçu par Leurs Majestés au château de Madrid; il vient jurer le 
traiié de confédération entre la France et l'Angleterre. — Coligny 
vient de faire son entrée à Paris, avec 300 cheveaux et a aussi été 
reçu au château de Madrid, où il a dû rencontirr le duc de Guise (1). 
— Maladie rapide et mort de la reine de Navarre; on peut espérer 
maintenant que son fils se convertira avant le mariage; abattement 
du parti protestant (2). — Nouvelles favorables de Flandres: reprise 

(1) Ce passage est publié par le P. Thbinbu. 

(2) Ce passage est également publié par le P. Theiner, avec une faute de 
lecture qui donne un seus obscur ; après avoir dit son espoir de la conversion 



DOCUMENTS 185 

de Valenciennes; Louis de Nassau assiégé dans Mons. — Leurs Majes- 
tés ont interdit le passage de la frontière des Pays-Bas à tous par- 
tisans armés; le prince d'Orange ne "peut guère compter non plus 
sur des renforts d'Allemagne, tandis que l'armée du duc de Médina 
Celi, signalée au large de la Bretagne, va rejoindre le duc d'Albe. — 
Départ de la cour de Philippe Strozzi; but mystérieux de son expé- 
dition (1). 

A, original autographe: Arch. Vaticanes, Nunz. di Francia, i^eg. 5, 
pages 10-13. 

Publié (en partie) dans : Aug. Theiner, Annales ecclesiastici... ad an. 
MDLXXII, t. I", pp. 338-339 (2). 



1572, 20 juin, Paris. 

Le même au cardinal de Gôme. 

Le nonce a présenté à Leurs Majestés le bref relatif à l'alliance 
anglaise; elles l'ont chargé de rassurer le pape, comme l'a déjà fait 
leur ambassadeur; en concluant ce traité, qui privera les rebelles de 
l'appui d'Elisabeth, elles n''ont mtllement songé à rompre l'amitié qui 
les lie au roi d'Espagne et dont elle viennent de donner une nouvelle 

du prince Henri, il ajoute : « et io non mancarô cosi con Lor Maestà, come 
con dette di Borbone, far in queUi offitil clie si conviene » ; le P. Tiieiner 
transcrit: mancavo au lieu de mancard, 

(1) « rur hieri fù spedito et licentiatosi da queste Maestà il signor Filip- 
po Strozzi per andarsene .1 l'armata che. già, parecchi mesi sono, han 
fatto preparare in quel mari di Bretagna, di più di 40 navilU con 
moite arteglierie grosse et altro provisioni cosi di mare come di terra, 
andandovi 6™ fanti sotto la cariea di detto Strozzi et più di mille et ô<' 
gentilhomini, particolari servltori del Rè et di Monsignor, senza essersi mai 
iiiteso di certo, dove detta armata debha parare. Scmpre pero Lor Maestfl 
han detto à me, alli amba-soiatori qui di Rf^ Catolico et R6 di Portugallo et 
fatto intendero ancho al signor duca di Alva. cho non toccarS loco alcuno per- 
tintinte à detti Rè, ne médiate, ne immédiate, usando questi proprii termini, 
et si lasciano intendere di aleuni lochi in Africa, verso il Capo di Bona 
Speranza, il cho perô non si crcde, et ogniuno sta sospetto del suo fine (pp. 12- 
Vi). Sur l'expédition de Strozzi et sa destination restée mystérieuse, cf. les excel- 
lentes pages de M. Ch. de r.A Roxcière, Histoire de la Marine française, t. IV, 
pp. liO-!.-??, 

(2) Suivant sou usage, le P. Theiner n'a donné, aux pièces justificatives de 
ses .'innales Ecclesiastici, que les endroits du dociunent jugés par lui les plus 
intéressants, sans spécifier que la publication était partielle: de plus, 11 indique 
par erreur que cette lettre serait adressée au cardinal de Côme, alors qu'elle 
commence par : « Beatissimo Padro » et que dans le passage même édité par le 
P. Theiner, figure l'expression « Vostra Santità ». Le cardinal-secrétaire 
d'Etat acctisa réception de cette lettre à Frangipani, le 7 juillet (minute : 
Arch. Vat., Nunz. di Francia, reg. 283, f° 13). 



i86 LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 

preuve en interdisant tout secours aux rebelles des Pays-Bas (1). — 
Elles regrettent que l'état intérieur du Royaume les empêche actuel- 
lement d'adhérer à la Ligue. — Le nonce a pris acte de ces bobines 
dispositions. — Fêtes et cérémonies au château de Madrid, au Louvre 
et aux Tuileries, à l'occasion de la conclusion de l'alliance franco- 
anglaise. — Conséquences heureuses de la mort de Jeanne d'Albret; 
maladie de l'Amiral; prochaine arrivée du prince de Navarre; bonnes 
dispositions dont il a fait montre (2). — On peut espérer une pro- 
chaine issue favorable des événements des Pays-Bas (3). — On ignore 
toujours la destination de la flotte de Strozzi qui n'est pas encore 
partie. 

A, original : Arch. Vaticanes, Nunz. di Francia, reg. 5, pp. 19-22, 

Publié (en partie) dans : Aug. Theiner, op. cit., t. I", p. 339. 



1572, 20 juin, Paris. 
Le même au même. 

Affaires diverses: provision de l'abbaye de St-Nicolas du Pré, au 
diocèse de Verdun, contestée entre maître Hugo Cumino et un certain 
frère Gontier; affaire du prieuré de Montverdun (4). 

A, original : Arch. "Vaticanes, Nunz. di Francia, reg. 5, pp. 27-28. 



d) « Lor MaestA... mi hanno imposto à dover in nome loro assicurar Sua 
Santltà che elle non han fatto detta confcderationo ad altro fine che di 
togliersi quella adversaria et togliere à suoi ribelli et ribelli di Dio la amicitla 
et aiuto di detta femina. con espressa dichiaratione che mi han fatto del 
auimo loro, di voler sempre perseverare in la bona aniicitia et alliganza con 
Sua Maestà Catholica, facendo molta rimostranza di dispiacero che hanBo di 
soUevamenti novamente socceduti in Fiandm et de provisioni che elle vi han 
fatt», con prohibitioni sotto pêne di vita et di béni à genti del (p. 20) 
Regno, perche non debbano passare in quel stati. in offesa di Sua Maestà 
Catolica et che in simili et altri modi che Lor Maestà potranno, non mancaran 
mai di conservare et difendere i stati di detta Maestà, per quanto è dal canto 
di questo Regno » (pp. 19-20). 

(2) Ce paragraphe est publié par le P. Theinbu, avec une orthographe moder- 
nisée. 

(3) Il en est de même de ce paragraphe. 

(4) V. supra la lettre du cardinal de Côme du 2 juin. 



DOCUMENTS 187 

1572, 20 juin, Paris. 

Le même au même. 
Exposé de l'affaire des représailles d'Avignon. 
A, original : Arch. Vaticancs, Nuiiz. di Francia, régi. 5, p. 30. 



1572, 29 juin, Paris. 

Le même au même. 

Arrivée à Paris, le 24, de l'évêque Salviati qui n'a pas voulu des- 
cendre chez le nonce. — Tous deux ont eu, le lendemain, audience de 
Leurs Majestés qui, au sujet des troubles de Flandre, ont de nouveau 
exprimé leuis bonnes intentions. — Salviati a remis à une autre 
audience sa présentation en qualité de nonce ordinaire. — Assurances 
de dévouement au pape et au cardinal de Côme. — Préparatifs de 
retour en Italie. 

A, original: Arch. Vaticanes, Nunz. di Francia, reg. 5, pp. 38-39. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES 

NOMS PROPRES " 



Afrique; 185 n. 1. 

Aguilon, secrétaire de l'ambassade 
d'Espagne ; 86 n. 

Aix-en-Pruvence, ch. 1. arr., Bou- 
clies-du-Rhône. 

— (archevêque d'), v. Chaumont 
(Jean de). 

Alamanni (Jean-Baptiste), évêque 
de Mâcon; 90 n. 5, 117. 

Alava i^Francès d'), ambassadeur 
d'Espagne en France ; 7, 17 n. 1 
et 2, 18 n. 1 et 3, 25 n. 3, 27 et 
n. 6, 29 n., 32 et n., 33 n., 34 n. 
35 n., 36 n., 37 n. 3, 38 n. 2, 
40 n. 1, 45 et n., 46 n. 1, 50 n. 3, 
59 n., 68, 73 n. 1, 76 n. 2, 77, 83 
et n. 2, 101, 121, 133, 153, 155- 
161, 163, 164, 170, 171, 177, 178. 

Albe, Alva (duc d'); VII, 25, 33 
n. 1, 34 n. 2, 35 n. 2, 37 n. 3, 
40 n. 1, 42, 45 n. 2, 92, 102, 103 
et n. 1. 185 et n. 1. 

Albertani; 74 n. 1. 

Albret (Jeanne d'); v. Jeanne d'Al- 
bret. 

Albuquerque (duc d'), gouverneur 
du .Milanais; 40 n. 

Aldobrandini (cardinal Giovanni) ; 
58 n. 3. 

Aldobrandini (Ippolito), plus tard 
pape sous le nom de Clément 
VIII; 85 n., 87 n. 2, 90 n. 

Aldobrandini (le secrétaire T.) ; 6 
n. 7. 

Alençon (François de Valois, duc 
d' — , puis d'Anjou); 16 n., 31 n., 



59 n., 84 n. 2, 87 n. 1, 90, 111, 
133, 138, 147 et n. 

Alexandrin (Michèle Bonelli, cardi- 
nal); 1, 5, 6, 17 n. 1, 20 n. 1 et 2, 
23 n. 2, 24 n., 25 n. 6, 27 n. 3, 
32 n. 1, 33 n. 2, 38 n. 2, 39 n. 2, 
40 n. 2, 49 n. 1, 83 n. 4, S4 et n. 2, 
85, n., 86-9/ et n., 95, 97 et n. 2, 
162, 105 n. 4, 170 n. 2, 171, 172, 
175 et n. 3, 176, 178-183. 

All'onse II, duc de Ferrare ; 18 n. 
2, 28 n., 29 et n. 8, 32 n. 5, 37 
n. 4, 44 n. 2, 45 n. 4, 70 n., 87 
n. 5, 151. 

Allemagne; 26, 28 n., 29 n. 1, 35 
n., 36, 37, 96, 110, 115, 141, 185. 

Allemands (les); 138 n. 2. 

Altemps (cardinal); 173. 

Amboise, ch. 1. cant., arr. Tours, 
Indre-et-Loire; 41 n. 5, 80 n. 2, 
85 n. 2, 86 n. 6, 180, 181. 

— (édit d');35. 

Andréa (le fr. Augustin); 188. 

Angennes (Charles d') ; v. Ram- 
bouillet (cardinal de). 

Angers, ch. 1. dép., Maine-et-Loire; 
47 n. 1, 48 n. 1, 51 n. 2. 

Angleterre, ïnghiltcrra ; 9, 36, 37, 52, 
66 n. 4, 74 n. 5, 75 et n., 76, 
90, 96, 117, 119, 125, 127, 128, 
152, 156, 161 et n. 2, 163, 184. 

— (reine d'), v. Elisabeth, 
Angoulême, Angolem, ch. 1. dép., 

Charente; 115, 123 n. 1. 

— (évêque d'), v. La Bourdaisière. 
Anjou, Aiigiù, (Henri de Valois, duc 



(1) N. B. — Les noms sont ramonés a leur forme moderne usueUe; toutefois, 
on a indiqué à la suite les variantes les plus importantes. 

Les noms de personnes sont imprimés en romaine, les noms de lieux en italique ; 
les chiffres renvoient aux pages ; les chiffres en italique indiquent les passages 
les plus importants. 

Abréviations: arr., arrondissement ; cant.. canton ; ch. 1., chef-lieu ; cire, cir- 
conscription ; com., commune ; dép., département ; distr., district ; intend., inten- 
dance ; n., note; prov., province; v., voir. 



490 



LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 



d'); 16 n., 22, 25, 38, 39 n. 1, 
41 n. 3, 42, 43 n. 4, 46 et n., 
47, 51, 56 n. 4, 57, 58, 59 n., 
64 et n. 2, 69, 7i et n., 75 et n., 
84 n., 85, 87 n. 1, 89, 101, 102, 
105 n. 1, 106 n. 1, 108, 110, 113, 
120, 121, 126-128, 133, 135, 137, 
139, 143, 144, 146 et n. 5, 147, 150, 
152, 157, 158 n. 1, 161 et n. 2, 
162 n., 163-165, 173 n. 1, 177, 
185 n. 1. 

Anne-Marie d'Autriche; 37. 

« Anzere » ; 146. 

Argentan, ch. 1. ari'., Orne; 47 n. 4. 

Armagnac (cardinal Georges d') ; 
55 et n. 5, 120, 132, 138. 

AscoU, ch. 1. de prov., Italie ; 30 
n. 3. 

Aubicjnijf cant. Rumigny, arr. Ro- 
croi, Ardennes ; 134. 

Auch, cil. 1. dép., Gers ; 123. 

Auguste I""', duc de Saxe; 58, 132, 
133, 138. 

Aumale, Omala, (Claude II de Lor- 
raine, duc d') ; 100, 173. 

Auxerre, ch. 1. dép., Yonne; 
évoque d' — , v. La Bourdaisière. 

Avignon, ch. 1. dép., Vaucluse ; 7 
n. 3, 26, 55, et n. 5, 56, 113, 
122, 127, 128, 138, 151 et n. 1, 
175, 176, 187. 

Bachaud (François de), évoque de 
Genève ; 23 n. 3. 

Badalocchio (Vincenzo) ; 27 n. 2. 

Bandini (les), banquiers à Lyon ; 
181 n. 1. 

Barletta, ch. 1. de distr., prov. de 
Baii, Italie ; 30 n. 3. 

Baugé, ch. 1. arr., Maine-et-Loire; 
175 n. 4. 

Bayonne, ch. 1. arr., Basses-Pyrè- 
nées ; 87 et n. 1, 181 et n. 2. 

— (entrevue de), 93. 

Béarn, prov.; 161, 175. 

Beauvais, ch. 1. dép., Oise ; 54, 119, 
138. 

Beauville (baron de) ; 88 n. 3, 91 
n. 6. 



Beltramini; 14 n. 1, 

Berdoues, cant. et arr. de Mirande, 

Gers. 

— (abbaye de), 123. 
Berry, prov. ; 64 n. 1. 

Birague (René de), garde des 
sceaux; 78 n. 4, 98 et n. 3, 145, 
175. 

— (Louis de), lieutenant général en 
Piémont, 97 n. 2, 152. 

Biron (Armand de Gontaut, baron 
de), maréchal de France ; 60, 87, 
140, 146, 147 et n. 2, 174, 177, 
178, 181 n. 2. 

Blois, Blés, ch. 1. dép., Loir-et-Cher ; 

56 n. 4, 78 et n., 79 n., 86, 87 n., 
88 n., 89 n. 4, 90 et n. 5, 157- 
159, 161, 165, 170-174, 175 n. 3, 
181, 182, 184. 

Bobba (cardinal Marc Antonio) ; 173. 

Bologne, ch. 1. de prov., Italie; 11, 
65 n. 1. 

Bonelli (Michèle), v. Alexandrin 
(cardinal). 

Bonne Espérance (cap de) ; 185 n. 1. 

Borbone; v. Bourbon. 

Bordeaux, ch. 1. dép., Gironde ; 
87 et n. 2. 

Bourbon, Borbone (Charles, cardi- 
nal de) ; 34, 45 n. 2, 47 n. 5, 
48 et n. 3, 52 n. 3, 54, 55 n. 5, 

57 et n., 59 n., 60, 61 n. 2, 75, 
76, 78 n. 4, 84 n. 2, 87 n. 1, 107, 
109, 111, 116 n. 1, 118-120, 122 
et n. 2, 124, 127, 131-132, 133 n. 1, 
134-136, 138, 152-154, 158-159, 
172, 175, 185 n. 1. 

— (Eléonore de); 70 n. 3. 

— (Henri de), v. Henri de Bourbon. 

— (Louis de), v. Montpensier. 

— (Louis I" de), v. Condé. 
Bourgogne, prov. ; 119 n. 5. 
Boutillier, BoUeglier; 145-146. 
Bragance (don Fulgence de), prieur 

de Guiinaraëns ; 08 n. 3, 129, 
130 et n. 1. 
Bramante (protonotaire Francesco); 
5, i9 et n., 50 n. 3, 52, 57 n. 7, 



(1) Et non Argcnton, comme nous l'avons imprimé, sur la foi des Calendars. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES 



191 



S8 et n. 3, 59 et n., 60 et n., 61 
et n., 64 et n. 3, 67 n. 3, 68 n., 84 
n. 1, 94 n. 1, 127 et n. 2, 128 et 
n. 2, 132-134, 138, 139, 143 n. 3, 
146 n. 5, 151 n, 1. 

Bretagne, prov. ; 119 n. 5, 185 et 
n. 1. 

Buoncompagno (cardinal Filippo); 
92 n. 

Buoncompagno (cardinal Ugo) ; v. 
Grégoire XIII. 

Biirghley, (William Cecil, lord), 
secrétaire d'Etat de la reine Eli- 
sabeth ; 36 n. 5, 42 n. 4, 74 n., 
75 n. 5, 83 n. 1, 89 n. 2, 162. 

Caiazzo,^-pTov. de la Terre de La- 
bour, Italie. 

— (évêque de), v. Frangipani. 

— (comte de), v. Sanseverino. 

— (comtesse de), v. Du Monsticr 
(Catherine-Béatrice). 

Calvin; VII, 160, 168. 
Capoue, prov. de la Terre de La- 
bour, Italie ; 30. 
Caraffa, (cardinal Gian Pietro) v. 
Paul IV. 
Carcassonne, ch. 1. dép., Aude. 

— (évêque de), v. Rucellaï (An- 
nibal). 

Carmagnola, prov. et cire, de Tu- 
rin, Italie; 173. 

Carnavalet (François de Kernove- 
noy ou de); 60, 140, 146. 

Castagna (Giambattista), archevê- 
que de Rossano, nonce d'Espa- 
gne, pape sous le nom d'Urbain 
VII ; 4, 7, 20, 25 n., 37 n. 1, 86 
n., 87 n., 89 n., 90 n., 91, 92 n. 5, 
97 n. 2, 

Càteau-Cambrésis (paix du) ; 67. 

Catherine de Médicis; VII, 10 et 
n. 6, 15 n. 1 et 4, 16 et n. 4, 17, 
18, 19 et n., 20 et n., 21 et n., 
22, 23 et n., 25 n., 26, 27 et n., 
28 et n. 3, 29 n., 30 n. 3, 31 n., 
32, 33 et n., 34, 35, 36 n. 1, 37, 
38, 39 n., 40 n., 41 et n., 42 n., 
45 et n., 46 n., 48 n., 50, 51 n. 2, 
52, 53 et n., 54 et n., 56 n., 58, 



59 n., 60 et n. 8, 61 et n., 63 n. 2, 
64 et n., 65 et n., 66 et n., 67 et 
n., 68 et n., 70 n., 71 et n., 
72 et n., 73 et n., 75, 76 et n. 2, 
77 n., 78 et n., 79 et n., 80 
et n., 81 et n., 82 et n. 5, 83 et 
n. 3, 84 n. 2, 85 et n. 1, 86 
n. 5, 87, 88, 89 et n. 1, 92-96, 
97 et n. 2, 98-102, 104-112, 114 
n. 1, 116 et n. 1, 117-128, 130- 
136, 138-45, 147, 149-154, 158 n. 
1, 159-161, 162 n. 1, 165-169, 171- 
187. 

Cavalli (Sigismondo de), ambassa- 
deur de Venise à Paris; 83 n. 3, 
85 n. 2, 86 n., 88 n., 89 n., 91. 

Cavriana ; 64 n. 2. 

Çayas (Gabriel de) ; 38 n. 2. 

Cecil (William), v. Burghley. 

Ceneda (évêque de), v. La Torrc 
(Michèle de). 

Cerigiola (Luigi); 14 n. 1. 

Cesi (Pietro Donato), évêque de 
Narni, puis cardinal; 25 et n. 6, 
26 et n. 1, 58 n. 3. 

Chalons-sur-Marnc, Chialons in 
Campagna, ch. 1. dép., Marne ; 
144. 

Champagne, prov. ; 119 n. 5, 144. 

Charles Borromée (St.); VI. 

Charles IX ; VII, 10, 14, 15 et n. 1 
et 4, 16 et n. 4, 17, 18, 20 et n., 
21 et n. 1, 22, 23 et n. 3, 24, 
25 et n. 3, 26, 27 et n., 28 et n., 
30 n. 3, 31 n., 32 n., 33 et n., 
34 et n. 4, 35 et n., 38 et n. 3, 
39 et n., 40 n., 41 n. 3, 43 
n. 4, 44 n., 46 et n. 3, 47 
et n., 48 et n., 49 et n. 3, 50 et 
n. 3, 51 et n. 3, 52 et n., 53 et n., 
54 et n., 55 et n., 56, 57 n., 58 
et n. 3, 59 n., 60, 61 et n., 64 et 
n., 65 et n., 66 et n., 07 et n., 
68 et n., 69, 70 et n., 72 n., 73 n., 
74, 75, 76 et n. 4, 77 et n., 78 et 
n., 79 et n., 81, 82 n. 5, 83 et n., 
84 et n., 85 et n. 1, 86 et n. 2, 87 
n. 1, 88 et n. 3, 89 et n., 91 n., 
92-96, 97 et n. 2, 98-136, 138, 



192 



LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 



439, 141-154, 156-157, 159-169, 
172, 173 et n. 1, 174-187. 

Charles-Quint ; 30 n. 3. 

Chateaubriant, ch. 1. arr., Loire ; 
48 n. 1. 

ChâtiUon-Coligny, ch. 1. cant., arr. 
Montargis, Loiret ; 78, 165, 173, 
175. 

Châtillon, Sciattiglion (Odet de Co- 
ligny, (cardinal de) ; 15 et n. 2, 
18, 27 et n. 5, 54 et n. 4, 109 et 
n. 3, 119, 121-125, 128 et n., 162. 

Chaumont (Jean de), dit de Saint- 
Romain, archevêque d'Aix ; 78 
n. 4. 

Chenonceaux, cant. Blèié, an*. 
Tours, Indre-et-Loire; 88 et n. 5, 
182 et n. 1. 

Chouzé-le-Sec, Souzé, comm. et 
cant. Château - la - Vallière, arr. 
Tours, Indre-et-Loire ; 176 et n. 5. 

Chypre, Cipro (île de) ; 129, 130. 

Citeaux (abbaye de); 89 n. 2, 178. 

Civilà-Vecchia, ch. 1. de cire, prov. 
de Rome, Italie; 55 n. 4, 100. 

Clairvaux (Jérôme Souchier, abbé 
de Clairvaux et de Citeaux, dit le 
cardinal de); 55 n., 89 n. 2, 178. 

Clément VIII, v. Aldobrandini (Ip- 
polito). 

Clermont (Françoise de), femme 
de Jacques de Crussol ; 146-147. 

— (Gabriel de), évêque de Gap ; 
181 n. 1. 

Clèves (Catherine de), v. Porcien 
(princesse de). 

Clotilde (Ste) ; 78, 79 n. 1, 172 
n. 1. 

Clovis ; 79 n. 1, 172 n. 1, 

Clutin, V. Villeparisis. 

Colerno (Château de); 63 n. 2. 

Coligny (Gaspard de), amiral de 
France ; 48, 50, 57 et n. 5, 58, 
61, 62 n., 76 et n. 3, 78 et n., 80 
n. 3, 90, 92, 94, 95, 109 n. 4, 111, 
114-116, 118, 125, 126, 128 n. 1, 
131, 136, 138, 141, 143, 144, 146, 
147, 152 et n. 1, 153-155, 157- 
159, 161, 162 et n. 1, 105 et n. 1, 



167, 172, 173 et n. 1, 175 et n. 2, 

176 n. 1, 180, 184, 186. 
Cohgny (Odet de), v. Châtillon 

(Odet de). 
Collini (Desiderio) ; 177. 
Colomia (Marc'-Antonio), duc de 

Paliano ; 40 n. 2, 101, 102 et n. 

5. 
Corne (Tolomeo Galli, cardinal de) ; 

6, 92 n., 184, 185 et n. 2, 186 n. 4, 

187. 
Compiègne, ch. 1. arr., Oise ; 125, 

127. 
Comtat Venaissin ; 26, 55, 56 et n. 

2, 78 n. 4, 119, 122, 123, 124 n. 4, 

172, 175, 180. 
Concini (Bartolomeo) ; 28 n. 6, 64 

n. 2, 72 n., 73 n., 76 n. 1. 
Condé (Louis I" de Bourbon, prin- 
ce de); 22, 28, 35 n., 38 et n. 3, 

57 et n. 5, 104 et n. 2, 105, 106 

et n., 135, 146, 

— (Henri P'", prince de); 76 n. 3, 
152, 159, 161, 162. 

'— (Françoise d'Orléans-Longuevil- 
le, princesse de); 57 et n. 5, 61, 
104 n. 2, 125, 128 et n. 1, 134, 135. 

Constantinople; 84 n. 1, 176 n. 2, 
178. 

Contarini (Alvise), ambassadeur de 
Venise à Paris; 8, 41 n., 42 n. 1, 
46 n. 1, 47 n., 48 n. 1, 51. n. 3, 
54 n. 4, 64 n. 2, 68 n. 4, 72 n., 
79 n., 82 n. 5, 84 n. 1, 109 n. 4, 
110 n. 2, 119 n. 5, 177. 

Conti (Torquato); 55 et n., 56 et 
n. 2, 117, 124 et n. 4. 

— (Constance); 65 n. 1. 
Corbeil (s^ de) ; 59 n., 65 n. 
Correr (Giovanni), ambassadeur de 

Venise à Paris ; 8, 17 n. 4, 20 n. 1 
et 3, 21 n. 1, 23 n., 27 n., 28 n., 

32 n. 4., 34 n. 5, 35 n., 38 n., 
41 n. 3. 

Cosme I" de Médicis, grand-duc de 
Toscane ; 8, 10, 19 n. 3, 24, 26 n. 
1 et 2, 28 n. 6, 29 n., 31 n. 5, 

33 n. 3, 36, 41 et n. 1, 42 n. 2, 
69 et n. 3, 10 et n., 71 et n., 73 



TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS PROPRES 



193 



et n., 74 et n. 1, TU n. 4. 80 et u., 
S/ et 11., 82 et n., 85, 91 n. 0, 90, 
133, /SI, 153, lbo-1S7, 160, 170 
et n. 2, 171. 

(]ossé (Artus de), maréchal de 
France ; 28 n., 76, 78 n. 4, 106 
n. 1, 119 n. 5, 144, 102 n. 1. 

Créqui (Antoine, cardinal de); 84 
n. 2. 

Cresult, V. Crussul. 

Crussol, Crusolt, Cresult (Jacques 
de), seigneur d'Acier, puis duc 
d'Lzès ; 147 et n. 6. 

— (M'"" de), V. Clerinont (Françoise 
de). 

Cuinino (Hugo) ; 186. 
Daitu)iartin-e)i-Goële, cli. 1. cant., 

arr. Meaux, Seine-et-Marne ; 134. 
Damville, DanviUa (Henri, comte 

de), maréchal de France ; 56 n. 4, 

60, 119 n. 5, 138, 151. 
Daupliiné, prov. ; 119 n. 5. 
David (l'avocat) ; 108. 
Dax, ch. 1. arr., Landes. 

— (évoque de); v. Noailles (Franc. 
de). 

Del Bene (Giuliano), ambassadeur 
de Savoie en France; 88 n. 

Deux-Fonts, Dupons (Wolfgang, 
duc de); 38 n. 3, 42, 106 n. 2, 107. 

Ducrest (P), ambassadeur de Sa- 
voie en France; 9. 

Dudley (Robert), comte de Leices- 
ter ; 66 n. 1, 74 n. 2, 75 n. 

Du Moustier (Catherine-Béatrice), 
comtesse de Caiazzo ; 144 n. 2. 

— (Pierre), v. Saragosse. 
Du Puy (Pierre), v. Vatan. 
Durtal, ch. 1. cant., arr. Baugé, 

Maine-et-Loire; 174, 177-179. 
Du Sogier ; 145. 
Ecosse ; 7, 09, 117, 119, 125, 127, 

152, 162. 

— (nonce d'), v. Laurco (V.). 
Écouen, ch. 1. cant., arr. Pontoise, 

Seine-et-Oise ; 67 n. 2, 122, 125. 
Elbene (d'), v. Del Bene. 
Elisabeth, reine d'Angleterre ; VII, 

27 n. 5, 45 n. 5, 47 n. 4, 69, 74 



et 11., 75, 90, 127, 128, 157, 170 
n. 1, 185. 

Elisabeth dAutriclie, reine de 
France ; 37, 59, n., 75 n. 5, 84 n. 
2, 118, 125, 128, VOS et n. 1, 158 
n. 1, 163. 

Elisabeth de France, reine d'Es- 
pagne ; 37. 

Emmanuel-Philibert, duc de Sa- 
voie ; 9, 23 11. 3, 24 n. 1, 25, 26 
n. 2 ,27 n. 2, 32 n. 2, 40 n., 49 
n. 1., 59 n., m n., 90 n., 91 n. 4, 
98, 100, 102, 103, 125. 

Empereur (F), v. Maximilien il. 

Entremont, Anlreinon (Jacqueline 
de Montbel, comtesse d') ; 114, 
115 et n. 3, 116, 125, 120, 138. 

Espagne ; VU, 7 n. 2 et 4, 10, 19, 
20, 22, 31 n., 32, 33, 34, 36, 37, 
39 n. 3, 52, 67, 69, 70 et n. 2, 73 et 
n. 2, 74, 76 et n. 2, 82, 83, 84 et n., 
85 et n., 89, 90 et n., 92, 95, 90, 
128, 152, 153, 102, 170-172, 179, 
181. 

— (ambassadeur d'), v. Alava. 

— (nonce d'), v. Castagna. 

— (roi d'), Philippe H. 

— (reine d'),v. Elisabeth de France. 
Este (Maison d') ; 29 ; v. aussi : 

Al fo lise 11. 

— (llippolyte d'), dit le cardinal 
de Ferrare ; 16 n., 26 n., 29 et 
n. 5, 80 n. 3, 91 n. 5. 

— (Louis d'), dit le cardinal d'Esté; 
87 n. 1, 108, 175, 179. 

Esteriiay (Jean Régnier d') ; 27. 

Estienne (E. d"), v. Stephaiii. 

Europe; VI, 7, 26, 83, 95. 

Farnèse (cardinal Alexandre) ; 4, 
5 et n. 2, 30 et n., 31 et n., 32 
et n., 38 n. 1, 42 n. 5, 45 n. 5, 
48 n. 1, 66 n., 75 n. 2, 91 n., 92 n. 

— les Farnèse ; 29, 32, 66, 71 et 
n. 3; V. aussi: Octave Farnèse, 
Parme. 

Felton (John) ; 74 n. 3. 
Ferdinand de Médicis (cardinal, 

plus tard Grand-duc de Toscane); 

14 n. 1, 48 n. 1, 73 n., 80 n. 3. 



194 



LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 



Fermo (évoque de), v. Lenzi (Lo- 

renzo). 
Ferrais (de), anibassadeur de 

France à Rome ; 10, 79 n. 4, 

80 n., 81 n. 2, 83 ii. 4, 86 n. 2, 

88 n. 3, 91 n. 
Fcrrorc, cli. 1. prov., Italie; 70 n., 

170. 

— (duc de), V. Alfonse IL 

— (duchesse de), v. Renée de 
France. 

— (cardinal de), v. Este (Hippo- 
lyte d'). 

Finale Marina, prov. de Gênes, 

Italie; 152. 
Flandres, Fiandra ; 19, 7(i n. 2, 83 

n. 2, 90, 97, 105, 110, 152, 184, 

180, 187; V. aussi: Pays-Bas. 
Florebellus (secrétaire) ; 6 n. 7. 
Florence, ch. 1. de prov., Italie ; 11, 

31, 33 n. 3, 42 n. 5, 70 et n., 

72, 81 n. 5, 170 n. 3. 

— (prince de), v. François de Mé- 
dicis. 

Floride ; 19. 

Fogliani (Gaspard), ambassadeur de 
Ferrare en France ; 9, 32 n. 5, 
44 n. 2, 45 n. 4, 47 n. 4, 70 n., 
87 n. 5, 88 n. 1, 133, 171, 182. 

Foix (Françoise de), v. Tende (com- 
tesse de). 

Foix, Foys (Paul de); 70 n. 3, 75 
n. 6, 145, 161, 162. 

Fontainebleau, ch. 1. arr., Seine-et 
Marne ; 157. 

Fontarabie, intend, de Guipuscoa, 
Espagne ; 87 n. 1. 

Fourquevaux (Raymond de Bec- 
carie de Pavie, baron de), ambas- 
sadeur de France en Espagne; 
10 et n. 7, 20 et n., 21 n. 2, 25 n., 
42 n. 3, 67 n. 2, 68 n., 76 n. 2, 
83 et n. 3, 84 n. 1, 110 n. 2, 116, 
117. 

France ; VII, VIII, 3, 4, 5, 6, 7, 
8 n. 3 et 5, 10, 14 et n. 1, 18, 
19 et n. 3, 23 n., 25 n., 26, 31 et 
n., 32, 33, 34 n. 4, 39 n. 3, 40 
et n., 41, 45 n. 1, 46 n., 47 n. 4, 



49 n. 2, 50, 51, 52, 56, 59 et n., 
60, ij2, 65 n. 1, 67, 69, 70, 72 n. 1, 
75, 76, 81 n., 82, 83, 84 n. 2, 
85 n., 86 et n., 90 et n., 91 n., 
90, 115, 123, 149, 150, 156, 170 n., 
179, 181, 184. 

— (cour de); 9, 16, 20, 26, 27 n. 2, 
29, 34, 40 n. 1, 42, 45 n. 5, 49, 

50 et n. 3, 58, 59 n., 64, 67 n. 3, 
68 n. 2, 69 et n. 3, 85, 89 n. 4, 
95-97 sqq., passim. 

— (nonce de), v. Frangipani, La 
Torre. 

François Borgia (St), général des 
Jésuites ; 86 n. 2. 

François de Médicis, (prince de 
Florence, plus tard Grand-duc 
de Toscane) ; 8, 22 n. 1, 24 n. 5, 25 
n. 3, 26 n. 3, 28 n. 1, 29 n., 31 
n. 5, 32 n. 9, 33 n. 3, 36 n., 37 n., 
38 n., 41 n. 5, 42 n., 44 n. 2, 45 
n., 47 n. 5, 48 n. 1, 51 n. 2, 57 
n. 4, 59 n., 65 n., 69 n. 1, 70 n., 

71 n., 72 n., 73 n., 74 n. 3, 75 
n. 2, 76, 77 n. 2, 79 n. 2, 80 n., 
81 n., 82 n. 3, 83 n. 1, 85 n., 
87 II., 88 n., 89 n. 4, 90 n., 91 n., 
92 n., 106 n. 2. 

Frangipani (les); 30 n. 3. 

— (Alessandro Mirto), évoque de 
Caiazzo ; 30 n. 3. 

— (Fabio Mirto), évêque de Caiaz- 
zo, nonce de France, puis arche- 
vêque in partibus de Nazareth; 4 
et n. 4, 5 et n. 2, 6, 23 n. 1, 30 et 
n. 3, 3/ et n., 32 et n., 33 n. 2, 34 
et n. 4, 35 et n., 36 et n. 3, 37 
et n. 1, 38 et n., 39 n. 2, 41 et 
n. 6, 42 n., 44 n. 2, 45 et n., 
47 n. 1, 48 n., 49 n., 50 n., 

51 n., 52 et n., 33 et n.. Si et n., 
53 -et n., 56 et n., 57 n., 58 et n., 
59 n., 61 et n., 65 n. 1, 66 et n., 
67 n., 69 n. 3, 70 n., 7/ et n., 

72 et n. 1, 73 et n., 74 et n. 5, 
75 et n., 76 et n., 77 et n., 78 n., 
79 n., 80 et n. 2, 82 et n., 83 n., 
85 et n., 86 et n., 87 n., 89 n. 4, 
9i-92 et n., 93 n. 2, 94 et n., 106 



TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS PROPRES 



195 



et n. 1, 108, 109 n., 111 et n. 1, 
M3, 11(5-123, 125-127, 130-134, 137, 
139, 152, 153, 100-163, 170, 171, 
175, 177, 180, 184, 186, 187. 

— (Juliano Miito), évèqiio de 
Caiazzo; 30 n. 3. 

— (Uttuvio Mirto), évè(iue de Caiaz- 
zo ; 30 n. 3. 

Fregoso (Gian Galeazzo); 70 n. 2, 
73 n. 4, 74 n. 1, 153, /55-f56. 

Frioul, prov., Italie; 14 n. t. 

<laiasse, Gaiuzzo (coink' de), v. San- 
seveiino. 

Galli (Tolomeo), v. Cùine (cardinal 
de). 

(ialliotzos (comte), v. Sanseveriuu. 

Gap, cil. 1. dép., Hautes-Alpes. 

— (évoque de), v. Cleraiont (G. 
de). 

Casvoync, prov. ; 119 n.^ 5. 

(iastines ; 165 et n. 3, 180. 

Gênes, ch. 1. de prov., Italie ; 20, 

83 n. 5. 
Genève, Geneva, ch. I. de canton, 

Suisse; 115. 

— (évêque de), v. Bachaud (Fran- 
çois de). 

Genlis (Jean de Hangest, seigneur 

de) ; 38 n. 1. 
Ghisleri (cardinal iMicliele),v. Pie V. 
Gianella (Ercole), andjassadeur de 

Ferrare ; 9, 18 n. 2. 
Giorg'i (Gianibattista), secrétaire du 

nonce Frangipani ; 4 n. 4, 39 n. 2, 

42 n. 5, 139, 177-179. 
Gondi (Jérôme) ; 76 n. 2, 152. 

— (Albert de), v. Retz. 

— (Pierre de), évèque de Paris; 
54 n. 3, 118, 142. 

(iontaut (Armand de), v. Biron. 

— (Foucaut de), v. Puyleton. 
Gontier (frère); 186. 

Gonzague (Louis de), v. iNevers 

(duc de). 
Gramont (Philibert de), comte de 

Guiche; 145. 
Grassi (cardinal Garlu de'); 58 n. 3. 
Grèce ; 84 n. 1. 
Grégoire XIII (cardinal Ugo Buon- 



compagno, pape sous le nom de); 
5, 6, 14 n. 1, 30 n. 3, 65 n. 1, 
91 et n. 5, 92 n. 1, 184, 185 n. 2, 
186 n. 1. 
Grenoble, ch. 1. dép., Isère. 

— (Parlement de); 116. 
GuaJtieri i^Sebastiano), évèque de 

Viterbe ; 151 et n. 3. 
GÛarini (Francesco), évêque d'I- 

mula ; 14 n. 1. 
Guise (,lesj ; 20, 34 et n. 3, -45, 

50, 72 et n. 1, 74, 81, 82, n. 1, 

MO n. 2, 112-113, 170, 171, 173, 

180. 

— viitî'ii'i de Lorraine, duc de) ; 
()6 n. i, 108, 110 et n. 2, 113, 
122, 123, 129, 130, 173, 184. 

— (Louis de Lorraine, cardinal de); 
35 n., 84 n. 2, 134, 135. 

— (duchesse de), v. Porcien ^prin- 
cesse de). 

Guyenne, Ghienna, prov.; 85 n. 2, 
119 n. 5, 182 n. 2. 

liauteville (Elisabeth de) ; 18. 

Henri 11 ; 69 n. 3, 111 n. 2, 140. 

Henri IV, roi de France et de 
Navarre ; 23 n. 1 ; v. aussi Heiui 
de Bourbon, prince de IVavarre. 

iienri de Bourbon, prince de Na- 
varre ; 57, 76 et n. 2, 77, 79, 

81, 85, 88, 89, 114, 115, 134, 135, 
153, 159, 161 et n. 2, 165, 174, 
178, 185 n., 186; v. aussi: Henri- 
IV. 

Hoby (Thomas), ambassadeur d'An- 
gleterre ; 9. 
Humières (Jacques d'); 20 n. 4. 
lie-de-France ; 119 n. 5. 
hnula, prov. de Ravenne, Italie; 

— (évèque d"), v. Guarini U'i'an- 
cesco). 

Innocent 111 ; 95. 
Innocent X ; 4 n. 3. 
Irlande; 162. 

Isabeau d'Autriche, v. Elisabeth. 
Ilalie; VI, 10, 23 n. 1, 32, 36, 37, 
39, 42 n. 5, 46 n. 1, 70, 76 n. 2, 

82, 89 et n. 4, 92, 113, 179, 187. 



196 



LA POLITIQUE DE SAINT PIE V EN FRANCE 



Jamac, ch. 1. cant., arr. Cognac, 
Charente. 

— (bataille de); 23 n. 1, 38, 39 
et n., M n. 1, 42 n. 2, 43 n. 4, 
106 et n., 107. 

Jazeneuil, cant. Lusignan, arr. Poi- 
tiers, Vienne. 

— (combat de); 36 n. 1. 

Jeanne d'Albert, reine de Navarre ; 

47, 78 n. 1, 79 et n. 1, 85 et n. 

3, 87, 88, 90, 92, 128, 159, 161, 

174, 176 n. 1, 178, 181 et n. 2, 

182 et n., 184, 186. 
Jésuites ; 40 et n. 4, 51, 54 et n. 3, 

111, 138. 
Jules II ; V. 

Kernovenoy, v. Carnavalet. 
La Bourdaisière (cardinal Phili- 
bert Babou de), évêque d'Angou- 

lême, puis d'Auxerre; 111 et n. 4, 

113, 117, 122. 
La Chanté, ch. 1. cant., arr. Cosne, 

Nièvre ; 118. 
La Ferté-Milon, cant. Neuilly-St- 

Front, arr. Château-Thierry, 

Aisne ; 64 n. 2, 70 n. 
La Flèche, ch. 1. arr. Sailhe ; 175 

n.. 4. 
« Lagodina » (M. de), aumônier du 

Roi ; 157. 
La Guiche (Claude), v. Saint- Géran. 
Languedoc, Linguadoca, prov.; 40 

n. 1, 119 n. 5, 143. 
Laon, ch. 1. dép., Aisne ; 134. 
Lanslebourg, ch. 1. cant., arr. St. 

Jean de Maurienne, Savoie ; 41 

n. 2. 
« La Pescé » prévôt de l'Hôtel ; 

144 et n. 3. 
La Rivière, lieutenant du prévôt de 

l'Hôtel ; 145. 
La Rochefoucauld (Marguerite), 

dame de Vatan ; 144 n. 1. 
La-Roc he-l' Abeille, cant. Nexon, 

arr. St-Yrieix, Haute-Vienne; 42. 
La Rochelle, ch. 1. dép., Charente- 
Inférieure ; 57 et n. 5, 118, 125, 

131, 155, 157, 161, 162, 181. 
La Torre (Michèle de), évêque de 



Ceneda, nonce de France ; 4, 13, 
14 et n. 1, 15 et n. 2, 16 et 
n., 18, 20 et n., 21 et n. 1, 
23 n. 2, 24 et n., 27 et n., 29 
et n., 31 n. 2, 32, 35 n., 40 n. 2, 
97, 106. 
L'Aubespine (Claude de), secrétaire 
d'Etat ; 141, 145. 

— (Simon de), évoque de Limoges; 
141, 144, 145. 

Lauree (Vincenzo), évêque de Mon- 
dovi, nonce d'Ecosse, puis de 
Savoie ; 17 n. 1 et 3, 39 n. 2, 58 
n. 3. 

Lauzun, v. Puyleton. 

La Valette (M. de) ; 123. 

Leicester (comte de), v. Dudley. 

Le Mareschal ; 109 n. 1. 

Lenzi (Alessandro) ; 184. 

Lonzi (Lorenzo), évêque de Fermo; 

40 et n. 1, 41 n. 2. 
Léon X ; 17, 65 n. 1. 

Lé paille (.bataille de) ; VI, 82 et n. 

5, 83, 84 n. 1, 95, 96, 102 n. 5, 

176-/77. 
L'Hospital (Michel de), chancelier 

de France ; 17, 34, 101, 102, 108, 

111 et n. 3, 121, 145, 146 et n. 3, 

173. 
LigneroUes, Lignarolo (Philibert, 

seigneur de), 140 et n. 3, 146. 
Ligue (contre la Turquie) ; 51 et n. 

3, 73 et n., 74 et n. 5, 82, 83, 

84 et n., 85, 86, 89, 92, 128, 150, 

176, 177, 178 n., 179, 182, 183, 

186. 
Limoges, ch. 1. dép., Haute- Vienne ; 

41 n. 3, 42 n. 3. 

— (évêque de), v. L'Aubespine 
(Simon de). 

Limousin, prov. ; 41 
Lisbonne ; 77, 86 et n. 
Lolgi (Guldo) ; 92 n. 4. 
Londres ; 74 n. 3. 
Longjumeau, ch. 1. cant., arr. Cor- 
beil, Seine-et-Oise. 

— (paix de), 28, 33, 34 n. 3, 35, 52. 
Lorraine, Lorena (Charles, cardinal 

de); 28, 33 n. 1, 34, 35 n., 36 et 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPUES 



197 



n. 3, 47 n. 5, 48 et n. 3, 50 et 
n. 2, 59 n., 60, 84 n. 2, 102, 103 
n. 1, 106, 108-112 et n., 115, 116 
n. 1. 126, 129-131, 133 et n. 1, 
136, 139. 

— (Charles de\ v. Mayenne. 

— (Claude de France, duchesse de); 
111 et n. 2. 

— (Henri, Louis de), v. Guise. 
Louvre (château du) ; 186. 
Lacques (Toscane), ch. 1. de prov. 

et de cire, Italie; 26, 108. 
Lyon, Leone, Liono, ch. 1. dép., 
Rhône; 32 et n. 3, 36. 41 et n. 2, 
50, 89 n. 4, 98, 108, 111, 115, 117, 
181 n. 1, 183. 

— (gouverneur de), v. Birague, 
Mandelot. 

Maccrata, ch. 1. prov., Italie ; 30 

n. 3. 
Màcon, ch. 1. dép., Sàone-et-Loire; 

23 n. 3. 

— (évoque de), v. Alamanni (Jean- 
Baptiste). 

Madrid ; 20 et n., 21 n. 2, 25 n., 33, 
37 n. 1, 42 n. 3, 76 n. 2, 83, 86 
n. 2. 

Madrid (château de), près Paris ; 
184, 186. 

Maine (marquis du), v. Mayenne. 

Malassise (Henri de Mesmes, sei- 
gneur de) ; 146 et n, 2, 147. 

Malatesta (Jacopo) ; 173. 

MaUe (île de) ; VI, 106, 129. 

— (Ordre de) ; 73, 129, 174. 
Mandelot (François de) gouverneur 

de Lyon ; 39 n. 1. 

Mannelli (Luca) ; 170 et n. 3. 

.Mannelli (Pictro), agent du cardi- 
nal Farnèse ; 32 n. 3. 

Mans (évêque du), v. Rambouillet 
(cardinal de). 

Mansfeld (Pierre-Ernest, comte de); 
42. 

Marguerite d'Autriche, duchesse de 
Parme, gouvernante des Pays- 
Bas ; 105 et n. 5. 

Marguerite de Valois ; 3, 37, 51 et 
n. 2, 67 et n., 68, 76, 77, 79 et n., 



85 et n. 3, 86, 88, 89, 110 n. 2, 

111, 114, 129, 130, 134, 135, 150, 

153, 163, 165, 166, 182 n. 2. 
Marie Stuail, reine d'Ecosse et de 

France ; VIT, 7 n. 1, 51, 69, 116, 

127, 128, 160, 162. 
Marseille, Marsilia. ch. 1. dép., Bou- 

clîes-du-Rhône ; 55 n. 4, 100. 
:\Iaximilien II, Empereur; 21, 33, 

37, 57, n., 70, 83, 106, 151, 179. 
Mayenne (Charles de Lorraine, duc 

de) ; 113 et n. 1, 173. 
Meaux, ch. 1. arr., Seine-et-Marne ; 

— surprise de); 22 et n., 23 et 
n. 3, 26, 98 et n. 4. 

Médicis (les) V, 65 n. 1, .71. 

— (cardinal de), v. Ferdinand de 
Médicis. 

— (protonotairc Alexandre de); 10, 
42 n. 2, 65 n., 73 n. 4, 80 et n. 
4, 81 et n., 82 et n. 

Médicis (Catherine, Cosme, Fran- 
çois de), v. Catherine, Cosme, 
François de iMédicis. 

Medina-Celi (duc de) ; 185. 

Mclun, ch. 1. dép., Seine-et-Marne ; 
32 n. 7, 36 n. 7, 75 n., 152, 153, 
155 n. 6. 

Mensignac, cant. Saint-Astier. arr. 
Périgueux, Dordogne. 

— (bataille de); 36 n. 1. 
Mesmes (Henri de), v. Malassise. 
Metz, Mcz, ch. 1. dép., Moselle; 38 

et n., 39, 40 n., 106 et n., 108, 

119 n. 5, 143 et n. 3, 175. 
Mézières, ch. 1. dép., Ardennes; 50 

n. 5, 58 n. 2, 59 n., 61 n., 62 n., 

69 n. 3, 127. 1.33, 134, 137-139. 
MUan, ch. 1. prov., Italie; 11. 
Milanais ; 40 n. 
.Millict (président), ambassadeur de 

Savoie ; 9, 16 n. 3. 
Modane, ch. 1. cant., arr. St. Jean- 

de-Maurienne, Savoie ; 41 n. 2. 
Modène, ch. 1. de prov. et de cire, 

Italie; 11. 
:\lompcnsiero, v. Montpensier. 
Moncontour, Moncontorno, ch. 1. 

cant., arr. Loudun, Vienne; 



198 



LA POLITIQT'E DE SAINT l'IE V EN FRANCE 



— (J)ataille de); 42, 43 n. 4, 44, 
47, 142, 146 et n. 5, 147 n. 2. 

Mondovi. .Mondcvi, ch. 1. prov., 
Italie ; 108. 

— (évoque de), v. Laureo (Vinc). 
Moulue (Biaise de) ; 16 n., 100 et 

n. 3. 
Monluc, Monluch (Jean de), évê- 

que de Valence ; 17, 35 n. 2, 

100 n. 3, 105, 146 et n. 4. 
• Mans, ch. 1. de la prov. de llainaut, 

Belgique ; 185. 
Monsieur, Monsur; v. Anjou (duc 

d'). 
Monthazon, ch. 1. caut., arr. Tours, 

Indre-et-Loire; 41. 
Montceaux, cant. et arr. Meaux, 

Seine-et-Marne ; 19 n. 1, 70 n., 

117. 
Montcornet, cant. Rozoy-sur-Serre, 

arr. Laon, Aisne ; 134. 
Montfort (président de), ambassa- 
deur de Savoie ; 9, 49 n. 1, 59 n., 

125, 126. 
Montmaycur (Joseph), ambassadeur 

de Savoie ; 9, 36 n. 8. 
Montmorency, Mctmoransi, Momo- 

ransi, Motmorancy, (les); 18, 45 

et n. 5, 114, 115, 123, 145, 147, 

153, 155. 

— (Anne de), coimétable de Fran- 
ce; 16 n., 25, 34 n. 3, 101, 102. 

— (François de), maréchal de 
France; 45 n. 2, 58, 60, 102, 119 
n. 5, 125, 126, 131, 141, 143 et 
n. 2, 155-156, 182 n. 1. 

Montmorin (de), 39 n. 1. 
Montpcnsier, Mompensiero, (Louis 

de Bourbon, duc de) ; 16 n., 31 

n. 2, 59 n., 61 n. 2, 84 n. 2, 100, 

132 et n. 1, 167. 
Montvcrdun, cant. Boën, arr. Mont- 

brison, Loire ; 

— (prieure de); 184, 186. 
Morone (cardinal Giovanni) ; 58 

n. 3. 
Morvilliers, Morvigliere, (Jean de), 
garde des sceaux; 54, 78 n. 4, 
120, 124 et n. 2, 125, 175 et n. 2. 



Mouvans (Paul de Richien, sei- 
gneur de); 36 n. 1. 

Musotto, agent des Guise à Rome ; 
82. 

Naples, ch. 1. prov., Italie ; 5 et n. 

2, 11, 30 n. 3, 71. 

yarbonne, ch. 1. arr., Aude ; 21. 

Sorni, prov. de Pérouse, cire, de 
Terni, Italie. 

— (évèque de), v. Cesi (P. D.). 
Nassau, Nansao, (Guillaume de), v. 

Orange (prince d'). 

— (Louis de) ; 53 n. 5, 56, 70 n. 2, 
90, 108, 110, 119, 120, 125, 153, 
155, 185. 

Navarre (royaume de); 71 n., 70, 
85 n. 2, 90, 92, 95, 158, 160, 161 
et n. 1, 162-165, 171, 174 n. 1, 
!75, 176, 179, 182 n. I. 

— (reine de), v. Jeanne d'Albiet. 

— (prince de), v. Henri de Bour- 
bon. 

Xazarcik (archevêque de), v. Fran- 

gipani (Fabio Mirto). 
Nemours (Jacques de Savoie, duc 

de) ; 28 n., 31 n. 2, 41 n. 2, 59 

n., 100, 113. 

— (duchesse de) ; 113. 

Nevers (Louis de Gonzague, duc 

de) ; 39 n. 1, 42, 59 n. 120, 132, 

173. 
?>oailles (François de), évêque de 

Dax ; 84 n. 1, 172, 178. 
A'o/a, (évèque de), v. Spinola (Fi- 

hppo). 
Norcia, prov. de Pérouse; cire, de 

Spolète, Itahe; 30 n. 3. 
Normandie, prov. ; 119 n. 5. 
Norris (Henry), ambassadeur d'An- 
gleterre ; 9, 27 n. 5, 36 n. 5, 42 

n. 4. 
Novelli; 28 n., 29 n. 8, 37 n. 4. 
Noyers (château de); 141 n. 3, 146 

et n. 5. 
Octave Farnèse, duc de Parme ; 

9, 26 n. 1, 32 n. 1, 63 n. 2, 66 

n. 3. 
Omala, v. Aumale. 



TAHLF, AM'IlABKTKjl E DES NOMS l'IlorniCS 



l'.l'.» 



Ombrie, prov., Italie ; 14 n. I, 30 

n. 3. 
Orange, OragiiPS, eh. I. arr., Vau- 

cluse ; 56, H9, 120, 122-125, 127, 

128, 138, 151 et n. 1, 156-158. 
Orange (Guillaume de Nassau, 

prince d') ; 38 n. 1, 56, 90, 110, 

185. 
Oric(>llarins (Annihal'. v. Ruocllaï 

(Annibal). 
Orléans, ch. 1. dép., Loiret ; 41 n. 

5, 42 n., 45 n. 2. 
Orsini (Troïle); 41 n. 1. 
Paceco (cardinal Francosco de); 

73 n. 
Paniproux. caiit. La-Motho-St-I!é- 

raye, arr. Molle, Deux-Sèvres. 

— (coml)at de); 36 n. 1. 

Palis, Parigi; 7 n. 4, 8. Il, 16, 
17 n. 1 et 4, 18 n., 22 et n., 23 n., 
25, 26 n. 3, 27 n., 28 n., 29 n., 
30 et n., 31 n., 32 et n., 33 n., 
34 n., 35 n. 2, 36 n., 37 n., 46, 
48 n., 49 n., 50 n., 51 n. 2, 52 n., 
53 n., 54 u., 56 n., 57 n., 61 
n. 1, 62 n., 65 n. 1, 67 n., 69 n. 1, 
70 n., 71 et n., 73 n. 4, 74 n. 5, 
75 n., 76 n. 3, 77 n., 78 n., 82, 
84 n. 1, 85 n. 2, 92 et n., 94 n., 
107, 108, 109 n., 111, 113 et n. 4, 
110-120, 122-1.32, 1.38. 139, 143, 
145, 152, 157, 158, 160-163, 165, 
174, 180, 184-187; v. aussi : Lou- 
vre, St Germain-des-Prés, Tuile- 
ries. 

— (évèquc de), v. <londi (Pierre 
de). 

— (Parlement de); 16 n., 48 n. 2, 
54, 108, 109 n. 2, 122. 

— (Université de); 175. 

Parme, ch. 1. .prov.. Italie; 5 et n. 
2, 11, 32, 148. 

— (duc de), V. Octave Farnèse. 
Patris ; 55 n. 5, 120, 132. 

Paul III (Alexandre Farnèse, pape 
sous le nom de) ; V, 14 n. 1. 

Paul IV (Gian Pietro Caraffa, pai)e 
sous le nom de) : 23 n. 1. 

Pays-Bas ; VII, 20, 21, 28, 31 n.. 



33, 35 n., 69, 90, 92, 95, 96, 105 
n. 5, 185, 186; v. aussi Flandres. 

Pellevé, Pelvé (Nicolas de), cardi- 
nal, archevêque de Sens; 35 n.. 
59 n., 60, 61 et n., 62 n., 109, 
114 n., 115 et n. 2, 118, 132-136, 
1.39. 

Perpignan, ch. 1. dôp., Pyrénées- 
Orientales ; 21. 

Persac, cant. de Lussac-les-Châ- 
teaux, arr. de Montmorillou, 
Vienne ; 41 n. 4. 

Petrucci (le commandeur), ambas- 
sadeur de Toscane en France ; 7, 
8 et n. 1, 19 n. 3, 22 n. 1, 25 
n. 3, 26 n. 3, 28 n., 29 n., 30 n. 1, 
32 n. 9, 36 n., 37 n., 38 n.. 39 
n, 2. 41 et n. 5, 42 n., 44 n. 2, 
45 n., 47 n. 5, 48 n. 1, 51 n. 2. 
57 n. 4, 59 n., 65 n. 1, 69 n. 1, 
70 n., 71 et n., 72 et n., 76 n., 77 n. 
2, 80 n., 82 et n. 4, 83 n. 1, 85 n., 
87 n., 88 n., 89 n. 4, 90 n., 91 n. 6, 
92 n., 106 n. 2, 133, 153, i56, i57, 
170, 171, 182. 

Philippe II, roi d'Fsi)a}'ne; 17 n. 1. 
18 n. 1 et 3, 19, 20 et n., 21 et n. 
1, 24 n. 5, 25 n., 29 n., 32 n., 33, 
34 n. 2, 35 n., 36 n., 37 et n. 3, 38 
n. 2, 45 n., 51, 67 et n. 3; 68, 69, 
70, 71, 72, 73, 74 n. 4, 76 et n. 2, 
82, 83 et n. 3, 84 et n. 1, 85 n. 5, 
86 n., 87 n. 1, 93, 97 et n. 2, 
102, 103 n. 2, 110, 127-1.30, 152, 
156, 159, 163, 164, 170-172, 178 
n. 1, 185 et n. 1, 186. 

Picardie, prov. ; 119 n. 5, 131. 

Pie II (.-Eneas Sylvius Piccolomini, 
pape sous le nom de) ; VI. 

Pie IV, (Ange Médicis, pape sous 
le nom de) ; V, VI, 17, 65 n. 1, 
100, 101 n. 1, 146. 

Pie V (Michel Ghisleri, pape sous 
le nom de) ; V-VIII, 1, 2, 4, 5 
n. 3, 6, 7 n. 2, 10, 13, 14 et n. 1, 
15 et n. 1 à 3, 16 n., 17 et n. 3, 
18, 19 et n. 1, 20, 21, 23, 24 et n., 
25 et n., 26 et n., 27, 28 et n. 6, 
29-31 et n. 2, 32 et n., 33, 34 et 



200 



LA l'OLITIQl E DE SAINT PIE V EN FRANCE 



n. 4, 35 n., 36 n. 1, 37 n. 1, 39 
et n., 41 et n. 3, 42 et n. 2, 43 et 
n. 4, 44 et n. 1, 45 et n., 46 et n., 
47 et n., 48 et n., 49, 51 et n. 2, 
52, 55, 56, 58 et n. 3, 59 n., 60 
n. 8, 62, 63 et n. 2, 64 et n., 65 
et n., 66 et n., 67 et n. 2, 68 et n., 
69 et n., 70 et n., 71, 72 et n., 
73 et n., 77 et n., 79, 80 et n. 2, 
81 et n. 4, 82 et n. 1, 83 et n. 4, 
84- et n., 88 n. 3, 89 n. 4, 90, 
91 et n., 92-96, 97 n. 1, 99 n. 2, 
100 n. 4, 101-103, 107, 109 n. 1, 
117-120, 123, 128-133, 135-137, 
139-143, 148-151, 153-157, 158 n. 

2, 160, 161 et n. 1, 164-172, 178 
et n. 1, 180 et n. 1, 181, 183, 184. 

Piémont, prov., Italie ; 97 et n. 2. 

Piiiart (Claude), secrétaire du Roi; 
145. 

Plaisance, eh. 1. prov., Italie ; 148. 

Plaisantin (le) ; 63 n. 2. 

Poitou, prov. ; 119 n. 5. 

« Fonte-apeî'to », probablement : 
Pontavert, cant. Keufchàtel-sur 
Aisne, arr. Laon, Aisne; 70 n. 

Porcien, Portiano (Antoine de Croy, 
prince de) ; 110 n. 2. 

— (Catherine de Clèves, princesse 
de), femme du duc de Guise; 49 
n. 2, 110 et n. 2, 113. 

Portugal, Portogallo ; 67, 77 n., 79, 
120, 123, 127, 128, 130, 135, 138, 
149, 153, 154, 158-101, 165, 166, 
173, 176, 179, 182. 

— (roi de), v. Sébastien. 

— (ambassadeur de); 155, 158-161, 
183. 

PossbVin (le P.) ; 54 n. 3, 107, 114 n. 

Prouille, com. Fantjeaux, cant. et 

arr. Castelnaudary, Aude; 70 n. 

3, 108. 

Puyleton et Lauzun (Foucaut de 
Gontaut, seigneur de), 147 n. 2. 

Rambouillet, Rambogliet (Charles 
d'Angennes, évêque du Mans, 
cardinal de) ; 10, 31 n. 2, 32 n. 6, 



34 n. 4, 39 n., 40 n., 42 n. 2, 44 n., 
45 n. 1, 46 et n., 47 n., 49 n. 1, 
51 n., 53 n. 4, 55 n., 56 n. 4. 
58 n. 3, 59 n., 63 n. 2, 64 et n., 
65 n., 68 n. 2, 69 n. 3, 72 n., 
73 n. 2, 80 n. 3, 84 n. 2, 108, 
109 et Ji. 1, 178, 184. 

Ramus (Pierre) ; 54 et n. 3, 120. 

Rangone (Alessandro, marquis); 
39 n. 1, 113 et n. 3. 

liecanafi, prov. de Macerata, Italie; 
58 n. 3. 

neinis, Rens, ch. 1. arr., Marne; 59 
n., 139. 

— (archevêque de), v. Lorraine 
(cardinal Charles de). 

Renée de France, duchesse de Fer- 
rare ; 6, 29 ,57 et n. 4, 120-122. 

Reomanus, v. Reumann. 

Retz (Albert de Gondi, comte de) ; 
118, 120, 122, 132, 174. 

Reumann, ou Reomanus (Jean Sua- 
vi, cardinal) ; 15 n. 1. 

Riccio, secrétaire de Santa Flore ; 
44 n. 2. 

Ridolfi; 162. 

Roccella, v. La Rochelle. 

Roheroff, v. Rosreshof. 

Romagne, prov. Italie ; 30 n. 3. 

Rome ; 4, 9, 10, 14 n. 1, 15 et n. 1, 
16 n., 18, 19, 23 et n., 24 et n., 
26 n. 2, 27 n. 5, 28, 29 et n. 6, 
31 et n., 32 n., 34 et n. 4, 36, 
38, 39 n., 41 n. 3, 42 n., 43 n., 
44 n., 45 et n., 46 n. 3, 47 n. 2, 
48 n. 2, 49 n. 2, 53 n. 4, 59 et n., 
63 n. 2, 64 et n., 65 n., 66 n., 70 
et n., 71 n., 72 et n., 73 n. 4, 74 n. 
3, 79 n. 2, 80 et n., 82 et n., 84 n. 
2, 85, 86 n. 2, 90 n. 4, 91 et n., 
93 n. 1, 97 n. 2, 100 n. 3, 103, 
107, 109 n. 1, 113, 116, 123, 136, 
137, 145, 146, 148, 153, 155 n. 6, 
157, 170 n. 2, 171, 178, 179, 180 
n. 1. 

— (Saint Pierre de); 39 n. 2, 98, 
101. 

— (Saint Pierre in Montorio, à); 
72 n. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS l'ROI'HES 



201 



— (Saint Jean de Latran, à); 43 et 
n. 4. 

— (Sainte Marie Majeure, à); 4:} 
n. 4. 

Honciglione, pvov. de Rome, cire. 

de Viterbe, Italie; 31 et n. 4. 
« Hosciadin » ; 82 n. 5. 
nosrosliof. Roheroff ou Rozrazows- 

ki (comte Jérôme) ; 47 et n. 
Rossano, prov. de Calabre cité- 

rieure, Italie. 

— (archevêque de), v. Castagna. 
Rossino ; 87 n. 1. 

Rofhelin, Rofelin, (François d'Or- 
léans, marquis de); 104 n. 2. 

— (Jacqueline de Rohan, marquise 
de); 27, 104 et n. 2. 

Rouen, ch. 1. dép., Seine-Inférieure: 
(province de) ; 107. 

Rozrazowski, v. Rosreshof. 

Rucellaï, Oricellarius, Carcasona, 
(Aimibal), évêque de Carcas- 
sonne; 23 et n., 24 et n. 4, 25, 
28 et n., 30, 31 n. 2, 33 et n., 
30 et n. 5, 37, 39 n. 2, 42, 45 
et n., 98-100, 103, 149 et n. 1. 

Rusticucci (cardinal Girolamo); 40 
n., 48 n. 2, 49 n. 2, 50 n. 4, 51 n. 2, 
52 n., 53 n., 50 n., 57 n., 58 n., 59 
n., 60 n., 61 n., 67 n., 69 n. 3, 73 n., 
75 n. 6, 77 n., 78 n., 79 n., 80 
n. 2, 82 et n. 3, 83 n., 84 n. 1, 
85 n. 5, 86 n., 87 n., 88 n., 89 n. 
4, 93 n. 2, 107, 108, 109 n., 115 
n. 1, 128, 133, 152, 170 n. 2, 178. 

Sainl-André-dc-Cuhzac, ch. 1. cant., 
arr. Bordeaux, Gironde ; 87 n. 2. 

Saint-André {en Maurienne), cant. 
Modane, arr. St. Jean-de-Mau- 
lienne, Savoie; 41 n. 2. 

Saint-Barthélémy (la); 3 et n. 4 
et 5, 6, 89 n. 4, 93-95 et n. 

Saint-Denis, ch. 1. arr., Seine ; 35 
et n. 2, 83 n. 2, 122. 

— (bataille de) ; 25 et n. 4, 26. 

Saint-Géran (Claude la Guiche. 
comte de), gouverneur d'Orange; 
56 n. 4, 138. 



Saint-Gennain-des-Prés, près Pa- 
ris; 68 n. 1. 

Saint-Germain-en-Laije, ch. 1. cant., 
arr. Versailles, Seine-et-Oise ; 20 
n. 4, 48 n. 2, 53 n. 4. 

— (paix de), VII, 3 et n. 2, i8 et 
n., 52, 53, 55, 60, 67, 78 et n. 4, 
93, 94, 107, 108, 109 et n. 2, 114, 
139 n. 1, 141 et n. 4, 147 et n. 1. 

Saint-Gildas, cant. Sarzeau, arr. 
Vannes, Morbihan. 

— (abbé de), 19 n. 1. 
Saint-Gouard (Jean de Vivonne, 

marquis de) ; 64 n. 5, 65 n. 
Saint-Jalle (de), Santa lala, gouver- 
neur d'Orange ; 56 n. 4, 123, 131, 

138. 
Saint-Léger, cant. Rebais, arr. Cou- 

lommiers, Seine-et-Marne ; 19 

n. 1. 
Saint-Léonard, ch. 1. cant., arr. de 

Limoges, Haute-Vienne; 41 et n. 
Saint-Mcolas-du-Pré (abbaye de) ; 

186. 
Saint-Papoul, cant. et arr. Castel- 

naudary, Aude. 

— (évêque de), v. Salviati. 
Saint-Paul (comte de), ambassa- 
deur de Savoie en France ; 9, 

. 88 n. 5, 90 n. 

Saint-Romain (Jean de), v. Chau- 
mont (Jean de). 

Saint-Sulpice (Jean Ebrard, baron 
de) ; 86-S7 et n., 147 et n. 3, 181 
et n. 2. 

Sainte-Cathcrine-de-Fiei'bois, cant. 
Sainte-Maure, arr. Chinon, Indre- 
et-Loire ; 87. 

Saintonge, prov. ; 119 n. 5. 

Sairegosse, v. Saragosse. 

Saluées, ch. 1. de cire, de la prov. 
de Coni, Italie; 175, 176. 

Salviati (Antonio Maria), évêque de 
St. Papoul ; 5, 64 n. 4, 65 et n., 
7/ et n., 72 n., 73 n., 74 n. 3, 80 
et n. 4, 85, 86 n. 5, 89 et n. 3, 
90 n. 5, 91 n. 6, 187. 

— (Laurent) ; 65 n. 1. 



202 



LA roi.ITUjUE I>r. SAINT ril- V EN F15ANT.E 



Sanseverino (Gian Galeazzn di\ 
comte de Caiazzo ; 63 et n., 64 
et n., 65 et n. 1, 66 n. 3, 71 et n., 
72 n., 144 n. 2, fi S- 149. 

— vLavinia) ; 64 n. 

Santa Croce (cardinal Prospero 
di); 16 n., 27 n. 5, 73 n., 98. 

Santa Flore (Alessandro), v. Sforza 
(cardinal). 

— (Ascanio Sforza, comte de^^; 40 
et n., 41 et n.. 42 n.. 43. 44 n. 2. 
102, 147. . 

Santa lala, v. Saint-Jalle. 

Santo Solutore (abbé de), ambassa- 
deur de Savoie à Rome; 10, 23 
n. 3, 24 n. 1, 26 n. 2, 27 n. 2, 
32 n. 2. 90 n. 4, 91 n. 4. 

Saragosse (Pierre du Moustier, sei- 
gneur de) ; 64 n 1. 144 et n. 2. 

Saumur, ch. 1. arr.. Maine-et-Loire; 
177 n. 

Savoie : 10, 19. 

— 'duc de . V. Emmanuel-Phili- 
bert. 

— (duchesse de ; 64 n. 2, 66 n. 2. 

— 'nonce de', v. Laureo (V.). 

— prince de); 16 n., 163. 164. 
Sare (duc de), v. Auguste P^ 
Scepeaux, v. Vieilleville. 
Sébastien, roi de Portugal ; 51, 67, 

6S et n., 77, 79 n. 3, 84 et n. 2, 

85, 86, 108, 111 n. î, 114, 116. 

129, 130, 150, 158, 161, 173, 174, 

180, 183, 185 n. 1. 
Seneda, v. Ceneda. 
Sens, ch. 1. arr., Yonne. 

— (archevêque de), v. Pellevé. 
Seurre. Secura, (chevalier Michel 

de) ; 19, 147 et n. 5. 
Sforza (Alessandra di Santa Tiore. 
cardinal) ; 40 n. 2. 

— (Ascanio), v. Santa Fiore (comte 
de). 

— (Mario) ; 41 n. 1. 
Sicile, prov., Italie ; 129. 
Sixte-Quint Felice Peretti, pape 

sous le nom dei ; 1, 14 n. 1, 31, 
65 n. 1. 



Smith (Sir John) ; 88 n. 2. 89 n. 2. 
Soissons, ch. 1. arr., Aisne; 50 n. 

n. 5, 134. 139. 
Soranzo (Giovanni), ambassadeur 

de Venise à Rome; 10. 
Soriano (Jacopo), aml)assadeur de 

Venise à Paris : 8, 16 n. 1, 18 

n. 2. 

— (Michèle', ambassadeur de Ve- 
nise à Rome: 10. 

Souchier (Jérôme)», v. Clairvaux 
^cardinal de). 

Souzay, cant. et arr. Saumur, 
Maine-et-Loire ; 177 n. 

Soiizé, V. Chouzé-le-Sec. 

Spinola (Filippo). évêque de >'ola; 
58 n. 3, 123. 

Spire, ch. 1. cercle Palatinat; 12.^. 

Stephani (Etienne) ; 181 et n. 1. 

Strozzi .Philippe) ; 90, 185 et n. 1, 
186. 

Suavi (Jean), v. Reumann (car- 
dinal). 

Tavannes (Gaspard de Saulx, sei- 
gneur de), maréchal de France; 
.38, 146 et n. 5. 

Téligny ou Théligny, Tiligni (Char- 
les de; ; 27, 120,' 121, 153, 155, 
156. 

Tende (Claude de Savoie, comte 
de) ; 104 n. 3, 180. 

— (Françoise de Foix, comtesse 
de); 27, 104 et n. 3. 

Terracine, prov. Frosinone, Italie ; 

30 n. 3. 
Théligny, v, Téligny. 
Tiepolo (Paolo;, ambassadeur de 

Venise à Rome; 10, 26 n. 2, 29 

n. 6. 
<< Tome, de Romans » (Michel); 116. 
Torre (La), v. La Torre. 
Torrès (Louis de); 67 et n. 4, GS 

et n. 2, 120, 130. 
Toscane, prov., Italie ; 7 n. 5, 

76. 

— grand duc de), v. Cosme de 
Médicis. 

Toul, ch. 1. arr., Meurthe-et-Mo- 
selle ; 38 n. 1. 



TAIÎI.K AI.I'lIAHKTlnl K DES NOMS l'IiOl'liES 



203 



Toulon, Toloiic, ch. 1. arr., Var ; 

100. 
Toulouse, Tholosa, ch. 1. dép., H" 

Garonne ; 51, 143. 
Tuiirnon (comte Just de), aailias- 

sadeur de France à Rome ; 18, 

19 n. 2, 24, 31 n. 2. 
Touraine, prov. ; 119 n. 5. 
Tours, Torsi, ch. 1. dép., Indrc-ef 

Loire ; 41 et n. 5, 42 n. 5, 44 n. 2. 

45 n., 83 n., 84 n. 1, 85 n., 88 et n.. 

175 n. 4, 177, 182 et n. 1. 
Trente (concile de) ; VI, 14 et n. 

I, 15 et n. 3, 10, 17, 30 n. 3, 89 
et n. 2. 

Tuileries (château des) ; 186. 
Turcs ; VI, 51, 73, 83, 84 n. 1, 95, 
96, 100, 122, 129, 130, 170 n. 2. 
Turin, ch. 1. prov., Italie ; 5 n. 5 

II, 16, n., 32, 39 n. 2. 

Udine, ch. 1. prov., Italie ; 14 n. 1. 
Urbain II (Eudes, pape sous le 

nom d') ; 95. 
Urbain VII, v. Castagna. 
Urbin, ch. 1. de ciic, prov. do 

Pesaro et Urbino, îtalio. 

— (duc d'); 26. 

Valence, ch. 1. dép., Drôme. 

— (évêque de), v. Monluc (Jean de). 
Valendennes, ch. 1. arr., Nord; 185. 
Valois (François de), v. Alençon. 

— (Henri de), v. Anjou. 

— (Marguerite de), v. .Marguerite. 
Vatan (soigneur de), gouvorncur de 

Bourges ; 144 et n. 2. 

— (Pierre du Puy, seigneur de) ; 
144 n. 2. 

— (dame de), v. La Rochefoucauld 
(Marg. de). 

Vaujours. com. et cant. Châioau-la- 
Vallière, arr. Tours; Indre-et- 
Loire ; 175 et n. 4. 

Venise, ch. 1. prov., Italie ; 10, 23 
n., 24, 26, 36, 73, 84 n. 1. 128, 
129, 176, 178. 



— (doge de) ; 17 n. 4, 18 n. 2, 
20 n. 1 et 3, 21 n. 1, 24 n., 28 n., 
32 n. 4, 34 n. 5, 35 n., 38 n., 
41 n., 47 n., M n. 3, 54 n. 4, 
04 n. 2, 68 n. 4, 72 n., 79 n., 
82 n. 5, 83 n. 3, 84 n., 85 n. 2, 
80 n., 88 n., 109 n. 4, 110 n. 2, 
119 n. 5. 

— (ambassadeurs de), v. Contarini, 
Correr, Soriano (J.). 

Ventuiini da Fabriano (Giambat- 

tista) ; 85 n. 
Verdun, ch. 1. arr.. Meuse; 54 n. 3. 

138, 186. 
Vieilleville. Villcvilla, (François de 

Scepeaux. soigneur do), maréchal 

de France ; 60, 78 n. 4, 108, 119 

n. 5, 143 et n. 3, 174. 
Villeclerc, Vellecler; 146. 
Villeparisis (Henri Clutin, seigneur 

de), ambassadeur de France à 

Rome ; 10, 14 n. 1, 15 n. 1 et 2, 

16 n. 
A^illeroy (Nicolas de Neufville, 

soigneur de), secrétaire d'Etat ; 

72 n., 84 n. 2. 
Villers-Cotterets, cli. 1. cant., air. 

Soissons, Aisne ; 64 n. 2, 70 n., 

134, 138. 
Viucennes, ch. 1. cant., arr. Sceaux, 

Seine ; 27. 
Viterbe, ch. 1. do cire, prov. de 

Rome. 

— (évoque de), v. Gualtiori. 
Viviers, ch. 1. cant., arr. Privas, 

Ardèche. 

— (diocèce de); 131. 

Vivonne (Joan de), v. Saint Gouard. 

Walsingham (François), ambassa- 
deur d'Angleterre ; 9, 66 n. 1, 
74 n., 75 n., 83 n., 153, 155 n. 6. 

Zuniga, Sunir/a (don .luan de), am- 
bassadeur d'Espagne à Rome ; 45 
n. 2, 155. 



l'.\Kis & CoiHTiîAi, lMi'ia.yKi!ii: J. VEKMAUT. Imijrimc vit licbjiquc. 



ERRATUM 



Page 3, 9' 1., au lieu de: sur la préparation de S' Barthélémy, 
lire: sur la préparation de la S' Barthélémy. 

— 8, 14M5' 1., au lieu de: présieuse, lire: précieuses. 

— 16, 20* 1., des notes, au lieu de: V 93 V 94, lire, T" 93 v"-94. 

— 48, 4" 1. de la n. 2, au lieu de: Arch. Vat. Nunz. di Francia, lire: 

Arch. Vat., Nunz. di France. 

— 94, 8e 1. avant la fin, au lieu de: Réformés, lire: réformés. 

— 409, n. 4, 4* 1., remplacer la virgule par un point entre Clero et 

La summa. 



E. DE BOCCARD, Editeur, rue de Médicis, 1, PARIS 



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